J’ai perdu.
J’ai perdu beaucoup.
Nenon. Je ne cause pas politique ici. J’ai perdu autre chose que mes élections. Je laisse à d’autres le soin de vous entretenir sur le sujet.
Ma saison de ski s’est terminée abruptement. Trois semaines de salaire se sont envolées en fumée. Et je vous épargne la longue liste des autres trucs perdus depuis le 1er mars dernier.
Une tête radiale, ça vous dit queque chose? Moi non plus je ne connaissais pas. Maintenant, je sais non seulement c’est quoi et c’est où, mais je peux vous dire à quoi ça sert. Parce que lorsque l’on se casse cet os du bout du coude, on en apprend beaucoup, mais surtout assez vite sur son utilité.
Un petit vol plané lors d’une partie de soccer m’a valu une petite visite à l’hosto. La volonté d’enlever ce ballon à ce grand gaillard de six pieds m’a clouée au divan pendant trois semaines. Je deviens un peu tête de cochon quand il est question de mettre un ballon dans un but.
L’orthopédiste rencontré à l’urgence du CHUS m’a pourtant dit que ce n’était pas une très grosse fracture, qu’aucune opération n’était nécessaire, que d’ici six à douze semaines (gloup!), tout serait rentré dans l’ordre.
Mais maudit que ça fait mal!
Je vous le dis, dans les gestes les plus anodins de la vie, le coude trouve son utilité. Difficile d’ouvrir un pot de moutarde, de conduire une voiture à transmission manuelle, de se laver d’une seule main. Par moment, j’avais l’impression d’avoir deux ans parce que c’est loin d’être évident de virer une crêpe de côté, d’attacher ses lacets (et que dire du soutien-gorge?), de se peigner avec un coude en break syndical. Je vous le jure, un coude c’est très pratique.
Clignoter dans la voiture était devenu un véritable supplice. Enfiler un pantalon était un vrai calvaire. Tenter de laver un chaudron avec un bras dans une écharpe peut s’avérer un exercice périlleux. Et je ne vous parle même pas des difficultés rencontrées pour faire quelque chose de potable avec mes cheveux. Soupir.
Alors, j’ai passé les trois dernières semaines à raconter mon malheur, à expliquer pourquoi on ne met pas un plâtre sur une fracture du coude, à pleurer sur les magnifiques conditions de ski que j’ai ratées, à regarder Deux filles le matin et Les Saisons de Clodine.
Mais au bout de ces trois semaines de repos forcé, j’ai réalisé que ce n’était pas si désagréable que ça d’être à la maison quand Filou revenait de la maternelle. Que c’était assez sympathique de se permettre une petite sieste l’après-midi. Et prendre son bain le matin en écoutant le dernier épisode de Grey’s Anatomy sur son Ipod est franchement très relaxant.
Je n’ai pas goûté au ski de printemps cette année, tant pis. Mais j’ai déjà réservé ma place pour un voyage à Salt Lake City en janvier prochain. J’ai manqué tout plein de jours de travail, peut-être. Mais j’ai fait le plein de temps pour moi, denrée assez rare quand on est une maman mono. J’ai fait des réserves de sommeil qui pourraient me permettre de ne plus dormir du tout pour le prochain mois. Et j’ai appris à conduire la voiture avec ma cuisse gauche.
Après tout, je n’ai donc pas tant perdu que ça. Vraiment, cette fracture a été bénéfique finalement. Mais pas de là à me casser l’autre coude quand même.
30 mars 2007
19 février 2007
E N F I N ! ! !
J'ai enfin réussi à mettre mes chroniques sur mon blogue. Depuis quelques semaines, Blogger me faisait des misères. Snif.
Mais voilà, c'est fait. J'en suis venue à bout et j'ai mis mes dernières chroniques en ligne.
Au plaisir de lire vos commentaires!
Mais voilà, c'est fait. J'en suis venue à bout et j'ai mis mes dernières chroniques en ligne.
Au plaisir de lire vos commentaires!
Les Invincibles?
Nous n’aurions pas besoin d’une montre. Pas question de s’embêter de ces bidules achetés dans une station d’essence à 5,99$. Nenon. Il nous faudrait queque chose à la hauteur de notre standing. Une Fossil, une Roxy, une Swatch au pire.
Ensuite, nous dresserions une charte avec des clauses qui nous uniraient. Une convention qui nous aiderait à passer au travers nos journées sans penser que l’on pourrait finir notre vie dans un asile. Un accord qui nous apporterait le soutien nécessaire dans notre course quotidienne contre la montre.
Un pacte qui pourrait se lire comme suit :
Clause #1 : Nul ne sert de plagier les horaires de président d’entreprise. Soyons plus intelligentes; trouvons-nous du temps pour nous. Une tout petite case d’agenda fera l’affaire. Pas pour raccommoder des bas troués. Pas pour récurer la batterie de cuisine. Pas pour jouer au Monopoly avec le plus vieux. Non. Du temps que pour soi. Interdit d’utiliser ce temps pour joindre l’utile à l’agréable comme plier une brassée de linge en écoutant Rumeurs. Croquer dans une tablette de chocolat noir, un cinq minutes passé au téléphone avec sa meilleure amie ou faire le tour du pâté de maisons sont des moments admissibles.
Clause #2 : Bree Van de Kamp (Desperate Housewives) n’est pas un modèle à imiter. Que l’on veuille ou non, les journées de 2007 auront encore que 24 heures. Et comme le père Noël ne nous a pas encore apporté la recette secrète pour faire de nous des superwomens, il faut accepter que l’on ne puisse pas tout faire. Se donner le droit de ne pas enligner les assiettes par couleur dans le lave-vaisselle. Que c’est possible de vivre avec une brassée de vêtements dans la sécheuse. Que la terre n’arrêtera pas de tourner si nos enfants mangent des crêpes au souper.
Clause #3 : Faire fi du jugement des autres. Votre collègue de travail vous trouve étrange de manger du poisson quatre fois la semaine? Tant pis. Votre mère trouve que vous avez un surplus de poids? Tant pis aussi. Votre chum vous trouvait plus belle en blonde. Re-tant pis. Cessons d’attendre le verdict des personnes qui nous entourent. Ayons confiance en nous.
Clause #4 : Se trouver au minimum cinq petits bonheurs par jour et s’y attarder. Des exemples : le sourire de son bambin, l’odeur du café, écouter de la musique les yeux fermés, fermer la sonnerie du téléphone, débrancher l’ordinateur, regarder la neige tomber, lire dans le bain, un câlin de son amoureux, ... Vous verrez, notre vie n’est pas si ennuyante, déprimante et moche qu’on pourrait le croire.
Clause #5 : Reléguez à la poubelle tout ce qui nous empoisonne l’existence. Pourrait s’y retrouver : l’anxiété de performance, les relations pourries, les peurs et les appréhensions qui nous empêchent de profiter du moment présent, l’impression de ne jamais être à la hauteur, le sentiment de culpabilité.
Il est clair que de nouvelles clauses peuvent se rajouter à tous moments. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions. On s’en sentira que mieux.
Vous embarquez avec moi?
Ensuite, nous dresserions une charte avec des clauses qui nous uniraient. Une convention qui nous aiderait à passer au travers nos journées sans penser que l’on pourrait finir notre vie dans un asile. Un accord qui nous apporterait le soutien nécessaire dans notre course quotidienne contre la montre.
Un pacte qui pourrait se lire comme suit :
Clause #1 : Nul ne sert de plagier les horaires de président d’entreprise. Soyons plus intelligentes; trouvons-nous du temps pour nous. Une tout petite case d’agenda fera l’affaire. Pas pour raccommoder des bas troués. Pas pour récurer la batterie de cuisine. Pas pour jouer au Monopoly avec le plus vieux. Non. Du temps que pour soi. Interdit d’utiliser ce temps pour joindre l’utile à l’agréable comme plier une brassée de linge en écoutant Rumeurs. Croquer dans une tablette de chocolat noir, un cinq minutes passé au téléphone avec sa meilleure amie ou faire le tour du pâté de maisons sont des moments admissibles.
Clause #2 : Bree Van de Kamp (Desperate Housewives) n’est pas un modèle à imiter. Que l’on veuille ou non, les journées de 2007 auront encore que 24 heures. Et comme le père Noël ne nous a pas encore apporté la recette secrète pour faire de nous des superwomens, il faut accepter que l’on ne puisse pas tout faire. Se donner le droit de ne pas enligner les assiettes par couleur dans le lave-vaisselle. Que c’est possible de vivre avec une brassée de vêtements dans la sécheuse. Que la terre n’arrêtera pas de tourner si nos enfants mangent des crêpes au souper.
Clause #3 : Faire fi du jugement des autres. Votre collègue de travail vous trouve étrange de manger du poisson quatre fois la semaine? Tant pis. Votre mère trouve que vous avez un surplus de poids? Tant pis aussi. Votre chum vous trouvait plus belle en blonde. Re-tant pis. Cessons d’attendre le verdict des personnes qui nous entourent. Ayons confiance en nous.
Clause #4 : Se trouver au minimum cinq petits bonheurs par jour et s’y attarder. Des exemples : le sourire de son bambin, l’odeur du café, écouter de la musique les yeux fermés, fermer la sonnerie du téléphone, débrancher l’ordinateur, regarder la neige tomber, lire dans le bain, un câlin de son amoureux, ... Vous verrez, notre vie n’est pas si ennuyante, déprimante et moche qu’on pourrait le croire.
Clause #5 : Reléguez à la poubelle tout ce qui nous empoisonne l’existence. Pourrait s’y retrouver : l’anxiété de performance, les relations pourries, les peurs et les appréhensions qui nous empêchent de profiter du moment présent, l’impression de ne jamais être à la hauteur, le sentiment de culpabilité.
Il est clair que de nouvelles clauses peuvent se rajouter à tous moments. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions. On s’en sentira que mieux.
Vous embarquez avec moi?
Toute une virée!
Je suis crevée. J’ai eu toute une soirée.
Malgré ma fatigue, je suis ravie. J’ai le sourire au visage, les yeux qui pétillent.
Le cœur rempli de joie d’avoir fait de belles rencontres.
Je reviens d'une virée, et ce fût toute une virée!
Nous avons passé la soirée à la librairie. Et contrairement à ce que vous pouvez vous imaginer, c’était loin d’être endormant. Que non!
J'aime ces soirées où, avec les filles, on s'installe devant les centaines de livres chez Renaud Bray, chez GGC ou chez Archambault. Filou s'accroupit devant les livres cartonnés tandis que Maxim lorgne vers les romans jeunesses. Moi, je m'émerveille devant les albums québécois. On les regarde un à un. On fait une pile de nos préférés. Puis on discute, on avance des arguments sur l'intérêt d'acheter un tel, la beauté des illustrations d'un autre, l’histoire rigolote de lui.
Ma grande vient de découvrir les Max et Lili. La petite se passionne pour les histoires de princesses. Moi, je cherche des bouquins pour Filou qui commence à lire.
Finalement, on repart avec sept livres. La moitié de ma facture d'épicerie passera en bouquins cette semaine. Et puis? Aucune once de culpabilité ne monte en moi. On se nourrira de soupe et de pain, mais on passera de belles soirées cette semaine...
* * *
C’était difficile de faire autrement. Anyway, le ministre Couillard l’a dit jeudi dernier à Bernard Derôme. « Il y a présentement une épidémie de gastro-entérite au Québec. Une épidémie comme il y tous les trois ans. On remarque le même phénomène un peu partout en Occident. Deux personnes sur trois auront cette maladie qui est somme toute assez bénigne. »
Lundi soir, appel de mon père au bureau. Maxim vomit et revomit sans cesse. Je quitte le journal en toute vitesse pour enfiler mon uniforme de garde-malade. Armée d’un seau, de désinfectant et surtout de beaucoup de compassion, j’accompagne ma grande dans sa lutte contre ce méchant virus qui veut lui arracher les entrailles.
Après une nuit (comment peut-on appeler une nuit, le moment où on a, à peine, dormi deux heures?) à laver les draps, à désinfecter la salle de bain, à relaver les draps, à flatter le dos de ma cocotte alors qu’elle hurle son désespoir à genou devant la toilette, il était clair qu’elle ferait l’école buissonnière le lendemain.
Comme je pensais avoir gagné la partie, j’ai comme des gargouillis dans le bedon. Ça brasse, ça sent Hiroshima. Je baisse les bras. Je serai en congé mercredi. Maudit.
Une autre nuit à conjuguer avec la laveuse, la toilette, l’eau de Javel, le Purell et si je suis chanceuse, il me restera quelques minutes pour dormir. Soupir.
Nous voilà jeudi. Aurons-nous la paix enfin chez moi? Pourrais-je enfin aller travailler? Reprendrons-nous notre train-train quotidien? C’était bien mal connaître la gastro, vous savez, cette maladie bénigne selon Dr Couillard? Il restait encore un être humain dans la maisonnée qui n’avait pas eu à vivre avec cette infection de merde. Et cette personne n’y échappera pas, malheureusement. Et moi, j’amputerai encore une journée de maladie à celles prévues à ma convention collective.
Malgré ses trente-deux livres mouillées, Filou combat avec vigueur ce germe qui fout la pagaille dans ses intestins. C’est ma laveuse maintenant qui en arrache. À force de laver, et relaver et re-relaver tous ces draps et ces vêtements souillés, je crois qu’elle a attrapé elle aussi la gastro. Misère.
Bénin disait le ministre de la Santé? Mon œil.
Malgré ma fatigue, je suis ravie. J’ai le sourire au visage, les yeux qui pétillent.
Le cœur rempli de joie d’avoir fait de belles rencontres.
Je reviens d'une virée, et ce fût toute une virée!
Nous avons passé la soirée à la librairie. Et contrairement à ce que vous pouvez vous imaginer, c’était loin d’être endormant. Que non!
J'aime ces soirées où, avec les filles, on s'installe devant les centaines de livres chez Renaud Bray, chez GGC ou chez Archambault. Filou s'accroupit devant les livres cartonnés tandis que Maxim lorgne vers les romans jeunesses. Moi, je m'émerveille devant les albums québécois. On les regarde un à un. On fait une pile de nos préférés. Puis on discute, on avance des arguments sur l'intérêt d'acheter un tel, la beauté des illustrations d'un autre, l’histoire rigolote de lui.
Ma grande vient de découvrir les Max et Lili. La petite se passionne pour les histoires de princesses. Moi, je cherche des bouquins pour Filou qui commence à lire.
Finalement, on repart avec sept livres. La moitié de ma facture d'épicerie passera en bouquins cette semaine. Et puis? Aucune once de culpabilité ne monte en moi. On se nourrira de soupe et de pain, mais on passera de belles soirées cette semaine...
* * *
C’était difficile de faire autrement. Anyway, le ministre Couillard l’a dit jeudi dernier à Bernard Derôme. « Il y a présentement une épidémie de gastro-entérite au Québec. Une épidémie comme il y tous les trois ans. On remarque le même phénomène un peu partout en Occident. Deux personnes sur trois auront cette maladie qui est somme toute assez bénigne. »
Lundi soir, appel de mon père au bureau. Maxim vomit et revomit sans cesse. Je quitte le journal en toute vitesse pour enfiler mon uniforme de garde-malade. Armée d’un seau, de désinfectant et surtout de beaucoup de compassion, j’accompagne ma grande dans sa lutte contre ce méchant virus qui veut lui arracher les entrailles.
Après une nuit (comment peut-on appeler une nuit, le moment où on a, à peine, dormi deux heures?) à laver les draps, à désinfecter la salle de bain, à relaver les draps, à flatter le dos de ma cocotte alors qu’elle hurle son désespoir à genou devant la toilette, il était clair qu’elle ferait l’école buissonnière le lendemain.
Comme je pensais avoir gagné la partie, j’ai comme des gargouillis dans le bedon. Ça brasse, ça sent Hiroshima. Je baisse les bras. Je serai en congé mercredi. Maudit.
Une autre nuit à conjuguer avec la laveuse, la toilette, l’eau de Javel, le Purell et si je suis chanceuse, il me restera quelques minutes pour dormir. Soupir.
Nous voilà jeudi. Aurons-nous la paix enfin chez moi? Pourrais-je enfin aller travailler? Reprendrons-nous notre train-train quotidien? C’était bien mal connaître la gastro, vous savez, cette maladie bénigne selon Dr Couillard? Il restait encore un être humain dans la maisonnée qui n’avait pas eu à vivre avec cette infection de merde. Et cette personne n’y échappera pas, malheureusement. Et moi, j’amputerai encore une journée de maladie à celles prévues à ma convention collective.
Malgré ses trente-deux livres mouillées, Filou combat avec vigueur ce germe qui fout la pagaille dans ses intestins. C’est ma laveuse maintenant qui en arrache. À force de laver, et relaver et re-relaver tous ces draps et ces vêtements souillés, je crois qu’elle a attrapé elle aussi la gastro. Misère.
Bénin disait le ministre de la Santé? Mon œil.
Le faites-vous?
Est-ce que ça vous arrive de vous imaginer vivre une autre vie? De vouloir tout quitter, tout vendre et repartir à neuf? De vous poser mille et une questions? Est-ce que je vais courir ainsi toute ma vie? Serais-je toujours coincée entre mon travail et ma vie familiale? Est-ce que je vais prendre le temps un jour de respirer? Est-ce que je verrai mes enfants grandir?
Je me suis endormie là-dessus hier. Je me voyais vendre mon jumelé et déménager mes pénates dans une petite maison jaune en campagne. Pas à Deauville ou à Saint-Denis de Brompton. Nenon. La vraie de vraie campagne. La plus reculée qui soit. Celle qui est à une demi-heure de route de la plus proche épicerie. Où il ne pousse ni Wal Mart, ni plateau Saint-Joseph.
J’aurais un petit jardin où mes légumes préférés et des fines herbes s’épanouiraient au soleil. On verrait mes draps blancs, accrochés à la corde à linge, battre au vent. Aux quatre coins de mon terrain, il y aurait des multitudes de fleurs, mais on remarque tout de même mon penchant pour les marguerites.
Il est 10h et je serais encore en pyjama. Je lirais le journal sur mon balcon tout en admirant ce splendide spectacle. Je respirerais l’air frais tout en bénissant le jour où j’ai décidé de tout quitter.
Il y aurait une soupe aux légumes qui mijoterait sur le feu, en vu du dîner. J’arrêterais devant le fourneau pour brasser la préparation un peu, rectifier l’assaisonnement. L’odeur enivrante des tomates qui se marie au basilic me donnerait envie de manger dès maintenant.
Je m’installerais à l’ordi pour écrire les quelques piges que j’ai avec des magazines. Une façon d’arrondir les fins mois en attendant que mon roman, qui est en chemin, soit enfin publié.
La musique jouerait à tue-tête dans ma demeure. Vallières, Blunt, Moffatt, Cold Play se succèderaient dans mon lecteur de cd. C’est relax. Très relax. Entre deux paragraphes, je mettrais un poulet au four et je passerais un coup de fil à ma sœur.
Ma vieille horloge sonnerait les 15 heures. C’est le moment où mes cocottes reviendraient de leur journée passée à l’école. Je marcherai vers leur arrêt avec Gucci, notre labrador qui courrait ici et là, heureux d’être au grand air.
Puis entre deux éclats de rire, Maxim et Félixe sortiraient du bus. En revenant vers la maison, elles me raconteraient leur journée. Les dictées réussies, les problèmes de mathématiques difficiles, les nouvelles amitiés et tout le reste.
On irait au salon prendre la collation. Des fois, ça serait des biscuits aux pépites de chocolat que j’aurais confectionnés dans l’après-midi. D’autres fois, ça serait des pommes qui auraient poussé dans notre pommier. On jaserait ensemble, on sortirait le Monopoly, on irait prendre une marche, on sauterait à la corde.
Puis, Félixe mettrait la table, pendant que Max viderait le lave-vaisselle. Moi, je mettrais la dernière touche à notre repas. Tout se passerait dans l’harmonie, dans l’équilibre, sans stress, sans chicane, sans cri.
Le soir venu, on sortirait les cahiers d’exercice, on plancherait sur les devoirs avant d’aller se laver dans le bain. Puis, on se donnerait quelques câlins et hop au dodo! Le ciel est noir et étoilé. La lune pleine qui rayonne m’apaise. Je suis si contente d’avoir fait ce choix.
Le cadran sonne. Je suis en retard. Les filles vont rater le bus. Elles ont à peine le temps de manger et les voilà reparties pour une autre journée où la course folle sera notre meilleure amie.
Un jour, peut-être, je quitterai tout pour ma petite maison jaune en campagne pour arrêter de courir. Je ne veux pas finir mes jours avec les genoux en compote. Il y a tellement de trucs plus importants qu’une course.
Je me suis endormie là-dessus hier. Je me voyais vendre mon jumelé et déménager mes pénates dans une petite maison jaune en campagne. Pas à Deauville ou à Saint-Denis de Brompton. Nenon. La vraie de vraie campagne. La plus reculée qui soit. Celle qui est à une demi-heure de route de la plus proche épicerie. Où il ne pousse ni Wal Mart, ni plateau Saint-Joseph.
J’aurais un petit jardin où mes légumes préférés et des fines herbes s’épanouiraient au soleil. On verrait mes draps blancs, accrochés à la corde à linge, battre au vent. Aux quatre coins de mon terrain, il y aurait des multitudes de fleurs, mais on remarque tout de même mon penchant pour les marguerites.
Il est 10h et je serais encore en pyjama. Je lirais le journal sur mon balcon tout en admirant ce splendide spectacle. Je respirerais l’air frais tout en bénissant le jour où j’ai décidé de tout quitter.
Il y aurait une soupe aux légumes qui mijoterait sur le feu, en vu du dîner. J’arrêterais devant le fourneau pour brasser la préparation un peu, rectifier l’assaisonnement. L’odeur enivrante des tomates qui se marie au basilic me donnerait envie de manger dès maintenant.
Je m’installerais à l’ordi pour écrire les quelques piges que j’ai avec des magazines. Une façon d’arrondir les fins mois en attendant que mon roman, qui est en chemin, soit enfin publié.
La musique jouerait à tue-tête dans ma demeure. Vallières, Blunt, Moffatt, Cold Play se succèderaient dans mon lecteur de cd. C’est relax. Très relax. Entre deux paragraphes, je mettrais un poulet au four et je passerais un coup de fil à ma sœur.
Ma vieille horloge sonnerait les 15 heures. C’est le moment où mes cocottes reviendraient de leur journée passée à l’école. Je marcherai vers leur arrêt avec Gucci, notre labrador qui courrait ici et là, heureux d’être au grand air.
Puis entre deux éclats de rire, Maxim et Félixe sortiraient du bus. En revenant vers la maison, elles me raconteraient leur journée. Les dictées réussies, les problèmes de mathématiques difficiles, les nouvelles amitiés et tout le reste.
On irait au salon prendre la collation. Des fois, ça serait des biscuits aux pépites de chocolat que j’aurais confectionnés dans l’après-midi. D’autres fois, ça serait des pommes qui auraient poussé dans notre pommier. On jaserait ensemble, on sortirait le Monopoly, on irait prendre une marche, on sauterait à la corde.
Puis, Félixe mettrait la table, pendant que Max viderait le lave-vaisselle. Moi, je mettrais la dernière touche à notre repas. Tout se passerait dans l’harmonie, dans l’équilibre, sans stress, sans chicane, sans cri.
Le soir venu, on sortirait les cahiers d’exercice, on plancherait sur les devoirs avant d’aller se laver dans le bain. Puis, on se donnerait quelques câlins et hop au dodo! Le ciel est noir et étoilé. La lune pleine qui rayonne m’apaise. Je suis si contente d’avoir fait ce choix.
Le cadran sonne. Je suis en retard. Les filles vont rater le bus. Elles ont à peine le temps de manger et les voilà reparties pour une autre journée où la course folle sera notre meilleure amie.
Un jour, peut-être, je quitterai tout pour ma petite maison jaune en campagne pour arrêter de courir. Je ne veux pas finir mes jours avec les genoux en compote. Il y a tellement de trucs plus importants qu’une course.
Émile et autres babioles
C’est l’histoire d’un ti-lou qui à quelques jours de Noël apprend une mauvaise nouvelle. Une terrible nouvelle en fait. Non non. Ce n’est pas le père Noël qui avait joué un vilain tour au petit Émile. En fait, c’est une petite prise de sang prise à la suite d’un examen de routine qui contenait toute une flotte de soldats prêts à livrer bataille contre la leucémie qui veut lui ravager l’existence.
Depuis, le Blogue des Amis d’Émile ne cesse de voir grandir le nombre de ses lecteurs. Chaque soir, des milliers d’internautes pointent leur souris vers lesamisdemile.blogspot.com afin d’y lire les derniers développements de la bataille que livre chaque jour ce petit gamin de trois ans face à cette monstrueuse maladie.
Racontés avec émotions et bravoure, les journées quotidiennes de ce champion ont tellement accueillies de visiteurs que la radio de Radio-Canada a fait un reportage sur le sujet lundi dernier. Les parents, des gens du Lac Saint-Jean, ont tout d’abord lancé ce blogue pour tenir leurs proches informés. Rapidement, ils se sont rendus compte que c’était beaucoup plus que leur famille et amis qui étaient derrière eux.
Et c’est ce qu’il y a de plus beau dans cette histoire : le support constant de leur entourage. Il n’y a qu’à voir cette photo où les amis d’Émile affichent fièrement leur nouveau coco rasé pour démontrer leur solidarité envers celui qui lutte pour sa vie.
Ils sont plus de 300 petits Québécois à faire la guerre au cancer chaque année ce qui en fait la deuxième cause de décès chez les enfants. Mais la bonne nouvelle, c’est que les drapeaux blancs de la paix se lèvent beaucoup plus souvent qu’avant. En effet, on estime qu’en moyenne le taux de guérison de la leucémie frôle les 75%. En espérant que le petit Émile soit de ce nombre.
En ce moment, une vaste chaîne de réconfort humaine se prépare. Si vous avez envie de joindre le mouvement soit en confectionnant une carte ou en écrivant une lettre au petit champion, n’hésitez pas. J’attendrais vos envois à mon bureau de La Nouvelle (1950, rue Roy, Sherbrooke, J1K 2X8) jusqu’au 25 janvier, date à laquelle le colis d’énergie positive quittera pour le CHUL de Québec.
http://lesamisdemile.blogspot.com/
* * *
Avez-vous vu la pub télé des Auberges du cœur qui cherchent à vous culpabiliser un brin de ne pas donner 20$ à leur campagne de financement. On y dit : « Comment survivrez-vous avec 20$ en moins? Serez-vous toujours capable de regarder votre télé au plasma de 42 pouces? Serez-vous toujours capable de payer votre chalet? Etc.
On y ridiculise les gens aussi en leur offrant un support psychologique via un site Internet nommé www.commentsurvivre.com On y apprend, entre autres, qu’il n’y a aucun lien entre les catastrophes nucléaires et les dons de 20$ faits aux Auberges du cœur. On tente de nous rassurer en nous disant qu’il y a une vie après un tel don, que les chances de perdre 20$ dans une année dans une craque de divan, à cause de poches de pantalons troués ou dans une machine distributrice sont élevées. Alors pourquoi dramatiser lorsque vient le temps de donner un billet vert à cet organisme?
Finalement, on nous invite à remplir un questionnaire pour savoir si l’on pourra survivre à une telle donation.
Oui, le site est rigolo. Oui, il est possible d’éclater de rire en lisant les multiples raisons qui nous incitent à donner. Mais vraiment, cet organisme communautaire qui offre hébergement et soutien à plus de 3 000 jeunes adultes en difficulté par année rate son coup avec cette approche. Cette façon de faire est tellement insultante que je refuse d’ouvrir mon porte-monnaie.
Depuis, le Blogue des Amis d’Émile ne cesse de voir grandir le nombre de ses lecteurs. Chaque soir, des milliers d’internautes pointent leur souris vers lesamisdemile.blogspot.com afin d’y lire les derniers développements de la bataille que livre chaque jour ce petit gamin de trois ans face à cette monstrueuse maladie.
Racontés avec émotions et bravoure, les journées quotidiennes de ce champion ont tellement accueillies de visiteurs que la radio de Radio-Canada a fait un reportage sur le sujet lundi dernier. Les parents, des gens du Lac Saint-Jean, ont tout d’abord lancé ce blogue pour tenir leurs proches informés. Rapidement, ils se sont rendus compte que c’était beaucoup plus que leur famille et amis qui étaient derrière eux.
Et c’est ce qu’il y a de plus beau dans cette histoire : le support constant de leur entourage. Il n’y a qu’à voir cette photo où les amis d’Émile affichent fièrement leur nouveau coco rasé pour démontrer leur solidarité envers celui qui lutte pour sa vie.
Ils sont plus de 300 petits Québécois à faire la guerre au cancer chaque année ce qui en fait la deuxième cause de décès chez les enfants. Mais la bonne nouvelle, c’est que les drapeaux blancs de la paix se lèvent beaucoup plus souvent qu’avant. En effet, on estime qu’en moyenne le taux de guérison de la leucémie frôle les 75%. En espérant que le petit Émile soit de ce nombre.
En ce moment, une vaste chaîne de réconfort humaine se prépare. Si vous avez envie de joindre le mouvement soit en confectionnant une carte ou en écrivant une lettre au petit champion, n’hésitez pas. J’attendrais vos envois à mon bureau de La Nouvelle (1950, rue Roy, Sherbrooke, J1K 2X8) jusqu’au 25 janvier, date à laquelle le colis d’énergie positive quittera pour le CHUL de Québec.
http://lesamisdemile.blogspot.com/
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Avez-vous vu la pub télé des Auberges du cœur qui cherchent à vous culpabiliser un brin de ne pas donner 20$ à leur campagne de financement. On y dit : « Comment survivrez-vous avec 20$ en moins? Serez-vous toujours capable de regarder votre télé au plasma de 42 pouces? Serez-vous toujours capable de payer votre chalet? Etc.
On y ridiculise les gens aussi en leur offrant un support psychologique via un site Internet nommé www.commentsurvivre.com On y apprend, entre autres, qu’il n’y a aucun lien entre les catastrophes nucléaires et les dons de 20$ faits aux Auberges du cœur. On tente de nous rassurer en nous disant qu’il y a une vie après un tel don, que les chances de perdre 20$ dans une année dans une craque de divan, à cause de poches de pantalons troués ou dans une machine distributrice sont élevées. Alors pourquoi dramatiser lorsque vient le temps de donner un billet vert à cet organisme?
Finalement, on nous invite à remplir un questionnaire pour savoir si l’on pourra survivre à une telle donation.
Oui, le site est rigolo. Oui, il est possible d’éclater de rire en lisant les multiples raisons qui nous incitent à donner. Mais vraiment, cet organisme communautaire qui offre hébergement et soutien à plus de 3 000 jeunes adultes en difficulté par année rate son coup avec cette approche. Cette façon de faire est tellement insultante que je refuse d’ouvrir mon porte-monnaie.
24 janvier 2007
Une admiration sans borne
J’ai vu quelque chose de bien spécial dans les yeux de Filou ce soir. Pourtant, nous étions au milieu du scène très ordinaire de notre petite vie familiale. Il y avait le dvd de Passe-Partout qui se faisait aller à la télé. Alex parlait au téléphone avec sa copine Céline. Filou jouait à Dora sur l’ordi. Max chantait à tue-tête une nouvelle chanson apprise à l’école. J’étais en train de débarrasser la table du souper. Ordinaire je disais donc.
Avide de public, Maxim réclamait qu’on arrête nos activités pour que nous l’écoutions donner son petit récital. J’ai donc laissé tomber mon chaudron qui donnait tant de fil à retorde à mon SOS. Filou a abandonné, à son triste sort, Dora au milieu d’un bateau rempli de vilains pirates. Alex a laissé en plan Céline qui aurait espéré en savoir plus la dernière soirée de la petite sœur. Tant pis pour les chaudrons, les pirates et les potins, nous avions droit à un concert privé. Pas question de rater ça sous aucune considération.
Nous nous sommes alors installées confortablement dans notre magnifique salle de spectacle (notre salon) puis Maxim a pris place sur la scène (ma chaise d’ordinateur) armée de son micro (la télécommande de la télé), elle a entonné son plus grand succès (son seul) devant un grand auditoire (trois personnes) captivé à l’os.
Je l’avoue d’emblée; je ne ferai pas une Céline avec ma Maxim. Je peux oublier mes projets de retraite dorée à faire des tourtières à la douzaine; je devrai travailler encore. Ma grande est remplie de belles qualités, mais la voix juste ne figure pas au nombre de ses aptitudes. Au moment même où j’avais cette réflexion, Filou me glisse fièrement à l’oreille : « Elle est bonne ma sœur hein maman? J’aimerais ça moi être capable de chanter comme elle. »
Stupéfaite, je me retourne vers Filou qui ne quitte pas son aînée des yeux. Elle la regarde comme si c’était la plus grande chanteuse du monde, comme si rien ne pouvait être mieux que Maxim. S’il avait fallu débourser 2 000$ pour l’entendre, ma puce aurait vendu sa Dora, ses Pet Shop, son V-Smile, ses DVD de Passe-Partout et même sa Pouliche sans aucun ressentiment pour être certaine de pouvoir entendre sa sœur pousser la note encore et encore. Et pas certaine qu’elle aurait voulu faire la même chose pour entendre Annie Brocoli ou Shilvi.
Une fois le tour de chant ma grande terminé, après les applaudissements d’usage et l’ovation debout, j’entendais mon chaudron m’appeler. Alex s’est lancé sur le téléphone pour continuer sa conversation avec sa copine. Mais ma Filou ne bougeait pas d’un poil sur le divan. Elle tapait des mains et invitait sa sœur à continuer à chanter une autre chanson. Ce que Maxim fit, ravie d’avoir séduit son public.
Ouais. Ce soir, j’ai vu quelque chose de particulier dans les yeux de ma Filoune : une admiration sans borne pour sa grande sœur. Un enthousiasme peu commun que l’on retrouve seulement entre frères et sœurs.
Je ne prétends pas être la meilleure maman du monde. Mais je suis réellement fière que mes deux poulettes s’entendent de la sorte.
Maxim, qui lit à l’instant même par-dessus mon épaule, me dit : « Voyons maman, c’est normal. Ma sœur, peu importe ce qui peut arriver, ce sera mon amie pour toujours. »
Ouf. Mon cœur vient de craquer.
Avide de public, Maxim réclamait qu’on arrête nos activités pour que nous l’écoutions donner son petit récital. J’ai donc laissé tomber mon chaudron qui donnait tant de fil à retorde à mon SOS. Filou a abandonné, à son triste sort, Dora au milieu d’un bateau rempli de vilains pirates. Alex a laissé en plan Céline qui aurait espéré en savoir plus la dernière soirée de la petite sœur. Tant pis pour les chaudrons, les pirates et les potins, nous avions droit à un concert privé. Pas question de rater ça sous aucune considération.
Nous nous sommes alors installées confortablement dans notre magnifique salle de spectacle (notre salon) puis Maxim a pris place sur la scène (ma chaise d’ordinateur) armée de son micro (la télécommande de la télé), elle a entonné son plus grand succès (son seul) devant un grand auditoire (trois personnes) captivé à l’os.
Je l’avoue d’emblée; je ne ferai pas une Céline avec ma Maxim. Je peux oublier mes projets de retraite dorée à faire des tourtières à la douzaine; je devrai travailler encore. Ma grande est remplie de belles qualités, mais la voix juste ne figure pas au nombre de ses aptitudes. Au moment même où j’avais cette réflexion, Filou me glisse fièrement à l’oreille : « Elle est bonne ma sœur hein maman? J’aimerais ça moi être capable de chanter comme elle. »
Stupéfaite, je me retourne vers Filou qui ne quitte pas son aînée des yeux. Elle la regarde comme si c’était la plus grande chanteuse du monde, comme si rien ne pouvait être mieux que Maxim. S’il avait fallu débourser 2 000$ pour l’entendre, ma puce aurait vendu sa Dora, ses Pet Shop, son V-Smile, ses DVD de Passe-Partout et même sa Pouliche sans aucun ressentiment pour être certaine de pouvoir entendre sa sœur pousser la note encore et encore. Et pas certaine qu’elle aurait voulu faire la même chose pour entendre Annie Brocoli ou Shilvi.
Une fois le tour de chant ma grande terminé, après les applaudissements d’usage et l’ovation debout, j’entendais mon chaudron m’appeler. Alex s’est lancé sur le téléphone pour continuer sa conversation avec sa copine. Mais ma Filou ne bougeait pas d’un poil sur le divan. Elle tapait des mains et invitait sa sœur à continuer à chanter une autre chanson. Ce que Maxim fit, ravie d’avoir séduit son public.
Ouais. Ce soir, j’ai vu quelque chose de particulier dans les yeux de ma Filoune : une admiration sans borne pour sa grande sœur. Un enthousiasme peu commun que l’on retrouve seulement entre frères et sœurs.
Je ne prétends pas être la meilleure maman du monde. Mais je suis réellement fière que mes deux poulettes s’entendent de la sorte.
Maxim, qui lit à l’instant même par-dessus mon épaule, me dit : « Voyons maman, c’est normal. Ma sœur, peu importe ce qui peut arriver, ce sera mon amie pour toujours. »
Ouf. Mon cœur vient de craquer.
02 janvier 2007
Conduire ses filles à la misère humaine?
Lu dans le Sélection du Reader’s Digest de janvier 2007, dans un article vantant les mérites d’une directrice d’école hors pair de Saint-Hyacinthe :
«Près de 50% de nos élèves ont des difficultés d’apprentissage. Et 64% d’entre eux sont issus de familles monoparentales.»
Après avoir repris mes esprits et décoincé le morceau de toast avec lequel je m’étais étouffé à la lecture de cette phrase, j’ai pris la peine de relire bien calmement le tout.
Je ne m’étais pas trompée. Malheureusement.
J’ai ensuite regardé mes deux pitounes qui jouaient aux Bratz par terre. Et je me suis longuement interrogée sur le futur de Max et Filou.
Est-ce que je les conduisais directement sur le chemin de la misère humaine? Est-ce que le fait que la partie gauche de mon lit soit vide leur donnait un laissez-passer direct pour une vie sans avenir? Filou ira-t-elle frapper à la porte d’un gang de rue parce que je coche «séparée » sur mon rapport d’impôt? Est-ce possible que Maxim devienne bénéficiaire de l’aide sociale uniquement parce que ses parents n’ont pas réussi leur couple?
Mon cœur s’est serré. Très fort.
Je refusais complètement d’envisager ce scénario. Pas seulement pour mes enfants, mais aussi pour ceux de Katia, d’Édith, de Maryse et pour la famille sherbrookoise sur cinq qui vit dans la même situation que la mienne.
Dites-moi donc, grands penseurs, qu’est-ce qui fait que les enfants qui sont issus de la monoparentalité en arrachent plus que les autres? La pauvreté, j’imagine.
Parce que 81% des familles monoparentales sont dirigées par une femme et que c’est bien connu que les madames, ça gagne moins de sous que les monsieurs.
Elle est où, donc, la solution? Que faire pour que les comptes de banque qui sont plus souvent qu’autrement dans le rouge ne soient pas un frein à l’épanouissement de nos loulous?
Et si on revendiquait des mesures de conciliation travail-famille-vie qui ont du bon sens? Vous savez, des garderies ouvertes le soir et la nuit, des congés payés pour nos marmots malades, ce genre de truc.
Et si on demandait des programmes financiers pour les mères qui choisissent de rester à la maison?
Et si on exigeait de l’aide économique suffisante pour les femmes les plus démunies par des logements sociaux, des prestations décentes, des mesures volontaires de réinsertion au travail adaptées à leurs besoins et menant à des emplois de qualité?
Et si la société valorisait un peu plus le programme de pensions alimentaires? Si le gouvernement facilitait encore plus le recours à ce programme? Le Programme universel de perception des pensions alimentaires adopté dans les années 90 et le Modèle québécois de fixation de la pension ont secouru plusieurs femmes de la misère, mais il faut plus.
Pour bénéficier d’une perception automatique de la pension, il faut débourser au minimum 3 000$ en frais d’avocat pour obtenir un jugement de cour. Des peanuts pour certaines, mais une somme astronomique pour plusieurs. Pas étonnant que plusieurs renoncent.
Mais au-delà de ça, il y a la notion de dépendance envers l’ex qui en dérange plus d’un. C’est correct de recevoir une pension alimentaire du père de ses enfants, mais pas une trop grosse, sinon l’image de la salope-frustrée-qui-veut-laver-l’ex revient au galop. Dommage que les mères payent pour les quelques femmes qui ont abusé du système.
Je regarde encore mes cocottes qui habillent et déshabillent inlassablement leurs Bratz. Je n’ai pas encore trouvé l’antidote miracle qui les prémunira d’un avenir économique difficile. Je ne peux que souhaiter que ma situation de maman-solo aura moins d’impact que si nous avions, leur père et moi, décidé de poursuivre notre vie à deux avec les disputes et l’amour qui n’y est plus.
Je me le souhaite, mais aussi aux 10 000 familles de Sherbrooke qui sont dans la même situation.
«Près de 50% de nos élèves ont des difficultés d’apprentissage. Et 64% d’entre eux sont issus de familles monoparentales.»
Après avoir repris mes esprits et décoincé le morceau de toast avec lequel je m’étais étouffé à la lecture de cette phrase, j’ai pris la peine de relire bien calmement le tout.
Je ne m’étais pas trompée. Malheureusement.
J’ai ensuite regardé mes deux pitounes qui jouaient aux Bratz par terre. Et je me suis longuement interrogée sur le futur de Max et Filou.
Est-ce que je les conduisais directement sur le chemin de la misère humaine? Est-ce que le fait que la partie gauche de mon lit soit vide leur donnait un laissez-passer direct pour une vie sans avenir? Filou ira-t-elle frapper à la porte d’un gang de rue parce que je coche «séparée » sur mon rapport d’impôt? Est-ce possible que Maxim devienne bénéficiaire de l’aide sociale uniquement parce que ses parents n’ont pas réussi leur couple?
Mon cœur s’est serré. Très fort.
Je refusais complètement d’envisager ce scénario. Pas seulement pour mes enfants, mais aussi pour ceux de Katia, d’Édith, de Maryse et pour la famille sherbrookoise sur cinq qui vit dans la même situation que la mienne.
Dites-moi donc, grands penseurs, qu’est-ce qui fait que les enfants qui sont issus de la monoparentalité en arrachent plus que les autres? La pauvreté, j’imagine.
Parce que 81% des familles monoparentales sont dirigées par une femme et que c’est bien connu que les madames, ça gagne moins de sous que les monsieurs.
Elle est où, donc, la solution? Que faire pour que les comptes de banque qui sont plus souvent qu’autrement dans le rouge ne soient pas un frein à l’épanouissement de nos loulous?
Et si on revendiquait des mesures de conciliation travail-famille-vie qui ont du bon sens? Vous savez, des garderies ouvertes le soir et la nuit, des congés payés pour nos marmots malades, ce genre de truc.
Et si on demandait des programmes financiers pour les mères qui choisissent de rester à la maison?
Et si on exigeait de l’aide économique suffisante pour les femmes les plus démunies par des logements sociaux, des prestations décentes, des mesures volontaires de réinsertion au travail adaptées à leurs besoins et menant à des emplois de qualité?
Et si la société valorisait un peu plus le programme de pensions alimentaires? Si le gouvernement facilitait encore plus le recours à ce programme? Le Programme universel de perception des pensions alimentaires adopté dans les années 90 et le Modèle québécois de fixation de la pension ont secouru plusieurs femmes de la misère, mais il faut plus.
Pour bénéficier d’une perception automatique de la pension, il faut débourser au minimum 3 000$ en frais d’avocat pour obtenir un jugement de cour. Des peanuts pour certaines, mais une somme astronomique pour plusieurs. Pas étonnant que plusieurs renoncent.
Mais au-delà de ça, il y a la notion de dépendance envers l’ex qui en dérange plus d’un. C’est correct de recevoir une pension alimentaire du père de ses enfants, mais pas une trop grosse, sinon l’image de la salope-frustrée-qui-veut-laver-l’ex revient au galop. Dommage que les mères payent pour les quelques femmes qui ont abusé du système.
Je regarde encore mes cocottes qui habillent et déshabillent inlassablement leurs Bratz. Je n’ai pas encore trouvé l’antidote miracle qui les prémunira d’un avenir économique difficile. Je ne peux que souhaiter que ma situation de maman-solo aura moins d’impact que si nous avions, leur père et moi, décidé de poursuivre notre vie à deux avec les disputes et l’amour qui n’y est plus.
Je me le souhaite, mais aussi aux 10 000 familles de Sherbrooke qui sont dans la même situation.
26 décembre 2006
Le nouveau jeu du réveillon
Nous avons inauguré une nouvelle tradition à notre réveillon de Noël. Pendant le souper, entre le potage et l’entrée, j’ai lancé mon projet. Érik s’est étouffé avec son verre de vin alors que ma mère s’écriait que c’était une super idée. Même Chuck, un nouveau venu dans la famille, a embarqué à pieds joints dans l’aventure sans se sauveret ne s’est pas sauvé de la maison en courant!
Mon jeu, en fait, ce n’était que de répondre à trois questions. Trois petites réponses que chacun des membres de la tribu Proulx auraient à trouver et qui serviraient à boucler l’année 2006 et à s’ouvrir sur la nouvelle qui se pointera sur le calendrier sous peu.
Alors, dites-moi, chers convives, quel a été votre meilleur coup de l’année? J’ai ouvert le bal en disant que je n’étais pas peu fière de me retrouver avec un prêt hypothécaire à mon seul nom. Mon père a suivisuivit la parade en évoquantinvoquant le nouveau look qu’il avait lui-même donné à mon chez-nous. Même Filou s’est jointe au jeu en disant que les A de son bulletin la rendaientl’a rendait très heureuse. Tour à tour, chacun a vanté ses mérites réalisés au cours de l’an 2006.
Puis, nous sommes passés au vote. Qui avait eu le meilleur coup? J’ai gagné la première manche et j’ai eu le privilège de piger dans la boîte à cadeaux spéciaux. Mon tête-à-tête avec le notaire m’a valu quatre nouveaux sous-verre. Chouette!
Puis, nous avons enchaîné avec ma deuxième question mystère. Quel a été votre pire coup de l’année. Le truc que vous avez fait dontdonc vous êtes le moins fier? J’ai faitfais rire mes sœurs avec ma révélation (bien que j’aie également horrifié ma mère avec ce même aveu!) Et ne cherchez pas à savoir; c’est notre petit secret à nous!.
Chuck a, quant à lui, avoué qu’il était bien désolé d’avoir recommencé à fumer, résultat d’une grosse peine d’amour. Lalie a profité du moment pour prendre la parole en évoquantinvoquant sa désertion des bancs d’école ce qui a amenéamneé un flot de larmes sur ses joues, mais également un support inconditionnel de nous tous. Malgré les mouchoirs utilisés par Anne-Marie, c’est l’ex-nouveau fumeur qui a remporté la 2e manche.
La ronde finale devait nous ouvrir sur 2007. Pas question de résolutions qui ne tiendraient pas plus que trois semaines. Non, il fallait annoncer un truc que nous aimerions réaliser pendant les douze mois qui nous tiendront compagnie l’an prochain. Alex a souligné qu’elle aimerait bien trouver ce qu’elle aimerait faire de sa vie. Chuck a annoncé son intention d’arrêter de fumer. Et mon père souhaite venir à bout de mes rénos (et moi donc!). À l’unanimité, nous avons voté pour la petite sœur.
* * *
Bon, je n’avais rien inventé. C’est en faisant le journal d’aujourd’hui que l’idée m’est venue. Nous voulions faire une revue de fin d’année à la mode La Nouvelle. Pas une rétrospective de l’actualité en 2006. Non. Nous voulions aller plus loin et présenter un côté plus humain aux événements qui ont parsemé le calendrier qui se terminera sous peu.
L’idée de présenter nos meilleurs coups a donc fait son chemin. Concept que nous avons bonifié un peu. En effet, nous avons rappelé nos coups de cœur afin de savoir où ils étaient rendus. Que s’était-il passé depuis la parution de l’article parlant d’eux?
Vraiment, l’édition de cette semaine est impressionnante. Elle est à l’image des gens que nous présentons semaine après semaine : vivante, humaine, étonnante, mais surtout remarquable.
Bonne lecture et surtout, bonne année!
Mon jeu, en fait, ce n’était que de répondre à trois questions. Trois petites réponses que chacun des membres de la tribu Proulx auraient à trouver et qui serviraient à boucler l’année 2006 et à s’ouvrir sur la nouvelle qui se pointera sur le calendrier sous peu.
Alors, dites-moi, chers convives, quel a été votre meilleur coup de l’année? J’ai ouvert le bal en disant que je n’étais pas peu fière de me retrouver avec un prêt hypothécaire à mon seul nom. Mon père a suivisuivit la parade en évoquantinvoquant le nouveau look qu’il avait lui-même donné à mon chez-nous. Même Filou s’est jointe au jeu en disant que les A de son bulletin la rendaientl’a rendait très heureuse. Tour à tour, chacun a vanté ses mérites réalisés au cours de l’an 2006.
Puis, nous sommes passés au vote. Qui avait eu le meilleur coup? J’ai gagné la première manche et j’ai eu le privilège de piger dans la boîte à cadeaux spéciaux. Mon tête-à-tête avec le notaire m’a valu quatre nouveaux sous-verre. Chouette!
Puis, nous avons enchaîné avec ma deuxième question mystère. Quel a été votre pire coup de l’année. Le truc que vous avez fait dontdonc vous êtes le moins fier? J’ai faitfais rire mes sœurs avec ma révélation (bien que j’aie également horrifié ma mère avec ce même aveu!) Et ne cherchez pas à savoir; c’est notre petit secret à nous!.
Chuck a, quant à lui, avoué qu’il était bien désolé d’avoir recommencé à fumer, résultat d’une grosse peine d’amour. Lalie a profité du moment pour prendre la parole en évoquantinvoquant sa désertion des bancs d’école ce qui a amenéamneé un flot de larmes sur ses joues, mais également un support inconditionnel de nous tous. Malgré les mouchoirs utilisés par Anne-Marie, c’est l’ex-nouveau fumeur qui a remporté la 2e manche.
La ronde finale devait nous ouvrir sur 2007. Pas question de résolutions qui ne tiendraient pas plus que trois semaines. Non, il fallait annoncer un truc que nous aimerions réaliser pendant les douze mois qui nous tiendront compagnie l’an prochain. Alex a souligné qu’elle aimerait bien trouver ce qu’elle aimerait faire de sa vie. Chuck a annoncé son intention d’arrêter de fumer. Et mon père souhaite venir à bout de mes rénos (et moi donc!). À l’unanimité, nous avons voté pour la petite sœur.
* * *
Bon, je n’avais rien inventé. C’est en faisant le journal d’aujourd’hui que l’idée m’est venue. Nous voulions faire une revue de fin d’année à la mode La Nouvelle. Pas une rétrospective de l’actualité en 2006. Non. Nous voulions aller plus loin et présenter un côté plus humain aux événements qui ont parsemé le calendrier qui se terminera sous peu.
L’idée de présenter nos meilleurs coups a donc fait son chemin. Concept que nous avons bonifié un peu. En effet, nous avons rappelé nos coups de cœur afin de savoir où ils étaient rendus. Que s’était-il passé depuis la parution de l’article parlant d’eux?
Vraiment, l’édition de cette semaine est impressionnante. Elle est à l’image des gens que nous présentons semaine après semaine : vivante, humaine, étonnante, mais surtout remarquable.
Bonne lecture et surtout, bonne année!
Un Noël au pensionnat
Maxim est un brin excitée cette semaine. On pourrait croire qu’elle se pique au glucose. Vraiment, elle ne tient pas en place. C’est que vendredi ce sera fête de Noël dans sa classe. Un échange de cadeaux est organisé et j’avoue que l’ami secret de ma grande sera grandement gâté.
Toute cette fébrilité me replonge du temps où j’étais pensionnaire. Je suis persuadée d’y avoir vécu la plus belle fête de Noël qui puisse exister.
Comme à l’habitude, les lumières du dortoir se sont éteintes à 21h25. Après ma pratique de basket et ma journée d’école, le sommeil ne fut pas difficile à trouver. Il ne restait qu’une journée à passer sur ma chaise d’écolière avant de plonger des mes vacances. Je rêve déjà aux multiples activités qui m’occuperont pendant ces deux semaines.
Tout à coup, j’entends au loin des voix. Je crois qu’on chante. Je suis un peu mêlée. Je me demande si c’est dans mon rêve ou si c’est la réalité.
Le son devient de plus en plus fort. Je peux maintenant distinguer le Sainte Nuit très clairement. Je suis de plus en plus confuse surtout lorsque j’ouvre les yeux et que j’aperçois Jacques, mon prof de maths, en soutane blanche avec une chandelle à la main. Il est suivi ma Brigitte, celle qui enseigne l’histoire, par Michèle le professeur de français et de musique, sans oublier les Jean, Denis, Sylvie, Micheline, Claude, Josée, Soeur Ginette et Sœur Évangeline. Tous ceux qui m’enseignent sont là!
Vraiment, je ne comprends rien. Je me frotte les yeux. Je reprends mes esprits. Mais ils sont toujours là qui ne cessent de chanter avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles. C’est à ce moment que Sœur Denise vient nous secourir dans nos multiples questionnements en nous disant que nous avions cinq minutes pour s’habiller et traverser vers l’église où nous assisterions à la messe de minuit. Oui oui, vous avez bien lu!
Mais ce n’était pas tout. En revenant de cette célébration de Noël, on nous conduit dans la palestre où nous attendent un immense sapin et des centaines de cadeaux! Toutes les filles présentes ont reçu un paquet en plus d’une dizaine qui ont gagné de magnifiques trésors allant de l’équipement de ski alpin à la télévision en passant par des billets de spectacles. Vraiment, nous sommes toutes estomaquées devant tant de générosité.
Mais que serait une veillée de Noël sans le traditionnel réveillon? Nous descendons donc à la cafétéria pour y déguster dinde, tourtière, sauce aux canneberges, alouette. Tout y est. Même une pianiste et un violoniste qui ont le mandat de nous faire chanter et danser. Rigodons et chansons à répondre se succèdent au travers les rires et les sourires.
L’horloge indique trois heures du mat. La fatigue commence à se faire sentir. Sœur Jeanne D’Arc et Sœur Jacqueline nous invitent à retrouver notre lit. Question d’être capable d’affronter la dernière journée d’école avant les vacances.
Le sommeil a été difficile à trouver. Trop fébrile j’imagine ou sous le choc. Encore aujourd’hui, je n’en reviens pas encore de toute l’implication qu’a nécessité cette nuit de Noël. Du curé de la paroisse en passant par ces profs qui sont revenus au boulot en pleine nuit et sans oublier toutes ces sœurs qui nous ont popoté un repas d’enfer. Vraiment, je suis toute autant émerveillée que lorsque j’avais 14 ans.
Je reste persuadée que la plus belle fête scolaire de Noël, c’est moi qui l’ai vécue. Désolé Max.
Toute cette fébrilité me replonge du temps où j’étais pensionnaire. Je suis persuadée d’y avoir vécu la plus belle fête de Noël qui puisse exister.
Comme à l’habitude, les lumières du dortoir se sont éteintes à 21h25. Après ma pratique de basket et ma journée d’école, le sommeil ne fut pas difficile à trouver. Il ne restait qu’une journée à passer sur ma chaise d’écolière avant de plonger des mes vacances. Je rêve déjà aux multiples activités qui m’occuperont pendant ces deux semaines.
Tout à coup, j’entends au loin des voix. Je crois qu’on chante. Je suis un peu mêlée. Je me demande si c’est dans mon rêve ou si c’est la réalité.
Le son devient de plus en plus fort. Je peux maintenant distinguer le Sainte Nuit très clairement. Je suis de plus en plus confuse surtout lorsque j’ouvre les yeux et que j’aperçois Jacques, mon prof de maths, en soutane blanche avec une chandelle à la main. Il est suivi ma Brigitte, celle qui enseigne l’histoire, par Michèle le professeur de français et de musique, sans oublier les Jean, Denis, Sylvie, Micheline, Claude, Josée, Soeur Ginette et Sœur Évangeline. Tous ceux qui m’enseignent sont là!
Vraiment, je ne comprends rien. Je me frotte les yeux. Je reprends mes esprits. Mais ils sont toujours là qui ne cessent de chanter avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles. C’est à ce moment que Sœur Denise vient nous secourir dans nos multiples questionnements en nous disant que nous avions cinq minutes pour s’habiller et traverser vers l’église où nous assisterions à la messe de minuit. Oui oui, vous avez bien lu!
Mais ce n’était pas tout. En revenant de cette célébration de Noël, on nous conduit dans la palestre où nous attendent un immense sapin et des centaines de cadeaux! Toutes les filles présentes ont reçu un paquet en plus d’une dizaine qui ont gagné de magnifiques trésors allant de l’équipement de ski alpin à la télévision en passant par des billets de spectacles. Vraiment, nous sommes toutes estomaquées devant tant de générosité.
Mais que serait une veillée de Noël sans le traditionnel réveillon? Nous descendons donc à la cafétéria pour y déguster dinde, tourtière, sauce aux canneberges, alouette. Tout y est. Même une pianiste et un violoniste qui ont le mandat de nous faire chanter et danser. Rigodons et chansons à répondre se succèdent au travers les rires et les sourires.
L’horloge indique trois heures du mat. La fatigue commence à se faire sentir. Sœur Jeanne D’Arc et Sœur Jacqueline nous invitent à retrouver notre lit. Question d’être capable d’affronter la dernière journée d’école avant les vacances.
Le sommeil a été difficile à trouver. Trop fébrile j’imagine ou sous le choc. Encore aujourd’hui, je n’en reviens pas encore de toute l’implication qu’a nécessité cette nuit de Noël. Du curé de la paroisse en passant par ces profs qui sont revenus au boulot en pleine nuit et sans oublier toutes ces sœurs qui nous ont popoté un repas d’enfer. Vraiment, je suis toute autant émerveillée que lorsque j’avais 14 ans.
Je reste persuadée que la plus belle fête scolaire de Noël, c’est moi qui l’ai vécue. Désolé Max.
18 décembre 2006
Un sapin de souvenirs
C’était pourtant très clair dans ma tête. Mes souvenirs me semblaient intacts.
Il y avait mon père qui arrivait avec le sapin jonché sur le toit de la Reliant K familial. Puis, il y avait l’attente. La maudine d’attente.
L’attente que mon père grimpe l’arbre au troisième étage de l’immeuble où nous habitions. Une opération qui semblait simple au départ, mais qui pouvait s’avérer quand même périlleuse.
Une fois l’objectif atteint, il fallait encore attendre. Patienter pendant que l’arbre dégèle. J’avoue n’avoir jamais compris l’utilité de cette étape, mais bon il nous était tout à fait impossible de penser à y mettre une seule boule tant que les branches n’étaient pas redescendues. Soupir.
Pour nous réconforter, ma sœur et moi, pendant ces longs moments, ma mère tentait de nous occuper alors qu’elle faisait l’une de ses 75 tourtières à la cuisine. On sortait les emporte-pièces pour faire des sapins et des bonhommes de neige dans la pâte à tarte afin de décorer la croûte plus tard.
Il y avait les petits Simard qui chantaient des airs de Noël. J’avoue que j’étais grandement embêtée d’imaginer la mère de Nathalie embrasser le Père Noël. Mais à tout bout de champ, on entendait : « papa, est-ce que l’on peut maintenant? »
Dès que l’on entendait se lever de son divan, on laissait tomber rapidement notre pâte à tarte pour se lancer tête première dans la boîte de décorations. Mais il fallait attendre. Encore.
Attendre que mon père installe les milliers de lumières. Technique très difficile disait-il qu’il devait réaliser seul. Alors, on admirait le professionnel à l’œuvre. Mais c’était loooooooong!
Plusieurs heures plus tard, on avait enfin le ok pour participer à l’œuvre. Nous pouvions mettre notre talent à profit. Rapidement, nous pouvions admirer notre travail collectif. Chaque année, nous étions béates d’admiration devant notre sapin, qui était assurément le plus beau de la ville. Nous étions tellement fières d’avoir participer pour faire de cet arbre une véritable œuvre d’art.
Je me souviens des multiples fous rires, des histoires que racontait mon père, de l’ambiance qu’il y avait dans notre appartement, de l’odeur du sapin.
Depuis que je suis moi-même maman, j’attends le moment de la décoration du sapin avec impatience chaque année me rappelant toutes ces fois où nous mettions la main à la pâte avec mon père.
Pourtant, ça ne marche pas. Pendant que le sapin dégèle, les filles se chicanent. Pendant que j’installe les lumières, Félixe renverse son verre de lait et Maxim fout le bordel dans le salon. Et c’est sans parler des multiples soupirs d’exaspération lancés.
Quand c’est le moment d’installer les décorations, l’histoire dégénère. Le sol a vu tomber pas une, mais deux boules. Je sors le balai en grondant Max et Filou de prendre leur temps, que rien ne presse, que c’est très fragile des boules de Noël.
Voilà que la petite grimpe sur une chaise afin d’aller porter un ange le plus haut possible et la voilà qui tombe par terre. La grande en profite pour rire de sa cadette ce qui fait encore plus enrager mon bébé. Et ça c’est sans parler de la bataille générale pour savoir qui aura le privilège de mettre l’étoile au sommet. Vraiment l’ambiance est géniale!
La maison a l’air d’un véritable chantier. Il y a du raffia, des épines de sapin et des décos partout dans la maison. J’en ai pour deux heures à ranger. Je suis triste. Je voudrais tellement recréer mes souvenirs d’antan.
Deux jours plus tard, voilà que je demande à Max si elle a aimé décorer le sapin. « Oh! Oui! C’est tellement le fun maman! »
Et si c’était pareil quand j’avais huit ans? Si ma mémoire me jouait des tours et que seuls les bons moments sont restés imprégnés dans ma tête? Peut-être que mes filles ont déjà oublié ce qui n’allait pas pour se souvenir que du beau. Je l’espère vraiment.
Il y avait mon père qui arrivait avec le sapin jonché sur le toit de la Reliant K familial. Puis, il y avait l’attente. La maudine d’attente.
L’attente que mon père grimpe l’arbre au troisième étage de l’immeuble où nous habitions. Une opération qui semblait simple au départ, mais qui pouvait s’avérer quand même périlleuse.
Une fois l’objectif atteint, il fallait encore attendre. Patienter pendant que l’arbre dégèle. J’avoue n’avoir jamais compris l’utilité de cette étape, mais bon il nous était tout à fait impossible de penser à y mettre une seule boule tant que les branches n’étaient pas redescendues. Soupir.
Pour nous réconforter, ma sœur et moi, pendant ces longs moments, ma mère tentait de nous occuper alors qu’elle faisait l’une de ses 75 tourtières à la cuisine. On sortait les emporte-pièces pour faire des sapins et des bonhommes de neige dans la pâte à tarte afin de décorer la croûte plus tard.
Il y avait les petits Simard qui chantaient des airs de Noël. J’avoue que j’étais grandement embêtée d’imaginer la mère de Nathalie embrasser le Père Noël. Mais à tout bout de champ, on entendait : « papa, est-ce que l’on peut maintenant? »
Dès que l’on entendait se lever de son divan, on laissait tomber rapidement notre pâte à tarte pour se lancer tête première dans la boîte de décorations. Mais il fallait attendre. Encore.
Attendre que mon père installe les milliers de lumières. Technique très difficile disait-il qu’il devait réaliser seul. Alors, on admirait le professionnel à l’œuvre. Mais c’était loooooooong!
Plusieurs heures plus tard, on avait enfin le ok pour participer à l’œuvre. Nous pouvions mettre notre talent à profit. Rapidement, nous pouvions admirer notre travail collectif. Chaque année, nous étions béates d’admiration devant notre sapin, qui était assurément le plus beau de la ville. Nous étions tellement fières d’avoir participer pour faire de cet arbre une véritable œuvre d’art.
Je me souviens des multiples fous rires, des histoires que racontait mon père, de l’ambiance qu’il y avait dans notre appartement, de l’odeur du sapin.
Depuis que je suis moi-même maman, j’attends le moment de la décoration du sapin avec impatience chaque année me rappelant toutes ces fois où nous mettions la main à la pâte avec mon père.
Pourtant, ça ne marche pas. Pendant que le sapin dégèle, les filles se chicanent. Pendant que j’installe les lumières, Félixe renverse son verre de lait et Maxim fout le bordel dans le salon. Et c’est sans parler des multiples soupirs d’exaspération lancés.
Quand c’est le moment d’installer les décorations, l’histoire dégénère. Le sol a vu tomber pas une, mais deux boules. Je sors le balai en grondant Max et Filou de prendre leur temps, que rien ne presse, que c’est très fragile des boules de Noël.
Voilà que la petite grimpe sur une chaise afin d’aller porter un ange le plus haut possible et la voilà qui tombe par terre. La grande en profite pour rire de sa cadette ce qui fait encore plus enrager mon bébé. Et ça c’est sans parler de la bataille générale pour savoir qui aura le privilège de mettre l’étoile au sommet. Vraiment l’ambiance est géniale!
La maison a l’air d’un véritable chantier. Il y a du raffia, des épines de sapin et des décos partout dans la maison. J’en ai pour deux heures à ranger. Je suis triste. Je voudrais tellement recréer mes souvenirs d’antan.
Deux jours plus tard, voilà que je demande à Max si elle a aimé décorer le sapin. « Oh! Oui! C’est tellement le fun maman! »
Et si c’était pareil quand j’avais huit ans? Si ma mémoire me jouait des tours et que seuls les bons moments sont restés imprégnés dans ma tête? Peut-être que mes filles ont déjà oublié ce qui n’allait pas pour se souvenir que du beau. Je l’espère vraiment.
04 décembre 2006
Cauchemar et cosinus
Voici une histoire vécue. C’est le récit du cauchemar de mon cinquième secondaire : mon prof de math.
Ça s’est passé de l’automne 1992 à l’été 1993. Dix mois de terreur en ligne. J’ai passé 180 jours à redouter mon rendez-vous quotidien avec les théorèmes de Pythagore.
En début d’année, j’ai pourtant essayé. J’ai donné mon effort. Chaque jour, avec une rigueur peu commune, j’ai bossé sur mes devoirs. J’ai passé des heures à plancher pour préparer mes examens. Je profitais même des heures de récupération du midi pour tenter de comprendre d’avantage la matière.
Résultat sur le bulletin de la première étape? Échec. Un échec retentissant soi dit en passant. Le drame. La déconfiture.
Je n’étais donc pas douée pour les maths. Les dés étaient jetés. Mon sort était scellé. Il n’y avait plus rien à faire, mon hémisphère droit ne savait pas jongler avec les formules mathématiques.
Ce constat fait, j’ai quand même dû me taper un tête à tête quotidien avec elle. Cette prof, obstinée, avait en tête que j’étais capable de déchiffrer ces mauzus de formules algébriques. Mais non, il n’y avait rien à faire. Ça ne rentrait pas.
De semaine en semaine, la frustration entre nous deux grandissait. Bah je peux la comprendre. Je passais souvent la totalité de mes cours de maths à dessiner dans mon agenda, à étudier pour l’examen d’anglais qui s’en venait ou à manger des M&M. Ma haine des maths s’est transformée. J’ai commencé à détester la prof qui enseignait la matière aussi.
Reste que c’était dur sur l’ego. Alors que les 30 autres filles de ma classe réussissait bien dans cette matière, moi je ne valais rien. Je m’en voulais de ne pas avoir été codée génétiquement pou réussir à jongler avec la géométrie et les cosinus.
Le matin de notre examen de fin d’année, je suis restée couchée. Comme il m’aurait fallu 400% pour penser à réussir mon année, j’ai pensé qu’il valait mieux investir mon temps dans le sommeil que dans un paquet de questions que des fonctionnaires du ministère de l’Éducation avaient mises sur papier.
Le temps a passé. J’ai décroché un bac en Histoire, un certificat en Lettres et langue française. Je suis devenue journaliste et puis rédactrice en chef de La Nouvelle. J’avais oublié à peu près tout de ce qui avait assombri ma dernière année au Mont. Jusqu’à ce matin où un message spécial est arrivé dans ma boîte de courriels.
C’était Guylaine qui m’écrivait. Cette même prof qui m’avait donné tant de fil à retorde qui venait me hanter 12 ans plus tard. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça? Soupir.
En l’espace de deux lignes, mes pires craintes étaient tombées. C’était un courriel de félicitations. Le cauchemar de mon secondaire V avait pris le temps de m’écrire pour me dire que les maths ce n’étaient pas tout dans la vie, qu’il y avait bien plus. Qu’il y a d'autres façons de se réaliser.
Ce fut le plus beau de tous les mots de félicitations que j’ai reçus. Celui qui m’a fait le plus chaud au cœur. La hache de guerre était enterrée. Nous pouvions être amies maintenant.
Depuis, j’ai collaboré avec Guylaine à plusieurs reprises dans le cadre de mes fonctions. Et chaque fois, c’est avec plaisir que je me pointe aux rendez-vous.
Je n’ai plus peur de couler maintenant.
Ça s’est passé de l’automne 1992 à l’été 1993. Dix mois de terreur en ligne. J’ai passé 180 jours à redouter mon rendez-vous quotidien avec les théorèmes de Pythagore.
En début d’année, j’ai pourtant essayé. J’ai donné mon effort. Chaque jour, avec une rigueur peu commune, j’ai bossé sur mes devoirs. J’ai passé des heures à plancher pour préparer mes examens. Je profitais même des heures de récupération du midi pour tenter de comprendre d’avantage la matière.
Résultat sur le bulletin de la première étape? Échec. Un échec retentissant soi dit en passant. Le drame. La déconfiture.
Je n’étais donc pas douée pour les maths. Les dés étaient jetés. Mon sort était scellé. Il n’y avait plus rien à faire, mon hémisphère droit ne savait pas jongler avec les formules mathématiques.
Ce constat fait, j’ai quand même dû me taper un tête à tête quotidien avec elle. Cette prof, obstinée, avait en tête que j’étais capable de déchiffrer ces mauzus de formules algébriques. Mais non, il n’y avait rien à faire. Ça ne rentrait pas.
De semaine en semaine, la frustration entre nous deux grandissait. Bah je peux la comprendre. Je passais souvent la totalité de mes cours de maths à dessiner dans mon agenda, à étudier pour l’examen d’anglais qui s’en venait ou à manger des M&M. Ma haine des maths s’est transformée. J’ai commencé à détester la prof qui enseignait la matière aussi.
Reste que c’était dur sur l’ego. Alors que les 30 autres filles de ma classe réussissait bien dans cette matière, moi je ne valais rien. Je m’en voulais de ne pas avoir été codée génétiquement pou réussir à jongler avec la géométrie et les cosinus.
Le matin de notre examen de fin d’année, je suis restée couchée. Comme il m’aurait fallu 400% pour penser à réussir mon année, j’ai pensé qu’il valait mieux investir mon temps dans le sommeil que dans un paquet de questions que des fonctionnaires du ministère de l’Éducation avaient mises sur papier.
Le temps a passé. J’ai décroché un bac en Histoire, un certificat en Lettres et langue française. Je suis devenue journaliste et puis rédactrice en chef de La Nouvelle. J’avais oublié à peu près tout de ce qui avait assombri ma dernière année au Mont. Jusqu’à ce matin où un message spécial est arrivé dans ma boîte de courriels.
C’était Guylaine qui m’écrivait. Cette même prof qui m’avait donné tant de fil à retorde qui venait me hanter 12 ans plus tard. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça? Soupir.
En l’espace de deux lignes, mes pires craintes étaient tombées. C’était un courriel de félicitations. Le cauchemar de mon secondaire V avait pris le temps de m’écrire pour me dire que les maths ce n’étaient pas tout dans la vie, qu’il y avait bien plus. Qu’il y a d'autres façons de se réaliser.
Ce fut le plus beau de tous les mots de félicitations que j’ai reçus. Celui qui m’a fait le plus chaud au cœur. La hache de guerre était enterrée. Nous pouvions être amies maintenant.
Depuis, j’ai collaboré avec Guylaine à plusieurs reprises dans le cadre de mes fonctions. Et chaque fois, c’est avec plaisir que je me pointe aux rendez-vous.
Je n’ai plus peur de couler maintenant.
28 novembre 2006
J'en ai assez
J’ai pris une grande décision dimanche. Faut dire que j’avais touché le fond. Le vrai de vrai fond. Le bas fond, on s’entend. Vous savez, celui qui force les alcoolos à cesser d’ingurgiter du 40% ou celui qui pousse les gamblers à lâcher la roulette.
J’ai commencé par admettre que j’étais impuissante devant lui et que ma vie était devenue incontrôlable. Il m’obsédait et je ne réussissais jamais à avoir le contrôle dessus. C’était la première étape à faire paraît-il.
J’y pensais depuis un bon bout de temps. J’ai nié le problème longtemps. Très longtemps même. Refusant de croire qu’une telle chose pouvait m’arriver. Que j’étais au-dessus de ce problème.
Ça c’est passé au milieu de ma cuisine sur mes nouveaux carreaux de céramique dimanche après-midi. J’avais mon Swiffer à la main et c’est là que j’ai dit haut et fort et à qui voulait l’entendre : C’est assez! Je ne peux plus vivre de cette manière.
Alors, comme tout bon dépendant, j’ai commencé par demander de l’aide. Puis j’ai accepté cette aide. Et un jour, je fais la promesse qu’à mon tour, j’aiderai les autres.
Cette aide, elle s’appelle Sandra.
Chaque jeudi, Sandra viendra à la maison apportant avec elle réconfort et soutien. Parce qu’il est fini le temps où le Fantastik et les SOS prenaient le contrôle de mon existence.
Elle s’occupera de laver les lits et de passer l’aspirateur. Elle fera reluire mes deux salles de bain et époussettera les trucs collectionneurs de poussières qui inondent ma maison. Si le temps lui permet, elle fera même la vaisselle et peut-être partira-t-elle une brassée de lavage.
Admettre que je n’étais plus capable de voir à la tâche de l’entretien de ma maison fut assez difficile à faire dans cette société où l’on vénère ces super (maudites?) Wonderwomans qui réussissent à tout faire à la perfection avec le sourire en prime.
Ces petites bêtes sont partout autour de nous et nous font sentir que nous n’avons aucun sens de l’organisation et que nous sommes complètement dysfonctionnelles de ne pas arriver à tout accomplir tout ce qu’une bonne ménagère se doit de faire. Vous savez celles dont la maison brille, qui cuisinent des repas quatre étoiles, qui n’ont jamais un pli de travers sur leur pantalon et qui malgré les 40 heures passées au boulot trouvent le temps de conduire fiston au hockey et fillette au ballet tout en s’impliquant bénévolement dans un organisme communautaire.
Malheureusement, je ne suis pas de cette race. Je ne suis pas codée génétiquement pour jongler avec le travail, l’élevage de deux poules en solo, le ménage, le repassage, le lavage, l’époussetage sans difficulté et sans aucune aide.
J’étais fatiguée de privilégier ma moppe à une partie d’Uno avec Max. Je n’en pouvais plus d’entendre le linge sec qui moisit dans la sécheuse me crier des bêtises parce que je faisais autre chose que le plier. Je ne voulais plus stresser à la seule idée que Filou veuille faire de la pâte à modeler parce que ça salirait la table, fort probablement le coussin de la chaise aussi, sans compter le plancher, les vêtements et tout le tra la la.
Je refusais de croire que je passerai ma vie à ramasser, à laver des chaudrons, à désinfecter des toilettes, à astiquer mon plancher, à nettoyer les vitres. Est-ce que j’étais condamnée à finir mes jours avec un chiffon dans une main et une bouteille de nettoyant dans l’autre? Je ne voulais pas devenir la meilleure amie de Monsieur Net. Cette image me déprimait trop. Beaucoup trop pour que je continue dans cette voie.
Alors, avant de quémander une prescription de Prozac, j’ai osé demander de l’aide. Et vous savez ce que je ferai dimanche avec mes loulous? De la pâte à modeler bien sûr!
J’ai commencé par admettre que j’étais impuissante devant lui et que ma vie était devenue incontrôlable. Il m’obsédait et je ne réussissais jamais à avoir le contrôle dessus. C’était la première étape à faire paraît-il.
J’y pensais depuis un bon bout de temps. J’ai nié le problème longtemps. Très longtemps même. Refusant de croire qu’une telle chose pouvait m’arriver. Que j’étais au-dessus de ce problème.
Ça c’est passé au milieu de ma cuisine sur mes nouveaux carreaux de céramique dimanche après-midi. J’avais mon Swiffer à la main et c’est là que j’ai dit haut et fort et à qui voulait l’entendre : C’est assez! Je ne peux plus vivre de cette manière.
Alors, comme tout bon dépendant, j’ai commencé par demander de l’aide. Puis j’ai accepté cette aide. Et un jour, je fais la promesse qu’à mon tour, j’aiderai les autres.
Cette aide, elle s’appelle Sandra.
Chaque jeudi, Sandra viendra à la maison apportant avec elle réconfort et soutien. Parce qu’il est fini le temps où le Fantastik et les SOS prenaient le contrôle de mon existence.
Elle s’occupera de laver les lits et de passer l’aspirateur. Elle fera reluire mes deux salles de bain et époussettera les trucs collectionneurs de poussières qui inondent ma maison. Si le temps lui permet, elle fera même la vaisselle et peut-être partira-t-elle une brassée de lavage.
Admettre que je n’étais plus capable de voir à la tâche de l’entretien de ma maison fut assez difficile à faire dans cette société où l’on vénère ces super (maudites?) Wonderwomans qui réussissent à tout faire à la perfection avec le sourire en prime.
Ces petites bêtes sont partout autour de nous et nous font sentir que nous n’avons aucun sens de l’organisation et que nous sommes complètement dysfonctionnelles de ne pas arriver à tout accomplir tout ce qu’une bonne ménagère se doit de faire. Vous savez celles dont la maison brille, qui cuisinent des repas quatre étoiles, qui n’ont jamais un pli de travers sur leur pantalon et qui malgré les 40 heures passées au boulot trouvent le temps de conduire fiston au hockey et fillette au ballet tout en s’impliquant bénévolement dans un organisme communautaire.
Malheureusement, je ne suis pas de cette race. Je ne suis pas codée génétiquement pour jongler avec le travail, l’élevage de deux poules en solo, le ménage, le repassage, le lavage, l’époussetage sans difficulté et sans aucune aide.
J’étais fatiguée de privilégier ma moppe à une partie d’Uno avec Max. Je n’en pouvais plus d’entendre le linge sec qui moisit dans la sécheuse me crier des bêtises parce que je faisais autre chose que le plier. Je ne voulais plus stresser à la seule idée que Filou veuille faire de la pâte à modeler parce que ça salirait la table, fort probablement le coussin de la chaise aussi, sans compter le plancher, les vêtements et tout le tra la la.
Je refusais de croire que je passerai ma vie à ramasser, à laver des chaudrons, à désinfecter des toilettes, à astiquer mon plancher, à nettoyer les vitres. Est-ce que j’étais condamnée à finir mes jours avec un chiffon dans une main et une bouteille de nettoyant dans l’autre? Je ne voulais pas devenir la meilleure amie de Monsieur Net. Cette image me déprimait trop. Beaucoup trop pour que je continue dans cette voie.
Alors, avant de quémander une prescription de Prozac, j’ai osé demander de l’aide. Et vous savez ce que je ferai dimanche avec mes loulous? De la pâte à modeler bien sûr!
22 novembre 2006
Sherbrooke, sur la carte
Sherbrooke, by night
Nous sommes lundi soir ou mardi matin, c’est pour vous. L’horloge de ma voiture indique 2h36 et je rentre à la maison. Je suis complètement crevée. J’ai eu une rude journée au bureau. Je jure qu’on ne m’y reprendra plus.
Chemin faisant, je repasse le fil des événements de la journée dans ma tête. Je relis les textes que j’ai écrits. Je repense à cette édition spéciale que nous présenterons mercredi et le sourire revient. L’envie de coller mon oreiller est chassée de mon esprit.
Une image me frappe. Sherbrooke et ses milliers d’histoires exceptionnelles. Ces gens qui tiennent la vedette de La Nouvelle cette semaine me rendent fière d’appartenir à une telle communauté d’individus tous aussi extraordinaires les uns que les autres.
Que de millage parcourus pour plusieurs. Des parcours tous plus intéressants les uns que les autres. Pas de super vedettes, sauf une. Que des gens ordinaires. Des personnes comme nous qui un beau matin ont fait leur valise et pris l’avion pour affronter de nouveaux défis.
Mais ce qui frappe le plus, c’est la capacité d’abandon unique de ces globe-trotters. Parce que pour partir à l’autre bout du monde avec pour seuls bagages un sac à dos et un passeport canadien, il faut avoir le goût de l’aventure certes, mais surtout la capacité de laisser ce qu’on a ici pour foncer.
Et c’est là le plus difficile, je crois.
Chaque fois que je pense à ma cousine Karine qui vit à Paris, j’ai un motton dans le dalot pour toutes ces scènes de la vie quotidienne qui échappent à sa maman qui vit toujours en sol sherbrookois. Pour toutes les fois où elle voudrait cajoler sa petite-fille qui est 6 000 kilomètres. Pour toutes les réunions familiales où Karine, Lou et Laurent ne figurent pas sur la liste d’invités parce que ce n’est pas tous les jours possible de se taper six heures d’avion pour assister à un souper d’anniversaire.
En même temps, j’ai énormément d’admiration face à son courage. Imaginez, Karine est partie dans un pays qu’elle ne connaissait à peu près pas par amour laissant tout derrière elle. C’est épatant!
Au fil des histoires de la vingtaine de Sherbrookois débarqués un peu partout sur la mappe monde, que j’ai mises en page ce soir, j’ai eu envie, moi aussi, d’aller enseigner l’anglais en Chine, de postuler dans l’une des filiales de Bombardier en Europe, d’amuser les touristes au Mexique, d’être monitrice de ski dans les Rocheuses, d’écrire pour un journal africain, de faire un stage de photo en Australie. Les idées ne manquent pas.
Non, c’est le courage qui n’est pas au rendez-vous. La patience de tout recommencer à zéro. De ne plus entendre le téléphone sonner à toutes heures du jour avec ma sœur au bout du fil me racontant ce qu’elle a fait dans les dix dernières minutes me manquerait trop. Je m’ennuierais de ne plus voir l’air bête de mon autre sœur jour après jour. De vendre cette maison que j’ai entièrement rénovée avec mon papa m’est insupportable.
L’inévitable question à savoir si je passerai à côté de quelque chose d’extraordinaire s’est alors posée. Peut-être. Mais une chose est certaine, je n’ai pas tout perdu. Que non.
Parce que grâce à mon travail, j’ai pu connaître des dizaines de gens de chez moi que je n’aurais jamais rencontré autrement. Des compatriotes qui font le bonheur de dizaines d’Africains, qui créent des publicités d’envergure en Italie, enseignent le yoga à Singapour ou qui supervisent les élections présidentielles au Congo.
Des personnes qui m’ont apprises que le bonheur se construit et se trouve dans de petites choses, que l’on soit à Hawaï, en Allemagne ou dans l’arrondissement 5 de la reine des Cantons-de-l’Est.
Et surtout parce qu’ils m’ont fait réaliser que la poutine du Louis, ne se retrouve qu’à Sherbrooke…
Nous sommes lundi soir ou mardi matin, c’est pour vous. L’horloge de ma voiture indique 2h36 et je rentre à la maison. Je suis complètement crevée. J’ai eu une rude journée au bureau. Je jure qu’on ne m’y reprendra plus.
Chemin faisant, je repasse le fil des événements de la journée dans ma tête. Je relis les textes que j’ai écrits. Je repense à cette édition spéciale que nous présenterons mercredi et le sourire revient. L’envie de coller mon oreiller est chassée de mon esprit.
Une image me frappe. Sherbrooke et ses milliers d’histoires exceptionnelles. Ces gens qui tiennent la vedette de La Nouvelle cette semaine me rendent fière d’appartenir à une telle communauté d’individus tous aussi extraordinaires les uns que les autres.
Que de millage parcourus pour plusieurs. Des parcours tous plus intéressants les uns que les autres. Pas de super vedettes, sauf une. Que des gens ordinaires. Des personnes comme nous qui un beau matin ont fait leur valise et pris l’avion pour affronter de nouveaux défis.
Mais ce qui frappe le plus, c’est la capacité d’abandon unique de ces globe-trotters. Parce que pour partir à l’autre bout du monde avec pour seuls bagages un sac à dos et un passeport canadien, il faut avoir le goût de l’aventure certes, mais surtout la capacité de laisser ce qu’on a ici pour foncer.
Et c’est là le plus difficile, je crois.
Chaque fois que je pense à ma cousine Karine qui vit à Paris, j’ai un motton dans le dalot pour toutes ces scènes de la vie quotidienne qui échappent à sa maman qui vit toujours en sol sherbrookois. Pour toutes les fois où elle voudrait cajoler sa petite-fille qui est 6 000 kilomètres. Pour toutes les réunions familiales où Karine, Lou et Laurent ne figurent pas sur la liste d’invités parce que ce n’est pas tous les jours possible de se taper six heures d’avion pour assister à un souper d’anniversaire.
En même temps, j’ai énormément d’admiration face à son courage. Imaginez, Karine est partie dans un pays qu’elle ne connaissait à peu près pas par amour laissant tout derrière elle. C’est épatant!
Au fil des histoires de la vingtaine de Sherbrookois débarqués un peu partout sur la mappe monde, que j’ai mises en page ce soir, j’ai eu envie, moi aussi, d’aller enseigner l’anglais en Chine, de postuler dans l’une des filiales de Bombardier en Europe, d’amuser les touristes au Mexique, d’être monitrice de ski dans les Rocheuses, d’écrire pour un journal africain, de faire un stage de photo en Australie. Les idées ne manquent pas.
Non, c’est le courage qui n’est pas au rendez-vous. La patience de tout recommencer à zéro. De ne plus entendre le téléphone sonner à toutes heures du jour avec ma sœur au bout du fil me racontant ce qu’elle a fait dans les dix dernières minutes me manquerait trop. Je m’ennuierais de ne plus voir l’air bête de mon autre sœur jour après jour. De vendre cette maison que j’ai entièrement rénovée avec mon papa m’est insupportable.
L’inévitable question à savoir si je passerai à côté de quelque chose d’extraordinaire s’est alors posée. Peut-être. Mais une chose est certaine, je n’ai pas tout perdu. Que non.
Parce que grâce à mon travail, j’ai pu connaître des dizaines de gens de chez moi que je n’aurais jamais rencontré autrement. Des compatriotes qui font le bonheur de dizaines d’Africains, qui créent des publicités d’envergure en Italie, enseignent le yoga à Singapour ou qui supervisent les élections présidentielles au Congo.
Des personnes qui m’ont apprises que le bonheur se construit et se trouve dans de petites choses, que l’on soit à Hawaï, en Allemagne ou dans l’arrondissement 5 de la reine des Cantons-de-l’Est.
Et surtout parce qu’ils m’ont fait réaliser que la poutine du Louis, ne se retrouve qu’à Sherbrooke…
13 novembre 2006
Une motion spéciale à l’ordre du jour
J’ai présenté une motion spéciale aux copines le week-end dernier parce que mes oreilles étaient saturées d’entendre des trucs moches. Une proposition qui se lisait comme suit :
« Que l’on biffe du calendrier, et ce pour toutes les années à venir, tous les mois de novembre. »
Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la motion a été appuyée rapidement et adoptée à l’unanimité par mes amies sans la moindre hésitation.
C’est vrai que c’est moche novembre. C’est gris, c’est morne, y pleut, y fait noir de bonne heure, c’est humide. Le 11e mois du calendrier n’a rien pour se faire aimer.
Et lorsque l’on rajoute tous les drames que mes amies vivent ces derniers temps, on en convient que ces quatre semaines à passer sur cette page de calendrier peuvent devenir un véritable calvaire.
C’est une vraie calomnie. Tout le monde se sépare autour de moi. Tout le monde est malade. Tout le monde est à bout. Et pas de petites histoires sans conséquences. On ne parle pas de rhume ou de petite déprime passagère.
Vraiment pas.
Tenez par exemple. La copine Éli qui s’est mariée l’hiver dernier avec un mec des vieux pays. Quelques semaines plus tard, un petit colimaçon s’est niché dans son bedon. Quelle belle histoire non? Vous savez le genre de truc que l’on lit dans les romans en se disant « ça ne m’arrivera jamais ». Et bien, ça lui est arrivé à elle. Elle vivait un véritable conte de fée jusqu’à ce qu’on apprenne que le monsieur en question a le mal du pays et qu’il repart avec son petit bonheur de l’autre bord de l’Atlantique. « Merci pour tout, ça été bien agréable. On peut rester amis si tu veux. »
Triste.
Et il y a le papa de Stéphanie qui est hospitalisé depuis samedi, la maman de Mélanie qui voit un cancer lui faire de l’œil, la petite-fille de Catherine qui se fera opérer à la tête, la sœur de Louise qui s’est fait plaquer par son mari 26 ans après lui avoir dit oui et l’oncle de Marie qui est décédé des suites d’un cancer fulgurant.
Et sans c’est sans compter la gastro qui fait des ravages partout, le flop de la famille Dion, l’exclusion de Frédérique à Occupation Double, et quoi d’autres?
On dirait que lorsque novembre se pointe dans le paysage, il apporte avec lui un lot de mauvaises nouvelles qu’il lance un peu partout. Est-ce possible qu’autant de mauvaises nouvelles arrivent en juillet? Non. Juillet, c’est un mois joyeux. Tout le monde est de bonne humeur en juillet. Personne n’est malade en juillet. Les coups durs sont tellement moins graves en juillet.
Je vote pour un calendrier avec douze juillet. De cette façon, nous serons certains que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Que le soleil brillera tout le temps.
Oui ma motion a été adoptée à l’unanimité. Sauf Annick qui a voté contre cette proposition que nous croyions géniale.
« J'ai besoin de novembre pour vieillir. C'est le cycle de la vie; novembre représente une étape de changement, de préparation à autre chose. Comme la température est moche, tout ce qui entoure nous affecte d'autant plus... puis quand c'est un enchaînements de malheurs et de mauvaises nouvelles, c'est encore plus difficile », nous disait-elle.
Elle a raison la copine. Le manque de soleil, le changement d’heure, la température maussade ne sont rien pour nous aider à aimer ce mois. Mais ça prend des moments plus difficiles pour nous faire apprécier les instants plus heureux à leur juste valeur.
Mais on pourrait peut-être s’entendre pour un mois de novembre de deux semaines?
« Que l’on biffe du calendrier, et ce pour toutes les années à venir, tous les mois de novembre. »
Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la motion a été appuyée rapidement et adoptée à l’unanimité par mes amies sans la moindre hésitation.
C’est vrai que c’est moche novembre. C’est gris, c’est morne, y pleut, y fait noir de bonne heure, c’est humide. Le 11e mois du calendrier n’a rien pour se faire aimer.
Et lorsque l’on rajoute tous les drames que mes amies vivent ces derniers temps, on en convient que ces quatre semaines à passer sur cette page de calendrier peuvent devenir un véritable calvaire.
C’est une vraie calomnie. Tout le monde se sépare autour de moi. Tout le monde est malade. Tout le monde est à bout. Et pas de petites histoires sans conséquences. On ne parle pas de rhume ou de petite déprime passagère.
Vraiment pas.
Tenez par exemple. La copine Éli qui s’est mariée l’hiver dernier avec un mec des vieux pays. Quelques semaines plus tard, un petit colimaçon s’est niché dans son bedon. Quelle belle histoire non? Vous savez le genre de truc que l’on lit dans les romans en se disant « ça ne m’arrivera jamais ». Et bien, ça lui est arrivé à elle. Elle vivait un véritable conte de fée jusqu’à ce qu’on apprenne que le monsieur en question a le mal du pays et qu’il repart avec son petit bonheur de l’autre bord de l’Atlantique. « Merci pour tout, ça été bien agréable. On peut rester amis si tu veux. »
Triste.
Et il y a le papa de Stéphanie qui est hospitalisé depuis samedi, la maman de Mélanie qui voit un cancer lui faire de l’œil, la petite-fille de Catherine qui se fera opérer à la tête, la sœur de Louise qui s’est fait plaquer par son mari 26 ans après lui avoir dit oui et l’oncle de Marie qui est décédé des suites d’un cancer fulgurant.
Et sans c’est sans compter la gastro qui fait des ravages partout, le flop de la famille Dion, l’exclusion de Frédérique à Occupation Double, et quoi d’autres?
On dirait que lorsque novembre se pointe dans le paysage, il apporte avec lui un lot de mauvaises nouvelles qu’il lance un peu partout. Est-ce possible qu’autant de mauvaises nouvelles arrivent en juillet? Non. Juillet, c’est un mois joyeux. Tout le monde est de bonne humeur en juillet. Personne n’est malade en juillet. Les coups durs sont tellement moins graves en juillet.
Je vote pour un calendrier avec douze juillet. De cette façon, nous serons certains que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Que le soleil brillera tout le temps.
Oui ma motion a été adoptée à l’unanimité. Sauf Annick qui a voté contre cette proposition que nous croyions géniale.
« J'ai besoin de novembre pour vieillir. C'est le cycle de la vie; novembre représente une étape de changement, de préparation à autre chose. Comme la température est moche, tout ce qui entoure nous affecte d'autant plus... puis quand c'est un enchaînements de malheurs et de mauvaises nouvelles, c'est encore plus difficile », nous disait-elle.
Elle a raison la copine. Le manque de soleil, le changement d’heure, la température maussade ne sont rien pour nous aider à aimer ce mois. Mais ça prend des moments plus difficiles pour nous faire apprécier les instants plus heureux à leur juste valeur.
Mais on pourrait peut-être s’entendre pour un mois de novembre de deux semaines?
06 novembre 2006
Dragues dures
La drague comme la dope ça rend dingue.
Et les gens qui ont touché les deux affirment que dès qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer.
Peut-être.
Mais moi, je me suis désintoxiquée. Je pense.
Pas de la drogue, mais de la drague. Et heureusement, sans méthadone ou internement en cure fermée.
Et c’est ici un concept qui échappe totalement à trop de gens. « Comment une femme de 30 ans peut-elle être bien seule? » Il y a forcément un problème, quelque chose qui cloche.
Des préjugés, des remarques plates, des interrogations, des faces embêtées, il n’y a rien qui m’a échappé depuis les trois dernières années.
« Forcément, tu dois être trop difficile. » « Une belle fille comme toi ne peut pas être célibataire; il y a sûrement quelqu’un qui t’attend quelque part. »
Alors voilà, les missionnaires des pauvres célibataires de ce monde partent en mission « Matchons Geneviève ».
On me propose des blind dates. On me parle d’un tel qui est « donc formidable et parfait pour moi ». On me pousse à sortir dans des soirées de célibataires, à m’inscrire à Réseau Contact, à appeler dans une agence de rencontres, à fréquenter les speed dating et quoi encore?
Qu’arrive-t-il si je refuse? « Oh la la! C’est un cas grave, très grave. Parce que Geneviève, on-ne-sait-jamais. » Et là, ça part : « Moi, j’ai rencontré mon mari dans un blind date et tout de suite ça été le coup de foudre, etc.» Ou l’autre : « Je ne croyais pas vraiment à l’amour sur le Net, mais j’y ai trouvé mon chum et tu vois aujourd’hui, je suis enceinte... »
Mais c’est quoi cette tendance à vouloir accoupler tous les célibataires qui traînent? Pourquoi ça agace tous ceux qui cochent conjoints de fait sur leur rapport d’impôt que moi je marque célibataire? Est-il possible d’être heureuse même si je fais la vaisselle en solo?
C’est drôle quand même. Parmi mes collègues de travail, nous sommes quelques unes qui faisons dodo toutes seules depuis longtemps. Pourtant, aucune d’elles ne prend d’antidépresseurs, elles ont toujours un sourire dans la face et respirent la joie de vivre. Elles me disent ne pas avoir de rendez-vous chez un psy chaque semaine à leur agenda. Et pas le moindre signe d’agressivité envers la partie masculine de la race humaine ne transparaît dans leur discours.
On aurait, pourtant, l’embarras du chois. En effet, on compterait au pays 114 hommes célibataires par tranche de 100 femmes célibataires. Mais on n’en veut pas des messieurs qui n’ont pas d’alliance à l’annuaire gauche. Est-ce si difficile à comprendre, à admettre?
Il semble que je ne sois pas seule dans mon lot. Pour l’heure, on compte une femme sur quatre et un homme sur trois âgés entre 29 et 54 ans qui sont célibataires au Québec. De ce nombre, 70% sont résignés à le rester. Je suis de ces statistiques et je vous le dis, ça va entre mes deux oreilles.
La drague comme la drogue, ça rend dingue. Mais, ça se peut que ce ne soit pas tout le monde qui ait envie de se shooter à la cruise.
Et les gens qui ont touché les deux affirment que dès qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer.
Peut-être.
Mais moi, je me suis désintoxiquée. Je pense.
Pas de la drogue, mais de la drague. Et heureusement, sans méthadone ou internement en cure fermée.
Et c’est ici un concept qui échappe totalement à trop de gens. « Comment une femme de 30 ans peut-elle être bien seule? » Il y a forcément un problème, quelque chose qui cloche.
Des préjugés, des remarques plates, des interrogations, des faces embêtées, il n’y a rien qui m’a échappé depuis les trois dernières années.
« Forcément, tu dois être trop difficile. » « Une belle fille comme toi ne peut pas être célibataire; il y a sûrement quelqu’un qui t’attend quelque part. »
Alors voilà, les missionnaires des pauvres célibataires de ce monde partent en mission « Matchons Geneviève ».
On me propose des blind dates. On me parle d’un tel qui est « donc formidable et parfait pour moi ». On me pousse à sortir dans des soirées de célibataires, à m’inscrire à Réseau Contact, à appeler dans une agence de rencontres, à fréquenter les speed dating et quoi encore?
Qu’arrive-t-il si je refuse? « Oh la la! C’est un cas grave, très grave. Parce que Geneviève, on-ne-sait-jamais. » Et là, ça part : « Moi, j’ai rencontré mon mari dans un blind date et tout de suite ça été le coup de foudre, etc.» Ou l’autre : « Je ne croyais pas vraiment à l’amour sur le Net, mais j’y ai trouvé mon chum et tu vois aujourd’hui, je suis enceinte... »
Mais c’est quoi cette tendance à vouloir accoupler tous les célibataires qui traînent? Pourquoi ça agace tous ceux qui cochent conjoints de fait sur leur rapport d’impôt que moi je marque célibataire? Est-il possible d’être heureuse même si je fais la vaisselle en solo?
C’est drôle quand même. Parmi mes collègues de travail, nous sommes quelques unes qui faisons dodo toutes seules depuis longtemps. Pourtant, aucune d’elles ne prend d’antidépresseurs, elles ont toujours un sourire dans la face et respirent la joie de vivre. Elles me disent ne pas avoir de rendez-vous chez un psy chaque semaine à leur agenda. Et pas le moindre signe d’agressivité envers la partie masculine de la race humaine ne transparaît dans leur discours.
On aurait, pourtant, l’embarras du chois. En effet, on compterait au pays 114 hommes célibataires par tranche de 100 femmes célibataires. Mais on n’en veut pas des messieurs qui n’ont pas d’alliance à l’annuaire gauche. Est-ce si difficile à comprendre, à admettre?
Il semble que je ne sois pas seule dans mon lot. Pour l’heure, on compte une femme sur quatre et un homme sur trois âgés entre 29 et 54 ans qui sont célibataires au Québec. De ce nombre, 70% sont résignés à le rester. Je suis de ces statistiques et je vous le dis, ça va entre mes deux oreilles.
La drague comme la drogue, ça rend dingue. Mais, ça se peut que ce ne soit pas tout le monde qui ait envie de se shooter à la cruise.
30 octobre 2006
Conflit de générations
Reçu la semaine dernière dans ma boîte de courriels parmi une dizaine de messages de parents qui étaient plutôt d’accord avec mon propos questionnant la nécessité de donner des devoirs « familiaux » à des parents de loulous fréquentant la maternelle.
Ça se lisait comme suit :
« On reconnaît bien là les propos d'une mère ou de parents de la génération X qui délèguent tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies leurs responsabilités de parents. Tout ce qui est décrit dans ton texte comme tâches à la maison n'est pas nouveau. Des générations avant toi ont eu les mêmes tâches et plus sans se plaindre. Où l’on s'en va avec cette génération qui veut faire éduquer et instruire ses enfants par les autres et moins travailler? »
Estomaquée je l’étais. Pour ne pas dire ahurie!
Moi, j’étais cataloguée de la génération X?
C’était bien mal me connaître, moi et ma génération. C’était très impoli de nous étiqueter de la sorte moi et mes copines. C’était nous juger très sévèrement moi et tous ceux qui ont leur année de naissance dans les années 70.
Vraiment, je ne le prends pas.
Parce que selon les chercheurs Strauss et Howe, la Génération X serait une jeunesse sans identité, individualiste sans valeurs communes, démobilisé incapables d'actions collectives, candidate rêvée à l'aide sociale ou au chômage. Bref, une génération de paumés qui a tout raté.
Ouf. Beau portrait. Diable où va le monde avec une telle génération de jeunes adultes? Parce que c’est bien connu, notre génération cultive son égocentrisme plutôt que de travailler. Notre devise? Ici et maintenant. Pourquoi attendre alors que nous pouvons tout avoir maintenant?
Le problème de notre génération, c’est que nous n’avons pas de but. Nous n’avons pas connu de grande guerre. Nous n’avons pas de cause à défendre, pas un seul truc qui nous prenne complètement aux trippes.
Vraiment, l’avenir est des plus sombres.
Pourtant, je regarde autour de moi et je ne vois rien de tel. Je vois plutôt Katia qui est debout à 5h45 chaque matin et qui se tape des journées de travail qui jetteraient n’importe quel baby boomer sur le dos.
Je vois Marie-Christine qui conjugue avec trois, quatre et parfois cinq employeurs différents pour arriver à jumeler les deux bouts. Candidate rêvée à l’aide sociale?
Je vois Sandra qui n’a pas dormi depuis cinq ans et qui pense toujours au bien-être de ses quatre marmots avant même de songer à se laver. Égocentrique vous disiez?
Je vois Élise qui tente par tous les moyens de conscientiser les baby-boomers à l’importance de nos actions quotidiennes dans le but de sauver la planète. C’est comme ça que l’on décrit une génération sans valeurs communes?
J’ai mis les pieds dans un McDo à 14 ans. Chaque week-end, j’étais debout à 5h30 pour aller flipper des burgers à 5,30$ l’heure. J’ai mis au monde deux enfants tout en faisant des travaux de session pour décrocher un diplôme universitaire et en travaillant à temps plein dans un centre de photocopies. Paumée moi?
J’ai été impliquée au conseil d’administration de la garderie de Filou. J’ai été du conseil d’établissement de l’école de Maxim. Il y a Karine qui, une fois par semaine, va aider le professeur de sa fille. Moi, je suis d’une génération qui délègue tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies mes responsabilités de parents?
Vraiment, je ne me reconnais pas dans ce portrait. Ça doit être ça avoir un conflit de générations.
Ça se lisait comme suit :
« On reconnaît bien là les propos d'une mère ou de parents de la génération X qui délèguent tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies leurs responsabilités de parents. Tout ce qui est décrit dans ton texte comme tâches à la maison n'est pas nouveau. Des générations avant toi ont eu les mêmes tâches et plus sans se plaindre. Où l’on s'en va avec cette génération qui veut faire éduquer et instruire ses enfants par les autres et moins travailler? »
Estomaquée je l’étais. Pour ne pas dire ahurie!
Moi, j’étais cataloguée de la génération X?
C’était bien mal me connaître, moi et ma génération. C’était très impoli de nous étiqueter de la sorte moi et mes copines. C’était nous juger très sévèrement moi et tous ceux qui ont leur année de naissance dans les années 70.
Vraiment, je ne le prends pas.
Parce que selon les chercheurs Strauss et Howe, la Génération X serait une jeunesse sans identité, individualiste sans valeurs communes, démobilisé incapables d'actions collectives, candidate rêvée à l'aide sociale ou au chômage. Bref, une génération de paumés qui a tout raté.
Ouf. Beau portrait. Diable où va le monde avec une telle génération de jeunes adultes? Parce que c’est bien connu, notre génération cultive son égocentrisme plutôt que de travailler. Notre devise? Ici et maintenant. Pourquoi attendre alors que nous pouvons tout avoir maintenant?
Le problème de notre génération, c’est que nous n’avons pas de but. Nous n’avons pas connu de grande guerre. Nous n’avons pas de cause à défendre, pas un seul truc qui nous prenne complètement aux trippes.
Vraiment, l’avenir est des plus sombres.
Pourtant, je regarde autour de moi et je ne vois rien de tel. Je vois plutôt Katia qui est debout à 5h45 chaque matin et qui se tape des journées de travail qui jetteraient n’importe quel baby boomer sur le dos.
Je vois Marie-Christine qui conjugue avec trois, quatre et parfois cinq employeurs différents pour arriver à jumeler les deux bouts. Candidate rêvée à l’aide sociale?
Je vois Sandra qui n’a pas dormi depuis cinq ans et qui pense toujours au bien-être de ses quatre marmots avant même de songer à se laver. Égocentrique vous disiez?
Je vois Élise qui tente par tous les moyens de conscientiser les baby-boomers à l’importance de nos actions quotidiennes dans le but de sauver la planète. C’est comme ça que l’on décrit une génération sans valeurs communes?
J’ai mis les pieds dans un McDo à 14 ans. Chaque week-end, j’étais debout à 5h30 pour aller flipper des burgers à 5,30$ l’heure. J’ai mis au monde deux enfants tout en faisant des travaux de session pour décrocher un diplôme universitaire et en travaillant à temps plein dans un centre de photocopies. Paumée moi?
J’ai été impliquée au conseil d’administration de la garderie de Filou. J’ai été du conseil d’établissement de l’école de Maxim. Il y a Karine qui, une fois par semaine, va aider le professeur de sa fille. Moi, je suis d’une génération qui délègue tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies mes responsabilités de parents?
Vraiment, je ne me reconnais pas dans ce portrait. Ça doit être ça avoir un conflit de générations.
Conflit de générations
Reçu la semaine dernière dans ma boîte de courriels parmi une dizaine de messages de parents qui étaient plutôt d’accord avec mon propos questionnant la nécessité de donner des devoirs « familiaux » à des parents de loulous fréquentant la maternelle.
Ça se lisait comme suit :
« On reconnaît bien là les propos d'une mère ou de parents de la génération X qui délèguent tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies leurs responsabilités de parents. Tout ce qui est décrit dans ton texte comme tâches à la maison n'est pas nouveau. Des générations avant toi ont eu les mêmes tâches et plus sans se plaindre. Où l’on s'en va avec cette génération qui veut faire éduquer et instruire ses enfants par les autres et moins travailler? »
Estomaquée je l’étais. Pour ne pas dire ahurie!
Moi, j’étais cataloguée de la génération X?
C’était bien mal me connaître, moi et ma génération. C’était très impoli de nous étiqueter de la sorte moi et mes copines. C’était nous juger très sévèrement moi et tous ceux qui ont leur année de naissance dans les années 70.
Vraiment, je ne le prends pas.
Parce que selon les chercheurs Strauss et Howe, la Génération X serait une jeunesse sans identité, individualiste sans valeurs communes, démobilisé incapables d'actions collectives, candidate rêvée à l'aide sociale ou au chômage. Bref, une génération de paumés qui a tout raté.
Ouf. Beau portrait. Diable où va le monde avec une telle génération de jeunes adultes? Parce que c’est bien connu, notre génération cultive son égocentrisme plutôt que de travailler. Notre devise? Ici et maintenant. Pourquoi attendre alors que nous pouvons tout avoir maintenant?
Le problème de notre génération, c’est que nous n’avons pas de but. Nous n’avons pas connu de grande guerre. Nous n’avons pas de cause à défendre, pas un seul truc qui nous prenne complètement aux trippes.
Vraiment, l’avenir est des plus sombres.
Pourtant, je regarde autour de moi et je ne vois rien de tel. Je vois plutôt Katia qui est debout à 5h45 chaque matin et qui se tape des journées de travail qui jetteraient n’importe quel baby boomer sur le dos.
Je vois Marie-Christine qui conjugue avec trois, quatre et parfois cinq employeurs différents pour arriver à jumeler les deux bouts. Candidate rêvée à l’aide sociale?
Je vois Sandra qui n’a pas dormi depuis cinq ans et qui pense toujours au bien-être de ses quatre marmots avant même de songer à se laver. Égocentrique vous disiez?
Je vois Élise qui tente par tous les moyens de conscientiser les baby-boomers à l’importance de nos actions quotidiennes dans le but de sauver la planète. C’est comme ça que l’on décrit une génération sans valeurs communes?
J’ai mis les pieds dans un McDo à 14 ans. Chaque week-end, j’étais debout à 5h30 pour aller flipper des burgers à 5,30$ l’heure. J’ai mis au monde deux enfants tout en faisant des travaux de session pour décrocher un diplôme universitaire et en travaillant à temps plein dans un centre de photocopies. Paumée moi?
J’ai été impliquée au conseil d’administration de la garderie de Filou. J’ai été du conseil d’établissement de l’école de Maxim. Il y a Karine qui, une fois par semaine, va aider le professeur de sa fille. Moi, je suis d’une génération qui délègue tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies mes responsabilités de parents?
Vraiment, je ne me reconnais pas dans ce portrait. Ça doit être ça avoir un conflit de générations.
Ça se lisait comme suit :
« On reconnaît bien là les propos d'une mère ou de parents de la génération X qui délèguent tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies leurs responsabilités de parents. Tout ce qui est décrit dans ton texte comme tâches à la maison n'est pas nouveau. Des générations avant toi ont eu les mêmes tâches et plus sans se plaindre. Où l’on s'en va avec cette génération qui veut faire éduquer et instruire ses enfants par les autres et moins travailler? »
Estomaquée je l’étais. Pour ne pas dire ahurie!
Moi, j’étais cataloguée de la génération X?
C’était bien mal me connaître, moi et ma génération. C’était très impoli de nous étiqueter de la sorte moi et mes copines. C’était nous juger très sévèrement moi et tous ceux qui ont leur année de naissance dans les années 70.
Vraiment, je ne le prends pas.
Parce que selon les chercheurs Strauss et Howe, la Génération X serait une jeunesse sans identité, individualiste sans valeurs communes, démobilisé incapables d'actions collectives, candidate rêvée à l'aide sociale ou au chômage. Bref, une génération de paumés qui a tout raté.
Ouf. Beau portrait. Diable où va le monde avec une telle génération de jeunes adultes? Parce que c’est bien connu, notre génération cultive son égocentrisme plutôt que de travailler. Notre devise? Ici et maintenant. Pourquoi attendre alors que nous pouvons tout avoir maintenant?
Le problème de notre génération, c’est que nous n’avons pas de but. Nous n’avons pas connu de grande guerre. Nous n’avons pas de cause à défendre, pas un seul truc qui nous prenne complètement aux trippes.
Vraiment, l’avenir est des plus sombres.
Pourtant, je regarde autour de moi et je ne vois rien de tel. Je vois plutôt Katia qui est debout à 5h45 chaque matin et qui se tape des journées de travail qui jetteraient n’importe quel baby boomer sur le dos.
Je vois Marie-Christine qui conjugue avec trois, quatre et parfois cinq employeurs différents pour arriver à jumeler les deux bouts. Candidate rêvée à l’aide sociale?
Je vois Sandra qui n’a pas dormi depuis cinq ans et qui pense toujours au bien-être de ses quatre marmots avant même de songer à se laver. Égocentrique vous disiez?
Je vois Élise qui tente par tous les moyens de conscientiser les baby-boomers à l’importance de nos actions quotidiennes dans le but de sauver la planète. C’est comme ça que l’on décrit une génération sans valeurs communes?
J’ai mis les pieds dans un McDo à 14 ans. Chaque week-end, j’étais debout à 5h30 pour aller flipper des burgers à 5,30$ l’heure. J’ai mis au monde deux enfants tout en faisant des travaux de session pour décrocher un diplôme universitaire et en travaillant à temps plein dans un centre de photocopies. Paumée moi?
J’ai été impliquée au conseil d’administration de la garderie de Filou. J’ai été du conseil d’établissement de l’école de Maxim. Il y a Karine qui, une fois par semaine, va aider le professeur de sa fille. Moi, je suis d’une génération qui délègue tout le temps tout à l'État, aux professeurs, aux garderies mes responsabilités de parents?
Vraiment, je ne me reconnais pas dans ce portrait. Ça doit être ça avoir un conflit de générations.
23 octobre 2006
Je m’appelle Geneviève et je suis une mère indigne
Indigne moi?
Suis-je une mère indigne?
Je ne croyais pas être une mère indigne. Mais ça c’était avant.
* * *
Avant, j’allais chercher à la course Filou à la gardo. Je courais pour préparer un pâté chinois pendant que la troisième Guerre mondiale éclatait dans le salon. En tentant de faire signer un traité de paix aux deux parties opposées, je les suppliais d’avaler leur repas sans inonder le tout de ketchup et priant pour que le plancher n’ait pas à boire du lait ce soir-là.
Ensuite, je débarrassais la table en jetant un coup d’œil sur les devoirs de la plus vieille. Puis, je faisais couler le bain de la plus jeune tout en partant une brassée de foncé. D’une main, je passais le balai dans le salon et de l’autre, je payais mes factures par Accès D téléphonique. La routine quoi. Un genre de soirée très ordinaire, comme vous vivez tous dans vos maisonnées.
Une fois tout ce beau monde lavé, mis en pyjama, avec les cheveux séchés, les dents lavés, les joues bécottées, les petites filles étaient bordées et on avait tout plein de temps pour se coller et jacasser. Puis, maman était (enfin) en congé. Merci bonsoir. À 20h, j’avais la paix. C’était facile et réglé au quart de tour.
Mais ça, c’était avant.
Avant que Filou fasse son entrée dans la grande école. Celle où elle doit se rendre après avoir fait 40 minutes d’autobus chaque matin. Celle où elle apprend que la petite queue des pommes, ça s’appelle des pellicules. Celle où Chloé doit tenir la porte de la toilette parce que ma puce « n’est-pas-capable-de-débarrer-la-serrure-toute-seule ».
Ça c’était avant que Filou apprenne à prendre le rang en silence dans la cour de récré. Avant qu’elle intègre à son vocabulaire les mots : pochette facteur, éducation physique et portfolio. Avant qu’elle doive mettre un madame ou un monsieur devant les prénoms des adultes.
Ça se passait avant que ma puce se promène avec un sac à dos de dix livres sur ses minuscules épaules. Avant qu’elle doive se lever aux aurores pour ne pas rater le bus qui passe à 7h au coin de la rue. Avant qu’elle apprenne que ses copines ne mangent pas la même chose qu’elle au dîner. Et surtout avant qu’elle ait le mot « devoir » d’inscrit à son agenda.
Avant c’était la belle vie. Maintenant, plus rien n’est pareil.
Parce que maintenant, nous avons des « devoirs familiaux » à intégrer à l’horaire familial. Exit le temps où les enfants de maternelle avait comme principal souci de savoir compter le plus loin possible pour épater la galerie. Elle est passée l’époque où on apprenait à découper en ligne droite et que dans le ciel, il n’y avait pas deux soleils. Elle n’existe plus l’ère où on revenait de l’école sans sac à dos. Il est fini le temps où l’on passait nos soirées à écouter Passe-Partout et les 100 tours de Centour en attendant d’aller au lit.
Non, parce que maintenant les brillants fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont pensé faire une réforme scolaire pour occuper les parents le soir venu. Maintenant, on passe nos soirées à bricoler des « boîtes aux trésors », à écrire dans le journal intime de Fenouil (la mascotte de la classe) et à fabriquer des albums photos familiaux. Et j’avoue : JE DÉTESTE!
* * *
Je suis donc une mère indigne. Une vraie. Une mère qui ne veut pas passer 48 heures à concevoir la plus belle boîte aux trésors que la terre ait porté. Une mère qui se fout un peu de ce que Fenouil a fait dans la journée. Et une mère qui n’a pas le temps de chercher des photos à mettre dans ce foutu album familial.
Désolé Loulou, mais tu as une mère indigne. Une maman qui croit qu’à cinq ans, on a assez à apprendre sans que l’on doive en rajouter après 80 minutes d’autobus, deux heures de service de garde et une journée complète passée à la maternelle.
Suis-je une mère indigne?
Je ne croyais pas être une mère indigne. Mais ça c’était avant.
* * *
Avant, j’allais chercher à la course Filou à la gardo. Je courais pour préparer un pâté chinois pendant que la troisième Guerre mondiale éclatait dans le salon. En tentant de faire signer un traité de paix aux deux parties opposées, je les suppliais d’avaler leur repas sans inonder le tout de ketchup et priant pour que le plancher n’ait pas à boire du lait ce soir-là.
Ensuite, je débarrassais la table en jetant un coup d’œil sur les devoirs de la plus vieille. Puis, je faisais couler le bain de la plus jeune tout en partant une brassée de foncé. D’une main, je passais le balai dans le salon et de l’autre, je payais mes factures par Accès D téléphonique. La routine quoi. Un genre de soirée très ordinaire, comme vous vivez tous dans vos maisonnées.
Une fois tout ce beau monde lavé, mis en pyjama, avec les cheveux séchés, les dents lavés, les joues bécottées, les petites filles étaient bordées et on avait tout plein de temps pour se coller et jacasser. Puis, maman était (enfin) en congé. Merci bonsoir. À 20h, j’avais la paix. C’était facile et réglé au quart de tour.
Mais ça, c’était avant.
Avant que Filou fasse son entrée dans la grande école. Celle où elle doit se rendre après avoir fait 40 minutes d’autobus chaque matin. Celle où elle apprend que la petite queue des pommes, ça s’appelle des pellicules. Celle où Chloé doit tenir la porte de la toilette parce que ma puce « n’est-pas-capable-de-débarrer-la-serrure-toute-seule ».
Ça c’était avant que Filou apprenne à prendre le rang en silence dans la cour de récré. Avant qu’elle intègre à son vocabulaire les mots : pochette facteur, éducation physique et portfolio. Avant qu’elle doive mettre un madame ou un monsieur devant les prénoms des adultes.
Ça se passait avant que ma puce se promène avec un sac à dos de dix livres sur ses minuscules épaules. Avant qu’elle doive se lever aux aurores pour ne pas rater le bus qui passe à 7h au coin de la rue. Avant qu’elle apprenne que ses copines ne mangent pas la même chose qu’elle au dîner. Et surtout avant qu’elle ait le mot « devoir » d’inscrit à son agenda.
Avant c’était la belle vie. Maintenant, plus rien n’est pareil.
Parce que maintenant, nous avons des « devoirs familiaux » à intégrer à l’horaire familial. Exit le temps où les enfants de maternelle avait comme principal souci de savoir compter le plus loin possible pour épater la galerie. Elle est passée l’époque où on apprenait à découper en ligne droite et que dans le ciel, il n’y avait pas deux soleils. Elle n’existe plus l’ère où on revenait de l’école sans sac à dos. Il est fini le temps où l’on passait nos soirées à écouter Passe-Partout et les 100 tours de Centour en attendant d’aller au lit.
Non, parce que maintenant les brillants fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont pensé faire une réforme scolaire pour occuper les parents le soir venu. Maintenant, on passe nos soirées à bricoler des « boîtes aux trésors », à écrire dans le journal intime de Fenouil (la mascotte de la classe) et à fabriquer des albums photos familiaux. Et j’avoue : JE DÉTESTE!
* * *
Je suis donc une mère indigne. Une vraie. Une mère qui ne veut pas passer 48 heures à concevoir la plus belle boîte aux trésors que la terre ait porté. Une mère qui se fout un peu de ce que Fenouil a fait dans la journée. Et une mère qui n’a pas le temps de chercher des photos à mettre dans ce foutu album familial.
Désolé Loulou, mais tu as une mère indigne. Une maman qui croit qu’à cinq ans, on a assez à apprendre sans que l’on doive en rajouter après 80 minutes d’autobus, deux heures de service de garde et une journée complète passée à la maternelle.
17 octobre 2006
Une relation amour-haine
Vous devez être comme moi. En tout cas, nous sommes 1 428 000 femmes sur son cas chaque mois.
Pourtant, je jure à chaque page de calendrier qu’on ne m’y reprendra plus. La culpabilité, je laisse ça à d’autres. Vous savez, l’impression que vous n’êtes pas à la hauteur? Que vous pourriez en faire tellement plus?
Mais mauzus à chaque fois que je vais à l’épicerie c’est plus fort que moi. Sa superbe page couverture m’attire comme Winnie l’ourson face à un pot de miel.
La dernière fois, c’était les côtelettes de veau, sauce puttanesca qui m’a fait sortir encore 4,50$ de mon porte-feuille.
Le coupable? Le magazine Coup de pouce.
Parce que lorsque l’on lit ces pages, on se rend compte que vraiment, on a beaucoup à faire pour arriver à la superwoman qui est présentée dans ce magazine article après article.
Voyez, ce mois-ci, la superwoman doit acheter des sacoches équitables. « … Parce que confectionnées dans des usines du Viêt-Nam ou les ouvrières sont rémunérées convenablement. Pour encourager à la fois la création d’ici et le commerce d’ailleurs (…) on court s’en procurer un! »
On apprend également à aider un proche sans laisser sa peau. D’ailleurs, « mère courage » nous livre son vécu sur la chose. « De plus en plus de gens dévoués (…) prennent soin d’un proche en perte d’autonomie. Un geste d’amour d’une grande générosité. »
Le comble? « Les secrets d’un teint parfait ». Grâce à Coup de pouce, j’ai appris que si je ne dissimulais pas mes imperfections avec subtilité. Qu’avec des techniques de pro et des produits ciblés (un fond de teint à 46$ genre…), je pouvais afficher une mine resplendissante à l’année.
Aussi, on nous suggère fortement de « délaisser la laitue iceberg dont la valeur nutritive est faible » et de « remplacer la mayo dans les sandwichs par de l’avocat en purée » sans compter que l’on devrait plutôt choisir « le fromage cottage, riche en protéines et pauvre en matière grasse. »
Aussi la superwoman Coup de pouce prend le temps d’aller cueillir ses courges d’automne dans un verger avec toute sa marmaille pour ensuite en faire un potage tout juste avant de mettre au four le pain aux canneberges qui « ajoutera un zeste de piquant à notre automne! »
Entre deux fournées, cette personne extraordinaire en profite pour décorer sa maison pour l’Halloween et pas question d’acheter tout fait. Que non! Parce que « avec des accessoires simples et une bonne dose d’imagination, on transforme la maison en un royaume effrayant qui ravira les enfants. »
Alors là, je déprime. Parce que moi je n’aime pas ça de la bette à cardes qui contient tellement plus de vitamine que la iceberg. J’adore mettre un pouce de mayo dans mes clubs sandwich et je ne trouve pas très excitant de manger une lasagne gratinée au cottage.
Pis parce qu’il y a plus de 200 enfants qui passent l’Halloween ici, pas question de fabriquer moi-même leurs sacs à surprise. Sans oublier que par chez-moi les journées n’ont que 24 heures et que les week-ends ne comptent que deux jours, je ne vais pas cueillir mes courges dans un champ, que j’achète plutôt du pain aux canneberges tout fait et que je n’ai jamais fait de pâte à tarte. Aussi, faut savoir que je n’ai pas les 100$ que nécessite l’achat d’un sac à main équitable.
Serais-je donc une nulle? Une bonne à rien? Un cas désespéré? Une mère de famille totalement désorganisée? Dites-moi que non. Dites-moi que parmi vous il y en a d’autres qui font autre chose que de se faire des « gommages toniques » pour se requinquer.
En attendant, c’était la dernière fois que j’achetais ce magazine déprimant. Malgré que le mois prochain on nous promet tout plein de recettes de hors d’œuvre faciles pour Noël. J’ai déjà hâte au 3 novembre.
Pourtant, je jure à chaque page de calendrier qu’on ne m’y reprendra plus. La culpabilité, je laisse ça à d’autres. Vous savez, l’impression que vous n’êtes pas à la hauteur? Que vous pourriez en faire tellement plus?
Mais mauzus à chaque fois que je vais à l’épicerie c’est plus fort que moi. Sa superbe page couverture m’attire comme Winnie l’ourson face à un pot de miel.
La dernière fois, c’était les côtelettes de veau, sauce puttanesca qui m’a fait sortir encore 4,50$ de mon porte-feuille.
Le coupable? Le magazine Coup de pouce.
Parce que lorsque l’on lit ces pages, on se rend compte que vraiment, on a beaucoup à faire pour arriver à la superwoman qui est présentée dans ce magazine article après article.
Voyez, ce mois-ci, la superwoman doit acheter des sacoches équitables. « … Parce que confectionnées dans des usines du Viêt-Nam ou les ouvrières sont rémunérées convenablement. Pour encourager à la fois la création d’ici et le commerce d’ailleurs (…) on court s’en procurer un! »
On apprend également à aider un proche sans laisser sa peau. D’ailleurs, « mère courage » nous livre son vécu sur la chose. « De plus en plus de gens dévoués (…) prennent soin d’un proche en perte d’autonomie. Un geste d’amour d’une grande générosité. »
Le comble? « Les secrets d’un teint parfait ». Grâce à Coup de pouce, j’ai appris que si je ne dissimulais pas mes imperfections avec subtilité. Qu’avec des techniques de pro et des produits ciblés (un fond de teint à 46$ genre…), je pouvais afficher une mine resplendissante à l’année.
Aussi, on nous suggère fortement de « délaisser la laitue iceberg dont la valeur nutritive est faible » et de « remplacer la mayo dans les sandwichs par de l’avocat en purée » sans compter que l’on devrait plutôt choisir « le fromage cottage, riche en protéines et pauvre en matière grasse. »
Aussi la superwoman Coup de pouce prend le temps d’aller cueillir ses courges d’automne dans un verger avec toute sa marmaille pour ensuite en faire un potage tout juste avant de mettre au four le pain aux canneberges qui « ajoutera un zeste de piquant à notre automne! »
Entre deux fournées, cette personne extraordinaire en profite pour décorer sa maison pour l’Halloween et pas question d’acheter tout fait. Que non! Parce que « avec des accessoires simples et une bonne dose d’imagination, on transforme la maison en un royaume effrayant qui ravira les enfants. »
Alors là, je déprime. Parce que moi je n’aime pas ça de la bette à cardes qui contient tellement plus de vitamine que la iceberg. J’adore mettre un pouce de mayo dans mes clubs sandwich et je ne trouve pas très excitant de manger une lasagne gratinée au cottage.
Pis parce qu’il y a plus de 200 enfants qui passent l’Halloween ici, pas question de fabriquer moi-même leurs sacs à surprise. Sans oublier que par chez-moi les journées n’ont que 24 heures et que les week-ends ne comptent que deux jours, je ne vais pas cueillir mes courges dans un champ, que j’achète plutôt du pain aux canneberges tout fait et que je n’ai jamais fait de pâte à tarte. Aussi, faut savoir que je n’ai pas les 100$ que nécessite l’achat d’un sac à main équitable.
Serais-je donc une nulle? Une bonne à rien? Un cas désespéré? Une mère de famille totalement désorganisée? Dites-moi que non. Dites-moi que parmi vous il y en a d’autres qui font autre chose que de se faire des « gommages toniques » pour se requinquer.
En attendant, c’était la dernière fois que j’achetais ce magazine déprimant. Malgré que le mois prochain on nous promet tout plein de recettes de hors d’œuvre faciles pour Noël. J’ai déjà hâte au 3 novembre.
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