16 août 2005

J'ai pourtant essayé



La semaine passée, je vous demandais des trucs pour m’aider à décrocher de mon boulot pendant mes vacances. Mille mercis à ceux qui se sont donnés la peine de m’aider à apprivoiser le mode loisir et détente.
Je crois avoir réussi ma part du boulot de vacancière. Par contre, vous ne m’avez pas rendu la tache facile…
Jour 1 : Destination Parc Safari. Entre les tigres, les singes et les girafes, je devais être en mesure d’oublier que mes collègues du bureau sont en pleine heure de tombée et que le boss devait s’arracher les cheveux de la tête.
La diversion animalière a fonctionné jusqu’à temps que : « Oh ! C’est toi qui écrit dans La Nouvelle ? J’ai beaucoup aimé ta chronique sur le célibat. »
Jour 2 : Destination La Ronde. Entre la Pitoune, le Monstre et le Vampire, les gens auront sûrement autre chose à penser que j’écris dans l’hebdo de Sherbrooke. Effectivement, personne ne m’a accosté dans les files d’attente, trop anxieux à l’idée de se retrouver avec la rate dans la gorge et les oreilles plus bas que les pieds j’imagine.
Malgré tout : « Il me semble que je te connais toi. Ah ! Oui ! Tu as écrit un article sur moi l’été dernier. Tu es toujours à La Nouvelle ? » C’était l’animateur Guy Jodoin qui enregistrait sa quotidienne, Sucré Salé, tout juste à côté de la Grande roue.
Jour 3 : Destination Brigthon Park, dans le Vermont. Un minuscule parc national d’une vingtaine d’emplacements de camping. À mon avis, c’était certain que, dans cette toute petite bourgade de 4 000 habitants, il n’y aurait personne qui ferait de lien. Parce que les Américains qui lisent La Nouvelle doivent être, sommes toutes, assez rare.
Mes voisins de droite débarquent du Connecticut. Yé ! Ceux de gauche ont fait un long voyage depuis la Virginie. Hourra ! Ceux d’en face… tout droit de Sherbrooke. « J’ai remarqué dans ta voiture une pancarte de presse. Tu es journaliste ? À La Nouvelle ? Je me souviens d’un texte qui parlait du célibat. C’est toi ? »
Jour 6 : Destination Sandbanks sur le lac Ontario. Un immense parc national de 600 sites. Les chances que des Sherbrookois se retrouvent dans mon coin étaient fort minces. Effectivement, nous étions entre des gens de Québec, de Repentigny et de Kingston. Enfin, j’allais pouvoir oublier mon travail.
Arrivées sur la plage, entre ma séance de crème solaire et la construction d’une grenouille de sable (les châteaux, c’est passé mode), une petite famille a planté ses pénates à quelques pas de nos chaises et de nos magazines. Filou a tout de suite repéré la possibilité de mettre leur bambine à la tâche avec l’érection de son barrage et en moins de deux, me voilà en discussion avec la maman.
« Bonjour ! Vous venez d’où ? Sherbrooke ? Non ! Le monde est trop petit, nous aussi. Vous travaillez où ? Non ! Pas à La Nouvelle. On la lit assidûment chaque semaine. Ce n’est pas toi qui a écrit quelque chose sur les célibataires ? »
La prochaine fois que je veux décrocher, premièrement, j’arrête d’écrire sur le célibat. Deuxièmement, je me pousse en Ouganda!

Aucun commentaire: