C’est une histoire de confiance.
Pas grand-chose d’autre à expliquer ou à analyser.
De la confiance, c’est tout. Rien de plus.
Le week-end dernier, j’ai amené mes poules faire de l’équitation. Depuis longtemps, j’avais cette envie de surmonter ma crainte, pour ne pas dire ma peur bleue, des chevaux. Il était hors de question de transmettre cette frayeur à mes puces.
Alors, c’est armées de tout notre courage que nous nous sommes pointées à l’écurie. Dès notre arrivée, Filou est immédiatement attirée vers l’un des 16 chevaux de l’endroit. Elle le flatte et lui parle. Elle a même l’idée de lui donner de la paille à manger. Le proprio lui donne une brosse et elle s’active agilement sur le flan de Ayla.
Moi? Je suis encore dehors. Je regarde de loin. Je fais un sourire timide à Filou. « Pourquoi restes-tu dehors maman? » « Des allergies cocotte », que je lui sers comme excuse…
Il faut que je me parle. Très fort. J’ai envie d’aller la chercher et de l’amener près de moi. J’ai l’impression qu’elle n’est pas en sécurité à côté de cette grosse bête et que je fais défaut à mes responsabilités de mère. Avec ses 32 livres lorsqu’elle est mouillée, ma fille pourrait être réduire en miettes par Ayla dans le temps de le dire. Les pires scénarios défilent dans ma tête. « Tu fais attention hein loulou? », lui ai-je dit d’une voix pas très rassurée.
Elle trippe la cocotte. Elle rigole. Elle écoute avec une attention déconcertante les directives de Guylaine, la compagne du propriétaire de l’endroit, sur la façon de brosser le cheval. Elle l’aide à attacher les sangles de la selle. À s’assurer que tout est ordre pour notre initiation à l’équitation. Filou s’était fait un nouvel ami.
Mais le pire est arrivé quand elle est montée sur le dos d’Ayla. « Es-tu correcte cocotte? » En lui posant la question, je regarde Guylaine avec des yeux paniqués qui disent : « Arrange-toi pour que rien ne lui arrive… »
À plusieurs reprises, je voudrais courir vers ma fille pour la descendre du cheval et me sauver dans un endroit où notre sécurité ne serait pas compromise. J’imagine la bête partir au galop, catapultant du même coup ma petite cavalière par terre. J’ai peur qu’elle fasse un faux mouvement et qu’elle se coince les pieds dans les étriers. Je vous dis, une vraie folle.
Le proprio commence à lui expliquer comment conduire son cheval. « L’important, c’est de démontrer à Ayla que c’est toi le boss. Qu’il peut avoir confiance en toi. Que tu es là pour le protéger quoi qu’il arrive. Alors c’est à toi de lui dire où aller et quoi faire. Si tu as peur, il le sentira et fera n’importe quoi. »
Ce n’est pas entré dans l’oreille d’une sourde. Armée de toute la détermination du monde, Félixe est partie avec Ayla à la conquête de la confiance en soi.
Je suivais pas loin derrière avec Nebraska. Insécure, angoissée, anxieuse. Mon cheval allait à droite quand je voulais qu’il aille à gauche. Il s’arrêtait quand je voulais qu’il avance. Ma conduite chevaline, c’était n’importe quoi parce que ma confiance, c’était n’importe quoi.
Filou? Une championne. Elle guidait son cheval comme si ça faisait 20 ans qu’elle faisait ça. Les deux doigts dans le nez.
La cocotte ne voyait pas que le cheval était 20 fois plus gros qu’elle. Elle ne s’imaginait pas 52 000 scénarios apocalyptiques.
Elle avait confiance. En son cheval certes, mais surtout en elle. Félixe croyait fermement en ses capacités.
Ma puce m’a appris beaucoup ce week-end. Beaucoup.
30 juillet 2008
22 juillet 2008
Enfin les vacances de la construction?
Je les attendais depuis tellement longtemps.
Je comptais même les dodos comme une petite fille à l’approche de Noël.
Les dates étaient encerclées en rose fluo dans mon agenda.
Je faisais des projets de grasses matinées. J’avais des idées de soupers tranquilles. De lunchs pris paisiblement sur le balcon. Je mourais d’envie de jouer dans le jardin au son des oiseaux. D’admirer le coucher du soleil sans que ma vue ne soit dérangée.
Toutes des choses qui m’étaient impossibles jusqu’à présent.
Pourquoi?Parce que, voyez-vous, je vis dans un interminable chantier de construction. Depuis octobre dernier qu’on l’on dynamite sous ma fenêtre de chambre, que des pelles mécaniques obstruent la vue de ma porte de salon, que des dizaines de camions lourds font la file devant ma cuisine pour ramasser des voyages et des voyages de terre et de pierres.
Et vous le devinez, le tout ne s’effectue pas dans le même silence que l’on retrouve dans une bibliothèque ou dans un monastère… Par moments, je suis certaine que c’est plus tranquille à Kaboul. L’enfer je vous dis.
La bonne nouvelle, s’il faut en chercher une, c’est que depuis l’automne, je n’ai pas eu à régler le réveil-matin. Les travailleurs de la construction se chargeaient de me lever du lit parfois aussi tôt qu’à 6 h 15 (note à moi-même : vérifier avec la Ville la réglementation municipale concernant le bruit matinal).
Va pour le matin, mais quand je rentre du bureau le soir et que je vois encore ces foutus marteaux-piqueurs en action, j’avoue que mon impatience (et que dire de mon agressivité?) monte d’un cran. (Note à moi-même : penser à me procurer des bouchons d’oreilles pour amoindrir les impacts de ce vacarme sur ma vie familiale.)
Ajoutez à cela la télé que les filles écoutent, le bruit du lave-vaisselle, le chien qui jappe, le téléphone qui sonne, le MSN qui buzz, la hotte de ventilation du four, ne vous demandez pas comment je ne suis pas encore virée folle…
Vous comprenez maintenant pourquoi j’attendais avec une impatience démesurée ces fameuses vacances de la construction où seraient rangés pour deux semaines marteaux, scies radiales et bâtons de dynamite.
Ce grand jour est enfin arrivé samedi dernier. J’avais débranché le téléphone. Envoyé le chien chez ma sœur. Fermé l’ordi. Tout ce qui était prévu à mon agenda, c’était de vivre dans le silence. De me réveiller par moi-même. Écouter mes plants de tomates pousser. Tenter de différencier les espèces d’oiseaux qui vivent près de chez moi, non pas par leur plumage, mais par leur chant.
Si le temps me le permettait, je me promettais un grand bain où le seul bruit que j’entendrais serait celui des pages de mon livre que je vais tourner. En soirée, je pourrais me permettre de prendre un verre de vin sur la pelouse en admirant le ciel étoilé.
Je voulais faire une cure intensive de silence avant que mes oreilles se syndiquent pour utilisation abusive. Fallait que je mette mes tympans au repos au plus vite. J’avais même l’impression que mes marteaux et mes tambours avaient un projet caché de retraite. Fallait agir et vite.
Ce samedi, donc, je me réveille non pas à 11 h. Pas même à 10 h. Non, non. À 7 h 15, mes yeux étaient grands ouverts.
Ce n’est pas le bruit d’un dynamitage qui m’a réveillée. Ce n’est pas celui d’un marteau-piqueur non plus. De ce côté, tout allait.
C’est le bruit qu’il y a dans la maison quand mes poules sont absentes. Vous savez, ce son de solitude.
Dans la planification de cette journée de rêve, j’avais oublié un léger détail. Les vacances de la construction coïncident avec les deux semaines où mes héritières désertent le nid familial pour migrer chez papa.
Puis-je vous dire comment j’ai hâte de revoir un marteau-piqueur se faire aller dans ma fenêtre de salon?
Je comptais même les dodos comme une petite fille à l’approche de Noël.
Les dates étaient encerclées en rose fluo dans mon agenda.
Je faisais des projets de grasses matinées. J’avais des idées de soupers tranquilles. De lunchs pris paisiblement sur le balcon. Je mourais d’envie de jouer dans le jardin au son des oiseaux. D’admirer le coucher du soleil sans que ma vue ne soit dérangée.
Toutes des choses qui m’étaient impossibles jusqu’à présent.
Pourquoi?Parce que, voyez-vous, je vis dans un interminable chantier de construction. Depuis octobre dernier qu’on l’on dynamite sous ma fenêtre de chambre, que des pelles mécaniques obstruent la vue de ma porte de salon, que des dizaines de camions lourds font la file devant ma cuisine pour ramasser des voyages et des voyages de terre et de pierres.
Et vous le devinez, le tout ne s’effectue pas dans le même silence que l’on retrouve dans une bibliothèque ou dans un monastère… Par moments, je suis certaine que c’est plus tranquille à Kaboul. L’enfer je vous dis.
La bonne nouvelle, s’il faut en chercher une, c’est que depuis l’automne, je n’ai pas eu à régler le réveil-matin. Les travailleurs de la construction se chargeaient de me lever du lit parfois aussi tôt qu’à 6 h 15 (note à moi-même : vérifier avec la Ville la réglementation municipale concernant le bruit matinal).
Va pour le matin, mais quand je rentre du bureau le soir et que je vois encore ces foutus marteaux-piqueurs en action, j’avoue que mon impatience (et que dire de mon agressivité?) monte d’un cran. (Note à moi-même : penser à me procurer des bouchons d’oreilles pour amoindrir les impacts de ce vacarme sur ma vie familiale.)
Ajoutez à cela la télé que les filles écoutent, le bruit du lave-vaisselle, le chien qui jappe, le téléphone qui sonne, le MSN qui buzz, la hotte de ventilation du four, ne vous demandez pas comment je ne suis pas encore virée folle…
Vous comprenez maintenant pourquoi j’attendais avec une impatience démesurée ces fameuses vacances de la construction où seraient rangés pour deux semaines marteaux, scies radiales et bâtons de dynamite.
Ce grand jour est enfin arrivé samedi dernier. J’avais débranché le téléphone. Envoyé le chien chez ma sœur. Fermé l’ordi. Tout ce qui était prévu à mon agenda, c’était de vivre dans le silence. De me réveiller par moi-même. Écouter mes plants de tomates pousser. Tenter de différencier les espèces d’oiseaux qui vivent près de chez moi, non pas par leur plumage, mais par leur chant.
Si le temps me le permettait, je me promettais un grand bain où le seul bruit que j’entendrais serait celui des pages de mon livre que je vais tourner. En soirée, je pourrais me permettre de prendre un verre de vin sur la pelouse en admirant le ciel étoilé.
Je voulais faire une cure intensive de silence avant que mes oreilles se syndiquent pour utilisation abusive. Fallait que je mette mes tympans au repos au plus vite. J’avais même l’impression que mes marteaux et mes tambours avaient un projet caché de retraite. Fallait agir et vite.
Ce samedi, donc, je me réveille non pas à 11 h. Pas même à 10 h. Non, non. À 7 h 15, mes yeux étaient grands ouverts.
Ce n’est pas le bruit d’un dynamitage qui m’a réveillée. Ce n’est pas celui d’un marteau-piqueur non plus. De ce côté, tout allait.
C’est le bruit qu’il y a dans la maison quand mes poules sont absentes. Vous savez, ce son de solitude.
Dans la planification de cette journée de rêve, j’avais oublié un léger détail. Les vacances de la construction coïncident avec les deux semaines où mes héritières désertent le nid familial pour migrer chez papa.
Puis-je vous dire comment j’ai hâte de revoir un marteau-piqueur se faire aller dans ma fenêtre de salon?
15 juillet 2008
J'ai la meilleure fille au monde
En tout cas, ce n’est pas pour vous écœurer, mais j’ai la meilleure fille au monde moi.
Oui, oui. Je vous raconte.
Hier après-midi, le téléphone sonne au bureau. C’est mon aînée qui venait d’arriver du camp de jour. « Salut ma maman d’amour! Est-ce que tu vas bien? »
Bon, ça y’est. Que veut-elle me demander? C’est bien connu. J’ai affaire ici à une tactique vieille de l’époque de Mathusalem. Elle prend une voix mielleuse pour demander une faveur à sa mère.
Je le sais, je faisais pareil. Combien de fois ai-je dit à la mienne qu’elle était la meilleure mère au monde pour ensuite lui demander d’aller passer mon vendredi soir à la danse du Trio? Ou encore pour aller dormir chez Catherine.
Et sans gêne aucune, elle renchérit : « As-tu eu une grosse journée? Est-ce que tu es fatiguée? »
Ouin. Je suis mieux de me préparer une flopée d’arguments. Parce que ce que ma grande veut me demander doit être terrible pour qu’elle soit licheuse comme ça.
« Ça va Max. C’est juillet tu sais, et en juillet la terre cesse de tourner. Donc, pas de téléphone, de courriel, de fax, de conférences de presse, de réunion. C’est mort. Alors, je ne peux pas dire que je suis fatiguée, au contraire! »
Au moment même où j’imagine qu’elle me suppliera de la laisser aller prendre un verre dans un bar (je vous rappelle qu’elle a dix ans…), elle me dit : « J’imagine que ça ne te tente pas de faire le souper hein? »
Ah c’est ça! Elle veut que je ramasse du McDo ou du Saint-Hubert pour notre repas. Je ne suis pas née de la dernière pluie ma grande, ai-je pensé. Le frigo est plein et pas question de manger du resto ce soir.
Alors je lui réponds : « Ça ne me dérange pas ma cocotte de cuisiner. Il y a plein de trucs à manger dans le garde-manger. Que dirais-tu de manger un filet de porc aux pommes ou des côtes levées. Ah oui! Des côtes levées sur le BBQ, ça me tente. Je pourrais faire une bonne salade avec ça. »
« Ahhhh…, laisse-t-elle tomber quelque peu débinée. Dans combien de temps arrives-tu? »
« Bah… il me reste un article à terminer d’écrire. Dans 45 minutes, je dirais. Ça te va? »
Avant même que je termine ma phrase, elle avait raccroché. Étrange tout de même cette conversation. Je n’avais pas su ce qu’elle voulait finalement. Ce qui m’avait valu toutes ces belles paroles.
Une heure pile poil plus tard, je franchis le pas de la porte. Ça sent bon dans la maison. On dirait que quelqu’un a cuisiné. J’étais en train d’enlever mes chaussures quand Max est arrivée en courant vers l’entrée.
« Vite, vite, Maman! Ton souper est prêt! »
Hein?
La panique s’est emparée de moi. J’imaginais ma grande se battre avec une friteuse en feu. J’espérais qu’elle ne s’était pas électrocutée avec le four. Et si elle avait cassé une douzaine d’œufs sur la céramique de la cuisine? Pis j’ai prié tous les dieux de toutes les religions afin qu’elle n’ait pas eu l’idée de faire cuire les filets mignons au micro-ondes…
Rien de tout ça n’était arrivé. Heureusement.
La table était impeccablement mise. À ma place, il y avait une assiette dans laquelle on retrouvait un œuf tourné, une toast et une salade (je n’ai pas encore compris ce que les raisins verts faisaient là, mais bon).
Peut-être qu’on ne verra jamais ce repas figurer dans les livres de recettes des plus grands chefs. Mais ce n’est pas tellement grave, parce que pour moi, c’était le meilleur au monde. Un œuf tourné rempli d’amour fait par sa grande adorée, il n’y a personne pour battre ça.
Oui, oui. Je vous raconte.
Hier après-midi, le téléphone sonne au bureau. C’est mon aînée qui venait d’arriver du camp de jour. « Salut ma maman d’amour! Est-ce que tu vas bien? »
Bon, ça y’est. Que veut-elle me demander? C’est bien connu. J’ai affaire ici à une tactique vieille de l’époque de Mathusalem. Elle prend une voix mielleuse pour demander une faveur à sa mère.
Je le sais, je faisais pareil. Combien de fois ai-je dit à la mienne qu’elle était la meilleure mère au monde pour ensuite lui demander d’aller passer mon vendredi soir à la danse du Trio? Ou encore pour aller dormir chez Catherine.
Et sans gêne aucune, elle renchérit : « As-tu eu une grosse journée? Est-ce que tu es fatiguée? »
Ouin. Je suis mieux de me préparer une flopée d’arguments. Parce que ce que ma grande veut me demander doit être terrible pour qu’elle soit licheuse comme ça.
« Ça va Max. C’est juillet tu sais, et en juillet la terre cesse de tourner. Donc, pas de téléphone, de courriel, de fax, de conférences de presse, de réunion. C’est mort. Alors, je ne peux pas dire que je suis fatiguée, au contraire! »
Au moment même où j’imagine qu’elle me suppliera de la laisser aller prendre un verre dans un bar (je vous rappelle qu’elle a dix ans…), elle me dit : « J’imagine que ça ne te tente pas de faire le souper hein? »
Ah c’est ça! Elle veut que je ramasse du McDo ou du Saint-Hubert pour notre repas. Je ne suis pas née de la dernière pluie ma grande, ai-je pensé. Le frigo est plein et pas question de manger du resto ce soir.
Alors je lui réponds : « Ça ne me dérange pas ma cocotte de cuisiner. Il y a plein de trucs à manger dans le garde-manger. Que dirais-tu de manger un filet de porc aux pommes ou des côtes levées. Ah oui! Des côtes levées sur le BBQ, ça me tente. Je pourrais faire une bonne salade avec ça. »
« Ahhhh…, laisse-t-elle tomber quelque peu débinée. Dans combien de temps arrives-tu? »
« Bah… il me reste un article à terminer d’écrire. Dans 45 minutes, je dirais. Ça te va? »
Avant même que je termine ma phrase, elle avait raccroché. Étrange tout de même cette conversation. Je n’avais pas su ce qu’elle voulait finalement. Ce qui m’avait valu toutes ces belles paroles.
Une heure pile poil plus tard, je franchis le pas de la porte. Ça sent bon dans la maison. On dirait que quelqu’un a cuisiné. J’étais en train d’enlever mes chaussures quand Max est arrivée en courant vers l’entrée.
« Vite, vite, Maman! Ton souper est prêt! »
Hein?
La panique s’est emparée de moi. J’imaginais ma grande se battre avec une friteuse en feu. J’espérais qu’elle ne s’était pas électrocutée avec le four. Et si elle avait cassé une douzaine d’œufs sur la céramique de la cuisine? Pis j’ai prié tous les dieux de toutes les religions afin qu’elle n’ait pas eu l’idée de faire cuire les filets mignons au micro-ondes…
Rien de tout ça n’était arrivé. Heureusement.
La table était impeccablement mise. À ma place, il y avait une assiette dans laquelle on retrouvait un œuf tourné, une toast et une salade (je n’ai pas encore compris ce que les raisins verts faisaient là, mais bon).
Peut-être qu’on ne verra jamais ce repas figurer dans les livres de recettes des plus grands chefs. Mais ce n’est pas tellement grave, parce que pour moi, c’était le meilleur au monde. Un œuf tourné rempli d’amour fait par sa grande adorée, il n’y a personne pour battre ça.
08 juillet 2008
Il y a un an...
Il y a un an, Marie-Chantal avait un bedon tellement gros qu’elle se cognait partout. Sa grenouille s’amusait à cœur joie dans cette belle piscine. Elle donnait des coups dans les côtes de sa maman et, du même coup, l’amenait à la salle de bain quatre fois l’heure. Pas grave, elle avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles en permanence.
Il y a un an, la copine avait bouclé sa valise d’hôpital. Tout y était. Les petits pyjamas à pattes, les cache-couches roses, les compresses d’allaitement, la suce, la petite tuque pour la protéger du froid. Le siège d’auto était bien installé dans la voiture. La dernière couche de peinture avait été donnée dans la chambre du petit trésor.
Il y a un an, Coralie et Félix comptaient les dodos avant l’arrivée de leur nouvelle petite sœur. Des plans de jeux fraternels étaient concoctés. La grande sœur veillerait à bien lui montrer comment prendre soin des poupées. Le grand frère, lui, verrait à lui apprendre comment fonctionne les autos téléguidées.
Il y a un an, la belle piscine de Marie-Chantal a fendu, inondant par le fait même son plancher. Un petit peu avant le temps. Rien d’alarmant. Ça arrive à tous les jours que l’on crève ses eaux avant d’arriver aux 40 semaines réglementaires. Et des bébés prématurés, on en sauve des milliers chaque jour.
Et pourtant, il y a un an, la petite Évangéline, qui s’était fait bercer au chaud par les doux battements cardiaques de Marie-Chantal pendant plus de 27 semaines, a pris un vol direct pour le ciel. Elle est partie sourire avec les anges laissant ses parents complètement démolis.
Depuis un an, il y a eu des hauts et des bas. Beaucoup de bas. De la tristesse. Des questions. Tellement de questions. Des milliers de si. «Si je n’avais pas crevé mes eaux, est-ce que…?» «Si on n’avait fait ma césarienne plus tôt, est-ce que…?» Beaucoup de questions. Aucune réponse, malheureusement.
Depuis, Marie-Chantal regarde souvent le ciel le soir venu. Elle n’y cherche pas vraiment de réponse. Elle ne tente pas d’apprendre le nom de toutes les étoiles de notre système solaire. Elle veut seulement voir une toute petite étoile filante. Pourtant, elle en a vu des centaines dans sa vie. Mais chaque fois qu’elle en voit une, elle arrive toujours au bon moment. À la minute ou elle en a vraiment de besoin.
«Les étoiles filantes, il y en a qui se plaisent à faire un voeu avant qu'elles ne disparaissent. Moi, je les vois comme un signe, un clin d'oeil, une tape dans le dos de l'au-delà. Des fois, j'ai l'impression que c'est ma tante, d'autres fois, que c’est mon grand-père. Mais ce soir, j'ai vraiment eu l'impression que c'était Évangéline que me faisait un petit coucou.»
«Je ne saurai jamais ce qui serait arrivé si les choses s’étaient passées différemment il y a un an, mais, chaque fois que je vois ces petits signes: une étoile filante, un papillon qui se pose sur moi, un regard échangé avec un oiseau, j'ai l'impression qu’Évangéline vient me dire qu'elle est là encore. Et que si notre histoire s'est terminée ainsi, c’est pour le mieux.»
Les beaux yeux verts de Marie-Chantal sont peut-être pleins d’eau quand elle nous raconte cette histoire. Ils le seront probablement encore longtemps quand elle pensera à Évangéline. Pour toujours, peut-être. Elle pleure parce que chaque fois qu’elle voit un de ces signes, la douleur se ravive. Mais ces larmes sont un véritable baume pour son cœur.
Il y a un an, la copine avait bouclé sa valise d’hôpital. Tout y était. Les petits pyjamas à pattes, les cache-couches roses, les compresses d’allaitement, la suce, la petite tuque pour la protéger du froid. Le siège d’auto était bien installé dans la voiture. La dernière couche de peinture avait été donnée dans la chambre du petit trésor.
Il y a un an, Coralie et Félix comptaient les dodos avant l’arrivée de leur nouvelle petite sœur. Des plans de jeux fraternels étaient concoctés. La grande sœur veillerait à bien lui montrer comment prendre soin des poupées. Le grand frère, lui, verrait à lui apprendre comment fonctionne les autos téléguidées.
Il y a un an, la belle piscine de Marie-Chantal a fendu, inondant par le fait même son plancher. Un petit peu avant le temps. Rien d’alarmant. Ça arrive à tous les jours que l’on crève ses eaux avant d’arriver aux 40 semaines réglementaires. Et des bébés prématurés, on en sauve des milliers chaque jour.
Et pourtant, il y a un an, la petite Évangéline, qui s’était fait bercer au chaud par les doux battements cardiaques de Marie-Chantal pendant plus de 27 semaines, a pris un vol direct pour le ciel. Elle est partie sourire avec les anges laissant ses parents complètement démolis.
Depuis un an, il y a eu des hauts et des bas. Beaucoup de bas. De la tristesse. Des questions. Tellement de questions. Des milliers de si. «Si je n’avais pas crevé mes eaux, est-ce que…?» «Si on n’avait fait ma césarienne plus tôt, est-ce que…?» Beaucoup de questions. Aucune réponse, malheureusement.
Depuis, Marie-Chantal regarde souvent le ciel le soir venu. Elle n’y cherche pas vraiment de réponse. Elle ne tente pas d’apprendre le nom de toutes les étoiles de notre système solaire. Elle veut seulement voir une toute petite étoile filante. Pourtant, elle en a vu des centaines dans sa vie. Mais chaque fois qu’elle en voit une, elle arrive toujours au bon moment. À la minute ou elle en a vraiment de besoin.
«Les étoiles filantes, il y en a qui se plaisent à faire un voeu avant qu'elles ne disparaissent. Moi, je les vois comme un signe, un clin d'oeil, une tape dans le dos de l'au-delà. Des fois, j'ai l'impression que c'est ma tante, d'autres fois, que c’est mon grand-père. Mais ce soir, j'ai vraiment eu l'impression que c'était Évangéline que me faisait un petit coucou.»
«Je ne saurai jamais ce qui serait arrivé si les choses s’étaient passées différemment il y a un an, mais, chaque fois que je vois ces petits signes: une étoile filante, un papillon qui se pose sur moi, un regard échangé avec un oiseau, j'ai l'impression qu’Évangéline vient me dire qu'elle est là encore. Et que si notre histoire s'est terminée ainsi, c’est pour le mieux.»
Les beaux yeux verts de Marie-Chantal sont peut-être pleins d’eau quand elle nous raconte cette histoire. Ils le seront probablement encore longtemps quand elle pensera à Évangéline. Pour toujours, peut-être. Elle pleure parce que chaque fois qu’elle voit un de ces signes, la douleur se ravive. Mais ces larmes sont un véritable baume pour son cœur.
17 juin 2008
Qu'est-ce qu'on mange?
Je dois avoir au moins une trentaine de livres de recettes. Attendez. Je vais les compter. Oups! J’étais dans les patates. Il y en a 53 dans ma bibliothèque. Je suis aussi abonnée au site internet S.O.S. Cuisine et j’ai au moins une vingtaine de sites du même genre dans mes favoris de mon Explorer.
J’achète régulièrement le Coup de pouce et plein d’autres magazines où on trouve des trucs alléchants à cuisiner. Je regarde assidûment À la Di Stasio et Curieux Bégin. J’ai trippé au fond sur Daniel Pinard. Je ne déteste pas Ricardo, et quand ça adonne, j’écoute Louis à Canal Vie pis Nicolas Moreau. Je voue un culte sans borne à plusieurs chefs dont Normand Laprise, Jean Soulard et Daniel Vézina, pour ne nommer que ceux-là. Il y a à peu près juste Martin Picard (Au pied de cochon) qui me laisse de glace. Tant qu’à être dans les confidences, je dois avouer que le beau Stéfano Faïta éveille en moi des sentiments semblables à ceux que j’avais à l’époque où il y avait des dizaines de posters de Donny des New Kids dans ma chambre.
Alors, pouvez-vous m’expliquer quelqu’un comment ça se fait que je sois toujours à court d’idée pour faire le souper?
Il me semble que c’est toujours la même maudite affaire qui se retrouve dans mon assiette soir après soir. C’est toujours pareil. Aussi monotone qu’un cours de philo. Aussi prévisible que si je vous disais qu’il va pleuvoir demain.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Toujours pareil.
Quand je veux faire diversion, je fais des grilled cheese. Et quand je veux vraiment m’énerver, je mets du bacon dedans. Là, c’est la fête!
Tenez, encore ce soir. J’arrive à la maison et j’ouvre le frigo. Il est plein. Il déborde même. Soupir. Je ne trouve rien qui me donne envie de cuisiner. Je tente une approche vers le congélo. C’est encore pire. Et si je trouvais cette inspiration dans le garde-manger? Peine perdue. C’était rêver en couleur que de croire qu’aujourd’hui, j’aurais l’idée du siècle pour le lunch du soir.
Sans farce, ça commence à me taper sur les rognons ces soupers qu’il faut toujours faire soir après soir. Vous savez, ce que vivent les gens du Darfour, c’est de la petite bière à côté de mon ennui face à la besogne du souper. Et que dans l’échelle des drames humains, mon absence d’imagination culinaire vient tout juste devant la famine dans le tiers monde, l’épidémie de sida en Afrique, le réchauffement planétaire, les 21 millions de mines antipersonnel en Irak, le cyclone en Birmanie et les camps de concentration de la 2e Guerre mondiale.
Je ne sais pas qui attend pour financer de la recherche sur cette grave problématique qui touche des millions de femmes chaque jour sur la terre. Si le solde de mon compte comptait plus de trois chiffres, je pense que je créerais une chaire de recherche sur le sujet. Il me semble que c’est important que l’on s’attaque à ce fléau qui touche tant de familles. Que l’on enraye le plus rapidement possible ce grave problème qui cause tant de soucis aux chefs de famille de ce monde.
Je pense que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une solution. En attendant que ce grand jour arrive, j’ai demandé aux filles ce qu’elle voulait manger ce soir. Vous savez ce qu’elles ont répondu? Du spagh!
Bah… pourquoi pas. Ce sera juste la troisième fois cette semaine…
J’achète régulièrement le Coup de pouce et plein d’autres magazines où on trouve des trucs alléchants à cuisiner. Je regarde assidûment À la Di Stasio et Curieux Bégin. J’ai trippé au fond sur Daniel Pinard. Je ne déteste pas Ricardo, et quand ça adonne, j’écoute Louis à Canal Vie pis Nicolas Moreau. Je voue un culte sans borne à plusieurs chefs dont Normand Laprise, Jean Soulard et Daniel Vézina, pour ne nommer que ceux-là. Il y a à peu près juste Martin Picard (Au pied de cochon) qui me laisse de glace. Tant qu’à être dans les confidences, je dois avouer que le beau Stéfano Faïta éveille en moi des sentiments semblables à ceux que j’avais à l’époque où il y avait des dizaines de posters de Donny des New Kids dans ma chambre.
Alors, pouvez-vous m’expliquer quelqu’un comment ça se fait que je sois toujours à court d’idée pour faire le souper?
Il me semble que c’est toujours la même maudite affaire qui se retrouve dans mon assiette soir après soir. C’est toujours pareil. Aussi monotone qu’un cours de philo. Aussi prévisible que si je vous disais qu’il va pleuvoir demain.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Spaghetti, macaroni, pâté chinois, timbales au poulet, rôti de porc, steak.
Toujours pareil.
Quand je veux faire diversion, je fais des grilled cheese. Et quand je veux vraiment m’énerver, je mets du bacon dedans. Là, c’est la fête!
Tenez, encore ce soir. J’arrive à la maison et j’ouvre le frigo. Il est plein. Il déborde même. Soupir. Je ne trouve rien qui me donne envie de cuisiner. Je tente une approche vers le congélo. C’est encore pire. Et si je trouvais cette inspiration dans le garde-manger? Peine perdue. C’était rêver en couleur que de croire qu’aujourd’hui, j’aurais l’idée du siècle pour le lunch du soir.
Sans farce, ça commence à me taper sur les rognons ces soupers qu’il faut toujours faire soir après soir. Vous savez, ce que vivent les gens du Darfour, c’est de la petite bière à côté de mon ennui face à la besogne du souper. Et que dans l’échelle des drames humains, mon absence d’imagination culinaire vient tout juste devant la famine dans le tiers monde, l’épidémie de sida en Afrique, le réchauffement planétaire, les 21 millions de mines antipersonnel en Irak, le cyclone en Birmanie et les camps de concentration de la 2e Guerre mondiale.
Je ne sais pas qui attend pour financer de la recherche sur cette grave problématique qui touche des millions de femmes chaque jour sur la terre. Si le solde de mon compte comptait plus de trois chiffres, je pense que je créerais une chaire de recherche sur le sujet. Il me semble que c’est important que l’on s’attaque à ce fléau qui touche tant de familles. Que l’on enraye le plus rapidement possible ce grave problème qui cause tant de soucis aux chefs de famille de ce monde.
Je pense que ce n’est pas demain la veille que l’on trouvera une solution. En attendant que ce grand jour arrive, j’ai demandé aux filles ce qu’elle voulait manger ce soir. Vous savez ce qu’elles ont répondu? Du spagh!
Bah… pourquoi pas. Ce sera juste la troisième fois cette semaine…
10 juin 2008
Que celui qui n'a jamais pêché...
Avez-vous déjà « callé » malade au boulot pour aller skier? Prenez-vous toujours vos antibiotiques jusqu’au bout? Votre peau, vous l’enduisez de crème solaire FPS 30 lorsque le soleil se pointe le bout du nez dans le ciel?
Feignez-vous d’être très occupé quand la belle-mère appelle? Avez-vous déjà dit à une maman que son bébé était le plus beau du monde alors que vous pensiez tout le contraire? Votre voiture, roule-t-elle à plus de 100 km/h sur l’autoroute?
Vos factures d’Hydro et de Bell sont-elles acquittées dans les délais? Est-ce que vous vous êtes déjà retrouvé derrière un volant alors que votre taux d’alcoolémie dépassait les 0.08? La fête de la copine, du frère ou du collègue de travail, vous l’avez déjà oubliée?
Faites-vous toujours 30 minutes d’exercice chaque jour? Vos draps, ils font un tour dans la laveuse chaque semaine? Le café que vous buvez, il est équitable et bio?
Levez la main ceux qui ne passent jamais plus de trois minutes sous une douche brûlante. Qui ne passe jamais du temps de bureau à vérifier ses courriels sur Hotmail? Avez-vous déjà oublié une « batch » de linge dans la laveuse?
Votre auto est-elle chaussée de pneus d’hiver durant la froide saison? Triez-vous adéquatement vos déchets entre le noir, le brun ou le vert ou bien parfois des matières recyclables et compostables se retrouvent parmi celles qui s’en vont au dépotoir?
Déléguez-vous les tâches qui vous rebutent le plus? Avez-vous déjà remis une pinte de lait vide au frigo? Rendez-vous vos films au club vidéo toujours à temps?
Le savon qui se retrouve dans votre lave-vaisselle est-il immanquablement exempt de phosphate? Suivez-vous inlassablement les directives de vos livres de recettes? Omettez-vous de changer le rouleau de papier de toilette quand c’est vous qui touchez au dernier carreau?
Avez-vous déjà « flushé » quelqu’un par message texte? Êtes-vous du type à succomber à un méga cornet trois boules de crème glacée au caramel trempé dans le chocolat, et ce, même si vous n’avez pas faim?
Vous arrive-t-il de prendre plus que les 15 minutes de pause auxquelles vous avez droit? Portez-vous toujours une veste de sauvetage en bateau? Téléchargez-vous de la musique illégalement sur le net?
Avez-vous déjà oublié de nourrir le chat? D’arroser les plantes? De sortir les vidanges?
Est-ce qu’il vous arrive d’imaginer avec plaisir que votre petite sœur suffoque en enfer? L’idée de foutre votre marmaille dans le bac à récupération vous a-t-elle déjà traversé l’esprit? Avez-vous déjà triché au Monopoly?
Vos chèques, il arrive qu’ils soient sans fonds? Le solde de votre carte de crédit, il est réglé intégralement chaque mois? Investissez-vous 18 % de votre revenu dans un REER?
Vous arrive-t-il d’oublier vos sacs réutilisables à la maison? Avez-vous déjà trahi la confiance de quelqu’un? Est-il dans le domaine du possible qu’un jour vous ayez égaré un livre emprunté?
Est-ce que d’avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste figure dans la liste des erreurs commises au cours de votre vie? Avez-vous déjà bu de l’alcool alors que vous portiez la vie? Croyez-vous avoir autre chose à faire que de prêter main-forte au beau-frère qui déménage sous un soleil de plomb?
Êtes-vous soudainement allergique au latex alors que vos amis décrètent une corvée de peinture dans leur nouveau logis? Êtes-vous tout à coup submergé de boulot quand une invitation à aller souper chez les beaux-parents arrive? Êtes-vous toujours heureux de participer à l’échange de cadeaux de Noël du bureau?
Pas simple d’être une parfaite personne. De ne jamais faire d’erreur. De toujours être dans le droit chemin. D’agir à tout moment selon les conventions établies. Pourtant, c’est d’une facilité déconcertante que de juger toute personne qui ne respecte pas ces multiples règles. Étrange quand même.
Feignez-vous d’être très occupé quand la belle-mère appelle? Avez-vous déjà dit à une maman que son bébé était le plus beau du monde alors que vous pensiez tout le contraire? Votre voiture, roule-t-elle à plus de 100 km/h sur l’autoroute?
Vos factures d’Hydro et de Bell sont-elles acquittées dans les délais? Est-ce que vous vous êtes déjà retrouvé derrière un volant alors que votre taux d’alcoolémie dépassait les 0.08? La fête de la copine, du frère ou du collègue de travail, vous l’avez déjà oubliée?
Faites-vous toujours 30 minutes d’exercice chaque jour? Vos draps, ils font un tour dans la laveuse chaque semaine? Le café que vous buvez, il est équitable et bio?
Levez la main ceux qui ne passent jamais plus de trois minutes sous une douche brûlante. Qui ne passe jamais du temps de bureau à vérifier ses courriels sur Hotmail? Avez-vous déjà oublié une « batch » de linge dans la laveuse?
Votre auto est-elle chaussée de pneus d’hiver durant la froide saison? Triez-vous adéquatement vos déchets entre le noir, le brun ou le vert ou bien parfois des matières recyclables et compostables se retrouvent parmi celles qui s’en vont au dépotoir?
Déléguez-vous les tâches qui vous rebutent le plus? Avez-vous déjà remis une pinte de lait vide au frigo? Rendez-vous vos films au club vidéo toujours à temps?
Le savon qui se retrouve dans votre lave-vaisselle est-il immanquablement exempt de phosphate? Suivez-vous inlassablement les directives de vos livres de recettes? Omettez-vous de changer le rouleau de papier de toilette quand c’est vous qui touchez au dernier carreau?
Avez-vous déjà « flushé » quelqu’un par message texte? Êtes-vous du type à succomber à un méga cornet trois boules de crème glacée au caramel trempé dans le chocolat, et ce, même si vous n’avez pas faim?
Vous arrive-t-il de prendre plus que les 15 minutes de pause auxquelles vous avez droit? Portez-vous toujours une veste de sauvetage en bateau? Téléchargez-vous de la musique illégalement sur le net?
Avez-vous déjà oublié de nourrir le chat? D’arroser les plantes? De sortir les vidanges?
Est-ce qu’il vous arrive d’imaginer avec plaisir que votre petite sœur suffoque en enfer? L’idée de foutre votre marmaille dans le bac à récupération vous a-t-elle déjà traversé l’esprit? Avez-vous déjà triché au Monopoly?
Vos chèques, il arrive qu’ils soient sans fonds? Le solde de votre carte de crédit, il est réglé intégralement chaque mois? Investissez-vous 18 % de votre revenu dans un REER?
Vous arrive-t-il d’oublier vos sacs réutilisables à la maison? Avez-vous déjà trahi la confiance de quelqu’un? Est-il dans le domaine du possible qu’un jour vous ayez égaré un livre emprunté?
Est-ce que d’avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste figure dans la liste des erreurs commises au cours de votre vie? Avez-vous déjà bu de l’alcool alors que vous portiez la vie? Croyez-vous avoir autre chose à faire que de prêter main-forte au beau-frère qui déménage sous un soleil de plomb?
Êtes-vous soudainement allergique au latex alors que vos amis décrètent une corvée de peinture dans leur nouveau logis? Êtes-vous tout à coup submergé de boulot quand une invitation à aller souper chez les beaux-parents arrive? Êtes-vous toujours heureux de participer à l’échange de cadeaux de Noël du bureau?
Pas simple d’être une parfaite personne. De ne jamais faire d’erreur. De toujours être dans le droit chemin. D’agir à tout moment selon les conventions établies. Pourtant, c’est d’une facilité déconcertante que de juger toute personne qui ne respecte pas ces multiples règles. Étrange quand même.
09 juin 2008
Encore 15 millions de mots à écrire...
Lu sur mon rapport annuel de mon régime de retraite que j’ai reçu cette semaine : « Date de retraite prévue : 1er mai 2041. »
Gloup!
C’est donc dire qu’il me reste 33 ans à bosser, soit presque l’équivalent de mon âge.
Ce sont encore 8 520 semaines à piocher sur mon ordi.
Ou bien 278 850 heures à chercher des sujets qui feront le journal du mercredi.
Et ce seront quelque 35 000 articles qui sortiront de ma tête.
Pire encore, je tenterai d’écrire 15 336 000 mots sans faire une seule faute.
J’aurai également signé plus de 10 296 chèques de paye à nos pigistes.
J’aurai vu passer plus de 213 000 carnets communautaires, corrigé plus de 340 800 pages de textes, écrit près de 8000 blogues, lu 660 livres pour la chronique littéraire et tapé plus de 426 000 noms dans la section « Une année de plus » du journal.
J’aurai également écoulé plus de 200 semaines de vacances.
Je « snoozerai » mon cadran environ 17 160 fois. J’aurai teint mes cheveux à 2130 reprises. J’userai 132 paires de chaussures et je n’ose pas écrire combien j’aurai investi dans ma garde-robe de travail au moment où je recevrai mon premier chèque de la Sécurité de la vieillesse.
Ce métier de journaliste m’aura amenée à faire plus de 850 000 km de route pour aller à la rencontre de gens que j’ai eu à interviewer. Ces personnes, j’en aurai rencontré plus de 50 000 d’ici le temps où j’encaisserai mes REER.
Épeurant non? Normal que j’aie le vertige. Ça ne vous fait pas trop peur vous?
Pas que je m’emmerde dans mon travail et que je veuille en finir au plus vite pour toucher ma rente de retraite et migrer vers la Floride dès que les premiers flocons se montreront le bout du nez. Mais 33 ans à m’imaginer faire la même besogne, ça m’effraie un tantinet.
Si je manquais de motivation en cours de route? Si je ne suis plus capable de suivre la cadence? Si je suis complètement dépassée par les manières de faire?
La Nouvelle évoluera probablement au cours de ces années amenant ainsi défis et apprentissages nouveaux. La vie m’amènera peut-être ailleurs. Sûrement que je me renouvellerai dans de nouvelles avenues. Les choses changent tellement vite.
Reste que 33 ans, c’est long non? Ça représente toute ma vie! Difficile tout de même de se représenter ce laps de temps de façon concrète.
Et ne cherchez pas à me faire encore plus peur en me disant que d’ici le temps où je soufflerai 65 chandelles sur mon gâteau d’anniversaire, l’âge de la retraite sera probablement fixé à 70 voire à 75 ans svp!
Cinq ans déjà que je bosse ici. Ç’a filé comme l’éclair. Je n’ai rien vu passer et j’ai même l’impression de n’avoir que six mois d’ancienneté à mon dossier. Si la tendance se maintient, il n’est pas si loin le jour où je n’aurai plus besoin de « puncher in » et « out. ».
Et dans le temps de le dire, j’ai retranché 547 mots des 15 millions qu’il me reste à écrire. Petit train va loin…
Gloup!
C’est donc dire qu’il me reste 33 ans à bosser, soit presque l’équivalent de mon âge.
Ce sont encore 8 520 semaines à piocher sur mon ordi.
Ou bien 278 850 heures à chercher des sujets qui feront le journal du mercredi.
Et ce seront quelque 35 000 articles qui sortiront de ma tête.
Pire encore, je tenterai d’écrire 15 336 000 mots sans faire une seule faute.
J’aurai également signé plus de 10 296 chèques de paye à nos pigistes.
J’aurai vu passer plus de 213 000 carnets communautaires, corrigé plus de 340 800 pages de textes, écrit près de 8000 blogues, lu 660 livres pour la chronique littéraire et tapé plus de 426 000 noms dans la section « Une année de plus » du journal.
J’aurai également écoulé plus de 200 semaines de vacances.
Je « snoozerai » mon cadran environ 17 160 fois. J’aurai teint mes cheveux à 2130 reprises. J’userai 132 paires de chaussures et je n’ose pas écrire combien j’aurai investi dans ma garde-robe de travail au moment où je recevrai mon premier chèque de la Sécurité de la vieillesse.
Ce métier de journaliste m’aura amenée à faire plus de 850 000 km de route pour aller à la rencontre de gens que j’ai eu à interviewer. Ces personnes, j’en aurai rencontré plus de 50 000 d’ici le temps où j’encaisserai mes REER.
Épeurant non? Normal que j’aie le vertige. Ça ne vous fait pas trop peur vous?
Pas que je m’emmerde dans mon travail et que je veuille en finir au plus vite pour toucher ma rente de retraite et migrer vers la Floride dès que les premiers flocons se montreront le bout du nez. Mais 33 ans à m’imaginer faire la même besogne, ça m’effraie un tantinet.
Si je manquais de motivation en cours de route? Si je ne suis plus capable de suivre la cadence? Si je suis complètement dépassée par les manières de faire?
La Nouvelle évoluera probablement au cours de ces années amenant ainsi défis et apprentissages nouveaux. La vie m’amènera peut-être ailleurs. Sûrement que je me renouvellerai dans de nouvelles avenues. Les choses changent tellement vite.
Reste que 33 ans, c’est long non? Ça représente toute ma vie! Difficile tout de même de se représenter ce laps de temps de façon concrète.
Et ne cherchez pas à me faire encore plus peur en me disant que d’ici le temps où je soufflerai 65 chandelles sur mon gâteau d’anniversaire, l’âge de la retraite sera probablement fixé à 70 voire à 75 ans svp!
Cinq ans déjà que je bosse ici. Ç’a filé comme l’éclair. Je n’ai rien vu passer et j’ai même l’impression de n’avoir que six mois d’ancienneté à mon dossier. Si la tendance se maintient, il n’est pas si loin le jour où je n’aurai plus besoin de « puncher in » et « out. ».
Et dans le temps de le dire, j’ai retranché 547 mots des 15 millions qu’il me reste à écrire. Petit train va loin…
28 mai 2008
Un monde étrange
C’est étrange. Il y a des choses vraiment bizarres qui se passent chez moi. Je commence à me demander si je suis la seule à vivre ce genre de truc. Dites-moi que c’est pareil chez vous s’il vous plaît, question que je me sente moins seule dans mon monde.
Tenez, par exemple, mon panier à linge sale. Malgré tous mes efforts, même en foutant une dizaine de brassées dans la laveuse chaque jour, je n’en vois jamais le fond. C’est déprimant non? De la magie, je vous dis. Chaque fois que j’ai le malheur de dire « Cool, après cette brassée, j’ai fini! », il y a des vêtements sales qui apparaissent dedans. En y pensant bien, je pourrais tenter de vendre le concept à Alain Choquette. Fortune assurée. Les spectateurs seraient complètement mystifiés devant ce tour de magie des plus originaux.
Un autre truc vraiment incompréhensible se situe du côté de mon lave-vaisselle. Pourquoi il n’est jamais vide quand je dois le remplir? Qu’est-ce qui explique que c’est toujours le foutoir dans l’armoire où sont rangés les plats de plastique? Pourquoi il ne reste jamais de ketchup dans la bouteille quand j’en ai besoin?
Aussi, je commence à avoir peur des sacs à lunch de mes filles. Je crois qu’ils se nourrissent secrètement des cuillères que j’y mets chaque jour pour le yogourt ou la compote de pommes. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai acheté des petites cuillères à dessert pour remplacer celles disparues mystérieusement. Mais là, je crois avoir trouvé les coupables. Reste à me peaufiner un plan d’attaque pour que cesse la disparition de ces ustensiles. Vous avez une idée géniale?
J’aimerais bien comprendre un jour le phénomène qui veut que les jours de la semaine, je sois incapable de tirer mes héritières du lit et que les jours de congé, elles se lèvent avant même que le soleil ait eu la même idée. Je pense à leur jouer un tour un de ces quatre. Le vendredi soir, au moment du coucher, je vais leur dire que demain, nous sommes lundi. Bernées, elles le seront assurément et bonjour la grasse matinée pour moi!
Étrange aussi de constater que les poulettes n’ont jamais de devoirs au retour de l’école. Par contre, dans la nuit, une force mystérieuse se glisse tout doucement dans leur sac à dos pour inscrire à leur agenda des exercices à compléter ou une dictée à corriger. Quoi qu’il en soit, c’est toujours dix minutes avant que le bus ne se pointe au coin de la rue qu’elles allument qu’elles avaient finalement des trucs à faire pour la journée même.
Je pourrais aussi vous parler du rouleau de papier de toilette qui est toujours vide, de la pinte de lait dans laquelle il ne reste, plus souvent qu’autrement, qu’une seule gorgée, des dizaines de bas orphelins qui traînent sur ma sécheuse (que je conserve dans l’espoir de retrouver leurs douces moitiés), et quoi d’autre?
J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche avec le modèle d’enfant qu’on m’a donné. Chaque fois que le téléphone sonne, c’est immanquable, elles se garochent sur moi ou elles se mettent à crier à tue-tête. Sans compter qu’elles n’ont jamais faim pour le souper, mais qu’il reste toujours beaucoup de place dans leur bedon pour du dessert.
Je ne surprendrai personne en disant que même si leurs yeux sont remplis de dodos, qu’elles baillent aux corneilles, que leurs paupières sont devenues beaucoup trop lourdes, ni Félixe, ni Maxim ne sont fatiguées et refusent d’aller au lit.
Pis quand elles se chicanent, c’est toujours de la faute de l’autre. Ce ne sont jamais elles qui ont laissé traîner leur pyjama dans le salon, qui ont renversé un verre de jus dans la chambre, qui n’ont pas fait couler l’eau du bain et qui n’ont pas flushé la toilette.
Étrange non?
Tenez, par exemple, mon panier à linge sale. Malgré tous mes efforts, même en foutant une dizaine de brassées dans la laveuse chaque jour, je n’en vois jamais le fond. C’est déprimant non? De la magie, je vous dis. Chaque fois que j’ai le malheur de dire « Cool, après cette brassée, j’ai fini! », il y a des vêtements sales qui apparaissent dedans. En y pensant bien, je pourrais tenter de vendre le concept à Alain Choquette. Fortune assurée. Les spectateurs seraient complètement mystifiés devant ce tour de magie des plus originaux.
Un autre truc vraiment incompréhensible se situe du côté de mon lave-vaisselle. Pourquoi il n’est jamais vide quand je dois le remplir? Qu’est-ce qui explique que c’est toujours le foutoir dans l’armoire où sont rangés les plats de plastique? Pourquoi il ne reste jamais de ketchup dans la bouteille quand j’en ai besoin?
Aussi, je commence à avoir peur des sacs à lunch de mes filles. Je crois qu’ils se nourrissent secrètement des cuillères que j’y mets chaque jour pour le yogourt ou la compote de pommes. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai acheté des petites cuillères à dessert pour remplacer celles disparues mystérieusement. Mais là, je crois avoir trouvé les coupables. Reste à me peaufiner un plan d’attaque pour que cesse la disparition de ces ustensiles. Vous avez une idée géniale?
J’aimerais bien comprendre un jour le phénomène qui veut que les jours de la semaine, je sois incapable de tirer mes héritières du lit et que les jours de congé, elles se lèvent avant même que le soleil ait eu la même idée. Je pense à leur jouer un tour un de ces quatre. Le vendredi soir, au moment du coucher, je vais leur dire que demain, nous sommes lundi. Bernées, elles le seront assurément et bonjour la grasse matinée pour moi!
Étrange aussi de constater que les poulettes n’ont jamais de devoirs au retour de l’école. Par contre, dans la nuit, une force mystérieuse se glisse tout doucement dans leur sac à dos pour inscrire à leur agenda des exercices à compléter ou une dictée à corriger. Quoi qu’il en soit, c’est toujours dix minutes avant que le bus ne se pointe au coin de la rue qu’elles allument qu’elles avaient finalement des trucs à faire pour la journée même.
Je pourrais aussi vous parler du rouleau de papier de toilette qui est toujours vide, de la pinte de lait dans laquelle il ne reste, plus souvent qu’autrement, qu’une seule gorgée, des dizaines de bas orphelins qui traînent sur ma sécheuse (que je conserve dans l’espoir de retrouver leurs douces moitiés), et quoi d’autre?
J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche avec le modèle d’enfant qu’on m’a donné. Chaque fois que le téléphone sonne, c’est immanquable, elles se garochent sur moi ou elles se mettent à crier à tue-tête. Sans compter qu’elles n’ont jamais faim pour le souper, mais qu’il reste toujours beaucoup de place dans leur bedon pour du dessert.
Je ne surprendrai personne en disant que même si leurs yeux sont remplis de dodos, qu’elles baillent aux corneilles, que leurs paupières sont devenues beaucoup trop lourdes, ni Félixe, ni Maxim ne sont fatiguées et refusent d’aller au lit.
Pis quand elles se chicanent, c’est toujours de la faute de l’autre. Ce ne sont jamais elles qui ont laissé traîner leur pyjama dans le salon, qui ont renversé un verre de jus dans la chambre, qui n’ont pas fait couler l’eau du bain et qui n’ont pas flushé la toilette.
Étrange non?
20 mai 2008
Elle est cheap votre fée des dents?
On a eu de la visite à Proulxville la semaine dernière. De la belle et grande visite.
En fait, on sait qu’elle est passée, mais personne ne l’a vraiment vue. On le sait parce qu’elle a laissé sa trace.
C’est du moins ce que prétendait Filou, à 6 h 40 du mat, l’autre jour, alors qu’elle s’est pointée dans le cadre de la porte de ma chambre, montrant fièrement le dollar que la fée des dents lui avait laissé sous son oreiller en échange d’une petite incisive que ma loulou y avait glissée.
On a donc jasé fée des dents au boulot. Semble que celle qui dessert mon territoire est un tantinet radine. Dans certains secteurs de la ville, elle pourrait laisser jusqu’à 5 $ la quenotte. À ce prix-là, une fois que tout le dentier de Filou aura passé sous l’oreiller, la fée sera ruinée! Une chance que les paiements (sans intérêt!) seront étalés sur quelques années…
J’avoue que je vois ici un beau sideline. Parce qu’à ce prix-là, dans le coin où j’habite et où les enfants sont nombreux, je ferais fortune dans le temps de dire. Avis à tous ceux qui cherchent à s’endetter en étudiant longuement en dentisterie, l’avenir est dans le ramassage de dents sous l’oreiller. Où puis-je postuler svp?
N’empêche que c’était un grand moment dans la (petite) vie de ma cocotte. Ça faisait quelques semaines que sa tite dent branlait et cherchait à s’enfuir de sa gencive. Elle est finalement tombée un soir où, pour mal faire, je n’étais pas là.
Le drame. Les pleurs. La panique totale il paraît. Selon les dires de la gardienne, Filou aurait trouvé très difficile de perdre sa dent. La promesse de retrouver une surprise le lendemain matin, gracieuseté de la fée, ne réussissait pas à sécher ses larmes.
Pourtant, elle a l’habitude la cocotte. À deux ans et demi, à la suite d’un accident, elle s’était retrouvée avec deux palettes en moins. Je pensais qu’elle était armée pour faire face à cette situation. Et dans mes souvenirs, j’avais l’inéluctable impression que c’était cool de perdre une dent et d’attendre avec hâte la visite de la fée en se demandant ce qu’elle laisserait cette fois-ci.
Même si par chez nous, les dollars faisaient place aux 25 sous et à une Caramilk, j’adorais perdre des dents et j’ai voulu croire très longtemps à cette histoire. D’ailleurs, selon un sondage mené par l’Association dentaire canadienne, 25 % des adultes canadiens croient à la fée des dents!
Pis là, j’ai l’impression de ne plus reconnaître ma peanut avec son sourire tout édenté. Et elle rush la cocotte pour manger sa pomme et ses carottes. D’ailleurs, ce n’est pas toujours chic de la voir aller au souper! Heureusement que c’est temporaire. Déjà, on voit la nouvelle venue se frayer une place entre ses petites dents de lait. Mais ce qu’elle a l’air immense cette dent aux côtés des autres! Quelle époque disgracieuse que l’arrivée des dents d’adulte dans un sourire d’enfant, non?
Bah, c’est pas grave. Dent pas dent, elle est belle pareil ma cocotte.
En fait, on sait qu’elle est passée, mais personne ne l’a vraiment vue. On le sait parce qu’elle a laissé sa trace.
C’est du moins ce que prétendait Filou, à 6 h 40 du mat, l’autre jour, alors qu’elle s’est pointée dans le cadre de la porte de ma chambre, montrant fièrement le dollar que la fée des dents lui avait laissé sous son oreiller en échange d’une petite incisive que ma loulou y avait glissée.
On a donc jasé fée des dents au boulot. Semble que celle qui dessert mon territoire est un tantinet radine. Dans certains secteurs de la ville, elle pourrait laisser jusqu’à 5 $ la quenotte. À ce prix-là, une fois que tout le dentier de Filou aura passé sous l’oreiller, la fée sera ruinée! Une chance que les paiements (sans intérêt!) seront étalés sur quelques années…
J’avoue que je vois ici un beau sideline. Parce qu’à ce prix-là, dans le coin où j’habite et où les enfants sont nombreux, je ferais fortune dans le temps de dire. Avis à tous ceux qui cherchent à s’endetter en étudiant longuement en dentisterie, l’avenir est dans le ramassage de dents sous l’oreiller. Où puis-je postuler svp?
N’empêche que c’était un grand moment dans la (petite) vie de ma cocotte. Ça faisait quelques semaines que sa tite dent branlait et cherchait à s’enfuir de sa gencive. Elle est finalement tombée un soir où, pour mal faire, je n’étais pas là.
Le drame. Les pleurs. La panique totale il paraît. Selon les dires de la gardienne, Filou aurait trouvé très difficile de perdre sa dent. La promesse de retrouver une surprise le lendemain matin, gracieuseté de la fée, ne réussissait pas à sécher ses larmes.
Pourtant, elle a l’habitude la cocotte. À deux ans et demi, à la suite d’un accident, elle s’était retrouvée avec deux palettes en moins. Je pensais qu’elle était armée pour faire face à cette situation. Et dans mes souvenirs, j’avais l’inéluctable impression que c’était cool de perdre une dent et d’attendre avec hâte la visite de la fée en se demandant ce qu’elle laisserait cette fois-ci.
Même si par chez nous, les dollars faisaient place aux 25 sous et à une Caramilk, j’adorais perdre des dents et j’ai voulu croire très longtemps à cette histoire. D’ailleurs, selon un sondage mené par l’Association dentaire canadienne, 25 % des adultes canadiens croient à la fée des dents!
Pis là, j’ai l’impression de ne plus reconnaître ma peanut avec son sourire tout édenté. Et elle rush la cocotte pour manger sa pomme et ses carottes. D’ailleurs, ce n’est pas toujours chic de la voir aller au souper! Heureusement que c’est temporaire. Déjà, on voit la nouvelle venue se frayer une place entre ses petites dents de lait. Mais ce qu’elle a l’air immense cette dent aux côtés des autres! Quelle époque disgracieuse que l’arrivée des dents d’adulte dans un sourire d’enfant, non?
Bah, c’est pas grave. Dent pas dent, elle est belle pareil ma cocotte.
13 mai 2008
J'ai le coeur brisé
Déjà. C’est déjà terminé.
C’est fini nous deux pis j’ai le cœur brisé.
Je le savais que ça finirait de même. J’aurais dû m’écouter.
Je m’étais quand même attachée moi.
J’ai peine à croire que je ne m’endormirai plus jamais avec toi. Que lorsque j’ouvrirai les yeux le matin, tu ne seras plus là à côté de moi. Que l’on ne partagera plus de bain ensemble. Que tu ne deviendras qu’un souvenir. Que tu rejoindras les autres qui étaient là avant toi.
Tout est allé si vite. Je n’ai pas pris le temps de te savourer. De te déguster à petites doses pour faire durer le plaisir. Au contraire, dès le départ, je me suis jetée tête première dans notre histoire. Oubliant du coup toutes les promesses que je m’étais faites. Je n’apprendrai donc jamais?
Pourtant, au départ, je te regardais du coin de l’œil, me disant que tu serais pareil comme les autres. Je n’avais pas envie d’embarquer là-dedans, encore une fois, pour finir déçue. Je ne voulais pas avoir l’impression de perdre mon temps. Je ne désirais pas investir dans une relation qui ne m’apportait pas ce que je voulais, qui ne m’amènerait pas où j’aime aller.
Ç’a été difficile de ne pas succomber à ton charme malgré tout. Tu étais constamment sous mes yeux. J’entendais parler de toi à tout moment. Et puis, tes belles promesses de bon temps que nous passerions ensemble m’ont fait flancher.
Je t’ai pris dans mes bras et j’ai dit : « Ok, je te laisse entrer dans ma vie. Ok, je vais te faire de la place dans mon horaire chargé. Mais ne me déçois pas. Sois honnête. Sois ce que tu dis que tu es. »
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai observé sous toutes tes couvertures. Je t’ai regardé par devant, par derrière. Et je n’ai pas haïs ce que j’ai vu. Au premier regard, tu me plaisais bien.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai senti. Jamais je ne me lasserai d’une telle odeur. J’ai approuvé le choix de ton parfum.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai amené chez moi. Je voulais te connaître au plus vite. Savoir ton histoire. Découvrir tes vilains défauts. Tes petites habitudes.
Dès les premiers instants, tu m’as fait crouler de rire. Même que je repense à certains instants et je souris encore malgré la peine que j’ai. Plus tard, tes propos m’ont fait réfléchir. Je me suis questionnée sur moi-même. Sur ma façon de mener ma barque. Quand tu m’as raconté pour ton père, ma gorge s’est nouée, mes yeux se sont embués. En si peu de temps, nous avions réussi à être proches. Très proches même.
Je t’apportais partout. Tu étais toujours avec moi. Dès que j’avais une minute, je me demandais où tu étais rendu et je me plongeais avec joie dans le récit de tes rocambolesques aventures.
Et puis, même si je la sentais venir, c’est avec tristesse que j’ai vu le mot « fin » arriver dans notre histoire. Je ne pouvais pas me résoudre que tout ça soit terminé après ces quelques semaines merveilleuses passées ensemble.
C’était trop beau pour être vrai.
Je sais. Je sais. Vous me direz que je referai confiance à nouveau un jour. Qu’un autre me fera rire. Que je passerai de merveilleux instants encore à deux.
Mais pour l’instant, je ne suis pas prête à m’investir. Je ne veux pas brûler toutes les étapes du deuil. Je veux prendre le temps de bien faire les choses. Relaxer aussi. Apprécier ces moments de solitude.
Ma prochaine virée à la librairie attendra donc un peu. Quoique le dernier Guillaume Musso a l’air drôlement bon…
C’est fini nous deux pis j’ai le cœur brisé.
Je le savais que ça finirait de même. J’aurais dû m’écouter.
Je m’étais quand même attachée moi.
J’ai peine à croire que je ne m’endormirai plus jamais avec toi. Que lorsque j’ouvrirai les yeux le matin, tu ne seras plus là à côté de moi. Que l’on ne partagera plus de bain ensemble. Que tu ne deviendras qu’un souvenir. Que tu rejoindras les autres qui étaient là avant toi.
Tout est allé si vite. Je n’ai pas pris le temps de te savourer. De te déguster à petites doses pour faire durer le plaisir. Au contraire, dès le départ, je me suis jetée tête première dans notre histoire. Oubliant du coup toutes les promesses que je m’étais faites. Je n’apprendrai donc jamais?
Pourtant, au départ, je te regardais du coin de l’œil, me disant que tu serais pareil comme les autres. Je n’avais pas envie d’embarquer là-dedans, encore une fois, pour finir déçue. Je ne voulais pas avoir l’impression de perdre mon temps. Je ne désirais pas investir dans une relation qui ne m’apportait pas ce que je voulais, qui ne m’amènerait pas où j’aime aller.
Ç’a été difficile de ne pas succomber à ton charme malgré tout. Tu étais constamment sous mes yeux. J’entendais parler de toi à tout moment. Et puis, tes belles promesses de bon temps que nous passerions ensemble m’ont fait flancher.
Je t’ai pris dans mes bras et j’ai dit : « Ok, je te laisse entrer dans ma vie. Ok, je vais te faire de la place dans mon horaire chargé. Mais ne me déçois pas. Sois honnête. Sois ce que tu dis que tu es. »
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai observé sous toutes tes couvertures. Je t’ai regardé par devant, par derrière. Et je n’ai pas haïs ce que j’ai vu. Au premier regard, tu me plaisais bien.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai senti. Jamais je ne me lasserai d’une telle odeur. J’ai approuvé le choix de ton parfum.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai amené chez moi. Je voulais te connaître au plus vite. Savoir ton histoire. Découvrir tes vilains défauts. Tes petites habitudes.
Dès les premiers instants, tu m’as fait crouler de rire. Même que je repense à certains instants et je souris encore malgré la peine que j’ai. Plus tard, tes propos m’ont fait réfléchir. Je me suis questionnée sur moi-même. Sur ma façon de mener ma barque. Quand tu m’as raconté pour ton père, ma gorge s’est nouée, mes yeux se sont embués. En si peu de temps, nous avions réussi à être proches. Très proches même.
Je t’apportais partout. Tu étais toujours avec moi. Dès que j’avais une minute, je me demandais où tu étais rendu et je me plongeais avec joie dans le récit de tes rocambolesques aventures.
Et puis, même si je la sentais venir, c’est avec tristesse que j’ai vu le mot « fin » arriver dans notre histoire. Je ne pouvais pas me résoudre que tout ça soit terminé après ces quelques semaines merveilleuses passées ensemble.
C’était trop beau pour être vrai.
Je sais. Je sais. Vous me direz que je referai confiance à nouveau un jour. Qu’un autre me fera rire. Que je passerai de merveilleux instants encore à deux.
Mais pour l’instant, je ne suis pas prête à m’investir. Je ne veux pas brûler toutes les étapes du deuil. Je veux prendre le temps de bien faire les choses. Relaxer aussi. Apprécier ces moments de solitude.
Ma prochaine virée à la librairie attendra donc un peu. Quoique le dernier Guillaume Musso a l’air drôlement bon…
06 mai 2008
Une peine d'amitié
Vous avez entendu parler de la nouvelle brique de Denise Bombardier? Elle jase amitié. La madame, après avoir écrit sur ses relations avec les hommes, son enfance et son besoin d’amour, entre autres, a noirci moult pages blanches sur ses relations avec ses nombreuses (dit-elle) copines et sur celles qui ne portent plus le titre d’amie-de-Madame-B.
Mes chères amies serait d’ailleurs né après une peine d’amitié. Oui, oui, vous z’avez bien lu. L’écrivaine ne s’en vante pas, mais ce serait une chicane de fefilles qui lui aurait donné l’idée d’écrire sur le sujet.
Surprise, je l’ai été grandement. Est-ce que l’on se chicane encore avec nos amies passé 50 ans? Je pensais que ce genre d’histoire était réservé exclusivement aux cours de récréation. Je croyais qu’en grandissant, on apprenait à tempérer nos propos, à mieux accepter l’autre, à pardonner plus facilement, à discuter plutôt qu’à se chanter des bêtises, mais surtout à se soutenir quoi qu’il advienne.
Mais faut dire que l’on n’a pas tous le tempérament flamboyant et intempestif de l’auteure, quand même. Et heureusement! Parce que le mot amitié serait probablement rayé du Petit Robert dans le temps de le dire!
Ça m’a portée à réfléchir toute cette histoire. Quelle était la place de l’amitié dans ma vie? Quelle importance mes copines avaient-elles pour moi? Et surtout, peut-on dire à son amie : « c’est fini nous deux »?
On ne parle pas souvent « rupture amicale » dans les magazines ou dans les soupers de filles, et pourtant il y en aurait long à dire sur le sujet. Il y a comme une espèce de tabou entourant l’idée que l’on puisse volontairement mettre fin à une amitié entre deux personnes.
Ça m’est arrivé l’été dernier. Après plusieurs années d’amitié tissée serrée, j’ai mis fin à cette relation qui m’épuisait. Ç’a cogité dans ma tête pendant plusieurs semaines, voire quelques mois. Je n’étais plus certaine que j’étais l’amie dont elle avait besoin. Celle à qui elle s’attendait. Et surtout, celle qu’elle méritait d’avoir.
Je n’étais plus d’accord avec ses choix. Ses idées. Je n’étais plus capable de la supporter dans ses décisions ni de respecter la tangente que prenait sa vie.
Chaque fois que je voyais son numéro sur l’afficheur, j’avais peur de répondre. Pas par ennui de lui parler, mais parce que j’étais effrayée à l’idée de la blesser, de dire quelque chose qu’elle n’avait pas envie d’entendre. J’étais craintive qu’une fois encore une bombe ait explosé dans sa vie et que je doive me transformer en motivateur pour lui remonter le moral.
Ces conversations me grugeaient une énergie folle. Me bouleversaient outre mesure. Je n’en pouvais tout simplement plus. J’avais envie de rire, de déconner, de placoter de tout et de rien, d’imaginer nos vies dans vingt ans et d’en rire. Bref, je voulais du positif dans ma vie.
C’est là que les questionnements sont arrivés. Étais-je une amie déloyale qui se défile à la moindre difficulté? Étais-je sans cœur de ne plus être capable de supporter ma copine dans ces moments difficiles?
J’ai longtemps voulu en parler avec d’autres personnes, question de me faire une tête sur la question. Je n’ai jamais été capable de le faire. Par peur des réponses sans doute.
Je fêterai bientôt le premier anniversaire de cette rupture. Et ça ne fait pas très longtemps que le tout est digéré et accepté. Même si j’ai compris qu’au fil du temps, nos valeurs changent, que nos vies prennent des chemins différents, que l’on aspire à autre chose en amour comme en amitié.
Reste qu’au plus profond de moi-même, elle restera toujours ma meilleure amie. Et que si demain elle appelle, je serai là.
Mes chères amies serait d’ailleurs né après une peine d’amitié. Oui, oui, vous z’avez bien lu. L’écrivaine ne s’en vante pas, mais ce serait une chicane de fefilles qui lui aurait donné l’idée d’écrire sur le sujet.
Surprise, je l’ai été grandement. Est-ce que l’on se chicane encore avec nos amies passé 50 ans? Je pensais que ce genre d’histoire était réservé exclusivement aux cours de récréation. Je croyais qu’en grandissant, on apprenait à tempérer nos propos, à mieux accepter l’autre, à pardonner plus facilement, à discuter plutôt qu’à se chanter des bêtises, mais surtout à se soutenir quoi qu’il advienne.
Mais faut dire que l’on n’a pas tous le tempérament flamboyant et intempestif de l’auteure, quand même. Et heureusement! Parce que le mot amitié serait probablement rayé du Petit Robert dans le temps de le dire!
Ça m’a portée à réfléchir toute cette histoire. Quelle était la place de l’amitié dans ma vie? Quelle importance mes copines avaient-elles pour moi? Et surtout, peut-on dire à son amie : « c’est fini nous deux »?
On ne parle pas souvent « rupture amicale » dans les magazines ou dans les soupers de filles, et pourtant il y en aurait long à dire sur le sujet. Il y a comme une espèce de tabou entourant l’idée que l’on puisse volontairement mettre fin à une amitié entre deux personnes.
Ça m’est arrivé l’été dernier. Après plusieurs années d’amitié tissée serrée, j’ai mis fin à cette relation qui m’épuisait. Ç’a cogité dans ma tête pendant plusieurs semaines, voire quelques mois. Je n’étais plus certaine que j’étais l’amie dont elle avait besoin. Celle à qui elle s’attendait. Et surtout, celle qu’elle méritait d’avoir.
Je n’étais plus d’accord avec ses choix. Ses idées. Je n’étais plus capable de la supporter dans ses décisions ni de respecter la tangente que prenait sa vie.
Chaque fois que je voyais son numéro sur l’afficheur, j’avais peur de répondre. Pas par ennui de lui parler, mais parce que j’étais effrayée à l’idée de la blesser, de dire quelque chose qu’elle n’avait pas envie d’entendre. J’étais craintive qu’une fois encore une bombe ait explosé dans sa vie et que je doive me transformer en motivateur pour lui remonter le moral.
Ces conversations me grugeaient une énergie folle. Me bouleversaient outre mesure. Je n’en pouvais tout simplement plus. J’avais envie de rire, de déconner, de placoter de tout et de rien, d’imaginer nos vies dans vingt ans et d’en rire. Bref, je voulais du positif dans ma vie.
C’est là que les questionnements sont arrivés. Étais-je une amie déloyale qui se défile à la moindre difficulté? Étais-je sans cœur de ne plus être capable de supporter ma copine dans ces moments difficiles?
J’ai longtemps voulu en parler avec d’autres personnes, question de me faire une tête sur la question. Je n’ai jamais été capable de le faire. Par peur des réponses sans doute.
Je fêterai bientôt le premier anniversaire de cette rupture. Et ça ne fait pas très longtemps que le tout est digéré et accepté. Même si j’ai compris qu’au fil du temps, nos valeurs changent, que nos vies prennent des chemins différents, que l’on aspire à autre chose en amour comme en amitié.
Reste qu’au plus profond de moi-même, elle restera toujours ma meilleure amie. Et que si demain elle appelle, je serai là.
Deux Noëls, deux fêtes, deux chambres, ....
Quand j’étais petite, j’avais la ferme conviction qu’une famille, c’était une maman, un papa et des enfants qui vivaient tous dans la même maison. Je pensais que c’était la norme puisque dans ma classe, nous étions tous dans la même situation. Ou à peu près.
Bon, il y avait bien Annie qui habitait toute seule avec sa mère et son grand frère. Mais son père était mort quand elle avait quatre ans. Ça ne comptait donc pas. Il y avait aussi l’autre Annie qui demeurait seule avec sa mère. Mais un vendredi sur deux, on voyait apparaître devant l’école la Mercedes de son père, qui venait la chercher pour le week-end.
On la trouvait cool la Annie. Elle avait deux chambres à coucher, la chanceuse. Mieux encore, elle fêtait deux fois Noël, elle déballait des cadeaux de fête à deux reprises et elle se bourrait la fraise dans le chocolat à Pâques deux fois plutôt qu’une. En prime, son papa faisait plein d’activités amusantes avec elle : ciné, resto, parc. Vraiment, elle avait une belle vie la copine. On l’enviait tous.
Je me souviens même d’avoir balancé l’idée à mes parents alors qu’ils se parlaient un peu plus fort qu’à l’habitude. « Pourquoi vous ne divorcez pas? » Du haut de mes huit ans, je ne réalisais pas tout ce qu’impliquait une séparation. Je n’y voyais que les bons côtés, moi.
Au fil des années, j’ai compris qu’un divorce, ce n’était pas aussi simple qu’une double part de bonbons d’Halloween. Qu’une séparation amenait beaucoup plus de Kleenex trempés, d’yeux bouffis et de cœurs brisés qu’autre chose. Annie n’était plus la seule dans le lot. Elle a été rejointe par Catherine, Karine, Charline, Valérie, Patricia, Pascale et Caroline.
Elles étaient tellement rendues nombreuses dans leur situation que j’en étais devenue l’exception. La seule qui ne changeait pas de lit aux deux fins de semaine et qui ne fêtait pas Noël plus d’une fois. Pis j’avoue que je ne détestais plus l’idée…
Parce qu’au dépouillement de l’arbre de Noël, j’aimais être blottie entre ma mère et mon père pour développer les cadeaux que le père Noël m’apportait. Parce que je n’avais pas envie de manger une fondue au chocolat à la Saint-Valentin en tête à tête avec un seul de mes parents. Puis surtout, je n’avais pas envie que l’on m’impose la venue d’un nouveau conjoint qui débarquerait avec ses enfants chez moi.
Quand l’idée m’est venue de fonder une famille, c’était très clair dans ma tête que j’allais offrir la même chose à mes futures héritières. Mes filles grandiraient entourées de leurs parents. Point à la ligne.
Aujourd’hui, on compte plus d’une famille sur cinq à Sherbrooke qui est monoparentale. J’en suis. Mes filles ont donc deux chambres, deux Noëls, deux Pâques, deux anniversaires.
Peut-être qu’elles n’ont pas le modèle d’une famille unie dont rêvent toutes les mamans du monde. Mais je crois et j’ose espérer qu’elles ont gagné beaucoup plus qu’elles ont perdu au compte.
Maxim et Félixe voyagent peut-être entre la maison de maman et celle de papa, mais elles ont pu rencontrer des gens formidables. Nathalie et Myriam, les deux femmes qui ont partagé la vie de leur père depuis notre séparation, entre autres. Du coup, mes puces se sont retrouvées avec de nouveaux grands-parents qui les gâtent dès que l’occasion se présente.
Parce que même si mes loulous ne soupent pas à la même table chaque soir, j’ai la certitude qu’elles sont beaucoup plus heureuses entourées de parents qui s’entendent que lorsqu’ils s’entredéchiraient.
J’ai réussi ce que je voulais. Mes filles grandissent entourées de leurs deux parents. Point à la ligne.
Bon, il y avait bien Annie qui habitait toute seule avec sa mère et son grand frère. Mais son père était mort quand elle avait quatre ans. Ça ne comptait donc pas. Il y avait aussi l’autre Annie qui demeurait seule avec sa mère. Mais un vendredi sur deux, on voyait apparaître devant l’école la Mercedes de son père, qui venait la chercher pour le week-end.
On la trouvait cool la Annie. Elle avait deux chambres à coucher, la chanceuse. Mieux encore, elle fêtait deux fois Noël, elle déballait des cadeaux de fête à deux reprises et elle se bourrait la fraise dans le chocolat à Pâques deux fois plutôt qu’une. En prime, son papa faisait plein d’activités amusantes avec elle : ciné, resto, parc. Vraiment, elle avait une belle vie la copine. On l’enviait tous.
Je me souviens même d’avoir balancé l’idée à mes parents alors qu’ils se parlaient un peu plus fort qu’à l’habitude. « Pourquoi vous ne divorcez pas? » Du haut de mes huit ans, je ne réalisais pas tout ce qu’impliquait une séparation. Je n’y voyais que les bons côtés, moi.
Au fil des années, j’ai compris qu’un divorce, ce n’était pas aussi simple qu’une double part de bonbons d’Halloween. Qu’une séparation amenait beaucoup plus de Kleenex trempés, d’yeux bouffis et de cœurs brisés qu’autre chose. Annie n’était plus la seule dans le lot. Elle a été rejointe par Catherine, Karine, Charline, Valérie, Patricia, Pascale et Caroline.
Elles étaient tellement rendues nombreuses dans leur situation que j’en étais devenue l’exception. La seule qui ne changeait pas de lit aux deux fins de semaine et qui ne fêtait pas Noël plus d’une fois. Pis j’avoue que je ne détestais plus l’idée…
Parce qu’au dépouillement de l’arbre de Noël, j’aimais être blottie entre ma mère et mon père pour développer les cadeaux que le père Noël m’apportait. Parce que je n’avais pas envie de manger une fondue au chocolat à la Saint-Valentin en tête à tête avec un seul de mes parents. Puis surtout, je n’avais pas envie que l’on m’impose la venue d’un nouveau conjoint qui débarquerait avec ses enfants chez moi.
Quand l’idée m’est venue de fonder une famille, c’était très clair dans ma tête que j’allais offrir la même chose à mes futures héritières. Mes filles grandiraient entourées de leurs parents. Point à la ligne.
Aujourd’hui, on compte plus d’une famille sur cinq à Sherbrooke qui est monoparentale. J’en suis. Mes filles ont donc deux chambres, deux Noëls, deux Pâques, deux anniversaires.
Peut-être qu’elles n’ont pas le modèle d’une famille unie dont rêvent toutes les mamans du monde. Mais je crois et j’ose espérer qu’elles ont gagné beaucoup plus qu’elles ont perdu au compte.
Maxim et Félixe voyagent peut-être entre la maison de maman et celle de papa, mais elles ont pu rencontrer des gens formidables. Nathalie et Myriam, les deux femmes qui ont partagé la vie de leur père depuis notre séparation, entre autres. Du coup, mes puces se sont retrouvées avec de nouveaux grands-parents qui les gâtent dès que l’occasion se présente.
Parce que même si mes loulous ne soupent pas à la même table chaque soir, j’ai la certitude qu’elles sont beaucoup plus heureuses entourées de parents qui s’entendent que lorsqu’ils s’entredéchiraient.
J’ai réussi ce que je voulais. Mes filles grandissent entourées de leurs deux parents. Point à la ligne.
29 avril 2008
Échecs et Mat
Je déteste l’échec.
Et pourtant. Dieu sait que j’en cumule tout un lot. Je possède même une très belle collection d’échecs. Dès mon plus jeune âge, j’ai été confrontée sans cesse aux insuccès, aux déceptions, aux déboires.
Par exemple, j’ai raté mon test d’admission à l’école Sacré-Cœur quand j’étais en maternelle. Je n’ai pas été sélectionnée, alors que j’en avais très envie, pour participer à l’émission Au Jeu qui était de passage à l’école Carillon. Je n’ai pas réussi à me tailler une place dans la finale de patinage artistique des Jeux du Québec l’hiver de mes neuf ans. Je n’ai jamais réussi à convaincre Jean-Nicolas, le plus beau gars de la cour de récré, que je serais une super blonde pour lui malgré quatre ans de travail acharné.
Je n’ai pas été élue représentante des élèves de secondaire 1 au pensionnat. Je n’ai pas remporté de médaille à l’épreuve du saut en longueur aux Championnats provinciaux d’athlétisme de 1991. Malgré le super slow que j’ai dansé avec Karl au party du Trio, il ne m’a jamais rappelé (le salaud!). L’évaluateur de la SAAQ n’a pas jugé bon de me donner mon permis de conduire à la première tentative (tant pour le théorique que le pratique…). J’ai poché mes maths de secondaire 5.
Je n’ai jamais réussi à convaincre mes patrons du McDo que je méritais le titre d’employée du mois en dépit des 48 occasions où cela aurait été possible. Malgré toute la volonté qui m’habitait, j’ai été incapable d’installer le pneu de secours sur ma Fiero toute seule. Et j’ai tellement souvent perdu en flippant dans les bars que tous les saoulons du centre-ville voulait tenter le coup contre moi.
On m’a refusé l’admission en enseignement à l’université. Patrick n’a jamais voulu s’installer en appartement avec moi malgré mes promesses de soupers divins et de ménage étincelant. Le juge de la cour municipale ne s’est pas rangé à mes arguments qui m’auraient évité de payer cette amende salée.
Mes pleurs n’ont pas ému le moins du monde mon patron de la CS Brooks et j’ai fait la file au chômage. Je n’ai pas réussi à avoir ce logement de la rue Bacon qui me faisait tant rêver. En finissant mes études, j’espérais bien me trouver un super job payant. À la place, j’ai fait des photocopies à 8$ de l’heure.
Ma première récolte de tomates a été tellement mince que je n’ai même pas réussi à faire un seul sandwich (même en incluant les caps…). Je ne suis jamais venue à bout des millions de pissenlits qui poussaient sur mon terrain tout en suivant à la lettre les conseils des plus grands experts de ce monde. Je ne suis jamais parvenue à voir le fond de ma manne à linge sale.
Mon souhait d’accoucher dans l’intimité du Centre de maternité en moins de six heures et sans intervention médicale s’est terminé au 5e étage du CHUS avec une péridurale dans le dos, de l’oxygène dans le nez, un soluté dans le bras, un monitoring fœtale sur la bedaine, une sonde urinaire vous savez où, une épisiotomie, des forceps et un travail de 28 heures dans une chambre où l’on retrouvait 12 intervenants médicaux...
J’aurais voulu allaiter Filou jusqu’à ses 18 mois, mais elle en a décidé autrement lorsqu’elle a soufflé sa première chandelle. Mon rêve d’offrir une famille unie pour la vie à mes filles s’est retrouvé en Chambre de la famille du Palais de justice avec une requête en garde légale et pension alimentaire.
Là, je pense que j’ai donné suffisamment dans le domaine. Je crois avoir contribué pour de nombreuses décennies à venir. Je veux rayer ce mot de mon vocabulaire.
Parce que je n’ai pas du tout envie que Mat soit le prochain échec de ma liste. Non.
Et pourtant. Dieu sait que j’en cumule tout un lot. Je possède même une très belle collection d’échecs. Dès mon plus jeune âge, j’ai été confrontée sans cesse aux insuccès, aux déceptions, aux déboires.
Par exemple, j’ai raté mon test d’admission à l’école Sacré-Cœur quand j’étais en maternelle. Je n’ai pas été sélectionnée, alors que j’en avais très envie, pour participer à l’émission Au Jeu qui était de passage à l’école Carillon. Je n’ai pas réussi à me tailler une place dans la finale de patinage artistique des Jeux du Québec l’hiver de mes neuf ans. Je n’ai jamais réussi à convaincre Jean-Nicolas, le plus beau gars de la cour de récré, que je serais une super blonde pour lui malgré quatre ans de travail acharné.
Je n’ai pas été élue représentante des élèves de secondaire 1 au pensionnat. Je n’ai pas remporté de médaille à l’épreuve du saut en longueur aux Championnats provinciaux d’athlétisme de 1991. Malgré le super slow que j’ai dansé avec Karl au party du Trio, il ne m’a jamais rappelé (le salaud!). L’évaluateur de la SAAQ n’a pas jugé bon de me donner mon permis de conduire à la première tentative (tant pour le théorique que le pratique…). J’ai poché mes maths de secondaire 5.
Je n’ai jamais réussi à convaincre mes patrons du McDo que je méritais le titre d’employée du mois en dépit des 48 occasions où cela aurait été possible. Malgré toute la volonté qui m’habitait, j’ai été incapable d’installer le pneu de secours sur ma Fiero toute seule. Et j’ai tellement souvent perdu en flippant dans les bars que tous les saoulons du centre-ville voulait tenter le coup contre moi.
On m’a refusé l’admission en enseignement à l’université. Patrick n’a jamais voulu s’installer en appartement avec moi malgré mes promesses de soupers divins et de ménage étincelant. Le juge de la cour municipale ne s’est pas rangé à mes arguments qui m’auraient évité de payer cette amende salée.
Mes pleurs n’ont pas ému le moins du monde mon patron de la CS Brooks et j’ai fait la file au chômage. Je n’ai pas réussi à avoir ce logement de la rue Bacon qui me faisait tant rêver. En finissant mes études, j’espérais bien me trouver un super job payant. À la place, j’ai fait des photocopies à 8$ de l’heure.
Ma première récolte de tomates a été tellement mince que je n’ai même pas réussi à faire un seul sandwich (même en incluant les caps…). Je ne suis jamais venue à bout des millions de pissenlits qui poussaient sur mon terrain tout en suivant à la lettre les conseils des plus grands experts de ce monde. Je ne suis jamais parvenue à voir le fond de ma manne à linge sale.
Mon souhait d’accoucher dans l’intimité du Centre de maternité en moins de six heures et sans intervention médicale s’est terminé au 5e étage du CHUS avec une péridurale dans le dos, de l’oxygène dans le nez, un soluté dans le bras, un monitoring fœtale sur la bedaine, une sonde urinaire vous savez où, une épisiotomie, des forceps et un travail de 28 heures dans une chambre où l’on retrouvait 12 intervenants médicaux...
J’aurais voulu allaiter Filou jusqu’à ses 18 mois, mais elle en a décidé autrement lorsqu’elle a soufflé sa première chandelle. Mon rêve d’offrir une famille unie pour la vie à mes filles s’est retrouvé en Chambre de la famille du Palais de justice avec une requête en garde légale et pension alimentaire.
Là, je pense que j’ai donné suffisamment dans le domaine. Je crois avoir contribué pour de nombreuses décennies à venir. Je veux rayer ce mot de mon vocabulaire.
Parce que je n’ai pas du tout envie que Mat soit le prochain échec de ma liste. Non.
24 avril 2008
Made in Québec; possible?
Il y avait un soleil de plomb. Le mercure bouillait presque. Et bien sûr, les filles n’avaient pas un seul truc à se mettre sur le dos qui était approprié à la température estival qui sévissait samedi. Même si les pantalons de l’été dernier faisaient un super capri à Filou, je devais me rendre à l’évidence. Une tournée de shopping s’imposait si je ne voulais pas que mes héritières se promènent en bobettes tout l’été…
Chaque jour, on nous rabat les oreilles sur l’importance d’acheter québécois. Je ne dis pas ça pour chialer. Je suis la première à le dire «Voyez-vous, j’ai encore sur le cœur ma mise à pied de la CS Brooks parce que les patrons préféraient envoyer leurs contrats de literie au Mexique ou en Chine…»
M’enfin.
Toujours est-il qu’armée de ma conscience sociale, j’ai entrepris cette mission vestimentaire printanière avec la volonté certaine d’acheter le plus possible québécois.
Premier arrêt : Souris Mini. De beaux vêtements, d’une originalité certaine et d’une qualité éprouvée, designés à Cap-Rouge, mais fabriqués en… Chine. Déception.
Deuxième arrêt : Clément, où l’on retrouve les marques Blü et Deux par Deux, toutes les deux sont québécoises. J’adore la première pour ses couleurs flamboyantes, ses mélanges de tissus uniques et ses imprimés qui sortent de l’ordinaire. La deuxième m’attire pour son look européen et son style avant-gardiste. En prime, les deux compagnies ne cherchent pas à faire de mes puces des filles de joie.
Mais même si les deux entreprises ont leur siège social à Montréal, elles font tout de même coudre leurs fringues par de petites chinoises… Pareil constat pour Justine ma copine, Point Zéro, Roméo et Juliette, Louis Garneau, Perlimpinpin.
Impossible donc de fringuer mes poules avec de la guenille cousue au Québec. Désolant non? Cette triste réalité a été mise à l’ordre du jour du souper que j’ai partagé avec des amis samedi soir.
« Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi c’est impossible d’habiller ma progéniture en vêtements fabriqués ici au Québec alors que nos boutiques débordent pourtant de compagnies québécoises? »
Ma question tombait bien. Deux designers de vêtements étaient assis à la table avec nous. « L’argent, m’ont-ils tout simplement répondu. Ça coûte un bras produire au Québec et les gens ne sont peut-être pas prêts à payer pour ça. »
Ok, je comprends l’argument. Mais j’aimerais quand même savoir pourquoi Souris Mini et Deux par deux, entre autres, n’ont pas baissé leurs prix après avoir envoyé leur production en Chine. Malheureusement, personne n’avait de réponse à me fournir…
Toujours est-il que les copains Virginie et Sébastien étaient assez fiers de me dire que eux, ils font TOUT faire dans la Belle Province. Du design à la teinture de la fibre en passant par l’assemblage, pas une étape de production ne prend le bateau pour l’Asie. Et pas question qu’un jour on pense à embaucher une main-d’œuvre chinoise chez Ruelle. L’étiquette Made in Québec qui est apposée sur chaque tricot de la ligne Ruelle l’est avec une fierté certaine et une conviction à toute épreuve.
Et ça fonctionne! Ruelle est distribuée dans une quarantaine de points de dépôt partout au Canada. De Terre-Neuve au Yukon, ils sont des milliers de personnes à croire qu’acheter local peut faire toute une différence. Peut faire LA différence.
Reste à savoir quand des designers de vêtements d’enfants saisiront cette opportunité.
Chaque jour, on nous rabat les oreilles sur l’importance d’acheter québécois. Je ne dis pas ça pour chialer. Je suis la première à le dire «Voyez-vous, j’ai encore sur le cœur ma mise à pied de la CS Brooks parce que les patrons préféraient envoyer leurs contrats de literie au Mexique ou en Chine…»
M’enfin.
Toujours est-il qu’armée de ma conscience sociale, j’ai entrepris cette mission vestimentaire printanière avec la volonté certaine d’acheter le plus possible québécois.
Premier arrêt : Souris Mini. De beaux vêtements, d’une originalité certaine et d’une qualité éprouvée, designés à Cap-Rouge, mais fabriqués en… Chine. Déception.
Deuxième arrêt : Clément, où l’on retrouve les marques Blü et Deux par Deux, toutes les deux sont québécoises. J’adore la première pour ses couleurs flamboyantes, ses mélanges de tissus uniques et ses imprimés qui sortent de l’ordinaire. La deuxième m’attire pour son look européen et son style avant-gardiste. En prime, les deux compagnies ne cherchent pas à faire de mes puces des filles de joie.
Mais même si les deux entreprises ont leur siège social à Montréal, elles font tout de même coudre leurs fringues par de petites chinoises… Pareil constat pour Justine ma copine, Point Zéro, Roméo et Juliette, Louis Garneau, Perlimpinpin.
Impossible donc de fringuer mes poules avec de la guenille cousue au Québec. Désolant non? Cette triste réalité a été mise à l’ordre du jour du souper que j’ai partagé avec des amis samedi soir.
« Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi c’est impossible d’habiller ma progéniture en vêtements fabriqués ici au Québec alors que nos boutiques débordent pourtant de compagnies québécoises? »
Ma question tombait bien. Deux designers de vêtements étaient assis à la table avec nous. « L’argent, m’ont-ils tout simplement répondu. Ça coûte un bras produire au Québec et les gens ne sont peut-être pas prêts à payer pour ça. »
Ok, je comprends l’argument. Mais j’aimerais quand même savoir pourquoi Souris Mini et Deux par deux, entre autres, n’ont pas baissé leurs prix après avoir envoyé leur production en Chine. Malheureusement, personne n’avait de réponse à me fournir…
Toujours est-il que les copains Virginie et Sébastien étaient assez fiers de me dire que eux, ils font TOUT faire dans la Belle Province. Du design à la teinture de la fibre en passant par l’assemblage, pas une étape de production ne prend le bateau pour l’Asie. Et pas question qu’un jour on pense à embaucher une main-d’œuvre chinoise chez Ruelle. L’étiquette Made in Québec qui est apposée sur chaque tricot de la ligne Ruelle l’est avec une fierté certaine et une conviction à toute épreuve.
Et ça fonctionne! Ruelle est distribuée dans une quarantaine de points de dépôt partout au Canada. De Terre-Neuve au Yukon, ils sont des milliers de personnes à croire qu’acheter local peut faire toute une différence. Peut faire LA différence.
Reste à savoir quand des designers de vêtements d’enfants saisiront cette opportunité.
15 avril 2008
Être dans la gang
J’ai envie de jaser sport national aujourd’hui.
Pas le lever du coude. L’autre sport national.
Pourtant, je n’y connais rien. Vraiment rien. Sweet nothing.
Imaginez la scène. Quand ça adonne que je doive écouter un match pour une quelconque raison, ma première question est : « Ok, on prend pour qui? Les bleus ou les rouges? »
J’aime bien poser cette question. Entre autres, pour l’hilarité générale que ma sottis cause. Et surtout, parce que c’est certain qu’on me fichera la paix tout au cours de la soirée. Pas de question sur les raisons qui ont poussé Carbo à mettre un tel sur le 2e trio. Pas d’analyse à faire sur l’incapacité du CH de profiter de ses avantages numériques. Et surtout je n’ai pas à me démener à tenter de prononcer correctement les noms « Kostitsyn », « Kostopoulos » et « Smolinski ».
À la place, je bois de la bière et je potine plutôt sur la réaction de la copine de Guillaume Latendresse devant la nouvelle coupe de son chum. Parce que la madame n’aime pas du tout le coco rasé de l’ailier gauche de l’équipe montréalaise. Ou j’analyse le plus sérieusement du monde si un t-shirt rose nanane du bleu-blanc-rouge a sa place dans la collection d’articles promotionnels de notre équipe.
Mais heureusement que le collègue Jonathan m’a apprise deux-trois phrases chocs à lancer ici et là et qui serviront à me rendre non seulement plus intelligente aux yeux de la bande, mais surtout qui verront à jeter par terre mon auditoire devant mon grand savoir en matière de rondelle et de bâton.
J’attends donc le moment opportun. Ainsi, quand personne ne s’y attend, je lance, avec un air désinvolte : « Vous savez, le Canadien n’a pas le choix de gagner la Coupe Stanley cette année ou au plus tard l’an prochain parce que depuis les touts débuts de l’équipe, elle a toujours mis la main sur le précieux trophée au moins une fois par décennie. »
Il n’y a pas à dire que la plupart du temps, mes compagnons cessent de parler complètement ébahis devant ma grande culture sportive. Pendant quelques minutes, mes oreilles ont donc un break des commentaires des gérants d’estrade qui m’accompagnent sur telle attaque à cinq qui paraît au ralenti ou si le coach ne devrait pas plutôt utiliser les vétérans de l’équipe dans des moments cruciaux plutôt que les jeunes.
Malgré mon manque de connaissances véritables sur le monde du hockey, j’avoue ne pas détester l’ambiance des séries éliminatoires qui sévit au Québec actuellement. Il me semble que je verrai la fenêtre de mon auto avec un petit fanion de la Sainte-Flanelle. Je fais maintenant partie des Montreal Canadiens Fans sur Facebook. Pis j’ai envie d’aller souper à la Cage aux sports au prochain match.
Même que j’ai passé très près d’aller à Boston pour assister au match de mardi. Oui oui. J’étais prête à dépenser une fortune et faire huit heures de route aller-retour pour aller encourager Carey Price et Mathieu Dandenault.
Difficile à comprendre la fille?
Nenon. C’est simple pourtant. La fille aime l’atmosphère qui règne en ce moment. La fille aime ce sentiment de gang. La fille aime sentir que l’instant de la conquête de la Coupe Stanley, les Québécois espèrent tous la même chose. Et pas question pour la fille de bencher pendant ce temps.
Pas le lever du coude. L’autre sport national.
Pourtant, je n’y connais rien. Vraiment rien. Sweet nothing.
Imaginez la scène. Quand ça adonne que je doive écouter un match pour une quelconque raison, ma première question est : « Ok, on prend pour qui? Les bleus ou les rouges? »
J’aime bien poser cette question. Entre autres, pour l’hilarité générale que ma sottis cause. Et surtout, parce que c’est certain qu’on me fichera la paix tout au cours de la soirée. Pas de question sur les raisons qui ont poussé Carbo à mettre un tel sur le 2e trio. Pas d’analyse à faire sur l’incapacité du CH de profiter de ses avantages numériques. Et surtout je n’ai pas à me démener à tenter de prononcer correctement les noms « Kostitsyn », « Kostopoulos » et « Smolinski ».
À la place, je bois de la bière et je potine plutôt sur la réaction de la copine de Guillaume Latendresse devant la nouvelle coupe de son chum. Parce que la madame n’aime pas du tout le coco rasé de l’ailier gauche de l’équipe montréalaise. Ou j’analyse le plus sérieusement du monde si un t-shirt rose nanane du bleu-blanc-rouge a sa place dans la collection d’articles promotionnels de notre équipe.
Mais heureusement que le collègue Jonathan m’a apprise deux-trois phrases chocs à lancer ici et là et qui serviront à me rendre non seulement plus intelligente aux yeux de la bande, mais surtout qui verront à jeter par terre mon auditoire devant mon grand savoir en matière de rondelle et de bâton.
J’attends donc le moment opportun. Ainsi, quand personne ne s’y attend, je lance, avec un air désinvolte : « Vous savez, le Canadien n’a pas le choix de gagner la Coupe Stanley cette année ou au plus tard l’an prochain parce que depuis les touts débuts de l’équipe, elle a toujours mis la main sur le précieux trophée au moins une fois par décennie. »
Il n’y a pas à dire que la plupart du temps, mes compagnons cessent de parler complètement ébahis devant ma grande culture sportive. Pendant quelques minutes, mes oreilles ont donc un break des commentaires des gérants d’estrade qui m’accompagnent sur telle attaque à cinq qui paraît au ralenti ou si le coach ne devrait pas plutôt utiliser les vétérans de l’équipe dans des moments cruciaux plutôt que les jeunes.
Malgré mon manque de connaissances véritables sur le monde du hockey, j’avoue ne pas détester l’ambiance des séries éliminatoires qui sévit au Québec actuellement. Il me semble que je verrai la fenêtre de mon auto avec un petit fanion de la Sainte-Flanelle. Je fais maintenant partie des Montreal Canadiens Fans sur Facebook. Pis j’ai envie d’aller souper à la Cage aux sports au prochain match.
Même que j’ai passé très près d’aller à Boston pour assister au match de mardi. Oui oui. J’étais prête à dépenser une fortune et faire huit heures de route aller-retour pour aller encourager Carey Price et Mathieu Dandenault.
Difficile à comprendre la fille?
Nenon. C’est simple pourtant. La fille aime l’atmosphère qui règne en ce moment. La fille aime ce sentiment de gang. La fille aime sentir que l’instant de la conquête de la Coupe Stanley, les Québécois espèrent tous la même chose. Et pas question pour la fille de bencher pendant ce temps.
08 avril 2008
Épelez-moi bonheur
Ça m’a sauté au visage dimanche soir. Ç’a pété aussi fort qu’un tremblement de terre d’une magnitude de 8,3 sur l’échelle de Richter. Ç’a fait un gros bang dans mon salon!
C’est arrivé pendant que je jasais avec Kat sur MSN. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas parlé. On a donc fait la ronde des questions habituelles, toutes plus banales les unes que les autres. Mais au final, quand on prend l’ensemble des réponses, on se rend compte ce n’est pas si insignifiant.
Je vous copie notre conversation.
Katia dit :
Ça va toi?
Geneviève dit :
Oui! Je reviens d’un super week-end de ski au Massif dans Charlevoix avec ma copine Dany. Il a fait beau et les conditions étaient parfaites. On a fait de la bosse et du bois toute la journée. J’ai les jambes en compote et j’ai mal au dos, mais c’était génial!
Katia dit :
Pis, les filles vont-elles bien? Et l’école?
Geneviève dit :
Oui, les poulettes sont en pleine forme. Imagine, elles n’ont pas manqué une seule journée d’école cet hiver. Aucun virus ne s’est incrusté chez moi depuis belle lurette. Et à l’école, tout roule. J
Katia dit :
Tu t’amuses toujours autant au journal?
Geneviève dit :
Toujours. Pense que je vais finir ma vie là! Hihihi!
Katia dit :
Et tes amours…? ;-)
Geneviève dit :
Oh! Si tu savais… Je n’ai rien à déclarer de moche à ce sujet. Au contraire! :-P
***
C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’à ce moment même, à cet instant précis, j’étais heureuse. Que tout allait bien dans ma petite existence. Que je ne demanderais rien de plus à la vie. Que le bonheur avait élu domicile chez moi.
J’aurais eu envie de crier de joie. J’aurais voulu célébrer l’événement. J’aurais aimé le dire à tout le monde.
Mais je n’ai rien fait.
J’ai gardé cette pensée pour moi.
Juste au cas où je conjurerais le sort. Comme si affirmer haut et fort que je suis heureuse ferait débarquer chez moi subito presto un malheur. Une grave maladie. Une mort. Une rupture. Une très mauvaise nouvelle qui me chamboulerait pendant des mois. J’ai peur de savourer ces instants de bien-être par crainte du pire.
Paradoxal non?
Pensée judéo-chrétienne? Peut-être.
Me suis raisonnée. Plutôt que d’attendre la fin de mon bonheur, j’ai joint le Collectif pour la journée du bonheur. http://www.collectifpourlajourneedubonheur.com
C’est arrivé pendant que je jasais avec Kat sur MSN. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas parlé. On a donc fait la ronde des questions habituelles, toutes plus banales les unes que les autres. Mais au final, quand on prend l’ensemble des réponses, on se rend compte ce n’est pas si insignifiant.
Je vous copie notre conversation.
Katia dit :
Ça va toi?
Geneviève dit :
Oui! Je reviens d’un super week-end de ski au Massif dans Charlevoix avec ma copine Dany. Il a fait beau et les conditions étaient parfaites. On a fait de la bosse et du bois toute la journée. J’ai les jambes en compote et j’ai mal au dos, mais c’était génial!
Katia dit :
Pis, les filles vont-elles bien? Et l’école?
Geneviève dit :
Oui, les poulettes sont en pleine forme. Imagine, elles n’ont pas manqué une seule journée d’école cet hiver. Aucun virus ne s’est incrusté chez moi depuis belle lurette. Et à l’école, tout roule. J
Katia dit :
Tu t’amuses toujours autant au journal?
Geneviève dit :
Toujours. Pense que je vais finir ma vie là! Hihihi!
Katia dit :
Et tes amours…? ;-)
Geneviève dit :
Oh! Si tu savais… Je n’ai rien à déclarer de moche à ce sujet. Au contraire! :-P
***
C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’à ce moment même, à cet instant précis, j’étais heureuse. Que tout allait bien dans ma petite existence. Que je ne demanderais rien de plus à la vie. Que le bonheur avait élu domicile chez moi.
J’aurais eu envie de crier de joie. J’aurais voulu célébrer l’événement. J’aurais aimé le dire à tout le monde.
Mais je n’ai rien fait.
J’ai gardé cette pensée pour moi.
Juste au cas où je conjurerais le sort. Comme si affirmer haut et fort que je suis heureuse ferait débarquer chez moi subito presto un malheur. Une grave maladie. Une mort. Une rupture. Une très mauvaise nouvelle qui me chamboulerait pendant des mois. J’ai peur de savourer ces instants de bien-être par crainte du pire.
Paradoxal non?
Pensée judéo-chrétienne? Peut-être.
Me suis raisonnée. Plutôt que d’attendre la fin de mon bonheur, j’ai joint le Collectif pour la journée du bonheur. http://www.collectifpourlajourneedubonheur.com
01 avril 2008
Des questions sans réponses
Je me questionne sans cesse. À tout bout de champ, une interrogation se pointe dans ma tête. Je me demande. Je me cuisine. Je cherche à savoir. À comprendre. À deviner le futur. Je suis curieuse. J’aimerais savoir ici et maintenant ce que me réserve l’avenir. Comment seront les prochaines années pour moi, mes héritières, la tribu Proulx au grand complet.
N’importe quoi peut donner lieu à un questionnement. Des questions ouvertes. Pièges. Sans réponse. Des fois absurdes ou stupides. Des questions à 100$. Des épineuses. Des insolubles. D’autres qui pourraient être controversées. Des graves. Des plus légères. Tout m’amène à me questionner. Le point d’interrogation est devenu mon complice.
Pas étonnant que je gagne ma vie en posant des questions!
Tenez, par exemple, quand je regarde Maxim, je ne peux m’empêcher de me demander où elle sera dans dix ans. Combien de fois irai-je chez le directeur avec elle? Pour quel programme demandera-t-elle des prêts et bourses? Comment gagnera-t-elle sa vie? Combien d’enfants pousseront-ils dans son bedon? Sera-t-elle toujours aussi belle? Jouera-t-elle encore du violon une fois adulte? Du piano? Me dira-t-elle encore que je suis la meilleure maman du monde? Voudra-t-elle encore manger des crêpes le dimanche matin quand un homme partagera son lit?
Et Filou? Saura-t-elle se sortir de sa gêne? Combien de cœurs brisera-t-elle? Son vilain caractère s’adoucira-t-il avec les années? Arrêtera-t-elle un jour de me réveiller aux aurores pour réclamer son lait de soya au chocolat chaud? Deviendra-t-elle une médaillée d’or olympique de ski? Mangera-t-elle autre chose que des spaghettis? Lira-t-elle encore autant? Sera-t-elle encore la championne des câlins? Qui seront ses amis? Ses cheveux changeront-ils de couleur? Voudra-t-elle encore jouer à Dance Dance Revolution avec sa vieille mère? Me dira-t-elle encore que je ne suis pas vieille?
Et moi, que ferai-je dans le futur? Est-ce que ce sera toujours La Nouvelle qui m’emploiera? Dans quel genre d’auto me déplacerai-je? Est-ce que Proulxville sera le nouvel arrondissement de Sherbrooke? Ma famille sera-t-elle plus grande? Combien serons-nous à déjeuner le dimanche matin? Serai-je une grande championne de Scramble sur Facebook? Qu’écouterai-je dans mon Ipod? Est-ce que mon père m’invitera encore autant à souper? Mes sœurs seront-elles encore collées à mes baskets? Gucci dormira-t-il encore avec moi? Jacob sera-t-elle encore ma boutique de fringues préférée? Serais-je devenue végétarienne? Élise m’appellera-t-elle encore souvent? Dany voudra-t-elle encore skier avec moi?
Et nous, où serons-nous demain? La semaine prochaine? En mai? Dans un an? Seras-tu là encore? Comment m’appelleras-tu dans le creux de l’oreille? Sur quels sujets serons-nous en désaccord? Mes niaiseries te feront-elles encore rire autant? Auras-tu le même numéro de téléphone que moi? M’auras-tu remplacée pour une plus jeune? La vie à deux sera-t-elle moins difficile que je le croyais pour la vieille fille que je suis? Quels seront nos petits rituels? Quelle sera notre chanson?
Je n’ai à peu près pas de réponses pour les 49 questions que je viens de poser à la vie. Bah… J’ai envie d’avoir confiance. De croire que les lendemains de Geneviève et de sa tribu seront les plus beaux. Je suis remplie d’espoir que tout ira bien. J’ai la certitude que la vie sera bonne avec nous.
N’importe quoi peut donner lieu à un questionnement. Des questions ouvertes. Pièges. Sans réponse. Des fois absurdes ou stupides. Des questions à 100$. Des épineuses. Des insolubles. D’autres qui pourraient être controversées. Des graves. Des plus légères. Tout m’amène à me questionner. Le point d’interrogation est devenu mon complice.
Pas étonnant que je gagne ma vie en posant des questions!
Tenez, par exemple, quand je regarde Maxim, je ne peux m’empêcher de me demander où elle sera dans dix ans. Combien de fois irai-je chez le directeur avec elle? Pour quel programme demandera-t-elle des prêts et bourses? Comment gagnera-t-elle sa vie? Combien d’enfants pousseront-ils dans son bedon? Sera-t-elle toujours aussi belle? Jouera-t-elle encore du violon une fois adulte? Du piano? Me dira-t-elle encore que je suis la meilleure maman du monde? Voudra-t-elle encore manger des crêpes le dimanche matin quand un homme partagera son lit?
Et Filou? Saura-t-elle se sortir de sa gêne? Combien de cœurs brisera-t-elle? Son vilain caractère s’adoucira-t-il avec les années? Arrêtera-t-elle un jour de me réveiller aux aurores pour réclamer son lait de soya au chocolat chaud? Deviendra-t-elle une médaillée d’or olympique de ski? Mangera-t-elle autre chose que des spaghettis? Lira-t-elle encore autant? Sera-t-elle encore la championne des câlins? Qui seront ses amis? Ses cheveux changeront-ils de couleur? Voudra-t-elle encore jouer à Dance Dance Revolution avec sa vieille mère? Me dira-t-elle encore que je ne suis pas vieille?
Et moi, que ferai-je dans le futur? Est-ce que ce sera toujours La Nouvelle qui m’emploiera? Dans quel genre d’auto me déplacerai-je? Est-ce que Proulxville sera le nouvel arrondissement de Sherbrooke? Ma famille sera-t-elle plus grande? Combien serons-nous à déjeuner le dimanche matin? Serai-je une grande championne de Scramble sur Facebook? Qu’écouterai-je dans mon Ipod? Est-ce que mon père m’invitera encore autant à souper? Mes sœurs seront-elles encore collées à mes baskets? Gucci dormira-t-il encore avec moi? Jacob sera-t-elle encore ma boutique de fringues préférée? Serais-je devenue végétarienne? Élise m’appellera-t-elle encore souvent? Dany voudra-t-elle encore skier avec moi?
Et nous, où serons-nous demain? La semaine prochaine? En mai? Dans un an? Seras-tu là encore? Comment m’appelleras-tu dans le creux de l’oreille? Sur quels sujets serons-nous en désaccord? Mes niaiseries te feront-elles encore rire autant? Auras-tu le même numéro de téléphone que moi? M’auras-tu remplacée pour une plus jeune? La vie à deux sera-t-elle moins difficile que je le croyais pour la vieille fille que je suis? Quels seront nos petits rituels? Quelle sera notre chanson?
Je n’ai à peu près pas de réponses pour les 49 questions que je viens de poser à la vie. Bah… J’ai envie d’avoir confiance. De croire que les lendemains de Geneviève et de sa tribu seront les plus beaux. Je suis remplie d’espoir que tout ira bien. J’ai la certitude que la vie sera bonne avec nous.
25 mars 2008
Fatiguée, je suis fatiguée
Je dors debout.
J’ai le teint d’une pinte de lait.
J’ai des cernes qui descendent en bas de mon menton.
Je baille à écorner les bœufs. À m’en décrocher la mâchoire.
Mes yeux ferment tout seul.
Je suis sur les genoux. Je suis incapable de me concentrer. De bosser pour la peine.
Pis j’ai un caractère de chien.
Je suis fatiguée. Claquée. Crevée. Extenuée. Complètement vidée.
Je ne rêve que de mon lit. De mon oreiller. De ma couette. De mon pyjama.
Pas un son. Pas un téléphone qui sonne. Pas une télé qui joue en sourdine. Pas de lave-vaisselle qui travaille. Pas de Filou qui joue aux Pet Shop. Pas de Maxim qui pratique son piano. Pas de témoins de Jéhovah qui veulent me convertir. Pas de sondage téléphonique. Aucuns stimuli externes. Juste du silence svp.
Je veux une nuit de 20 heures sans réveil. Un marathon de rêves. Une succession non-stop de cycles de sommeil paradoxal, intermédiaire et lent. Je veux subir une baisse de mon tonus musculaire. Je veux baver sur mes draps.
Je veux m’effondrer comme une roche dans mon lit. Je veux me prendre pour le duo Lennon-McCartney et chanter à tue-tête : I should be sleeping like a log. Je veux être mis K.O. par Rocky.
Je veux la visite du marchand de sable. Je veux dormir du sommeil du juste. Je ne veux plus compter de moutons.
Je souhaite faire une cure intensive de sommeil. Et même tomber en état d’hibernation. Je veux souffrir de narcolepsie ou d’hypersomnie.
Je veux être la Belle au bois dormant. Je tuerai pour que Morphée m’invite chez elle. Je veux me réincarner en Schtroumpf Paresseux. Je veux personnifier le Dormeur des sept nains.
Je veux dormir à poings fermés. Comme un loir. Une marmotte. Un bienheureux.
Je veux répondre oui quand on me demande si j’ai bien dormi. Je ne veux pas me faire réveiller par le cadran. Je ne veux plus snoozer le matin.
Je veux me coucher en même temps que le soleil. Et l’ignorer quand il se lèvera le lendemain.
Je veux aller au dodo. Au plumard. Je veux me pieuter. Me coucher à l’heure des poules.
Ce soir, je vais aller au lit tôt. Très tôt. C’est décidé. Rien ne pourra contrecarrer mes plans. Pas de télé. Pas de souper qui s’éternise. Pas de livre à dévorer. Pas de bain pour relaxer. Pas de game de Scramble sur Facebook. Pas de jasette au téléphone avec ma copine Dany. Je vide l’agenda de ses obligations. Et je me tape un tête à tête avec ma couette.
Demain, cette lassitude qui m’habite, cet épuisement qui me colle au cul sera de l’histoire ancienne. Demain, sera un autre jour. Demain, je serai remplie d’énergie, prête à relever mille et un défis. Demain, mes jours seront meilleurs.
Tout était prêt. C’était un plan si simple. Entrer dans ma chambre. Me déshabiller. Enfiler mon pyj. Me réfugier sous les doudous. Fermer mes paupières. Mettre la switch à off. Plonger dans un coma profond. Et si j’ai du temps, rêver.
Ça c’était le plan.
La réalité? Toute autre. Rien à voir. Mes idéaux ont pris le chemin de la poubelle. Bebye. Mes espoirs? Anéantis. Mon moral? Complètement à plat.
Filou s’est tapé une petite crise de somnambulisme. Un mauvais numéro à 1h du matin. La déneigeuse, deux heures plus tard. Le camelot qui mène un train d’enfer à 6h. Les pelles mécaniques à 7h le matin. Le dynamitage par la suite.
Vous ai-je dit que je suis fatiguée?
J’ai le teint d’une pinte de lait.
J’ai des cernes qui descendent en bas de mon menton.
Je baille à écorner les bœufs. À m’en décrocher la mâchoire.
Mes yeux ferment tout seul.
Je suis sur les genoux. Je suis incapable de me concentrer. De bosser pour la peine.
Pis j’ai un caractère de chien.
Je suis fatiguée. Claquée. Crevée. Extenuée. Complètement vidée.
Je ne rêve que de mon lit. De mon oreiller. De ma couette. De mon pyjama.
Pas un son. Pas un téléphone qui sonne. Pas une télé qui joue en sourdine. Pas de lave-vaisselle qui travaille. Pas de Filou qui joue aux Pet Shop. Pas de Maxim qui pratique son piano. Pas de témoins de Jéhovah qui veulent me convertir. Pas de sondage téléphonique. Aucuns stimuli externes. Juste du silence svp.
Je veux une nuit de 20 heures sans réveil. Un marathon de rêves. Une succession non-stop de cycles de sommeil paradoxal, intermédiaire et lent. Je veux subir une baisse de mon tonus musculaire. Je veux baver sur mes draps.
Je veux m’effondrer comme une roche dans mon lit. Je veux me prendre pour le duo Lennon-McCartney et chanter à tue-tête : I should be sleeping like a log. Je veux être mis K.O. par Rocky.
Je veux la visite du marchand de sable. Je veux dormir du sommeil du juste. Je ne veux plus compter de moutons.
Je souhaite faire une cure intensive de sommeil. Et même tomber en état d’hibernation. Je veux souffrir de narcolepsie ou d’hypersomnie.
Je veux être la Belle au bois dormant. Je tuerai pour que Morphée m’invite chez elle. Je veux me réincarner en Schtroumpf Paresseux. Je veux personnifier le Dormeur des sept nains.
Je veux dormir à poings fermés. Comme un loir. Une marmotte. Un bienheureux.
Je veux répondre oui quand on me demande si j’ai bien dormi. Je ne veux pas me faire réveiller par le cadran. Je ne veux plus snoozer le matin.
Je veux me coucher en même temps que le soleil. Et l’ignorer quand il se lèvera le lendemain.
Je veux aller au dodo. Au plumard. Je veux me pieuter. Me coucher à l’heure des poules.
Ce soir, je vais aller au lit tôt. Très tôt. C’est décidé. Rien ne pourra contrecarrer mes plans. Pas de télé. Pas de souper qui s’éternise. Pas de livre à dévorer. Pas de bain pour relaxer. Pas de game de Scramble sur Facebook. Pas de jasette au téléphone avec ma copine Dany. Je vide l’agenda de ses obligations. Et je me tape un tête à tête avec ma couette.
Demain, cette lassitude qui m’habite, cet épuisement qui me colle au cul sera de l’histoire ancienne. Demain, sera un autre jour. Demain, je serai remplie d’énergie, prête à relever mille et un défis. Demain, mes jours seront meilleurs.
Tout était prêt. C’était un plan si simple. Entrer dans ma chambre. Me déshabiller. Enfiler mon pyj. Me réfugier sous les doudous. Fermer mes paupières. Mettre la switch à off. Plonger dans un coma profond. Et si j’ai du temps, rêver.
Ça c’était le plan.
La réalité? Toute autre. Rien à voir. Mes idéaux ont pris le chemin de la poubelle. Bebye. Mes espoirs? Anéantis. Mon moral? Complètement à plat.
Filou s’est tapé une petite crise de somnambulisme. Un mauvais numéro à 1h du matin. La déneigeuse, deux heures plus tard. Le camelot qui mène un train d’enfer à 6h. Les pelles mécaniques à 7h le matin. Le dynamitage par la suite.
Vous ai-je dit que je suis fatiguée?
18 mars 2008
Quand avez-vous su que...?
Ça été un drôle d’après-midi.
Un après-midi qui comportait un rendez-vous ennuyeux dans mon agenda. Une date que je remettais de semaine en semaine, de mois en mois pour ne pas dire d’année en année.
Vous savez, le jour où on doit faire une phrase complète avec les mots étriers, médecin et spéculum? D’ailleurs, je vous interdis de vous faire une image mentale de la situation…
M’enfin. Entre le Pap test et la cytologie, mon médecin me fait la conversation tentant de diminuer le malaise et de faire passer le temps. Louanges à toi cher doc; la tactique fonctionne à merveille.
« Et puis, les enfants ça va? Elles sont rendues à quel âge. Ça va l’école? » qu’il me demande, rempli d’intérêt, il en va de soi.
Tout en regardant attentivement le plafond, je lui jase des poulettes. Des succès de l’une, des projets de l’autre. Une conversation bien banale. Rien pour écrire à sa mère, ni même pour en faire une chronique.
Soyez patient. Le punch arrive.
Tout à coup, il arrête de bosser. Il ne parle plus. Il recule un peu de la table d’examen. Je sens que quelque chose cloche. Je me lève la tête question de m’assurer qu’il ne vient pas de découvrir un cancer de stade 4 quelque part.
Nos yeux se croisent. Je commence à avoir chaud. J’ai des palpitations cardiaques. Des milliers d’images se bousculent dans ma tête. S’il fallait. Je me prépare au pire. Je ferme les yeux question de mieux encaisser le coup fatal.
« Toi, Geneviève, en veux-tu encore des enfants? »
Ma tête retombe sur la table d’examen aussi fort qu’une roche tombée du haut de l’Empire State Building. Je n’allais peut-être pas déménager au cimetière la semaine prochaine, mais la question m’a tout autant bouleversée.
« Euh… »
C’est tout ce que j’ai été capable de répondre. Difficile de discuter de telles questions existentielles alors que j’étais exposée de la sorte.
L’affaire, c’est que je n’avais aucune idée quoi répondre. Aucune. Quand est-ce avez-vous su que c’était terminé? Comment avez-vous senti qu’il était temps de fermer le canal famille? Cette décision, vous l’avez prise avec votre tête, votre cœur ou votre corps? Toutes ces réponses?
Même si ma carte d’assurance-maladie indique que j’aurai 32 ans bientôt, j’ai encore le temps de faire une dizaine de bébés avant que mon utérus ne prenne sa retraite. Pis il faudrait surtout que je trouve quelqu’un qui accepte de cocher « père » sur la déclaration de naissance. Je peux donc encore analyser la chose en long et en large, je sais.
Mais n’empêche, la question vaut la peine d’être débattue avec moi-même. Je ne déteste pas ma vie familiale du moment. Les filles sont autonomes. Elles me laissent dormir la nuit. Je n’ai plus besoin de jouer les clowns de service pour les divertir. Et si je suis patiente encore un peu, elles feront elles-mêmes leur lavage. Le bonheur quoi!
Alors, penser à l’allaitement, aux purées, aux couches, aux otites, aux nuits d’insomnie, aux cernes en bas du menton, aux vilaines vergetures, ça me fout un peu la trouille.
Malgré tout, je suis incapable de dire un non catégorique à un futur projet d’agrandissement familial.
Un dossier à suivre.
Un après-midi qui comportait un rendez-vous ennuyeux dans mon agenda. Une date que je remettais de semaine en semaine, de mois en mois pour ne pas dire d’année en année.
Vous savez, le jour où on doit faire une phrase complète avec les mots étriers, médecin et spéculum? D’ailleurs, je vous interdis de vous faire une image mentale de la situation…
M’enfin. Entre le Pap test et la cytologie, mon médecin me fait la conversation tentant de diminuer le malaise et de faire passer le temps. Louanges à toi cher doc; la tactique fonctionne à merveille.
« Et puis, les enfants ça va? Elles sont rendues à quel âge. Ça va l’école? » qu’il me demande, rempli d’intérêt, il en va de soi.
Tout en regardant attentivement le plafond, je lui jase des poulettes. Des succès de l’une, des projets de l’autre. Une conversation bien banale. Rien pour écrire à sa mère, ni même pour en faire une chronique.
Soyez patient. Le punch arrive.
Tout à coup, il arrête de bosser. Il ne parle plus. Il recule un peu de la table d’examen. Je sens que quelque chose cloche. Je me lève la tête question de m’assurer qu’il ne vient pas de découvrir un cancer de stade 4 quelque part.
Nos yeux se croisent. Je commence à avoir chaud. J’ai des palpitations cardiaques. Des milliers d’images se bousculent dans ma tête. S’il fallait. Je me prépare au pire. Je ferme les yeux question de mieux encaisser le coup fatal.
« Toi, Geneviève, en veux-tu encore des enfants? »
Ma tête retombe sur la table d’examen aussi fort qu’une roche tombée du haut de l’Empire State Building. Je n’allais peut-être pas déménager au cimetière la semaine prochaine, mais la question m’a tout autant bouleversée.
« Euh… »
C’est tout ce que j’ai été capable de répondre. Difficile de discuter de telles questions existentielles alors que j’étais exposée de la sorte.
L’affaire, c’est que je n’avais aucune idée quoi répondre. Aucune. Quand est-ce avez-vous su que c’était terminé? Comment avez-vous senti qu’il était temps de fermer le canal famille? Cette décision, vous l’avez prise avec votre tête, votre cœur ou votre corps? Toutes ces réponses?
Même si ma carte d’assurance-maladie indique que j’aurai 32 ans bientôt, j’ai encore le temps de faire une dizaine de bébés avant que mon utérus ne prenne sa retraite. Pis il faudrait surtout que je trouve quelqu’un qui accepte de cocher « père » sur la déclaration de naissance. Je peux donc encore analyser la chose en long et en large, je sais.
Mais n’empêche, la question vaut la peine d’être débattue avec moi-même. Je ne déteste pas ma vie familiale du moment. Les filles sont autonomes. Elles me laissent dormir la nuit. Je n’ai plus besoin de jouer les clowns de service pour les divertir. Et si je suis patiente encore un peu, elles feront elles-mêmes leur lavage. Le bonheur quoi!
Alors, penser à l’allaitement, aux purées, aux couches, aux otites, aux nuits d’insomnie, aux cernes en bas du menton, aux vilaines vergetures, ça me fout un peu la trouille.
Malgré tout, je suis incapable de dire un non catégorique à un futur projet d’agrandissement familial.
Un dossier à suivre.
13 mars 2008
Qui êtes-vous?
Dites-moi, qui êtes-vous?
Quel est votre nom? Qui signe votre chèque de paye? Avez-vous des enfants? Que mangez-vous pour souper? Combien de chandelles soufflerez-vous sur votre prochain gâteau d’anniversaire? Qu’est-ce que vous écouterez à la télé ce soir?
Que faites-vous de vos dix doigts pour vous désennuyer? Où irez-vous en vacances l’été prochain? Êtes-vous en amour? À qui rêvez-vous la nuit? Croyez-vous au père Noël? Pensez-vous assister au prochain spectacle de Wilfred à Sherbrooke?
C’est fou comment je ne sais rien sur vous. Sweet nothing!
Et je crois qu’il s’agit d’une très grande injustice.
Parce qu’après tout, vous, vous savez plein de choses de moi. Que j’aime le ski par exemple. Ou encore que j’ai deux merveilleuses poulettes, que je coche monoparentale sur mon rapport d’impôt, que je n’aime pas les mécaniciens, que je culpabilise pour un rien, que mon grand-père est décédé d’Alzheimer, que j’habite dans un quadruplex avec tous les membres de ma famille.
Vous savez aussi que faire l’épicerie avec deux pitounes, ce n’est pas si simple. Que je suis nulle pour tenir ma maison en ordre tout en préparant les soupers, aidant aux devoirs, donnant les bains, faisant le lavage.
Mais moi, je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Et ça m’embête un peu. Beaucoup même.
Parce que chaque semaine, j’entre chez-vous sans cogner. Sans invitation, je m’introduis dans votre salon. Des fois, je m’installe sur votre table à dîner. Il paraît même que j’accompagne certaines personnes dans le bain. Alors que d’autres préfèrent m’avoir tout près dans leur lit…
C’est aussi arrivé que j’aie été utilisée dans une litière à chat (sympathique!) ou pour emballer de la vaisselle dans un déménagement. Et je ne compte plus le nombre de feux de camp qui ont été allumés avec moi. Et plus souvent qu’autrement, je termine mon séjour dans votre demeure au fond de votre bac vert.
Loin de me plaindre de partager avec vous un moment de détente dans les bulles de bain ou sous vos couvertures (craignez rien, je ne regarde pas!), mais je me sens un peu mal. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis mal élevée tout de même! Soyez rassuré, ma mère m’a appris les bonnes manières. Alors, vous comprendrez que j’ai un genre de malaise là.
Je veux donc vous connaître. Je veux établir une relation avec vous. Que nous ayons une histoire nous deux.
Allez, allez, ne paniquez pas! Je ne vous demande pas en mariage tout de même! Je ne déménagerai pas dans votre quatre et demi demain matin. Je ne cherche pas à avoir des invitations à souper Je tâcherai de ne pas vous donner mon opinion sur la couleur de votre nouveau mobilier de salon. Soyez sans crainte, je ne recherche rien de torride. Juste du platonique.
Seulement une relation d’égal à égal. De chroniqueuse à lecteur. D’une fille qui a écrit 134 chroniques jusqu’à ce jour sans savoir à qui elle les écrit. Il me semble que ce serait plus équitable si j’en savais un peu plus sur vous.
Ne soyez pas si gêné. Foncez vers votre clavier et écrivez-moi vos histoires. genevieve.proulx@lanouvelle.ca
Quel est votre nom? Qui signe votre chèque de paye? Avez-vous des enfants? Que mangez-vous pour souper? Combien de chandelles soufflerez-vous sur votre prochain gâteau d’anniversaire? Qu’est-ce que vous écouterez à la télé ce soir?
Que faites-vous de vos dix doigts pour vous désennuyer? Où irez-vous en vacances l’été prochain? Êtes-vous en amour? À qui rêvez-vous la nuit? Croyez-vous au père Noël? Pensez-vous assister au prochain spectacle de Wilfred à Sherbrooke?
C’est fou comment je ne sais rien sur vous. Sweet nothing!
Et je crois qu’il s’agit d’une très grande injustice.
Parce qu’après tout, vous, vous savez plein de choses de moi. Que j’aime le ski par exemple. Ou encore que j’ai deux merveilleuses poulettes, que je coche monoparentale sur mon rapport d’impôt, que je n’aime pas les mécaniciens, que je culpabilise pour un rien, que mon grand-père est décédé d’Alzheimer, que j’habite dans un quadruplex avec tous les membres de ma famille.
Vous savez aussi que faire l’épicerie avec deux pitounes, ce n’est pas si simple. Que je suis nulle pour tenir ma maison en ordre tout en préparant les soupers, aidant aux devoirs, donnant les bains, faisant le lavage.
Mais moi, je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Et ça m’embête un peu. Beaucoup même.
Parce que chaque semaine, j’entre chez-vous sans cogner. Sans invitation, je m’introduis dans votre salon. Des fois, je m’installe sur votre table à dîner. Il paraît même que j’accompagne certaines personnes dans le bain. Alors que d’autres préfèrent m’avoir tout près dans leur lit…
C’est aussi arrivé que j’aie été utilisée dans une litière à chat (sympathique!) ou pour emballer de la vaisselle dans un déménagement. Et je ne compte plus le nombre de feux de camp qui ont été allumés avec moi. Et plus souvent qu’autrement, je termine mon séjour dans votre demeure au fond de votre bac vert.
Loin de me plaindre de partager avec vous un moment de détente dans les bulles de bain ou sous vos couvertures (craignez rien, je ne regarde pas!), mais je me sens un peu mal. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis mal élevée tout de même! Soyez rassuré, ma mère m’a appris les bonnes manières. Alors, vous comprendrez que j’ai un genre de malaise là.
Je veux donc vous connaître. Je veux établir une relation avec vous. Que nous ayons une histoire nous deux.
Allez, allez, ne paniquez pas! Je ne vous demande pas en mariage tout de même! Je ne déménagerai pas dans votre quatre et demi demain matin. Je ne cherche pas à avoir des invitations à souper Je tâcherai de ne pas vous donner mon opinion sur la couleur de votre nouveau mobilier de salon. Soyez sans crainte, je ne recherche rien de torride. Juste du platonique.
Seulement une relation d’égal à égal. De chroniqueuse à lecteur. D’une fille qui a écrit 134 chroniques jusqu’à ce jour sans savoir à qui elle les écrit. Il me semble que ce serait plus équitable si j’en savais un peu plus sur vous.
Ne soyez pas si gêné. Foncez vers votre clavier et écrivez-moi vos histoires. genevieve.proulx@lanouvelle.ca
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