C’est étrange. Il y a des choses vraiment bizarres qui se passent chez moi. Je commence à me demander si je suis la seule à vivre ce genre de truc. Dites-moi que c’est pareil chez vous s’il vous plaît, question que je me sente moins seule dans mon monde.
Tenez, par exemple, mon panier à linge sale. Malgré tous mes efforts, même en foutant une dizaine de brassées dans la laveuse chaque jour, je n’en vois jamais le fond. C’est déprimant non? De la magie, je vous dis. Chaque fois que j’ai le malheur de dire « Cool, après cette brassée, j’ai fini! », il y a des vêtements sales qui apparaissent dedans. En y pensant bien, je pourrais tenter de vendre le concept à Alain Choquette. Fortune assurée. Les spectateurs seraient complètement mystifiés devant ce tour de magie des plus originaux.
Un autre truc vraiment incompréhensible se situe du côté de mon lave-vaisselle. Pourquoi il n’est jamais vide quand je dois le remplir? Qu’est-ce qui explique que c’est toujours le foutoir dans l’armoire où sont rangés les plats de plastique? Pourquoi il ne reste jamais de ketchup dans la bouteille quand j’en ai besoin?
Aussi, je commence à avoir peur des sacs à lunch de mes filles. Je crois qu’ils se nourrissent secrètement des cuillères que j’y mets chaque jour pour le yogourt ou la compote de pommes. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai acheté des petites cuillères à dessert pour remplacer celles disparues mystérieusement. Mais là, je crois avoir trouvé les coupables. Reste à me peaufiner un plan d’attaque pour que cesse la disparition de ces ustensiles. Vous avez une idée géniale?
J’aimerais bien comprendre un jour le phénomène qui veut que les jours de la semaine, je sois incapable de tirer mes héritières du lit et que les jours de congé, elles se lèvent avant même que le soleil ait eu la même idée. Je pense à leur jouer un tour un de ces quatre. Le vendredi soir, au moment du coucher, je vais leur dire que demain, nous sommes lundi. Bernées, elles le seront assurément et bonjour la grasse matinée pour moi!
Étrange aussi de constater que les poulettes n’ont jamais de devoirs au retour de l’école. Par contre, dans la nuit, une force mystérieuse se glisse tout doucement dans leur sac à dos pour inscrire à leur agenda des exercices à compléter ou une dictée à corriger. Quoi qu’il en soit, c’est toujours dix minutes avant que le bus ne se pointe au coin de la rue qu’elles allument qu’elles avaient finalement des trucs à faire pour la journée même.
Je pourrais aussi vous parler du rouleau de papier de toilette qui est toujours vide, de la pinte de lait dans laquelle il ne reste, plus souvent qu’autrement, qu’une seule gorgée, des dizaines de bas orphelins qui traînent sur ma sécheuse (que je conserve dans l’espoir de retrouver leurs douces moitiés), et quoi d’autre?
J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche avec le modèle d’enfant qu’on m’a donné. Chaque fois que le téléphone sonne, c’est immanquable, elles se garochent sur moi ou elles se mettent à crier à tue-tête. Sans compter qu’elles n’ont jamais faim pour le souper, mais qu’il reste toujours beaucoup de place dans leur bedon pour du dessert.
Je ne surprendrai personne en disant que même si leurs yeux sont remplis de dodos, qu’elles baillent aux corneilles, que leurs paupières sont devenues beaucoup trop lourdes, ni Félixe, ni Maxim ne sont fatiguées et refusent d’aller au lit.
Pis quand elles se chicanent, c’est toujours de la faute de l’autre. Ce ne sont jamais elles qui ont laissé traîner leur pyjama dans le salon, qui ont renversé un verre de jus dans la chambre, qui n’ont pas fait couler l’eau du bain et qui n’ont pas flushé la toilette.
Étrange non?
28 mai 2008
20 mai 2008
Elle est cheap votre fée des dents?
On a eu de la visite à Proulxville la semaine dernière. De la belle et grande visite.
En fait, on sait qu’elle est passée, mais personne ne l’a vraiment vue. On le sait parce qu’elle a laissé sa trace.
C’est du moins ce que prétendait Filou, à 6 h 40 du mat, l’autre jour, alors qu’elle s’est pointée dans le cadre de la porte de ma chambre, montrant fièrement le dollar que la fée des dents lui avait laissé sous son oreiller en échange d’une petite incisive que ma loulou y avait glissée.
On a donc jasé fée des dents au boulot. Semble que celle qui dessert mon territoire est un tantinet radine. Dans certains secteurs de la ville, elle pourrait laisser jusqu’à 5 $ la quenotte. À ce prix-là, une fois que tout le dentier de Filou aura passé sous l’oreiller, la fée sera ruinée! Une chance que les paiements (sans intérêt!) seront étalés sur quelques années…
J’avoue que je vois ici un beau sideline. Parce qu’à ce prix-là, dans le coin où j’habite et où les enfants sont nombreux, je ferais fortune dans le temps de dire. Avis à tous ceux qui cherchent à s’endetter en étudiant longuement en dentisterie, l’avenir est dans le ramassage de dents sous l’oreiller. Où puis-je postuler svp?
N’empêche que c’était un grand moment dans la (petite) vie de ma cocotte. Ça faisait quelques semaines que sa tite dent branlait et cherchait à s’enfuir de sa gencive. Elle est finalement tombée un soir où, pour mal faire, je n’étais pas là.
Le drame. Les pleurs. La panique totale il paraît. Selon les dires de la gardienne, Filou aurait trouvé très difficile de perdre sa dent. La promesse de retrouver une surprise le lendemain matin, gracieuseté de la fée, ne réussissait pas à sécher ses larmes.
Pourtant, elle a l’habitude la cocotte. À deux ans et demi, à la suite d’un accident, elle s’était retrouvée avec deux palettes en moins. Je pensais qu’elle était armée pour faire face à cette situation. Et dans mes souvenirs, j’avais l’inéluctable impression que c’était cool de perdre une dent et d’attendre avec hâte la visite de la fée en se demandant ce qu’elle laisserait cette fois-ci.
Même si par chez nous, les dollars faisaient place aux 25 sous et à une Caramilk, j’adorais perdre des dents et j’ai voulu croire très longtemps à cette histoire. D’ailleurs, selon un sondage mené par l’Association dentaire canadienne, 25 % des adultes canadiens croient à la fée des dents!
Pis là, j’ai l’impression de ne plus reconnaître ma peanut avec son sourire tout édenté. Et elle rush la cocotte pour manger sa pomme et ses carottes. D’ailleurs, ce n’est pas toujours chic de la voir aller au souper! Heureusement que c’est temporaire. Déjà, on voit la nouvelle venue se frayer une place entre ses petites dents de lait. Mais ce qu’elle a l’air immense cette dent aux côtés des autres! Quelle époque disgracieuse que l’arrivée des dents d’adulte dans un sourire d’enfant, non?
Bah, c’est pas grave. Dent pas dent, elle est belle pareil ma cocotte.
En fait, on sait qu’elle est passée, mais personne ne l’a vraiment vue. On le sait parce qu’elle a laissé sa trace.
C’est du moins ce que prétendait Filou, à 6 h 40 du mat, l’autre jour, alors qu’elle s’est pointée dans le cadre de la porte de ma chambre, montrant fièrement le dollar que la fée des dents lui avait laissé sous son oreiller en échange d’une petite incisive que ma loulou y avait glissée.
On a donc jasé fée des dents au boulot. Semble que celle qui dessert mon territoire est un tantinet radine. Dans certains secteurs de la ville, elle pourrait laisser jusqu’à 5 $ la quenotte. À ce prix-là, une fois que tout le dentier de Filou aura passé sous l’oreiller, la fée sera ruinée! Une chance que les paiements (sans intérêt!) seront étalés sur quelques années…
J’avoue que je vois ici un beau sideline. Parce qu’à ce prix-là, dans le coin où j’habite et où les enfants sont nombreux, je ferais fortune dans le temps de dire. Avis à tous ceux qui cherchent à s’endetter en étudiant longuement en dentisterie, l’avenir est dans le ramassage de dents sous l’oreiller. Où puis-je postuler svp?
N’empêche que c’était un grand moment dans la (petite) vie de ma cocotte. Ça faisait quelques semaines que sa tite dent branlait et cherchait à s’enfuir de sa gencive. Elle est finalement tombée un soir où, pour mal faire, je n’étais pas là.
Le drame. Les pleurs. La panique totale il paraît. Selon les dires de la gardienne, Filou aurait trouvé très difficile de perdre sa dent. La promesse de retrouver une surprise le lendemain matin, gracieuseté de la fée, ne réussissait pas à sécher ses larmes.
Pourtant, elle a l’habitude la cocotte. À deux ans et demi, à la suite d’un accident, elle s’était retrouvée avec deux palettes en moins. Je pensais qu’elle était armée pour faire face à cette situation. Et dans mes souvenirs, j’avais l’inéluctable impression que c’était cool de perdre une dent et d’attendre avec hâte la visite de la fée en se demandant ce qu’elle laisserait cette fois-ci.
Même si par chez nous, les dollars faisaient place aux 25 sous et à une Caramilk, j’adorais perdre des dents et j’ai voulu croire très longtemps à cette histoire. D’ailleurs, selon un sondage mené par l’Association dentaire canadienne, 25 % des adultes canadiens croient à la fée des dents!
Pis là, j’ai l’impression de ne plus reconnaître ma peanut avec son sourire tout édenté. Et elle rush la cocotte pour manger sa pomme et ses carottes. D’ailleurs, ce n’est pas toujours chic de la voir aller au souper! Heureusement que c’est temporaire. Déjà, on voit la nouvelle venue se frayer une place entre ses petites dents de lait. Mais ce qu’elle a l’air immense cette dent aux côtés des autres! Quelle époque disgracieuse que l’arrivée des dents d’adulte dans un sourire d’enfant, non?
Bah, c’est pas grave. Dent pas dent, elle est belle pareil ma cocotte.
13 mai 2008
J'ai le coeur brisé
Déjà. C’est déjà terminé.
C’est fini nous deux pis j’ai le cœur brisé.
Je le savais que ça finirait de même. J’aurais dû m’écouter.
Je m’étais quand même attachée moi.
J’ai peine à croire que je ne m’endormirai plus jamais avec toi. Que lorsque j’ouvrirai les yeux le matin, tu ne seras plus là à côté de moi. Que l’on ne partagera plus de bain ensemble. Que tu ne deviendras qu’un souvenir. Que tu rejoindras les autres qui étaient là avant toi.
Tout est allé si vite. Je n’ai pas pris le temps de te savourer. De te déguster à petites doses pour faire durer le plaisir. Au contraire, dès le départ, je me suis jetée tête première dans notre histoire. Oubliant du coup toutes les promesses que je m’étais faites. Je n’apprendrai donc jamais?
Pourtant, au départ, je te regardais du coin de l’œil, me disant que tu serais pareil comme les autres. Je n’avais pas envie d’embarquer là-dedans, encore une fois, pour finir déçue. Je ne voulais pas avoir l’impression de perdre mon temps. Je ne désirais pas investir dans une relation qui ne m’apportait pas ce que je voulais, qui ne m’amènerait pas où j’aime aller.
Ç’a été difficile de ne pas succomber à ton charme malgré tout. Tu étais constamment sous mes yeux. J’entendais parler de toi à tout moment. Et puis, tes belles promesses de bon temps que nous passerions ensemble m’ont fait flancher.
Je t’ai pris dans mes bras et j’ai dit : « Ok, je te laisse entrer dans ma vie. Ok, je vais te faire de la place dans mon horaire chargé. Mais ne me déçois pas. Sois honnête. Sois ce que tu dis que tu es. »
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai observé sous toutes tes couvertures. Je t’ai regardé par devant, par derrière. Et je n’ai pas haïs ce que j’ai vu. Au premier regard, tu me plaisais bien.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai senti. Jamais je ne me lasserai d’une telle odeur. J’ai approuvé le choix de ton parfum.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai amené chez moi. Je voulais te connaître au plus vite. Savoir ton histoire. Découvrir tes vilains défauts. Tes petites habitudes.
Dès les premiers instants, tu m’as fait crouler de rire. Même que je repense à certains instants et je souris encore malgré la peine que j’ai. Plus tard, tes propos m’ont fait réfléchir. Je me suis questionnée sur moi-même. Sur ma façon de mener ma barque. Quand tu m’as raconté pour ton père, ma gorge s’est nouée, mes yeux se sont embués. En si peu de temps, nous avions réussi à être proches. Très proches même.
Je t’apportais partout. Tu étais toujours avec moi. Dès que j’avais une minute, je me demandais où tu étais rendu et je me plongeais avec joie dans le récit de tes rocambolesques aventures.
Et puis, même si je la sentais venir, c’est avec tristesse que j’ai vu le mot « fin » arriver dans notre histoire. Je ne pouvais pas me résoudre que tout ça soit terminé après ces quelques semaines merveilleuses passées ensemble.
C’était trop beau pour être vrai.
Je sais. Je sais. Vous me direz que je referai confiance à nouveau un jour. Qu’un autre me fera rire. Que je passerai de merveilleux instants encore à deux.
Mais pour l’instant, je ne suis pas prête à m’investir. Je ne veux pas brûler toutes les étapes du deuil. Je veux prendre le temps de bien faire les choses. Relaxer aussi. Apprécier ces moments de solitude.
Ma prochaine virée à la librairie attendra donc un peu. Quoique le dernier Guillaume Musso a l’air drôlement bon…
C’est fini nous deux pis j’ai le cœur brisé.
Je le savais que ça finirait de même. J’aurais dû m’écouter.
Je m’étais quand même attachée moi.
J’ai peine à croire que je ne m’endormirai plus jamais avec toi. Que lorsque j’ouvrirai les yeux le matin, tu ne seras plus là à côté de moi. Que l’on ne partagera plus de bain ensemble. Que tu ne deviendras qu’un souvenir. Que tu rejoindras les autres qui étaient là avant toi.
Tout est allé si vite. Je n’ai pas pris le temps de te savourer. De te déguster à petites doses pour faire durer le plaisir. Au contraire, dès le départ, je me suis jetée tête première dans notre histoire. Oubliant du coup toutes les promesses que je m’étais faites. Je n’apprendrai donc jamais?
Pourtant, au départ, je te regardais du coin de l’œil, me disant que tu serais pareil comme les autres. Je n’avais pas envie d’embarquer là-dedans, encore une fois, pour finir déçue. Je ne voulais pas avoir l’impression de perdre mon temps. Je ne désirais pas investir dans une relation qui ne m’apportait pas ce que je voulais, qui ne m’amènerait pas où j’aime aller.
Ç’a été difficile de ne pas succomber à ton charme malgré tout. Tu étais constamment sous mes yeux. J’entendais parler de toi à tout moment. Et puis, tes belles promesses de bon temps que nous passerions ensemble m’ont fait flancher.
Je t’ai pris dans mes bras et j’ai dit : « Ok, je te laisse entrer dans ma vie. Ok, je vais te faire de la place dans mon horaire chargé. Mais ne me déçois pas. Sois honnête. Sois ce que tu dis que tu es. »
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai observé sous toutes tes couvertures. Je t’ai regardé par devant, par derrière. Et je n’ai pas haïs ce que j’ai vu. Au premier regard, tu me plaisais bien.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai senti. Jamais je ne me lasserai d’une telle odeur. J’ai approuvé le choix de ton parfum.
Je t’ai pris dans mes bras et je t’ai amené chez moi. Je voulais te connaître au plus vite. Savoir ton histoire. Découvrir tes vilains défauts. Tes petites habitudes.
Dès les premiers instants, tu m’as fait crouler de rire. Même que je repense à certains instants et je souris encore malgré la peine que j’ai. Plus tard, tes propos m’ont fait réfléchir. Je me suis questionnée sur moi-même. Sur ma façon de mener ma barque. Quand tu m’as raconté pour ton père, ma gorge s’est nouée, mes yeux se sont embués. En si peu de temps, nous avions réussi à être proches. Très proches même.
Je t’apportais partout. Tu étais toujours avec moi. Dès que j’avais une minute, je me demandais où tu étais rendu et je me plongeais avec joie dans le récit de tes rocambolesques aventures.
Et puis, même si je la sentais venir, c’est avec tristesse que j’ai vu le mot « fin » arriver dans notre histoire. Je ne pouvais pas me résoudre que tout ça soit terminé après ces quelques semaines merveilleuses passées ensemble.
C’était trop beau pour être vrai.
Je sais. Je sais. Vous me direz que je referai confiance à nouveau un jour. Qu’un autre me fera rire. Que je passerai de merveilleux instants encore à deux.
Mais pour l’instant, je ne suis pas prête à m’investir. Je ne veux pas brûler toutes les étapes du deuil. Je veux prendre le temps de bien faire les choses. Relaxer aussi. Apprécier ces moments de solitude.
Ma prochaine virée à la librairie attendra donc un peu. Quoique le dernier Guillaume Musso a l’air drôlement bon…
06 mai 2008
Une peine d'amitié
Vous avez entendu parler de la nouvelle brique de Denise Bombardier? Elle jase amitié. La madame, après avoir écrit sur ses relations avec les hommes, son enfance et son besoin d’amour, entre autres, a noirci moult pages blanches sur ses relations avec ses nombreuses (dit-elle) copines et sur celles qui ne portent plus le titre d’amie-de-Madame-B.
Mes chères amies serait d’ailleurs né après une peine d’amitié. Oui, oui, vous z’avez bien lu. L’écrivaine ne s’en vante pas, mais ce serait une chicane de fefilles qui lui aurait donné l’idée d’écrire sur le sujet.
Surprise, je l’ai été grandement. Est-ce que l’on se chicane encore avec nos amies passé 50 ans? Je pensais que ce genre d’histoire était réservé exclusivement aux cours de récréation. Je croyais qu’en grandissant, on apprenait à tempérer nos propos, à mieux accepter l’autre, à pardonner plus facilement, à discuter plutôt qu’à se chanter des bêtises, mais surtout à se soutenir quoi qu’il advienne.
Mais faut dire que l’on n’a pas tous le tempérament flamboyant et intempestif de l’auteure, quand même. Et heureusement! Parce que le mot amitié serait probablement rayé du Petit Robert dans le temps de le dire!
Ça m’a portée à réfléchir toute cette histoire. Quelle était la place de l’amitié dans ma vie? Quelle importance mes copines avaient-elles pour moi? Et surtout, peut-on dire à son amie : « c’est fini nous deux »?
On ne parle pas souvent « rupture amicale » dans les magazines ou dans les soupers de filles, et pourtant il y en aurait long à dire sur le sujet. Il y a comme une espèce de tabou entourant l’idée que l’on puisse volontairement mettre fin à une amitié entre deux personnes.
Ça m’est arrivé l’été dernier. Après plusieurs années d’amitié tissée serrée, j’ai mis fin à cette relation qui m’épuisait. Ç’a cogité dans ma tête pendant plusieurs semaines, voire quelques mois. Je n’étais plus certaine que j’étais l’amie dont elle avait besoin. Celle à qui elle s’attendait. Et surtout, celle qu’elle méritait d’avoir.
Je n’étais plus d’accord avec ses choix. Ses idées. Je n’étais plus capable de la supporter dans ses décisions ni de respecter la tangente que prenait sa vie.
Chaque fois que je voyais son numéro sur l’afficheur, j’avais peur de répondre. Pas par ennui de lui parler, mais parce que j’étais effrayée à l’idée de la blesser, de dire quelque chose qu’elle n’avait pas envie d’entendre. J’étais craintive qu’une fois encore une bombe ait explosé dans sa vie et que je doive me transformer en motivateur pour lui remonter le moral.
Ces conversations me grugeaient une énergie folle. Me bouleversaient outre mesure. Je n’en pouvais tout simplement plus. J’avais envie de rire, de déconner, de placoter de tout et de rien, d’imaginer nos vies dans vingt ans et d’en rire. Bref, je voulais du positif dans ma vie.
C’est là que les questionnements sont arrivés. Étais-je une amie déloyale qui se défile à la moindre difficulté? Étais-je sans cœur de ne plus être capable de supporter ma copine dans ces moments difficiles?
J’ai longtemps voulu en parler avec d’autres personnes, question de me faire une tête sur la question. Je n’ai jamais été capable de le faire. Par peur des réponses sans doute.
Je fêterai bientôt le premier anniversaire de cette rupture. Et ça ne fait pas très longtemps que le tout est digéré et accepté. Même si j’ai compris qu’au fil du temps, nos valeurs changent, que nos vies prennent des chemins différents, que l’on aspire à autre chose en amour comme en amitié.
Reste qu’au plus profond de moi-même, elle restera toujours ma meilleure amie. Et que si demain elle appelle, je serai là.
Mes chères amies serait d’ailleurs né après une peine d’amitié. Oui, oui, vous z’avez bien lu. L’écrivaine ne s’en vante pas, mais ce serait une chicane de fefilles qui lui aurait donné l’idée d’écrire sur le sujet.
Surprise, je l’ai été grandement. Est-ce que l’on se chicane encore avec nos amies passé 50 ans? Je pensais que ce genre d’histoire était réservé exclusivement aux cours de récréation. Je croyais qu’en grandissant, on apprenait à tempérer nos propos, à mieux accepter l’autre, à pardonner plus facilement, à discuter plutôt qu’à se chanter des bêtises, mais surtout à se soutenir quoi qu’il advienne.
Mais faut dire que l’on n’a pas tous le tempérament flamboyant et intempestif de l’auteure, quand même. Et heureusement! Parce que le mot amitié serait probablement rayé du Petit Robert dans le temps de le dire!
Ça m’a portée à réfléchir toute cette histoire. Quelle était la place de l’amitié dans ma vie? Quelle importance mes copines avaient-elles pour moi? Et surtout, peut-on dire à son amie : « c’est fini nous deux »?
On ne parle pas souvent « rupture amicale » dans les magazines ou dans les soupers de filles, et pourtant il y en aurait long à dire sur le sujet. Il y a comme une espèce de tabou entourant l’idée que l’on puisse volontairement mettre fin à une amitié entre deux personnes.
Ça m’est arrivé l’été dernier. Après plusieurs années d’amitié tissée serrée, j’ai mis fin à cette relation qui m’épuisait. Ç’a cogité dans ma tête pendant plusieurs semaines, voire quelques mois. Je n’étais plus certaine que j’étais l’amie dont elle avait besoin. Celle à qui elle s’attendait. Et surtout, celle qu’elle méritait d’avoir.
Je n’étais plus d’accord avec ses choix. Ses idées. Je n’étais plus capable de la supporter dans ses décisions ni de respecter la tangente que prenait sa vie.
Chaque fois que je voyais son numéro sur l’afficheur, j’avais peur de répondre. Pas par ennui de lui parler, mais parce que j’étais effrayée à l’idée de la blesser, de dire quelque chose qu’elle n’avait pas envie d’entendre. J’étais craintive qu’une fois encore une bombe ait explosé dans sa vie et que je doive me transformer en motivateur pour lui remonter le moral.
Ces conversations me grugeaient une énergie folle. Me bouleversaient outre mesure. Je n’en pouvais tout simplement plus. J’avais envie de rire, de déconner, de placoter de tout et de rien, d’imaginer nos vies dans vingt ans et d’en rire. Bref, je voulais du positif dans ma vie.
C’est là que les questionnements sont arrivés. Étais-je une amie déloyale qui se défile à la moindre difficulté? Étais-je sans cœur de ne plus être capable de supporter ma copine dans ces moments difficiles?
J’ai longtemps voulu en parler avec d’autres personnes, question de me faire une tête sur la question. Je n’ai jamais été capable de le faire. Par peur des réponses sans doute.
Je fêterai bientôt le premier anniversaire de cette rupture. Et ça ne fait pas très longtemps que le tout est digéré et accepté. Même si j’ai compris qu’au fil du temps, nos valeurs changent, que nos vies prennent des chemins différents, que l’on aspire à autre chose en amour comme en amitié.
Reste qu’au plus profond de moi-même, elle restera toujours ma meilleure amie. Et que si demain elle appelle, je serai là.
Deux Noëls, deux fêtes, deux chambres, ....
Quand j’étais petite, j’avais la ferme conviction qu’une famille, c’était une maman, un papa et des enfants qui vivaient tous dans la même maison. Je pensais que c’était la norme puisque dans ma classe, nous étions tous dans la même situation. Ou à peu près.
Bon, il y avait bien Annie qui habitait toute seule avec sa mère et son grand frère. Mais son père était mort quand elle avait quatre ans. Ça ne comptait donc pas. Il y avait aussi l’autre Annie qui demeurait seule avec sa mère. Mais un vendredi sur deux, on voyait apparaître devant l’école la Mercedes de son père, qui venait la chercher pour le week-end.
On la trouvait cool la Annie. Elle avait deux chambres à coucher, la chanceuse. Mieux encore, elle fêtait deux fois Noël, elle déballait des cadeaux de fête à deux reprises et elle se bourrait la fraise dans le chocolat à Pâques deux fois plutôt qu’une. En prime, son papa faisait plein d’activités amusantes avec elle : ciné, resto, parc. Vraiment, elle avait une belle vie la copine. On l’enviait tous.
Je me souviens même d’avoir balancé l’idée à mes parents alors qu’ils se parlaient un peu plus fort qu’à l’habitude. « Pourquoi vous ne divorcez pas? » Du haut de mes huit ans, je ne réalisais pas tout ce qu’impliquait une séparation. Je n’y voyais que les bons côtés, moi.
Au fil des années, j’ai compris qu’un divorce, ce n’était pas aussi simple qu’une double part de bonbons d’Halloween. Qu’une séparation amenait beaucoup plus de Kleenex trempés, d’yeux bouffis et de cœurs brisés qu’autre chose. Annie n’était plus la seule dans le lot. Elle a été rejointe par Catherine, Karine, Charline, Valérie, Patricia, Pascale et Caroline.
Elles étaient tellement rendues nombreuses dans leur situation que j’en étais devenue l’exception. La seule qui ne changeait pas de lit aux deux fins de semaine et qui ne fêtait pas Noël plus d’une fois. Pis j’avoue que je ne détestais plus l’idée…
Parce qu’au dépouillement de l’arbre de Noël, j’aimais être blottie entre ma mère et mon père pour développer les cadeaux que le père Noël m’apportait. Parce que je n’avais pas envie de manger une fondue au chocolat à la Saint-Valentin en tête à tête avec un seul de mes parents. Puis surtout, je n’avais pas envie que l’on m’impose la venue d’un nouveau conjoint qui débarquerait avec ses enfants chez moi.
Quand l’idée m’est venue de fonder une famille, c’était très clair dans ma tête que j’allais offrir la même chose à mes futures héritières. Mes filles grandiraient entourées de leurs parents. Point à la ligne.
Aujourd’hui, on compte plus d’une famille sur cinq à Sherbrooke qui est monoparentale. J’en suis. Mes filles ont donc deux chambres, deux Noëls, deux Pâques, deux anniversaires.
Peut-être qu’elles n’ont pas le modèle d’une famille unie dont rêvent toutes les mamans du monde. Mais je crois et j’ose espérer qu’elles ont gagné beaucoup plus qu’elles ont perdu au compte.
Maxim et Félixe voyagent peut-être entre la maison de maman et celle de papa, mais elles ont pu rencontrer des gens formidables. Nathalie et Myriam, les deux femmes qui ont partagé la vie de leur père depuis notre séparation, entre autres. Du coup, mes puces se sont retrouvées avec de nouveaux grands-parents qui les gâtent dès que l’occasion se présente.
Parce que même si mes loulous ne soupent pas à la même table chaque soir, j’ai la certitude qu’elles sont beaucoup plus heureuses entourées de parents qui s’entendent que lorsqu’ils s’entredéchiraient.
J’ai réussi ce que je voulais. Mes filles grandissent entourées de leurs deux parents. Point à la ligne.
Bon, il y avait bien Annie qui habitait toute seule avec sa mère et son grand frère. Mais son père était mort quand elle avait quatre ans. Ça ne comptait donc pas. Il y avait aussi l’autre Annie qui demeurait seule avec sa mère. Mais un vendredi sur deux, on voyait apparaître devant l’école la Mercedes de son père, qui venait la chercher pour le week-end.
On la trouvait cool la Annie. Elle avait deux chambres à coucher, la chanceuse. Mieux encore, elle fêtait deux fois Noël, elle déballait des cadeaux de fête à deux reprises et elle se bourrait la fraise dans le chocolat à Pâques deux fois plutôt qu’une. En prime, son papa faisait plein d’activités amusantes avec elle : ciné, resto, parc. Vraiment, elle avait une belle vie la copine. On l’enviait tous.
Je me souviens même d’avoir balancé l’idée à mes parents alors qu’ils se parlaient un peu plus fort qu’à l’habitude. « Pourquoi vous ne divorcez pas? » Du haut de mes huit ans, je ne réalisais pas tout ce qu’impliquait une séparation. Je n’y voyais que les bons côtés, moi.
Au fil des années, j’ai compris qu’un divorce, ce n’était pas aussi simple qu’une double part de bonbons d’Halloween. Qu’une séparation amenait beaucoup plus de Kleenex trempés, d’yeux bouffis et de cœurs brisés qu’autre chose. Annie n’était plus la seule dans le lot. Elle a été rejointe par Catherine, Karine, Charline, Valérie, Patricia, Pascale et Caroline.
Elles étaient tellement rendues nombreuses dans leur situation que j’en étais devenue l’exception. La seule qui ne changeait pas de lit aux deux fins de semaine et qui ne fêtait pas Noël plus d’une fois. Pis j’avoue que je ne détestais plus l’idée…
Parce qu’au dépouillement de l’arbre de Noël, j’aimais être blottie entre ma mère et mon père pour développer les cadeaux que le père Noël m’apportait. Parce que je n’avais pas envie de manger une fondue au chocolat à la Saint-Valentin en tête à tête avec un seul de mes parents. Puis surtout, je n’avais pas envie que l’on m’impose la venue d’un nouveau conjoint qui débarquerait avec ses enfants chez moi.
Quand l’idée m’est venue de fonder une famille, c’était très clair dans ma tête que j’allais offrir la même chose à mes futures héritières. Mes filles grandiraient entourées de leurs parents. Point à la ligne.
Aujourd’hui, on compte plus d’une famille sur cinq à Sherbrooke qui est monoparentale. J’en suis. Mes filles ont donc deux chambres, deux Noëls, deux Pâques, deux anniversaires.
Peut-être qu’elles n’ont pas le modèle d’une famille unie dont rêvent toutes les mamans du monde. Mais je crois et j’ose espérer qu’elles ont gagné beaucoup plus qu’elles ont perdu au compte.
Maxim et Félixe voyagent peut-être entre la maison de maman et celle de papa, mais elles ont pu rencontrer des gens formidables. Nathalie et Myriam, les deux femmes qui ont partagé la vie de leur père depuis notre séparation, entre autres. Du coup, mes puces se sont retrouvées avec de nouveaux grands-parents qui les gâtent dès que l’occasion se présente.
Parce que même si mes loulous ne soupent pas à la même table chaque soir, j’ai la certitude qu’elles sont beaucoup plus heureuses entourées de parents qui s’entendent que lorsqu’ils s’entredéchiraient.
J’ai réussi ce que je voulais. Mes filles grandissent entourées de leurs deux parents. Point à la ligne.
29 avril 2008
Échecs et Mat
Je déteste l’échec.
Et pourtant. Dieu sait que j’en cumule tout un lot. Je possède même une très belle collection d’échecs. Dès mon plus jeune âge, j’ai été confrontée sans cesse aux insuccès, aux déceptions, aux déboires.
Par exemple, j’ai raté mon test d’admission à l’école Sacré-Cœur quand j’étais en maternelle. Je n’ai pas été sélectionnée, alors que j’en avais très envie, pour participer à l’émission Au Jeu qui était de passage à l’école Carillon. Je n’ai pas réussi à me tailler une place dans la finale de patinage artistique des Jeux du Québec l’hiver de mes neuf ans. Je n’ai jamais réussi à convaincre Jean-Nicolas, le plus beau gars de la cour de récré, que je serais une super blonde pour lui malgré quatre ans de travail acharné.
Je n’ai pas été élue représentante des élèves de secondaire 1 au pensionnat. Je n’ai pas remporté de médaille à l’épreuve du saut en longueur aux Championnats provinciaux d’athlétisme de 1991. Malgré le super slow que j’ai dansé avec Karl au party du Trio, il ne m’a jamais rappelé (le salaud!). L’évaluateur de la SAAQ n’a pas jugé bon de me donner mon permis de conduire à la première tentative (tant pour le théorique que le pratique…). J’ai poché mes maths de secondaire 5.
Je n’ai jamais réussi à convaincre mes patrons du McDo que je méritais le titre d’employée du mois en dépit des 48 occasions où cela aurait été possible. Malgré toute la volonté qui m’habitait, j’ai été incapable d’installer le pneu de secours sur ma Fiero toute seule. Et j’ai tellement souvent perdu en flippant dans les bars que tous les saoulons du centre-ville voulait tenter le coup contre moi.
On m’a refusé l’admission en enseignement à l’université. Patrick n’a jamais voulu s’installer en appartement avec moi malgré mes promesses de soupers divins et de ménage étincelant. Le juge de la cour municipale ne s’est pas rangé à mes arguments qui m’auraient évité de payer cette amende salée.
Mes pleurs n’ont pas ému le moins du monde mon patron de la CS Brooks et j’ai fait la file au chômage. Je n’ai pas réussi à avoir ce logement de la rue Bacon qui me faisait tant rêver. En finissant mes études, j’espérais bien me trouver un super job payant. À la place, j’ai fait des photocopies à 8$ de l’heure.
Ma première récolte de tomates a été tellement mince que je n’ai même pas réussi à faire un seul sandwich (même en incluant les caps…). Je ne suis jamais venue à bout des millions de pissenlits qui poussaient sur mon terrain tout en suivant à la lettre les conseils des plus grands experts de ce monde. Je ne suis jamais parvenue à voir le fond de ma manne à linge sale.
Mon souhait d’accoucher dans l’intimité du Centre de maternité en moins de six heures et sans intervention médicale s’est terminé au 5e étage du CHUS avec une péridurale dans le dos, de l’oxygène dans le nez, un soluté dans le bras, un monitoring fœtale sur la bedaine, une sonde urinaire vous savez où, une épisiotomie, des forceps et un travail de 28 heures dans une chambre où l’on retrouvait 12 intervenants médicaux...
J’aurais voulu allaiter Filou jusqu’à ses 18 mois, mais elle en a décidé autrement lorsqu’elle a soufflé sa première chandelle. Mon rêve d’offrir une famille unie pour la vie à mes filles s’est retrouvé en Chambre de la famille du Palais de justice avec une requête en garde légale et pension alimentaire.
Là, je pense que j’ai donné suffisamment dans le domaine. Je crois avoir contribué pour de nombreuses décennies à venir. Je veux rayer ce mot de mon vocabulaire.
Parce que je n’ai pas du tout envie que Mat soit le prochain échec de ma liste. Non.
Et pourtant. Dieu sait que j’en cumule tout un lot. Je possède même une très belle collection d’échecs. Dès mon plus jeune âge, j’ai été confrontée sans cesse aux insuccès, aux déceptions, aux déboires.
Par exemple, j’ai raté mon test d’admission à l’école Sacré-Cœur quand j’étais en maternelle. Je n’ai pas été sélectionnée, alors que j’en avais très envie, pour participer à l’émission Au Jeu qui était de passage à l’école Carillon. Je n’ai pas réussi à me tailler une place dans la finale de patinage artistique des Jeux du Québec l’hiver de mes neuf ans. Je n’ai jamais réussi à convaincre Jean-Nicolas, le plus beau gars de la cour de récré, que je serais une super blonde pour lui malgré quatre ans de travail acharné.
Je n’ai pas été élue représentante des élèves de secondaire 1 au pensionnat. Je n’ai pas remporté de médaille à l’épreuve du saut en longueur aux Championnats provinciaux d’athlétisme de 1991. Malgré le super slow que j’ai dansé avec Karl au party du Trio, il ne m’a jamais rappelé (le salaud!). L’évaluateur de la SAAQ n’a pas jugé bon de me donner mon permis de conduire à la première tentative (tant pour le théorique que le pratique…). J’ai poché mes maths de secondaire 5.
Je n’ai jamais réussi à convaincre mes patrons du McDo que je méritais le titre d’employée du mois en dépit des 48 occasions où cela aurait été possible. Malgré toute la volonté qui m’habitait, j’ai été incapable d’installer le pneu de secours sur ma Fiero toute seule. Et j’ai tellement souvent perdu en flippant dans les bars que tous les saoulons du centre-ville voulait tenter le coup contre moi.
On m’a refusé l’admission en enseignement à l’université. Patrick n’a jamais voulu s’installer en appartement avec moi malgré mes promesses de soupers divins et de ménage étincelant. Le juge de la cour municipale ne s’est pas rangé à mes arguments qui m’auraient évité de payer cette amende salée.
Mes pleurs n’ont pas ému le moins du monde mon patron de la CS Brooks et j’ai fait la file au chômage. Je n’ai pas réussi à avoir ce logement de la rue Bacon qui me faisait tant rêver. En finissant mes études, j’espérais bien me trouver un super job payant. À la place, j’ai fait des photocopies à 8$ de l’heure.
Ma première récolte de tomates a été tellement mince que je n’ai même pas réussi à faire un seul sandwich (même en incluant les caps…). Je ne suis jamais venue à bout des millions de pissenlits qui poussaient sur mon terrain tout en suivant à la lettre les conseils des plus grands experts de ce monde. Je ne suis jamais parvenue à voir le fond de ma manne à linge sale.
Mon souhait d’accoucher dans l’intimité du Centre de maternité en moins de six heures et sans intervention médicale s’est terminé au 5e étage du CHUS avec une péridurale dans le dos, de l’oxygène dans le nez, un soluté dans le bras, un monitoring fœtale sur la bedaine, une sonde urinaire vous savez où, une épisiotomie, des forceps et un travail de 28 heures dans une chambre où l’on retrouvait 12 intervenants médicaux...
J’aurais voulu allaiter Filou jusqu’à ses 18 mois, mais elle en a décidé autrement lorsqu’elle a soufflé sa première chandelle. Mon rêve d’offrir une famille unie pour la vie à mes filles s’est retrouvé en Chambre de la famille du Palais de justice avec une requête en garde légale et pension alimentaire.
Là, je pense que j’ai donné suffisamment dans le domaine. Je crois avoir contribué pour de nombreuses décennies à venir. Je veux rayer ce mot de mon vocabulaire.
Parce que je n’ai pas du tout envie que Mat soit le prochain échec de ma liste. Non.
24 avril 2008
Made in Québec; possible?
Il y avait un soleil de plomb. Le mercure bouillait presque. Et bien sûr, les filles n’avaient pas un seul truc à se mettre sur le dos qui était approprié à la température estival qui sévissait samedi. Même si les pantalons de l’été dernier faisaient un super capri à Filou, je devais me rendre à l’évidence. Une tournée de shopping s’imposait si je ne voulais pas que mes héritières se promènent en bobettes tout l’été…
Chaque jour, on nous rabat les oreilles sur l’importance d’acheter québécois. Je ne dis pas ça pour chialer. Je suis la première à le dire «Voyez-vous, j’ai encore sur le cœur ma mise à pied de la CS Brooks parce que les patrons préféraient envoyer leurs contrats de literie au Mexique ou en Chine…»
M’enfin.
Toujours est-il qu’armée de ma conscience sociale, j’ai entrepris cette mission vestimentaire printanière avec la volonté certaine d’acheter le plus possible québécois.
Premier arrêt : Souris Mini. De beaux vêtements, d’une originalité certaine et d’une qualité éprouvée, designés à Cap-Rouge, mais fabriqués en… Chine. Déception.
Deuxième arrêt : Clément, où l’on retrouve les marques Blü et Deux par Deux, toutes les deux sont québécoises. J’adore la première pour ses couleurs flamboyantes, ses mélanges de tissus uniques et ses imprimés qui sortent de l’ordinaire. La deuxième m’attire pour son look européen et son style avant-gardiste. En prime, les deux compagnies ne cherchent pas à faire de mes puces des filles de joie.
Mais même si les deux entreprises ont leur siège social à Montréal, elles font tout de même coudre leurs fringues par de petites chinoises… Pareil constat pour Justine ma copine, Point Zéro, Roméo et Juliette, Louis Garneau, Perlimpinpin.
Impossible donc de fringuer mes poules avec de la guenille cousue au Québec. Désolant non? Cette triste réalité a été mise à l’ordre du jour du souper que j’ai partagé avec des amis samedi soir.
« Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi c’est impossible d’habiller ma progéniture en vêtements fabriqués ici au Québec alors que nos boutiques débordent pourtant de compagnies québécoises? »
Ma question tombait bien. Deux designers de vêtements étaient assis à la table avec nous. « L’argent, m’ont-ils tout simplement répondu. Ça coûte un bras produire au Québec et les gens ne sont peut-être pas prêts à payer pour ça. »
Ok, je comprends l’argument. Mais j’aimerais quand même savoir pourquoi Souris Mini et Deux par deux, entre autres, n’ont pas baissé leurs prix après avoir envoyé leur production en Chine. Malheureusement, personne n’avait de réponse à me fournir…
Toujours est-il que les copains Virginie et Sébastien étaient assez fiers de me dire que eux, ils font TOUT faire dans la Belle Province. Du design à la teinture de la fibre en passant par l’assemblage, pas une étape de production ne prend le bateau pour l’Asie. Et pas question qu’un jour on pense à embaucher une main-d’œuvre chinoise chez Ruelle. L’étiquette Made in Québec qui est apposée sur chaque tricot de la ligne Ruelle l’est avec une fierté certaine et une conviction à toute épreuve.
Et ça fonctionne! Ruelle est distribuée dans une quarantaine de points de dépôt partout au Canada. De Terre-Neuve au Yukon, ils sont des milliers de personnes à croire qu’acheter local peut faire toute une différence. Peut faire LA différence.
Reste à savoir quand des designers de vêtements d’enfants saisiront cette opportunité.
Chaque jour, on nous rabat les oreilles sur l’importance d’acheter québécois. Je ne dis pas ça pour chialer. Je suis la première à le dire «Voyez-vous, j’ai encore sur le cœur ma mise à pied de la CS Brooks parce que les patrons préféraient envoyer leurs contrats de literie au Mexique ou en Chine…»
M’enfin.
Toujours est-il qu’armée de ma conscience sociale, j’ai entrepris cette mission vestimentaire printanière avec la volonté certaine d’acheter le plus possible québécois.
Premier arrêt : Souris Mini. De beaux vêtements, d’une originalité certaine et d’une qualité éprouvée, designés à Cap-Rouge, mais fabriqués en… Chine. Déception.
Deuxième arrêt : Clément, où l’on retrouve les marques Blü et Deux par Deux, toutes les deux sont québécoises. J’adore la première pour ses couleurs flamboyantes, ses mélanges de tissus uniques et ses imprimés qui sortent de l’ordinaire. La deuxième m’attire pour son look européen et son style avant-gardiste. En prime, les deux compagnies ne cherchent pas à faire de mes puces des filles de joie.
Mais même si les deux entreprises ont leur siège social à Montréal, elles font tout de même coudre leurs fringues par de petites chinoises… Pareil constat pour Justine ma copine, Point Zéro, Roméo et Juliette, Louis Garneau, Perlimpinpin.
Impossible donc de fringuer mes poules avec de la guenille cousue au Québec. Désolant non? Cette triste réalité a été mise à l’ordre du jour du souper que j’ai partagé avec des amis samedi soir.
« Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi c’est impossible d’habiller ma progéniture en vêtements fabriqués ici au Québec alors que nos boutiques débordent pourtant de compagnies québécoises? »
Ma question tombait bien. Deux designers de vêtements étaient assis à la table avec nous. « L’argent, m’ont-ils tout simplement répondu. Ça coûte un bras produire au Québec et les gens ne sont peut-être pas prêts à payer pour ça. »
Ok, je comprends l’argument. Mais j’aimerais quand même savoir pourquoi Souris Mini et Deux par deux, entre autres, n’ont pas baissé leurs prix après avoir envoyé leur production en Chine. Malheureusement, personne n’avait de réponse à me fournir…
Toujours est-il que les copains Virginie et Sébastien étaient assez fiers de me dire que eux, ils font TOUT faire dans la Belle Province. Du design à la teinture de la fibre en passant par l’assemblage, pas une étape de production ne prend le bateau pour l’Asie. Et pas question qu’un jour on pense à embaucher une main-d’œuvre chinoise chez Ruelle. L’étiquette Made in Québec qui est apposée sur chaque tricot de la ligne Ruelle l’est avec une fierté certaine et une conviction à toute épreuve.
Et ça fonctionne! Ruelle est distribuée dans une quarantaine de points de dépôt partout au Canada. De Terre-Neuve au Yukon, ils sont des milliers de personnes à croire qu’acheter local peut faire toute une différence. Peut faire LA différence.
Reste à savoir quand des designers de vêtements d’enfants saisiront cette opportunité.
15 avril 2008
Être dans la gang
J’ai envie de jaser sport national aujourd’hui.
Pas le lever du coude. L’autre sport national.
Pourtant, je n’y connais rien. Vraiment rien. Sweet nothing.
Imaginez la scène. Quand ça adonne que je doive écouter un match pour une quelconque raison, ma première question est : « Ok, on prend pour qui? Les bleus ou les rouges? »
J’aime bien poser cette question. Entre autres, pour l’hilarité générale que ma sottis cause. Et surtout, parce que c’est certain qu’on me fichera la paix tout au cours de la soirée. Pas de question sur les raisons qui ont poussé Carbo à mettre un tel sur le 2e trio. Pas d’analyse à faire sur l’incapacité du CH de profiter de ses avantages numériques. Et surtout je n’ai pas à me démener à tenter de prononcer correctement les noms « Kostitsyn », « Kostopoulos » et « Smolinski ».
À la place, je bois de la bière et je potine plutôt sur la réaction de la copine de Guillaume Latendresse devant la nouvelle coupe de son chum. Parce que la madame n’aime pas du tout le coco rasé de l’ailier gauche de l’équipe montréalaise. Ou j’analyse le plus sérieusement du monde si un t-shirt rose nanane du bleu-blanc-rouge a sa place dans la collection d’articles promotionnels de notre équipe.
Mais heureusement que le collègue Jonathan m’a apprise deux-trois phrases chocs à lancer ici et là et qui serviront à me rendre non seulement plus intelligente aux yeux de la bande, mais surtout qui verront à jeter par terre mon auditoire devant mon grand savoir en matière de rondelle et de bâton.
J’attends donc le moment opportun. Ainsi, quand personne ne s’y attend, je lance, avec un air désinvolte : « Vous savez, le Canadien n’a pas le choix de gagner la Coupe Stanley cette année ou au plus tard l’an prochain parce que depuis les touts débuts de l’équipe, elle a toujours mis la main sur le précieux trophée au moins une fois par décennie. »
Il n’y a pas à dire que la plupart du temps, mes compagnons cessent de parler complètement ébahis devant ma grande culture sportive. Pendant quelques minutes, mes oreilles ont donc un break des commentaires des gérants d’estrade qui m’accompagnent sur telle attaque à cinq qui paraît au ralenti ou si le coach ne devrait pas plutôt utiliser les vétérans de l’équipe dans des moments cruciaux plutôt que les jeunes.
Malgré mon manque de connaissances véritables sur le monde du hockey, j’avoue ne pas détester l’ambiance des séries éliminatoires qui sévit au Québec actuellement. Il me semble que je verrai la fenêtre de mon auto avec un petit fanion de la Sainte-Flanelle. Je fais maintenant partie des Montreal Canadiens Fans sur Facebook. Pis j’ai envie d’aller souper à la Cage aux sports au prochain match.
Même que j’ai passé très près d’aller à Boston pour assister au match de mardi. Oui oui. J’étais prête à dépenser une fortune et faire huit heures de route aller-retour pour aller encourager Carey Price et Mathieu Dandenault.
Difficile à comprendre la fille?
Nenon. C’est simple pourtant. La fille aime l’atmosphère qui règne en ce moment. La fille aime ce sentiment de gang. La fille aime sentir que l’instant de la conquête de la Coupe Stanley, les Québécois espèrent tous la même chose. Et pas question pour la fille de bencher pendant ce temps.
Pas le lever du coude. L’autre sport national.
Pourtant, je n’y connais rien. Vraiment rien. Sweet nothing.
Imaginez la scène. Quand ça adonne que je doive écouter un match pour une quelconque raison, ma première question est : « Ok, on prend pour qui? Les bleus ou les rouges? »
J’aime bien poser cette question. Entre autres, pour l’hilarité générale que ma sottis cause. Et surtout, parce que c’est certain qu’on me fichera la paix tout au cours de la soirée. Pas de question sur les raisons qui ont poussé Carbo à mettre un tel sur le 2e trio. Pas d’analyse à faire sur l’incapacité du CH de profiter de ses avantages numériques. Et surtout je n’ai pas à me démener à tenter de prononcer correctement les noms « Kostitsyn », « Kostopoulos » et « Smolinski ».
À la place, je bois de la bière et je potine plutôt sur la réaction de la copine de Guillaume Latendresse devant la nouvelle coupe de son chum. Parce que la madame n’aime pas du tout le coco rasé de l’ailier gauche de l’équipe montréalaise. Ou j’analyse le plus sérieusement du monde si un t-shirt rose nanane du bleu-blanc-rouge a sa place dans la collection d’articles promotionnels de notre équipe.
Mais heureusement que le collègue Jonathan m’a apprise deux-trois phrases chocs à lancer ici et là et qui serviront à me rendre non seulement plus intelligente aux yeux de la bande, mais surtout qui verront à jeter par terre mon auditoire devant mon grand savoir en matière de rondelle et de bâton.
J’attends donc le moment opportun. Ainsi, quand personne ne s’y attend, je lance, avec un air désinvolte : « Vous savez, le Canadien n’a pas le choix de gagner la Coupe Stanley cette année ou au plus tard l’an prochain parce que depuis les touts débuts de l’équipe, elle a toujours mis la main sur le précieux trophée au moins une fois par décennie. »
Il n’y a pas à dire que la plupart du temps, mes compagnons cessent de parler complètement ébahis devant ma grande culture sportive. Pendant quelques minutes, mes oreilles ont donc un break des commentaires des gérants d’estrade qui m’accompagnent sur telle attaque à cinq qui paraît au ralenti ou si le coach ne devrait pas plutôt utiliser les vétérans de l’équipe dans des moments cruciaux plutôt que les jeunes.
Malgré mon manque de connaissances véritables sur le monde du hockey, j’avoue ne pas détester l’ambiance des séries éliminatoires qui sévit au Québec actuellement. Il me semble que je verrai la fenêtre de mon auto avec un petit fanion de la Sainte-Flanelle. Je fais maintenant partie des Montreal Canadiens Fans sur Facebook. Pis j’ai envie d’aller souper à la Cage aux sports au prochain match.
Même que j’ai passé très près d’aller à Boston pour assister au match de mardi. Oui oui. J’étais prête à dépenser une fortune et faire huit heures de route aller-retour pour aller encourager Carey Price et Mathieu Dandenault.
Difficile à comprendre la fille?
Nenon. C’est simple pourtant. La fille aime l’atmosphère qui règne en ce moment. La fille aime ce sentiment de gang. La fille aime sentir que l’instant de la conquête de la Coupe Stanley, les Québécois espèrent tous la même chose. Et pas question pour la fille de bencher pendant ce temps.
08 avril 2008
Épelez-moi bonheur
Ça m’a sauté au visage dimanche soir. Ç’a pété aussi fort qu’un tremblement de terre d’une magnitude de 8,3 sur l’échelle de Richter. Ç’a fait un gros bang dans mon salon!
C’est arrivé pendant que je jasais avec Kat sur MSN. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas parlé. On a donc fait la ronde des questions habituelles, toutes plus banales les unes que les autres. Mais au final, quand on prend l’ensemble des réponses, on se rend compte ce n’est pas si insignifiant.
Je vous copie notre conversation.
Katia dit :
Ça va toi?
Geneviève dit :
Oui! Je reviens d’un super week-end de ski au Massif dans Charlevoix avec ma copine Dany. Il a fait beau et les conditions étaient parfaites. On a fait de la bosse et du bois toute la journée. J’ai les jambes en compote et j’ai mal au dos, mais c’était génial!
Katia dit :
Pis, les filles vont-elles bien? Et l’école?
Geneviève dit :
Oui, les poulettes sont en pleine forme. Imagine, elles n’ont pas manqué une seule journée d’école cet hiver. Aucun virus ne s’est incrusté chez moi depuis belle lurette. Et à l’école, tout roule. J
Katia dit :
Tu t’amuses toujours autant au journal?
Geneviève dit :
Toujours. Pense que je vais finir ma vie là! Hihihi!
Katia dit :
Et tes amours…? ;-)
Geneviève dit :
Oh! Si tu savais… Je n’ai rien à déclarer de moche à ce sujet. Au contraire! :-P
***
C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’à ce moment même, à cet instant précis, j’étais heureuse. Que tout allait bien dans ma petite existence. Que je ne demanderais rien de plus à la vie. Que le bonheur avait élu domicile chez moi.
J’aurais eu envie de crier de joie. J’aurais voulu célébrer l’événement. J’aurais aimé le dire à tout le monde.
Mais je n’ai rien fait.
J’ai gardé cette pensée pour moi.
Juste au cas où je conjurerais le sort. Comme si affirmer haut et fort que je suis heureuse ferait débarquer chez moi subito presto un malheur. Une grave maladie. Une mort. Une rupture. Une très mauvaise nouvelle qui me chamboulerait pendant des mois. J’ai peur de savourer ces instants de bien-être par crainte du pire.
Paradoxal non?
Pensée judéo-chrétienne? Peut-être.
Me suis raisonnée. Plutôt que d’attendre la fin de mon bonheur, j’ai joint le Collectif pour la journée du bonheur. http://www.collectifpourlajourneedubonheur.com
C’est arrivé pendant que je jasais avec Kat sur MSN. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas parlé. On a donc fait la ronde des questions habituelles, toutes plus banales les unes que les autres. Mais au final, quand on prend l’ensemble des réponses, on se rend compte ce n’est pas si insignifiant.
Je vous copie notre conversation.
Katia dit :
Ça va toi?
Geneviève dit :
Oui! Je reviens d’un super week-end de ski au Massif dans Charlevoix avec ma copine Dany. Il a fait beau et les conditions étaient parfaites. On a fait de la bosse et du bois toute la journée. J’ai les jambes en compote et j’ai mal au dos, mais c’était génial!
Katia dit :
Pis, les filles vont-elles bien? Et l’école?
Geneviève dit :
Oui, les poulettes sont en pleine forme. Imagine, elles n’ont pas manqué une seule journée d’école cet hiver. Aucun virus ne s’est incrusté chez moi depuis belle lurette. Et à l’école, tout roule. J
Katia dit :
Tu t’amuses toujours autant au journal?
Geneviève dit :
Toujours. Pense que je vais finir ma vie là! Hihihi!
Katia dit :
Et tes amours…? ;-)
Geneviève dit :
Oh! Si tu savais… Je n’ai rien à déclarer de moche à ce sujet. Au contraire! :-P
***
C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’à ce moment même, à cet instant précis, j’étais heureuse. Que tout allait bien dans ma petite existence. Que je ne demanderais rien de plus à la vie. Que le bonheur avait élu domicile chez moi.
J’aurais eu envie de crier de joie. J’aurais voulu célébrer l’événement. J’aurais aimé le dire à tout le monde.
Mais je n’ai rien fait.
J’ai gardé cette pensée pour moi.
Juste au cas où je conjurerais le sort. Comme si affirmer haut et fort que je suis heureuse ferait débarquer chez moi subito presto un malheur. Une grave maladie. Une mort. Une rupture. Une très mauvaise nouvelle qui me chamboulerait pendant des mois. J’ai peur de savourer ces instants de bien-être par crainte du pire.
Paradoxal non?
Pensée judéo-chrétienne? Peut-être.
Me suis raisonnée. Plutôt que d’attendre la fin de mon bonheur, j’ai joint le Collectif pour la journée du bonheur. http://www.collectifpourlajourneedubonheur.com
01 avril 2008
Des questions sans réponses
Je me questionne sans cesse. À tout bout de champ, une interrogation se pointe dans ma tête. Je me demande. Je me cuisine. Je cherche à savoir. À comprendre. À deviner le futur. Je suis curieuse. J’aimerais savoir ici et maintenant ce que me réserve l’avenir. Comment seront les prochaines années pour moi, mes héritières, la tribu Proulx au grand complet.
N’importe quoi peut donner lieu à un questionnement. Des questions ouvertes. Pièges. Sans réponse. Des fois absurdes ou stupides. Des questions à 100$. Des épineuses. Des insolubles. D’autres qui pourraient être controversées. Des graves. Des plus légères. Tout m’amène à me questionner. Le point d’interrogation est devenu mon complice.
Pas étonnant que je gagne ma vie en posant des questions!
Tenez, par exemple, quand je regarde Maxim, je ne peux m’empêcher de me demander où elle sera dans dix ans. Combien de fois irai-je chez le directeur avec elle? Pour quel programme demandera-t-elle des prêts et bourses? Comment gagnera-t-elle sa vie? Combien d’enfants pousseront-ils dans son bedon? Sera-t-elle toujours aussi belle? Jouera-t-elle encore du violon une fois adulte? Du piano? Me dira-t-elle encore que je suis la meilleure maman du monde? Voudra-t-elle encore manger des crêpes le dimanche matin quand un homme partagera son lit?
Et Filou? Saura-t-elle se sortir de sa gêne? Combien de cœurs brisera-t-elle? Son vilain caractère s’adoucira-t-il avec les années? Arrêtera-t-elle un jour de me réveiller aux aurores pour réclamer son lait de soya au chocolat chaud? Deviendra-t-elle une médaillée d’or olympique de ski? Mangera-t-elle autre chose que des spaghettis? Lira-t-elle encore autant? Sera-t-elle encore la championne des câlins? Qui seront ses amis? Ses cheveux changeront-ils de couleur? Voudra-t-elle encore jouer à Dance Dance Revolution avec sa vieille mère? Me dira-t-elle encore que je ne suis pas vieille?
Et moi, que ferai-je dans le futur? Est-ce que ce sera toujours La Nouvelle qui m’emploiera? Dans quel genre d’auto me déplacerai-je? Est-ce que Proulxville sera le nouvel arrondissement de Sherbrooke? Ma famille sera-t-elle plus grande? Combien serons-nous à déjeuner le dimanche matin? Serai-je une grande championne de Scramble sur Facebook? Qu’écouterai-je dans mon Ipod? Est-ce que mon père m’invitera encore autant à souper? Mes sœurs seront-elles encore collées à mes baskets? Gucci dormira-t-il encore avec moi? Jacob sera-t-elle encore ma boutique de fringues préférée? Serais-je devenue végétarienne? Élise m’appellera-t-elle encore souvent? Dany voudra-t-elle encore skier avec moi?
Et nous, où serons-nous demain? La semaine prochaine? En mai? Dans un an? Seras-tu là encore? Comment m’appelleras-tu dans le creux de l’oreille? Sur quels sujets serons-nous en désaccord? Mes niaiseries te feront-elles encore rire autant? Auras-tu le même numéro de téléphone que moi? M’auras-tu remplacée pour une plus jeune? La vie à deux sera-t-elle moins difficile que je le croyais pour la vieille fille que je suis? Quels seront nos petits rituels? Quelle sera notre chanson?
Je n’ai à peu près pas de réponses pour les 49 questions que je viens de poser à la vie. Bah… J’ai envie d’avoir confiance. De croire que les lendemains de Geneviève et de sa tribu seront les plus beaux. Je suis remplie d’espoir que tout ira bien. J’ai la certitude que la vie sera bonne avec nous.
N’importe quoi peut donner lieu à un questionnement. Des questions ouvertes. Pièges. Sans réponse. Des fois absurdes ou stupides. Des questions à 100$. Des épineuses. Des insolubles. D’autres qui pourraient être controversées. Des graves. Des plus légères. Tout m’amène à me questionner. Le point d’interrogation est devenu mon complice.
Pas étonnant que je gagne ma vie en posant des questions!
Tenez, par exemple, quand je regarde Maxim, je ne peux m’empêcher de me demander où elle sera dans dix ans. Combien de fois irai-je chez le directeur avec elle? Pour quel programme demandera-t-elle des prêts et bourses? Comment gagnera-t-elle sa vie? Combien d’enfants pousseront-ils dans son bedon? Sera-t-elle toujours aussi belle? Jouera-t-elle encore du violon une fois adulte? Du piano? Me dira-t-elle encore que je suis la meilleure maman du monde? Voudra-t-elle encore manger des crêpes le dimanche matin quand un homme partagera son lit?
Et Filou? Saura-t-elle se sortir de sa gêne? Combien de cœurs brisera-t-elle? Son vilain caractère s’adoucira-t-il avec les années? Arrêtera-t-elle un jour de me réveiller aux aurores pour réclamer son lait de soya au chocolat chaud? Deviendra-t-elle une médaillée d’or olympique de ski? Mangera-t-elle autre chose que des spaghettis? Lira-t-elle encore autant? Sera-t-elle encore la championne des câlins? Qui seront ses amis? Ses cheveux changeront-ils de couleur? Voudra-t-elle encore jouer à Dance Dance Revolution avec sa vieille mère? Me dira-t-elle encore que je ne suis pas vieille?
Et moi, que ferai-je dans le futur? Est-ce que ce sera toujours La Nouvelle qui m’emploiera? Dans quel genre d’auto me déplacerai-je? Est-ce que Proulxville sera le nouvel arrondissement de Sherbrooke? Ma famille sera-t-elle plus grande? Combien serons-nous à déjeuner le dimanche matin? Serai-je une grande championne de Scramble sur Facebook? Qu’écouterai-je dans mon Ipod? Est-ce que mon père m’invitera encore autant à souper? Mes sœurs seront-elles encore collées à mes baskets? Gucci dormira-t-il encore avec moi? Jacob sera-t-elle encore ma boutique de fringues préférée? Serais-je devenue végétarienne? Élise m’appellera-t-elle encore souvent? Dany voudra-t-elle encore skier avec moi?
Et nous, où serons-nous demain? La semaine prochaine? En mai? Dans un an? Seras-tu là encore? Comment m’appelleras-tu dans le creux de l’oreille? Sur quels sujets serons-nous en désaccord? Mes niaiseries te feront-elles encore rire autant? Auras-tu le même numéro de téléphone que moi? M’auras-tu remplacée pour une plus jeune? La vie à deux sera-t-elle moins difficile que je le croyais pour la vieille fille que je suis? Quels seront nos petits rituels? Quelle sera notre chanson?
Je n’ai à peu près pas de réponses pour les 49 questions que je viens de poser à la vie. Bah… J’ai envie d’avoir confiance. De croire que les lendemains de Geneviève et de sa tribu seront les plus beaux. Je suis remplie d’espoir que tout ira bien. J’ai la certitude que la vie sera bonne avec nous.
25 mars 2008
Fatiguée, je suis fatiguée
Je dors debout.
J’ai le teint d’une pinte de lait.
J’ai des cernes qui descendent en bas de mon menton.
Je baille à écorner les bœufs. À m’en décrocher la mâchoire.
Mes yeux ferment tout seul.
Je suis sur les genoux. Je suis incapable de me concentrer. De bosser pour la peine.
Pis j’ai un caractère de chien.
Je suis fatiguée. Claquée. Crevée. Extenuée. Complètement vidée.
Je ne rêve que de mon lit. De mon oreiller. De ma couette. De mon pyjama.
Pas un son. Pas un téléphone qui sonne. Pas une télé qui joue en sourdine. Pas de lave-vaisselle qui travaille. Pas de Filou qui joue aux Pet Shop. Pas de Maxim qui pratique son piano. Pas de témoins de Jéhovah qui veulent me convertir. Pas de sondage téléphonique. Aucuns stimuli externes. Juste du silence svp.
Je veux une nuit de 20 heures sans réveil. Un marathon de rêves. Une succession non-stop de cycles de sommeil paradoxal, intermédiaire et lent. Je veux subir une baisse de mon tonus musculaire. Je veux baver sur mes draps.
Je veux m’effondrer comme une roche dans mon lit. Je veux me prendre pour le duo Lennon-McCartney et chanter à tue-tête : I should be sleeping like a log. Je veux être mis K.O. par Rocky.
Je veux la visite du marchand de sable. Je veux dormir du sommeil du juste. Je ne veux plus compter de moutons.
Je souhaite faire une cure intensive de sommeil. Et même tomber en état d’hibernation. Je veux souffrir de narcolepsie ou d’hypersomnie.
Je veux être la Belle au bois dormant. Je tuerai pour que Morphée m’invite chez elle. Je veux me réincarner en Schtroumpf Paresseux. Je veux personnifier le Dormeur des sept nains.
Je veux dormir à poings fermés. Comme un loir. Une marmotte. Un bienheureux.
Je veux répondre oui quand on me demande si j’ai bien dormi. Je ne veux pas me faire réveiller par le cadran. Je ne veux plus snoozer le matin.
Je veux me coucher en même temps que le soleil. Et l’ignorer quand il se lèvera le lendemain.
Je veux aller au dodo. Au plumard. Je veux me pieuter. Me coucher à l’heure des poules.
Ce soir, je vais aller au lit tôt. Très tôt. C’est décidé. Rien ne pourra contrecarrer mes plans. Pas de télé. Pas de souper qui s’éternise. Pas de livre à dévorer. Pas de bain pour relaxer. Pas de game de Scramble sur Facebook. Pas de jasette au téléphone avec ma copine Dany. Je vide l’agenda de ses obligations. Et je me tape un tête à tête avec ma couette.
Demain, cette lassitude qui m’habite, cet épuisement qui me colle au cul sera de l’histoire ancienne. Demain, sera un autre jour. Demain, je serai remplie d’énergie, prête à relever mille et un défis. Demain, mes jours seront meilleurs.
Tout était prêt. C’était un plan si simple. Entrer dans ma chambre. Me déshabiller. Enfiler mon pyj. Me réfugier sous les doudous. Fermer mes paupières. Mettre la switch à off. Plonger dans un coma profond. Et si j’ai du temps, rêver.
Ça c’était le plan.
La réalité? Toute autre. Rien à voir. Mes idéaux ont pris le chemin de la poubelle. Bebye. Mes espoirs? Anéantis. Mon moral? Complètement à plat.
Filou s’est tapé une petite crise de somnambulisme. Un mauvais numéro à 1h du matin. La déneigeuse, deux heures plus tard. Le camelot qui mène un train d’enfer à 6h. Les pelles mécaniques à 7h le matin. Le dynamitage par la suite.
Vous ai-je dit que je suis fatiguée?
J’ai le teint d’une pinte de lait.
J’ai des cernes qui descendent en bas de mon menton.
Je baille à écorner les bœufs. À m’en décrocher la mâchoire.
Mes yeux ferment tout seul.
Je suis sur les genoux. Je suis incapable de me concentrer. De bosser pour la peine.
Pis j’ai un caractère de chien.
Je suis fatiguée. Claquée. Crevée. Extenuée. Complètement vidée.
Je ne rêve que de mon lit. De mon oreiller. De ma couette. De mon pyjama.
Pas un son. Pas un téléphone qui sonne. Pas une télé qui joue en sourdine. Pas de lave-vaisselle qui travaille. Pas de Filou qui joue aux Pet Shop. Pas de Maxim qui pratique son piano. Pas de témoins de Jéhovah qui veulent me convertir. Pas de sondage téléphonique. Aucuns stimuli externes. Juste du silence svp.
Je veux une nuit de 20 heures sans réveil. Un marathon de rêves. Une succession non-stop de cycles de sommeil paradoxal, intermédiaire et lent. Je veux subir une baisse de mon tonus musculaire. Je veux baver sur mes draps.
Je veux m’effondrer comme une roche dans mon lit. Je veux me prendre pour le duo Lennon-McCartney et chanter à tue-tête : I should be sleeping like a log. Je veux être mis K.O. par Rocky.
Je veux la visite du marchand de sable. Je veux dormir du sommeil du juste. Je ne veux plus compter de moutons.
Je souhaite faire une cure intensive de sommeil. Et même tomber en état d’hibernation. Je veux souffrir de narcolepsie ou d’hypersomnie.
Je veux être la Belle au bois dormant. Je tuerai pour que Morphée m’invite chez elle. Je veux me réincarner en Schtroumpf Paresseux. Je veux personnifier le Dormeur des sept nains.
Je veux dormir à poings fermés. Comme un loir. Une marmotte. Un bienheureux.
Je veux répondre oui quand on me demande si j’ai bien dormi. Je ne veux pas me faire réveiller par le cadran. Je ne veux plus snoozer le matin.
Je veux me coucher en même temps que le soleil. Et l’ignorer quand il se lèvera le lendemain.
Je veux aller au dodo. Au plumard. Je veux me pieuter. Me coucher à l’heure des poules.
Ce soir, je vais aller au lit tôt. Très tôt. C’est décidé. Rien ne pourra contrecarrer mes plans. Pas de télé. Pas de souper qui s’éternise. Pas de livre à dévorer. Pas de bain pour relaxer. Pas de game de Scramble sur Facebook. Pas de jasette au téléphone avec ma copine Dany. Je vide l’agenda de ses obligations. Et je me tape un tête à tête avec ma couette.
Demain, cette lassitude qui m’habite, cet épuisement qui me colle au cul sera de l’histoire ancienne. Demain, sera un autre jour. Demain, je serai remplie d’énergie, prête à relever mille et un défis. Demain, mes jours seront meilleurs.
Tout était prêt. C’était un plan si simple. Entrer dans ma chambre. Me déshabiller. Enfiler mon pyj. Me réfugier sous les doudous. Fermer mes paupières. Mettre la switch à off. Plonger dans un coma profond. Et si j’ai du temps, rêver.
Ça c’était le plan.
La réalité? Toute autre. Rien à voir. Mes idéaux ont pris le chemin de la poubelle. Bebye. Mes espoirs? Anéantis. Mon moral? Complètement à plat.
Filou s’est tapé une petite crise de somnambulisme. Un mauvais numéro à 1h du matin. La déneigeuse, deux heures plus tard. Le camelot qui mène un train d’enfer à 6h. Les pelles mécaniques à 7h le matin. Le dynamitage par la suite.
Vous ai-je dit que je suis fatiguée?
18 mars 2008
Quand avez-vous su que...?
Ça été un drôle d’après-midi.
Un après-midi qui comportait un rendez-vous ennuyeux dans mon agenda. Une date que je remettais de semaine en semaine, de mois en mois pour ne pas dire d’année en année.
Vous savez, le jour où on doit faire une phrase complète avec les mots étriers, médecin et spéculum? D’ailleurs, je vous interdis de vous faire une image mentale de la situation…
M’enfin. Entre le Pap test et la cytologie, mon médecin me fait la conversation tentant de diminuer le malaise et de faire passer le temps. Louanges à toi cher doc; la tactique fonctionne à merveille.
« Et puis, les enfants ça va? Elles sont rendues à quel âge. Ça va l’école? » qu’il me demande, rempli d’intérêt, il en va de soi.
Tout en regardant attentivement le plafond, je lui jase des poulettes. Des succès de l’une, des projets de l’autre. Une conversation bien banale. Rien pour écrire à sa mère, ni même pour en faire une chronique.
Soyez patient. Le punch arrive.
Tout à coup, il arrête de bosser. Il ne parle plus. Il recule un peu de la table d’examen. Je sens que quelque chose cloche. Je me lève la tête question de m’assurer qu’il ne vient pas de découvrir un cancer de stade 4 quelque part.
Nos yeux se croisent. Je commence à avoir chaud. J’ai des palpitations cardiaques. Des milliers d’images se bousculent dans ma tête. S’il fallait. Je me prépare au pire. Je ferme les yeux question de mieux encaisser le coup fatal.
« Toi, Geneviève, en veux-tu encore des enfants? »
Ma tête retombe sur la table d’examen aussi fort qu’une roche tombée du haut de l’Empire State Building. Je n’allais peut-être pas déménager au cimetière la semaine prochaine, mais la question m’a tout autant bouleversée.
« Euh… »
C’est tout ce que j’ai été capable de répondre. Difficile de discuter de telles questions existentielles alors que j’étais exposée de la sorte.
L’affaire, c’est que je n’avais aucune idée quoi répondre. Aucune. Quand est-ce avez-vous su que c’était terminé? Comment avez-vous senti qu’il était temps de fermer le canal famille? Cette décision, vous l’avez prise avec votre tête, votre cœur ou votre corps? Toutes ces réponses?
Même si ma carte d’assurance-maladie indique que j’aurai 32 ans bientôt, j’ai encore le temps de faire une dizaine de bébés avant que mon utérus ne prenne sa retraite. Pis il faudrait surtout que je trouve quelqu’un qui accepte de cocher « père » sur la déclaration de naissance. Je peux donc encore analyser la chose en long et en large, je sais.
Mais n’empêche, la question vaut la peine d’être débattue avec moi-même. Je ne déteste pas ma vie familiale du moment. Les filles sont autonomes. Elles me laissent dormir la nuit. Je n’ai plus besoin de jouer les clowns de service pour les divertir. Et si je suis patiente encore un peu, elles feront elles-mêmes leur lavage. Le bonheur quoi!
Alors, penser à l’allaitement, aux purées, aux couches, aux otites, aux nuits d’insomnie, aux cernes en bas du menton, aux vilaines vergetures, ça me fout un peu la trouille.
Malgré tout, je suis incapable de dire un non catégorique à un futur projet d’agrandissement familial.
Un dossier à suivre.
Un après-midi qui comportait un rendez-vous ennuyeux dans mon agenda. Une date que je remettais de semaine en semaine, de mois en mois pour ne pas dire d’année en année.
Vous savez, le jour où on doit faire une phrase complète avec les mots étriers, médecin et spéculum? D’ailleurs, je vous interdis de vous faire une image mentale de la situation…
M’enfin. Entre le Pap test et la cytologie, mon médecin me fait la conversation tentant de diminuer le malaise et de faire passer le temps. Louanges à toi cher doc; la tactique fonctionne à merveille.
« Et puis, les enfants ça va? Elles sont rendues à quel âge. Ça va l’école? » qu’il me demande, rempli d’intérêt, il en va de soi.
Tout en regardant attentivement le plafond, je lui jase des poulettes. Des succès de l’une, des projets de l’autre. Une conversation bien banale. Rien pour écrire à sa mère, ni même pour en faire une chronique.
Soyez patient. Le punch arrive.
Tout à coup, il arrête de bosser. Il ne parle plus. Il recule un peu de la table d’examen. Je sens que quelque chose cloche. Je me lève la tête question de m’assurer qu’il ne vient pas de découvrir un cancer de stade 4 quelque part.
Nos yeux se croisent. Je commence à avoir chaud. J’ai des palpitations cardiaques. Des milliers d’images se bousculent dans ma tête. S’il fallait. Je me prépare au pire. Je ferme les yeux question de mieux encaisser le coup fatal.
« Toi, Geneviève, en veux-tu encore des enfants? »
Ma tête retombe sur la table d’examen aussi fort qu’une roche tombée du haut de l’Empire State Building. Je n’allais peut-être pas déménager au cimetière la semaine prochaine, mais la question m’a tout autant bouleversée.
« Euh… »
C’est tout ce que j’ai été capable de répondre. Difficile de discuter de telles questions existentielles alors que j’étais exposée de la sorte.
L’affaire, c’est que je n’avais aucune idée quoi répondre. Aucune. Quand est-ce avez-vous su que c’était terminé? Comment avez-vous senti qu’il était temps de fermer le canal famille? Cette décision, vous l’avez prise avec votre tête, votre cœur ou votre corps? Toutes ces réponses?
Même si ma carte d’assurance-maladie indique que j’aurai 32 ans bientôt, j’ai encore le temps de faire une dizaine de bébés avant que mon utérus ne prenne sa retraite. Pis il faudrait surtout que je trouve quelqu’un qui accepte de cocher « père » sur la déclaration de naissance. Je peux donc encore analyser la chose en long et en large, je sais.
Mais n’empêche, la question vaut la peine d’être débattue avec moi-même. Je ne déteste pas ma vie familiale du moment. Les filles sont autonomes. Elles me laissent dormir la nuit. Je n’ai plus besoin de jouer les clowns de service pour les divertir. Et si je suis patiente encore un peu, elles feront elles-mêmes leur lavage. Le bonheur quoi!
Alors, penser à l’allaitement, aux purées, aux couches, aux otites, aux nuits d’insomnie, aux cernes en bas du menton, aux vilaines vergetures, ça me fout un peu la trouille.
Malgré tout, je suis incapable de dire un non catégorique à un futur projet d’agrandissement familial.
Un dossier à suivre.
13 mars 2008
Qui êtes-vous?
Dites-moi, qui êtes-vous?
Quel est votre nom? Qui signe votre chèque de paye? Avez-vous des enfants? Que mangez-vous pour souper? Combien de chandelles soufflerez-vous sur votre prochain gâteau d’anniversaire? Qu’est-ce que vous écouterez à la télé ce soir?
Que faites-vous de vos dix doigts pour vous désennuyer? Où irez-vous en vacances l’été prochain? Êtes-vous en amour? À qui rêvez-vous la nuit? Croyez-vous au père Noël? Pensez-vous assister au prochain spectacle de Wilfred à Sherbrooke?
C’est fou comment je ne sais rien sur vous. Sweet nothing!
Et je crois qu’il s’agit d’une très grande injustice.
Parce qu’après tout, vous, vous savez plein de choses de moi. Que j’aime le ski par exemple. Ou encore que j’ai deux merveilleuses poulettes, que je coche monoparentale sur mon rapport d’impôt, que je n’aime pas les mécaniciens, que je culpabilise pour un rien, que mon grand-père est décédé d’Alzheimer, que j’habite dans un quadruplex avec tous les membres de ma famille.
Vous savez aussi que faire l’épicerie avec deux pitounes, ce n’est pas si simple. Que je suis nulle pour tenir ma maison en ordre tout en préparant les soupers, aidant aux devoirs, donnant les bains, faisant le lavage.
Mais moi, je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Et ça m’embête un peu. Beaucoup même.
Parce que chaque semaine, j’entre chez-vous sans cogner. Sans invitation, je m’introduis dans votre salon. Des fois, je m’installe sur votre table à dîner. Il paraît même que j’accompagne certaines personnes dans le bain. Alors que d’autres préfèrent m’avoir tout près dans leur lit…
C’est aussi arrivé que j’aie été utilisée dans une litière à chat (sympathique!) ou pour emballer de la vaisselle dans un déménagement. Et je ne compte plus le nombre de feux de camp qui ont été allumés avec moi. Et plus souvent qu’autrement, je termine mon séjour dans votre demeure au fond de votre bac vert.
Loin de me plaindre de partager avec vous un moment de détente dans les bulles de bain ou sous vos couvertures (craignez rien, je ne regarde pas!), mais je me sens un peu mal. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis mal élevée tout de même! Soyez rassuré, ma mère m’a appris les bonnes manières. Alors, vous comprendrez que j’ai un genre de malaise là.
Je veux donc vous connaître. Je veux établir une relation avec vous. Que nous ayons une histoire nous deux.
Allez, allez, ne paniquez pas! Je ne vous demande pas en mariage tout de même! Je ne déménagerai pas dans votre quatre et demi demain matin. Je ne cherche pas à avoir des invitations à souper Je tâcherai de ne pas vous donner mon opinion sur la couleur de votre nouveau mobilier de salon. Soyez sans crainte, je ne recherche rien de torride. Juste du platonique.
Seulement une relation d’égal à égal. De chroniqueuse à lecteur. D’une fille qui a écrit 134 chroniques jusqu’à ce jour sans savoir à qui elle les écrit. Il me semble que ce serait plus équitable si j’en savais un peu plus sur vous.
Ne soyez pas si gêné. Foncez vers votre clavier et écrivez-moi vos histoires. genevieve.proulx@lanouvelle.ca
Quel est votre nom? Qui signe votre chèque de paye? Avez-vous des enfants? Que mangez-vous pour souper? Combien de chandelles soufflerez-vous sur votre prochain gâteau d’anniversaire? Qu’est-ce que vous écouterez à la télé ce soir?
Que faites-vous de vos dix doigts pour vous désennuyer? Où irez-vous en vacances l’été prochain? Êtes-vous en amour? À qui rêvez-vous la nuit? Croyez-vous au père Noël? Pensez-vous assister au prochain spectacle de Wilfred à Sherbrooke?
C’est fou comment je ne sais rien sur vous. Sweet nothing!
Et je crois qu’il s’agit d’une très grande injustice.
Parce qu’après tout, vous, vous savez plein de choses de moi. Que j’aime le ski par exemple. Ou encore que j’ai deux merveilleuses poulettes, que je coche monoparentale sur mon rapport d’impôt, que je n’aime pas les mécaniciens, que je culpabilise pour un rien, que mon grand-père est décédé d’Alzheimer, que j’habite dans un quadruplex avec tous les membres de ma famille.
Vous savez aussi que faire l’épicerie avec deux pitounes, ce n’est pas si simple. Que je suis nulle pour tenir ma maison en ordre tout en préparant les soupers, aidant aux devoirs, donnant les bains, faisant le lavage.
Mais moi, je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Et ça m’embête un peu. Beaucoup même.
Parce que chaque semaine, j’entre chez-vous sans cogner. Sans invitation, je m’introduis dans votre salon. Des fois, je m’installe sur votre table à dîner. Il paraît même que j’accompagne certaines personnes dans le bain. Alors que d’autres préfèrent m’avoir tout près dans leur lit…
C’est aussi arrivé que j’aie été utilisée dans une litière à chat (sympathique!) ou pour emballer de la vaisselle dans un déménagement. Et je ne compte plus le nombre de feux de camp qui ont été allumés avec moi. Et plus souvent qu’autrement, je termine mon séjour dans votre demeure au fond de votre bac vert.
Loin de me plaindre de partager avec vous un moment de détente dans les bulles de bain ou sous vos couvertures (craignez rien, je ne regarde pas!), mais je me sens un peu mal. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis mal élevée tout de même! Soyez rassuré, ma mère m’a appris les bonnes manières. Alors, vous comprendrez que j’ai un genre de malaise là.
Je veux donc vous connaître. Je veux établir une relation avec vous. Que nous ayons une histoire nous deux.
Allez, allez, ne paniquez pas! Je ne vous demande pas en mariage tout de même! Je ne déménagerai pas dans votre quatre et demi demain matin. Je ne cherche pas à avoir des invitations à souper Je tâcherai de ne pas vous donner mon opinion sur la couleur de votre nouveau mobilier de salon. Soyez sans crainte, je ne recherche rien de torride. Juste du platonique.
Seulement une relation d’égal à égal. De chroniqueuse à lecteur. D’une fille qui a écrit 134 chroniques jusqu’à ce jour sans savoir à qui elle les écrit. Il me semble que ce serait plus équitable si j’en savais un peu plus sur vous.
Ne soyez pas si gêné. Foncez vers votre clavier et écrivez-moi vos histoires. genevieve.proulx@lanouvelle.ca
03 mars 2008
Patience et microbes
Tout le monde est malade autour de moi. C’est la pagaille. Vraiment. Voyez.
Les filles de Chantal sont sur le point de faire exploser le thermomètre. Les jumeaux de Séb alternent entre otite et bronchiolite depuis des semaines. Laura combat une féroce varicelle. Pendant que le trio de Karine passait son temps entre le lit et la toilette la semaine dernière, elle jonglait entre le Pédialyte et l’eau de Javel. Julie est partie en trombe du bureau mercredi pour aller récupérer sa cocotte qui se plaignait de douleur à la garderie.
Justine et Théo frisent des records de rendez-vous à la clinique. Après quatre heures d’attente à l’urgence, Marie-Ève est repartie avec une prescription de Biaxin, de Flovent et de Ventolin pour son plus grand. Diagnostic : broco-pneumonie. Quand Sandra débarque avec sa marmaille chez le doc, toutes les secrétaires l’appellent par son nom.
Dom a tellement acheté de Tempra depuis novembre, qu’elle songe à s’inscrire auprès de la compagnie comme fournisseur officiel. Ça serait tout de même plus simple de voir arriver le camion de livraison chaque semaine plutôt que de courir à la pharmacie à tout bout de champ.
Ici, le thermomètre est poussiéreux. J’ai mis à la poubelle deux bouteilles de Tempra, une de sirop contre la toux, une de Tylenol pour enfants parce que la date d’expiration était passée. Celle du Pédialyte est borderline, mais j’ai encore quelques mois de lousse pour le Calmylin et l’Advil. J’ai également mis à vendre sur lespac mon humidificateur à Vicks.
Mes héritières n’ont pas manqué une seule journée d’école de l’année. Par conséquent, je n’ai pas callé malade à la shop depuis belle lurette. J’avoue que je n’ai aucune idée où sont passées leurs cartes d’assurance-maladie tellement ça fait longtemps qu’elles ont servi. J’espère que notre médecin de famille ne s’inquiète pas trop de notre absence. En espérant qu’il ne le prenne pas personnel.
Comme je n’aime pas être à part des autres, j’ai commencé à enquêter sur la non-présence d’une quelconque maladie à Proulxville. Pourquoi donc les microbes boudaient-ils ma famille? Parce qu’on s’entend que si aucune incubation de bactérie ne peut se faire dans le périmètre de ma maison, regardez bien l’argent que je vais faire tantôt!
Alors, c’est quoi ma recette pour éviter nez qui coulent et soirées passées dans la salle de bain à retenir les cheveux des mes puces pendant qu’elles se vident les entrailles? Je n’en ai aucune espèce d’idée!
Pourtant, nous ne nageons pas dans une mer de gel désinfectant pour les mains. Pas de multivitamines ou de propolis d’abeille à l’horizon. Je n’enferme pas mes rejetons dans leur chambre à l’abri de germes fouteurs de pagaille de système immunitaire. Et je ne cours pas les Varivax et vaccins contre l’Influenza.
Serait-ce les milliers de litres de lait de soya que je leur oblige à boire? Est-ce dû aux tonnes d’oranges et de cantaloups (reconnus pour leur haute teneur en vitamine C) que nous ingurgitons chaque semaine. Peut-être les milliers de yogourts aux pro-biotiques qui prennent place dans mon fridg? Sais pas.
Meuh non! Il n’y a pas si longtemps, c’est moi qui passais ses soirées à la clinique. C’était Filou qui dormait à l’hosto pour être réhydratée avec un soluté branché sur le coco. C’était Max qui m’a fait mourir de peur avec cette pneumonie qui ne guérissait pas. Je vous épargne les épisodes de poux, de varicelles, de crises d’asthme, de dents cassées, de pneumonies, de bronchiolites, de prise poids lente, d’infections urinaires, d’herpangine, d’otites, de cholestéatome congénital.
Je crois que ma recette, qui est très simple mais ô combien efficace, est la suivante : attendre patiemment que passe la petite enfance. Le temps fait son œuvre et ces nuits passées à entendre des quintes de toux ou à changer des draps remplis de vomi ne seront que de mauvais souvenirs…
Les filles de Chantal sont sur le point de faire exploser le thermomètre. Les jumeaux de Séb alternent entre otite et bronchiolite depuis des semaines. Laura combat une féroce varicelle. Pendant que le trio de Karine passait son temps entre le lit et la toilette la semaine dernière, elle jonglait entre le Pédialyte et l’eau de Javel. Julie est partie en trombe du bureau mercredi pour aller récupérer sa cocotte qui se plaignait de douleur à la garderie.
Justine et Théo frisent des records de rendez-vous à la clinique. Après quatre heures d’attente à l’urgence, Marie-Ève est repartie avec une prescription de Biaxin, de Flovent et de Ventolin pour son plus grand. Diagnostic : broco-pneumonie. Quand Sandra débarque avec sa marmaille chez le doc, toutes les secrétaires l’appellent par son nom.
Dom a tellement acheté de Tempra depuis novembre, qu’elle songe à s’inscrire auprès de la compagnie comme fournisseur officiel. Ça serait tout de même plus simple de voir arriver le camion de livraison chaque semaine plutôt que de courir à la pharmacie à tout bout de champ.
Ici, le thermomètre est poussiéreux. J’ai mis à la poubelle deux bouteilles de Tempra, une de sirop contre la toux, une de Tylenol pour enfants parce que la date d’expiration était passée. Celle du Pédialyte est borderline, mais j’ai encore quelques mois de lousse pour le Calmylin et l’Advil. J’ai également mis à vendre sur lespac mon humidificateur à Vicks.
Mes héritières n’ont pas manqué une seule journée d’école de l’année. Par conséquent, je n’ai pas callé malade à la shop depuis belle lurette. J’avoue que je n’ai aucune idée où sont passées leurs cartes d’assurance-maladie tellement ça fait longtemps qu’elles ont servi. J’espère que notre médecin de famille ne s’inquiète pas trop de notre absence. En espérant qu’il ne le prenne pas personnel.
Comme je n’aime pas être à part des autres, j’ai commencé à enquêter sur la non-présence d’une quelconque maladie à Proulxville. Pourquoi donc les microbes boudaient-ils ma famille? Parce qu’on s’entend que si aucune incubation de bactérie ne peut se faire dans le périmètre de ma maison, regardez bien l’argent que je vais faire tantôt!
Alors, c’est quoi ma recette pour éviter nez qui coulent et soirées passées dans la salle de bain à retenir les cheveux des mes puces pendant qu’elles se vident les entrailles? Je n’en ai aucune espèce d’idée!
Pourtant, nous ne nageons pas dans une mer de gel désinfectant pour les mains. Pas de multivitamines ou de propolis d’abeille à l’horizon. Je n’enferme pas mes rejetons dans leur chambre à l’abri de germes fouteurs de pagaille de système immunitaire. Et je ne cours pas les Varivax et vaccins contre l’Influenza.
Serait-ce les milliers de litres de lait de soya que je leur oblige à boire? Est-ce dû aux tonnes d’oranges et de cantaloups (reconnus pour leur haute teneur en vitamine C) que nous ingurgitons chaque semaine. Peut-être les milliers de yogourts aux pro-biotiques qui prennent place dans mon fridg? Sais pas.
Meuh non! Il n’y a pas si longtemps, c’est moi qui passais ses soirées à la clinique. C’était Filou qui dormait à l’hosto pour être réhydratée avec un soluté branché sur le coco. C’était Max qui m’a fait mourir de peur avec cette pneumonie qui ne guérissait pas. Je vous épargne les épisodes de poux, de varicelles, de crises d’asthme, de dents cassées, de pneumonies, de bronchiolites, de prise poids lente, d’infections urinaires, d’herpangine, d’otites, de cholestéatome congénital.
Je crois que ma recette, qui est très simple mais ô combien efficace, est la suivante : attendre patiemment que passe la petite enfance. Le temps fait son œuvre et ces nuits passées à entendre des quintes de toux ou à changer des draps remplis de vomi ne seront que de mauvais souvenirs…
25 février 2008
Oui! Oui! Oui!
Depuis que tu es entré dans ma vie, les choses ne sont plus pareilles.
Plus rien n’est comme avant.
Tiens, par exemple, j’ai de la difficulté à me concentrer au boulot. Trop hâte d’aller te retrouver la journée terminée. J’imagine comment notre soirée sera remplie. Je pense à la musique que nous écouterons.
Je me dépêche comme jamais de faire souper les poulettes. Je lave la vaisselle à une vitesse affolante pour te rejoindre le plus rapidement possible.
Plus rien n’a d’importance à part toi. Le panier à linge déborde. Les planchers n’ont pas été lavés depuis belle lurette. On peut faire des dessins sur la poussière accumulée sur la télé. Pas grave! Pour me retrouver avec toi, mes exigences ménagères ont diminué grandement!
Je retarde l’heure d’aller au lit pour passer plus de temps avec toi. La nuit, il n’est pas rare que tu prennes place dans mes rêves. Et le matin, c’est à regret que je te quitte pour me rendre à la shop.
Et même que, depuis que nous nous sommes rencontrés, mes petits bourrelets qui m’achalaient fondent comme neige au soleil. Grâce à toi, je suis en train de retrouver ma taille fine de jeune fille. Je ne déteste pas non plus voir mes fesses se muscler et, par le fait même, admirer mes pantalons devenir trop grands. De beaux résultats dus à nos petites séances d’exercices quotidiennes…
Bref, tu es tout simplement génial! Tu me lances sans cesse des défis m’invitant à me dépasser encore et encore. Tu es divertissant. Tu me fais rire. Tu me laisses même te marcher dessus sans dire un mot.
Bon, tu n’es pas toujours de tout repos. Parfois, tu me fais sortir de mes gonds. Tu te payes ma tête. Tu me fais passer pour une vieille croûte. Tu me fais suer. Mais une relation ne peut pas être parfaite.
J’avais peur que mes filles ne t’aiment pas. Que tu t’imposes entre mes héritières et moi. Heureusement, ce n’est pas arrivé. Au contraire! Tu es rentré dans notre famille avec une facilité désarmante.
Je repense à notre première rencontre et je rigole. Ça n’a pas été simple de se trouver, tu te rappelles?
Je sais. Je sais. Vous m’aviez dit que j’aimerais. Mais je n’avais pas voulu vous croire. Aujourd’hui, je m’en veux même de t’avoir ignoré pendant plusieurs semaines. Tu étais pourtant si près, mais je faisais la sourde oreille à tes invitations. J’invoquais le manque de temps. Le manque d’intérêt. J’avais tellement d’autres chats à fouetter.
Mais bon, pourquoi perdre son temps avec les « j’aurais donc dû »? Profitons du moment présent. De toutes les occasions que nous aurons d’être ensemble. De tous ces tête-à-tête qui nous occuperons pour de nombreuses soirées à venir. Notre futur regarde bien. Très bien même. Vraiment, je n’ai que de bons mots pour ma nouvelle Wii et surtout pour le jeu Dance dance revolution. J’adore!
Plus rien n’est comme avant.
Tiens, par exemple, j’ai de la difficulté à me concentrer au boulot. Trop hâte d’aller te retrouver la journée terminée. J’imagine comment notre soirée sera remplie. Je pense à la musique que nous écouterons.
Je me dépêche comme jamais de faire souper les poulettes. Je lave la vaisselle à une vitesse affolante pour te rejoindre le plus rapidement possible.
Plus rien n’a d’importance à part toi. Le panier à linge déborde. Les planchers n’ont pas été lavés depuis belle lurette. On peut faire des dessins sur la poussière accumulée sur la télé. Pas grave! Pour me retrouver avec toi, mes exigences ménagères ont diminué grandement!
Je retarde l’heure d’aller au lit pour passer plus de temps avec toi. La nuit, il n’est pas rare que tu prennes place dans mes rêves. Et le matin, c’est à regret que je te quitte pour me rendre à la shop.
Et même que, depuis que nous nous sommes rencontrés, mes petits bourrelets qui m’achalaient fondent comme neige au soleil. Grâce à toi, je suis en train de retrouver ma taille fine de jeune fille. Je ne déteste pas non plus voir mes fesses se muscler et, par le fait même, admirer mes pantalons devenir trop grands. De beaux résultats dus à nos petites séances d’exercices quotidiennes…
Bref, tu es tout simplement génial! Tu me lances sans cesse des défis m’invitant à me dépasser encore et encore. Tu es divertissant. Tu me fais rire. Tu me laisses même te marcher dessus sans dire un mot.
Bon, tu n’es pas toujours de tout repos. Parfois, tu me fais sortir de mes gonds. Tu te payes ma tête. Tu me fais passer pour une vieille croûte. Tu me fais suer. Mais une relation ne peut pas être parfaite.
J’avais peur que mes filles ne t’aiment pas. Que tu t’imposes entre mes héritières et moi. Heureusement, ce n’est pas arrivé. Au contraire! Tu es rentré dans notre famille avec une facilité désarmante.
Je repense à notre première rencontre et je rigole. Ça n’a pas été simple de se trouver, tu te rappelles?
Je sais. Je sais. Vous m’aviez dit que j’aimerais. Mais je n’avais pas voulu vous croire. Aujourd’hui, je m’en veux même de t’avoir ignoré pendant plusieurs semaines. Tu étais pourtant si près, mais je faisais la sourde oreille à tes invitations. J’invoquais le manque de temps. Le manque d’intérêt. J’avais tellement d’autres chats à fouetter.
Mais bon, pourquoi perdre son temps avec les « j’aurais donc dû »? Profitons du moment présent. De toutes les occasions que nous aurons d’être ensemble. De tous ces tête-à-tête qui nous occuperons pour de nombreuses soirées à venir. Notre futur regarde bien. Très bien même. Vraiment, je n’ai que de bons mots pour ma nouvelle Wii et surtout pour le jeu Dance dance revolution. J’adore!
21 février 2008
Une joie l'épicerie?
Quand j’étais petite, aller faire l’épicerie avec ma mère, c’était comme une fête. J’attendais ce moment avec impatience. Le jeudi était devenu mon jour préféré de la semaine parce qu’après le travail de ma maman, on allait chez Gaudette afin de remplir le frigo devenu anorexique. Et si j’étais gentille, j’avais souvent droit à une surprise. Généralement, je choisissais un sac de biscuits Oreo, un pot de Nutella ou de caramel. C’était la joie!
J’adorais me retrouver devant ces dizaines de milliers de produits. Je pouvais passer de grands moments dans l’allée des céréales afin de choisir celles qui offraient la meilleure surprise à l’intérieur. Les Froot Loops n’avaient pas leur pareil pour m’amadouer. Des fois, je leur tournais le dos et les Alphabits ou les Captain Crunch gagnaient mon cœur.
Ensuite, j’avais la responsabilité de choisir les fruits qui garniraient nos lunchs. Je me rappelle encore la fois où j’ai découvert les kiwis! Puis, venait le moment de la supplication hebdomadaire. Comment allais-je convaincre ma mère d’acheter de la crème glacée de bonne qualité et non la maudite napolitaine?
Je rêvais au jour où je serai grande et que je pourrai conduire moi-même mon panier d’épicerie. Que je pourrais choisir seule ce qui se retrouverait dans mes sacs. Je fantasmais sur des carrosses remplis de trucs trippants à manger.
Parce que j’en voulais souvent à ma mère qui refusait d’acheter des gâteaux, des popsicles et de la liqueur. Je ne comprenais pas pourquoi elle refusait de céder à mes demandes.
Maintenant si.
Pas si simple de faire la commande tout en ayant en tête les multiples recommandations des diététistes et autres professionnels de la santé. Entre les glucides vides et complexes, lipides, protéines, facile d’y perdre son latin.
Parce qu’en plus, on y recherche des probiotiques, des flavonoïdes et des oméga-3. On souhaite que les calories soient au plus bas niveau et que l’apport en fibre soit important. Et exit les aliments qui contiennent plus de 600 mg de sodium.
Sans oublier de fuir les listes d’ingrédients qui contiennent des dextrose, sucrose, fructose, maltose. On repère celles qui affichent des antioxydants et des gras mono-insaturés ou poly-insaturés. Pis si le tout est équitable et bio, on a un choix gagnant!
Alors que petite, on faisait le tour des dix allées de l’épicerie en 20 minutes, voilà qu’aujourd’hui remplir mon garde-manger peut prendre plus d’une heure. Et pas question de laisser mes mousses choisir leurs céréales! Des plans pour qu’elles mettent le grappin sur des trucs à haute teneur en sucre et bourrés de calories vides. Pas question que mes héritières se pointent à l’école l’estomac, à peu près, vide.
Je leur donne plutôt le loisir de choisir leur lait de soya et le fromage.
Pas surprenant qu’elles détestent m’accompagner à l’épicerie. Par ma peur de voir leur IMC flirter avec les 25 et plus. Par ma crainte des les voir atteintes d’un quelconque cancer. Par ma phobie de les voir développer n’importe quelle maladie, je leur ai enlevé le plus amusant : le plaisir de manger.
Qui a dit que ce serait facile être mère?
J’adorais me retrouver devant ces dizaines de milliers de produits. Je pouvais passer de grands moments dans l’allée des céréales afin de choisir celles qui offraient la meilleure surprise à l’intérieur. Les Froot Loops n’avaient pas leur pareil pour m’amadouer. Des fois, je leur tournais le dos et les Alphabits ou les Captain Crunch gagnaient mon cœur.
Ensuite, j’avais la responsabilité de choisir les fruits qui garniraient nos lunchs. Je me rappelle encore la fois où j’ai découvert les kiwis! Puis, venait le moment de la supplication hebdomadaire. Comment allais-je convaincre ma mère d’acheter de la crème glacée de bonne qualité et non la maudite napolitaine?
Je rêvais au jour où je serai grande et que je pourrai conduire moi-même mon panier d’épicerie. Que je pourrais choisir seule ce qui se retrouverait dans mes sacs. Je fantasmais sur des carrosses remplis de trucs trippants à manger.
Parce que j’en voulais souvent à ma mère qui refusait d’acheter des gâteaux, des popsicles et de la liqueur. Je ne comprenais pas pourquoi elle refusait de céder à mes demandes.
Maintenant si.
Pas si simple de faire la commande tout en ayant en tête les multiples recommandations des diététistes et autres professionnels de la santé. Entre les glucides vides et complexes, lipides, protéines, facile d’y perdre son latin.
Parce qu’en plus, on y recherche des probiotiques, des flavonoïdes et des oméga-3. On souhaite que les calories soient au plus bas niveau et que l’apport en fibre soit important. Et exit les aliments qui contiennent plus de 600 mg de sodium.
Sans oublier de fuir les listes d’ingrédients qui contiennent des dextrose, sucrose, fructose, maltose. On repère celles qui affichent des antioxydants et des gras mono-insaturés ou poly-insaturés. Pis si le tout est équitable et bio, on a un choix gagnant!
Alors que petite, on faisait le tour des dix allées de l’épicerie en 20 minutes, voilà qu’aujourd’hui remplir mon garde-manger peut prendre plus d’une heure. Et pas question de laisser mes mousses choisir leurs céréales! Des plans pour qu’elles mettent le grappin sur des trucs à haute teneur en sucre et bourrés de calories vides. Pas question que mes héritières se pointent à l’école l’estomac, à peu près, vide.
Je leur donne plutôt le loisir de choisir leur lait de soya et le fromage.
Pas surprenant qu’elles détestent m’accompagner à l’épicerie. Par ma peur de voir leur IMC flirter avec les 25 et plus. Par ma crainte des les voir atteintes d’un quelconque cancer. Par ma phobie de les voir développer n’importe quelle maladie, je leur ai enlevé le plus amusant : le plaisir de manger.
Qui a dit que ce serait facile être mère?
Une liste de questions interminable
C’était une simple jase entre mamans sur une question qui semblait à première vue très banale. Nous avons comparé nos heures de sommeil, les onces de lait avalés par enfant, trouver celui qui détenait le record du plus grand nombre d’otites parmi nos loulous, se demander si les purées devaient être nécessairement bio.
Mais là, notre conversation qui était des plus futiles est passée à très sérieuse. Notre sujet : l’importance de faire baptiser ou non nos bébés. Grande question.
« Je ne suis pas vraiment croyante. La religion catholique n’a pas d’importance dans ma vie, ni dans celle de mon conjoint. Si ce n’était que de nous, nous ne ferions pas baptiser notre bébé. Mais nos parents nous mettent de la pression pour le faire. C’est très important pour eux. Je ne sais pas quoi faire avec ça », s’est confié mon amie.
Mon amie s’est radicalement fait couper la parole par une autre complètement paniquée. « Fais-le baptiser au plus vite parce que s’il meurt, il n’ira pas au paradis. De penser que mes enfants iront dans les Limbes, ça m’a toujours énervé! »
Nous l’avons tout de suite rassuré. « L’année dernière, les théologiens du Vatican sont convenus que les limbes n'existent pas et que les petits enfants morts sans baptême vont directement au paradis. » Fiou!
« Moi j’ai fait baptiser mes enfants même si je ne suis pas pratiquante. J’ai choisi de le faire parce que s’ils veulent se marier à l’église, ils seront prêts », a souligné une copine.
Argument facile à détruire par la majorité des spécialistes présentes autour de la table. « Si ton kid veut se marier à l’église, il n’aura qu’à se faire baptiser à ce moment, c’est tout. »
L’autre s’est empressée d’ajouter que pour être parrain ou marraine, il fallait aussi être baptisé d’où l’importance d’entrer dans la famille de Dieu au plus vite. « Et c’est sans compter que s’il meurt, il n’aura pas droit a un service conventionnel avec une messe et tout le tra la la. »
« Mais pourquoi les gens qui ne pratiquent pas veulent à tout prix se marier à l’église? Pour faire cute? Pour faire plaisir aux autres? Ce n’est pas un brin hypocrite tout ça? Si on se marie pour se jurer fidélité entre époux et non à Dieu, pourquoi ne pas le faire civilement? » s’est questionné l’autre.
« Pour ton garçon, je crois qu'il est bon de le laisser choisir sa religion. Je crois personnellement que le rôle des parents est d'enseigner de bonnes valeurs et de les laisser étudier de façon neutre tous les types de religion et de les laisser faire leurs propres choix. J'ai toujours trouvé ça étrange d'imposer à un enfant une religion alors que celui-ci n'a pas encore la maturité pour comprendre ce que c'est qu'une religion. Et c’est encore moins l’affaire des grands-parents tout ça. C’est une question hautement personnelle. Pas familiale. Personnelle. »
La conversation a suivi son chemin. L’histoire ne dit pas si un baptême figurera dans mon agenda l’été prochain. Même si la religion a été foutue à la porte des écoles, même si les églises sont vides et même si peu d’entre nous prions le soir à genoux, la question du baptême est loin d’être simple pour les parents. Et malheureusement pour nous, quand nous sommes parents, la liste de questions qui nous est destinée est interminable!
Mais là, notre conversation qui était des plus futiles est passée à très sérieuse. Notre sujet : l’importance de faire baptiser ou non nos bébés. Grande question.
« Je ne suis pas vraiment croyante. La religion catholique n’a pas d’importance dans ma vie, ni dans celle de mon conjoint. Si ce n’était que de nous, nous ne ferions pas baptiser notre bébé. Mais nos parents nous mettent de la pression pour le faire. C’est très important pour eux. Je ne sais pas quoi faire avec ça », s’est confié mon amie.
Mon amie s’est radicalement fait couper la parole par une autre complètement paniquée. « Fais-le baptiser au plus vite parce que s’il meurt, il n’ira pas au paradis. De penser que mes enfants iront dans les Limbes, ça m’a toujours énervé! »
Nous l’avons tout de suite rassuré. « L’année dernière, les théologiens du Vatican sont convenus que les limbes n'existent pas et que les petits enfants morts sans baptême vont directement au paradis. » Fiou!
« Moi j’ai fait baptiser mes enfants même si je ne suis pas pratiquante. J’ai choisi de le faire parce que s’ils veulent se marier à l’église, ils seront prêts », a souligné une copine.
Argument facile à détruire par la majorité des spécialistes présentes autour de la table. « Si ton kid veut se marier à l’église, il n’aura qu’à se faire baptiser à ce moment, c’est tout. »
L’autre s’est empressée d’ajouter que pour être parrain ou marraine, il fallait aussi être baptisé d’où l’importance d’entrer dans la famille de Dieu au plus vite. « Et c’est sans compter que s’il meurt, il n’aura pas droit a un service conventionnel avec une messe et tout le tra la la. »
« Mais pourquoi les gens qui ne pratiquent pas veulent à tout prix se marier à l’église? Pour faire cute? Pour faire plaisir aux autres? Ce n’est pas un brin hypocrite tout ça? Si on se marie pour se jurer fidélité entre époux et non à Dieu, pourquoi ne pas le faire civilement? » s’est questionné l’autre.
« Pour ton garçon, je crois qu'il est bon de le laisser choisir sa religion. Je crois personnellement que le rôle des parents est d'enseigner de bonnes valeurs et de les laisser étudier de façon neutre tous les types de religion et de les laisser faire leurs propres choix. J'ai toujours trouvé ça étrange d'imposer à un enfant une religion alors que celui-ci n'a pas encore la maturité pour comprendre ce que c'est qu'une religion. Et c’est encore moins l’affaire des grands-parents tout ça. C’est une question hautement personnelle. Pas familiale. Personnelle. »
La conversation a suivi son chemin. L’histoire ne dit pas si un baptême figurera dans mon agenda l’été prochain. Même si la religion a été foutue à la porte des écoles, même si les églises sont vides et même si peu d’entre nous prions le soir à genoux, la question du baptême est loin d’être simple pour les parents. Et malheureusement pour nous, quand nous sommes parents, la liste de questions qui nous est destinée est interminable!
05 février 2008
Comment faites-vous?
J’avais trois ans la première fois que ma mère m’a chaussée d’une paire de patins. Chaque week-end, j’écoutais attentivement les instructions de mon coach qui m’indiquait comment exécuter un axel ou un boucle piqué. J’apprenais avec un grand intérêt les chorégraphies improvisées par nos entraîneurs et qui mettaient en vedette Pinocchio, des marguerites ou encore des Rocky Balboa.
À 9 ans, fatiguée de m’entraîner comme une dingue, j’ai accroché mes patins. Me suis acheté un maillot de bain à la place et j’ai intégré le Club de natation de Sherbrooke. Le crawl, la brasse et le style papillon comblaient quelques trous de mon horaire laissés vacants par mon abandon des lames artistiques.
Puis j’ai découvert les joies que pouvaient apporter un ballon de soccer. J’ai joué les gardiennes de but et les demies pour une équipe de Rock Forest. J’en mangeais du soccer. La pratique la partie de soccer hebdomadaire ne me suffisait pas. J’en voulais plus.
Un matin, le téléphone sonne à la maison. On m’invite au camp d’entraînement du Mistral, l’équipe élite de soccer de Sherbrooke. Je suis tellement heureuse que j’en pleure! Imaginez-moi maintenant quand j’ai appris que je faisais l’équipe!
Trois fois par semaine, j’ai rendez-vous avec les autres membres de l’équipe pour faire de nos mollets les plus forts du Québec. Nous courrons aux quatre coins de la province enfilant passes, touches et buts. Fortes d’une première position au classement québécois, c’est à Edmonton que nous sommes allées conquérir le titre canadien.
L’hiver, je comble mes temps libres en jouant au basket pour l’équipe de l’école, en skiant et en jouant au soccer intérieur. Finalement, je suis assez fière de vous dire que j’ai également récolté plusieurs médailles à différents championnats provinciaux grâce à mon fulgurant… lancer du poids!
Bref, le sport faisait partie de ma vie pour ne pas dire qu’il était au centre d’elle. Tout tournait autour de mes entraînements, de mes compétitions, de mes matchs.
Ça été comme ça tant qu’il n’y avait rien d’autres que des organes, des os et des muscles dans mon ventre. Quand une petite locataire s’est installée dans mon utérus, les choses ont brutalement changé. Les périodes consacrées au workout, au ski et au patin à roues alignées ont été remplacées par des boires de nuit, des changements de couche et la confection de purées bios.
Alors aujourd’hui, quand je vois tous les grands savants en matière de santé de ce monde crier sur tous les toits l’importance capitale de faire au minimum 30 minutes d’exercice physique par jour, je capote.
Mais diable où trouvez-vous le temps de faire 30 minutes de sport par jour? Il y a des jours où j’ai même de la difficulté à trouver 10 minutes pour prendre ma douche, alors imaginez une demi-heure pour faire monter ma fréquence cardiaque à 150…
Parce qu’après une journée de travail, un souper, la vaisselle, les devoirs, une brassée de lavage, les bains, les dodos, la seule chose que j’ai envie de faire, c’est de puncher out, de tirer la plogue, d’aller voir dans le bain si j’y suis. Le petit peu d’énergie qui me reste sera consacré à l’enfilement de mon pyjama.
À 20h, il faudrait que je me sente coupable de ne pas sauter dans mes bottes pour aller prendre une petite marche de santé? Il faudrait que j’angoisse parce que je refuse de mettre mes espadrilles dans un gym?
J’entends déjà mon amie Dany crier à tue-tête qu’on a toujours le temps. C’est sûr qu’entre deux et quatre heures du matin, je pourrais facilement inscrire vélo stationnaire dans mon agenda. Ça doit être le manque de guts qui m’empêche de le faire.
En attendant que les puces grandissent, je me boucherai donc les oreilles à chaque fois que je verrai une pub du Défi 5/30 passer à l’écran.
À 9 ans, fatiguée de m’entraîner comme une dingue, j’ai accroché mes patins. Me suis acheté un maillot de bain à la place et j’ai intégré le Club de natation de Sherbrooke. Le crawl, la brasse et le style papillon comblaient quelques trous de mon horaire laissés vacants par mon abandon des lames artistiques.
Puis j’ai découvert les joies que pouvaient apporter un ballon de soccer. J’ai joué les gardiennes de but et les demies pour une équipe de Rock Forest. J’en mangeais du soccer. La pratique la partie de soccer hebdomadaire ne me suffisait pas. J’en voulais plus.
Un matin, le téléphone sonne à la maison. On m’invite au camp d’entraînement du Mistral, l’équipe élite de soccer de Sherbrooke. Je suis tellement heureuse que j’en pleure! Imaginez-moi maintenant quand j’ai appris que je faisais l’équipe!
Trois fois par semaine, j’ai rendez-vous avec les autres membres de l’équipe pour faire de nos mollets les plus forts du Québec. Nous courrons aux quatre coins de la province enfilant passes, touches et buts. Fortes d’une première position au classement québécois, c’est à Edmonton que nous sommes allées conquérir le titre canadien.
L’hiver, je comble mes temps libres en jouant au basket pour l’équipe de l’école, en skiant et en jouant au soccer intérieur. Finalement, je suis assez fière de vous dire que j’ai également récolté plusieurs médailles à différents championnats provinciaux grâce à mon fulgurant… lancer du poids!
Bref, le sport faisait partie de ma vie pour ne pas dire qu’il était au centre d’elle. Tout tournait autour de mes entraînements, de mes compétitions, de mes matchs.
Ça été comme ça tant qu’il n’y avait rien d’autres que des organes, des os et des muscles dans mon ventre. Quand une petite locataire s’est installée dans mon utérus, les choses ont brutalement changé. Les périodes consacrées au workout, au ski et au patin à roues alignées ont été remplacées par des boires de nuit, des changements de couche et la confection de purées bios.
Alors aujourd’hui, quand je vois tous les grands savants en matière de santé de ce monde crier sur tous les toits l’importance capitale de faire au minimum 30 minutes d’exercice physique par jour, je capote.
Mais diable où trouvez-vous le temps de faire 30 minutes de sport par jour? Il y a des jours où j’ai même de la difficulté à trouver 10 minutes pour prendre ma douche, alors imaginez une demi-heure pour faire monter ma fréquence cardiaque à 150…
Parce qu’après une journée de travail, un souper, la vaisselle, les devoirs, une brassée de lavage, les bains, les dodos, la seule chose que j’ai envie de faire, c’est de puncher out, de tirer la plogue, d’aller voir dans le bain si j’y suis. Le petit peu d’énergie qui me reste sera consacré à l’enfilement de mon pyjama.
À 20h, il faudrait que je me sente coupable de ne pas sauter dans mes bottes pour aller prendre une petite marche de santé? Il faudrait que j’angoisse parce que je refuse de mettre mes espadrilles dans un gym?
J’entends déjà mon amie Dany crier à tue-tête qu’on a toujours le temps. C’est sûr qu’entre deux et quatre heures du matin, je pourrais facilement inscrire vélo stationnaire dans mon agenda. Ça doit être le manque de guts qui m’empêche de le faire.
En attendant que les puces grandissent, je me boucherai donc les oreilles à chaque fois que je verrai une pub du Défi 5/30 passer à l’écran.
29 janvier 2008
Chantal, je m'excuse
J’étais en première secondaire la première fois que j’ai pris la plume pour écrire une lettre d’opinion destinée à mon journal local. Du haut de mes 13 ans bien sonnés, je pensais détenir la vérité. J’étais persuadée que j’avais des arguments de béton et que suite à la publication de ma lettre, plus personne n’irait cogner à la porte d’une clinique d’avortement. Je voulais que toutes ces femmes, que je croyais insouciantes, prennent leurs responsabilités et qu’elles assument leurs actes.
C’était l’été de la saga Chantal Daigle-Jean-Guy Tremblay.
Tremblay avait fait la manchette des journaux, en 1989, lorsqu'il s'était rendu jusqu'en Cour suprême pour tenter d'empêcher sa compagne d'alors, Chantal Daigle, de subir un avortement. Lors de son témoignage, Mme Daigle avait soutenu que Tremblay avait été violent et possessif.
Mais moi, dans ma petite tête d’adolescente, j’étais convaincue de savoir ce qui était bon pour les autres. J’avais lu sur la question. Je m’étais renseignée. C’était très clair dans ma tête : un avortement, c’était tout simplement un crime. Chantal Daigle voulait commettre un meurtre et voulait être cautionnée par la Cour suprême du pays. Nous devions nous ranger de son côté et accepter l’horrible fin qu’attendait son petit bébé.
À mon grand désarroi, ma lettre n’a pas été publiée. À mon avis, le rédacteur en chef de l’époque était dans le champ de patates pour refuser de mettre mon opinion en page du courrier des lecteurs. Je criais à l’injustice. Il y avait une vie en jeu!
Les années ont passé. Le temps a fait son œuvre. Et j’ai compris.
J’ai compris l’importance du droit à l’avortement libre et gratuit. Aujourd’hui, 20 ans après la décriminalisation de l’avortement au Canada, mon fusil a changé d’épaule. Après avoir mis au monde deux enfants, mais surtout après avoir goûté aux joies (et aux difficultés!) de les élever, je ne pense plus du tout pareil.
Quand je vois à la télé ou dans les journaux des images de faux cimetières remplis d’enfants non-nés, je suis insultée. Quand je vois les provie manifester avec leurs grandes affiches avec des images de fœtus avortés, ma colère grimpe.
En fait, une foule de questions me viennent à l’esprit : Qui êtes-vous pour vous incrustez dans nos vies privées? Quels droits vous sont donnés de nous dire ce qui est bon ou non pour nous? Pour qui vous prenez-vous pour juger ainsi nos décisions?
On ne peut pas être pour ou contre l’avortement collectivement. C’est une question hautement personnelle. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de subir cette intervention chirurgicale. Toute est une question de situation. Par exemple, pour nous, se faire avorter parce que le sexe du bébé ne convient pas ne nous rentre pas dans la tête. Mais pour une famille chinoise, qui n'aura qu'un seul bébé dans toute sa vie et pour qui avoir une fille représente bien des tracas, je peux comprendre.
Et on ne peut pas interdire l’avortement aux femmes qui avortent comme elles changent de chemise sous prétexte que ce n’est pas un moyen de contraception. Encore ici, c’est une question de perspective. Si une femme collectionne les avortements, c’est peut-être mieux qu’elle ne mette pas ces enfants au monde, question de ne pas aller grossir la banque de 60 000 enfants signalés chaque année à la DPJ…
Je ne sais pas s’il est trop tard. Mais près de 15 ans après avoir signé cette lettre, j’offre mes plus profondes excuses à Chantal Daigle. Désolé d’avoir porté un jugement sur votre situation bien personnelle qui ne me regardait pas, mais pas du tout.
Parce que tout ceci ne concerne qu’une seule personne et c’est celle qui doit prendre cette décision. Personne d’autre. Et surtout pas les provie.
C’était l’été de la saga Chantal Daigle-Jean-Guy Tremblay.
Tremblay avait fait la manchette des journaux, en 1989, lorsqu'il s'était rendu jusqu'en Cour suprême pour tenter d'empêcher sa compagne d'alors, Chantal Daigle, de subir un avortement. Lors de son témoignage, Mme Daigle avait soutenu que Tremblay avait été violent et possessif.
Mais moi, dans ma petite tête d’adolescente, j’étais convaincue de savoir ce qui était bon pour les autres. J’avais lu sur la question. Je m’étais renseignée. C’était très clair dans ma tête : un avortement, c’était tout simplement un crime. Chantal Daigle voulait commettre un meurtre et voulait être cautionnée par la Cour suprême du pays. Nous devions nous ranger de son côté et accepter l’horrible fin qu’attendait son petit bébé.
À mon grand désarroi, ma lettre n’a pas été publiée. À mon avis, le rédacteur en chef de l’époque était dans le champ de patates pour refuser de mettre mon opinion en page du courrier des lecteurs. Je criais à l’injustice. Il y avait une vie en jeu!
Les années ont passé. Le temps a fait son œuvre. Et j’ai compris.
J’ai compris l’importance du droit à l’avortement libre et gratuit. Aujourd’hui, 20 ans après la décriminalisation de l’avortement au Canada, mon fusil a changé d’épaule. Après avoir mis au monde deux enfants, mais surtout après avoir goûté aux joies (et aux difficultés!) de les élever, je ne pense plus du tout pareil.
Quand je vois à la télé ou dans les journaux des images de faux cimetières remplis d’enfants non-nés, je suis insultée. Quand je vois les provie manifester avec leurs grandes affiches avec des images de fœtus avortés, ma colère grimpe.
En fait, une foule de questions me viennent à l’esprit : Qui êtes-vous pour vous incrustez dans nos vies privées? Quels droits vous sont donnés de nous dire ce qui est bon ou non pour nous? Pour qui vous prenez-vous pour juger ainsi nos décisions?
On ne peut pas être pour ou contre l’avortement collectivement. C’est une question hautement personnelle. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de subir cette intervention chirurgicale. Toute est une question de situation. Par exemple, pour nous, se faire avorter parce que le sexe du bébé ne convient pas ne nous rentre pas dans la tête. Mais pour une famille chinoise, qui n'aura qu'un seul bébé dans toute sa vie et pour qui avoir une fille représente bien des tracas, je peux comprendre.
Et on ne peut pas interdire l’avortement aux femmes qui avortent comme elles changent de chemise sous prétexte que ce n’est pas un moyen de contraception. Encore ici, c’est une question de perspective. Si une femme collectionne les avortements, c’est peut-être mieux qu’elle ne mette pas ces enfants au monde, question de ne pas aller grossir la banque de 60 000 enfants signalés chaque année à la DPJ…
Je ne sais pas s’il est trop tard. Mais près de 15 ans après avoir signé cette lettre, j’offre mes plus profondes excuses à Chantal Daigle. Désolé d’avoir porté un jugement sur votre situation bien personnelle qui ne me regardait pas, mais pas du tout.
Parce que tout ceci ne concerne qu’une seule personne et c’est celle qui doit prendre cette décision. Personne d’autre. Et surtout pas les provie.
Déculpabilisez-moi quelqu'un!
Il n’y a personne qui m’avait prévenue quand même temps que la balance montrait des chiffres de plus en plus gros, dû à mon état de grossesse, que grandirait en moi un tout nouveau sentiment : la culpabilité.
Coupable tout d’abord de siroter un touti verre de vin alors que tous les spécialistes de la terre s’entendent pour dire que c’est la pire chose alors que pousse en nous un magnifique petit bébé pétant de santé.
Coupable par la suite de ne pas avoir fait ces foutus exercices d’étirement du périnée tant préconisés par les sommités en la matière. Faut dire qu’une épisiotomie longue comme ça, ça culpabilise une madame assez longtemps. Du moins, le temps que prend à guérir une épisio, soit six à huit semaines.
Coupable de retourner au boulot alors que le bébé tout neuf n’a pas encore son permis de conduire, qu’il n’est pas sur le point d’aller à son bal de finissant ou que l’idée de retirer ses REER ne lui a pas effleuré l’esprit encore.
Coupable de ne pas avoir allaité les deux ans prescrits par l’Organisation mondiale de la santé et d’avoir osé mettre de l’Enfalac dans le biberon à sept mois pour l’une et à un an pour l’autre les exposant ainsi délibérément à de nombreuses allergies et maladies.
Coupable d’être de mauvaise humeur à 4h du matin alors que bébé se réveille pour la huitième fois en hurlant, car il a perdu sa foutue suce. « À quoi ai-je bien pu penser de lui foutre une suce dans la bouche alors qu’elle aurait pu se démerder toute seule avec son puce? »
Coupable ensuite de ne pas être capable de sevrer de sa suce sa grande de deux ans.
Et pourquoi pas se sentir coupable de donner une petite sœur à l’autre lui imposant ainsi nombre de responsabilités qui viennent avec une titre de grande sœur.
Coupable de ne pas démontrer d’enthousiasme à la 44e lecture de Caillou Le petit pot parce que la lecture en bas âge c’est tellement bénéfique sur le succès futur de son enfant dans la sphère scolaire.
Coupable de ne pas avoir su prévenir une gastro, une otite, une sinusite, une pneumonie.
Coupable de ne pas avoir vu arriver la prune sur le front, le bleu sur la cuisse, la graffigne sur le genou.
Coupable de « ploguer » ses rejetons devant la télé et de ne pas profiter des beautés que la nature nous offre en allant jouer dehors.
Coupable de ne pas offrir des repas quatre étoiles trois fois par jour ainsi que des collations hautement équilibrées.
Coupable. Je me sens tout le temps coupable. Coupable de n’importe quoi. Bref, c’est toujours de ma faute.
Culpabilité. Culpabilité. Culpabilité.
Elle est toujours présente. Toujours là. Elle ne « punch » jamais « out » elle? Ne va jamais en vacances? N’a pas de journées de congés prévus à sa convention collective?
Avec des conditions de travail aussi moches, elle devrait se voter un bon mandat de grève et faire du piquetage. Elle devrait demander une réduction importante de ses heures de travail ainsi qu’une bonification de ses congés flottants. N’importe quel arbitre en matière de négociation syndicale ne s’y opposerait, j’en suis certaine.
Pour toutes les mères membres de l’Alliance mondiale pour la non-culpabilité, autorisez rapidement la culpabilité à prendre une année, non une décennie, sabbatique. Nous avons autre chose à faire que de se morfondre avec les « j’aurais donc dû » et les « si j’avais fait ça… »
Coupable tout d’abord de siroter un touti verre de vin alors que tous les spécialistes de la terre s’entendent pour dire que c’est la pire chose alors que pousse en nous un magnifique petit bébé pétant de santé.
Coupable par la suite de ne pas avoir fait ces foutus exercices d’étirement du périnée tant préconisés par les sommités en la matière. Faut dire qu’une épisiotomie longue comme ça, ça culpabilise une madame assez longtemps. Du moins, le temps que prend à guérir une épisio, soit six à huit semaines.
Coupable de retourner au boulot alors que le bébé tout neuf n’a pas encore son permis de conduire, qu’il n’est pas sur le point d’aller à son bal de finissant ou que l’idée de retirer ses REER ne lui a pas effleuré l’esprit encore.
Coupable de ne pas avoir allaité les deux ans prescrits par l’Organisation mondiale de la santé et d’avoir osé mettre de l’Enfalac dans le biberon à sept mois pour l’une et à un an pour l’autre les exposant ainsi délibérément à de nombreuses allergies et maladies.
Coupable d’être de mauvaise humeur à 4h du matin alors que bébé se réveille pour la huitième fois en hurlant, car il a perdu sa foutue suce. « À quoi ai-je bien pu penser de lui foutre une suce dans la bouche alors qu’elle aurait pu se démerder toute seule avec son puce? »
Coupable ensuite de ne pas être capable de sevrer de sa suce sa grande de deux ans.
Et pourquoi pas se sentir coupable de donner une petite sœur à l’autre lui imposant ainsi nombre de responsabilités qui viennent avec une titre de grande sœur.
Coupable de ne pas démontrer d’enthousiasme à la 44e lecture de Caillou Le petit pot parce que la lecture en bas âge c’est tellement bénéfique sur le succès futur de son enfant dans la sphère scolaire.
Coupable de ne pas avoir su prévenir une gastro, une otite, une sinusite, une pneumonie.
Coupable de ne pas avoir vu arriver la prune sur le front, le bleu sur la cuisse, la graffigne sur le genou.
Coupable de « ploguer » ses rejetons devant la télé et de ne pas profiter des beautés que la nature nous offre en allant jouer dehors.
Coupable de ne pas offrir des repas quatre étoiles trois fois par jour ainsi que des collations hautement équilibrées.
Coupable. Je me sens tout le temps coupable. Coupable de n’importe quoi. Bref, c’est toujours de ma faute.
Culpabilité. Culpabilité. Culpabilité.
Elle est toujours présente. Toujours là. Elle ne « punch » jamais « out » elle? Ne va jamais en vacances? N’a pas de journées de congés prévus à sa convention collective?
Avec des conditions de travail aussi moches, elle devrait se voter un bon mandat de grève et faire du piquetage. Elle devrait demander une réduction importante de ses heures de travail ainsi qu’une bonification de ses congés flottants. N’importe quel arbitre en matière de négociation syndicale ne s’y opposerait, j’en suis certaine.
Pour toutes les mères membres de l’Alliance mondiale pour la non-culpabilité, autorisez rapidement la culpabilité à prendre une année, non une décennie, sabbatique. Nous avons autre chose à faire que de se morfondre avec les « j’aurais donc dû » et les « si j’avais fait ça… »
16 janvier 2008
De quel type êtes-vous?
Êtes-vous de type sauce ou poulet? Choisissez-vous la salade crémeuse ou traditionnelle? Préférez-vous le Coke ou le Pepsi? Votre poutine, vous la préférez nature ou arrosée de ketchup?
Chaque jour, nous sommes confrontés à de multiples choix. À tout moment, nous devons favoriser une option au détriment d’une autre.
Dormez-vous à gauche ou à droite du lit? La porte ouverte ou non? Le chauffage dans le tapis ou à zéro? Et au réveil, c’est la radio ou l’agressant buzzer qui vous tire de Morphée?
Préférez-vous la douche rapide ou un long bain moussant et très chaud? Êtes-vous du type pyjama à pattes ou petit baby doll sexy? Vous avez des pantoufles dans votre garde-robe ou le contact du plancher froid sous vos pieds vous plaît d’avantage?
Qu’aimez-vous le plus : la télé ou la radio? Radio-Canada ou TVA? Canal Vie ou RDS? Musique Plus ou Musimax? Le Retour de Dominic et Martin ou Estrie Express? Les Midis de Véro ou Lavoie en direct?
Apportez-vous votre lunch au bureau ou vous connaissez par cœur les menus du midi de tous les restos de la ville? Votre compte, il est à la Caisse ou à la banque? Vous êtes de type Visa ou Master Card? Votre téléphonie, elle passe par Bell ou par Vidéotron? Le matin, vous déjeunez ou non? Êtes-vous pour ou contre le maintien des arrondissements?
Que de choix. Que de sélections à faire. Que de cases à cocher.
J’apprends ce matin que la neige artificielle produite par les stations de ski a des impacts négatifs considérables sur son environnement. Elle brise les arbres, augmente l’érosion de la montagne sans parler de la quantité d’eau nécessaire à la chose. Que faire? Dois-je arrêter la pratique de mon sport préféré afin d’aller dans le même sens que ma conscience écologique?
La semaine dernière, la Chine a banni la production et la vente des milliards de sacs de plastique mince sur son territoire afin de réduire la prolifération de cette «pollution blanche» et de réduire le gaspillage d'énormes quantités de pétrole. Je dis bravo à cette initiative! Je veux bien utiliser des sacs de coton pour mettre y mes emplettes. Dommage que la plupart proviennent de la… Chine ce qui a pour effet d’augmenter les gaz à effet de serre. Qu’est-ce qui est le moins dommageable : plastique ou coton?
Je tuerais pour une framboise. Quand juillet arrive, je peux engloutir des centaines de casseaux de ce fruit rouge produit près d’ici, à Johnville. J’en mets partout : dans mes salades, avec mon filet de porc, dans une tarte. Mais le reste de l’année, dois-je me priver de mon péché mignon parce que les framboises offertes à l’épicerie se sont tapées 5 000 km en camion déversant ainsi des tonnes de CO2 dans l’atmosphère?
Dans mon nouveau chez-moi, il y a un refroidisseur à vin. J’adore ce nouvel électroménager qui libère beaucoup d’espace dans mon frigo. J’aime passer du temps à la SAQ à la recherche de bonnes bouteilles qui rempliront mon nouveau joujou. Mais à chaque fois que je débouche une bouteille, mon cœur se serre pensant à cette ressource naturelle, l’écorce du chêne-liège, qui est grandement en danger. Il faut entre huit et 12 ans à cette écorce pour se régénérer. Ish. Serai-je obligée de me contenter de piquette twist cap pour faire ma part pour préserver ce joyau naturel?
Je me promène dans une toute petite auto. Tellement petite que mon épicerie ne rentre pas au complet dans le coffre. Quand les filles et moi allons en ski, c’est l’enfer entre les trois paires de planches, les bâtons, les bottes, les casques, le sac à lunch. Imaginez quand nous voulons aller camper. Il y a des bagages partout : un sac de couchage sous mes fesses, un oreiller dans la fenêtre de Filou, la tente sous les pieds de Maxim, la passoire à spaghetti sur l’appui-tête côté passager. Tous les centimètres carrés de la voiture sont alors utilisés. Je rêve donc du moment où ma location se terminera. Je mettrai la main sur une bagnole plus grosse…. et qui demandera plus d’essence et qui émettra encore plus de gaz à effets de serre que ma mini.
Pas simple de choisir. De faire des choix qui n’ont aucun impact sur le futur de notre planète tout en se faisant plaisir. Pas simple.
Chaque jour, nous sommes confrontés à de multiples choix. À tout moment, nous devons favoriser une option au détriment d’une autre.
Dormez-vous à gauche ou à droite du lit? La porte ouverte ou non? Le chauffage dans le tapis ou à zéro? Et au réveil, c’est la radio ou l’agressant buzzer qui vous tire de Morphée?
Préférez-vous la douche rapide ou un long bain moussant et très chaud? Êtes-vous du type pyjama à pattes ou petit baby doll sexy? Vous avez des pantoufles dans votre garde-robe ou le contact du plancher froid sous vos pieds vous plaît d’avantage?
Qu’aimez-vous le plus : la télé ou la radio? Radio-Canada ou TVA? Canal Vie ou RDS? Musique Plus ou Musimax? Le Retour de Dominic et Martin ou Estrie Express? Les Midis de Véro ou Lavoie en direct?
Apportez-vous votre lunch au bureau ou vous connaissez par cœur les menus du midi de tous les restos de la ville? Votre compte, il est à la Caisse ou à la banque? Vous êtes de type Visa ou Master Card? Votre téléphonie, elle passe par Bell ou par Vidéotron? Le matin, vous déjeunez ou non? Êtes-vous pour ou contre le maintien des arrondissements?
Que de choix. Que de sélections à faire. Que de cases à cocher.
J’apprends ce matin que la neige artificielle produite par les stations de ski a des impacts négatifs considérables sur son environnement. Elle brise les arbres, augmente l’érosion de la montagne sans parler de la quantité d’eau nécessaire à la chose. Que faire? Dois-je arrêter la pratique de mon sport préféré afin d’aller dans le même sens que ma conscience écologique?
La semaine dernière, la Chine a banni la production et la vente des milliards de sacs de plastique mince sur son territoire afin de réduire la prolifération de cette «pollution blanche» et de réduire le gaspillage d'énormes quantités de pétrole. Je dis bravo à cette initiative! Je veux bien utiliser des sacs de coton pour mettre y mes emplettes. Dommage que la plupart proviennent de la… Chine ce qui a pour effet d’augmenter les gaz à effet de serre. Qu’est-ce qui est le moins dommageable : plastique ou coton?
Je tuerais pour une framboise. Quand juillet arrive, je peux engloutir des centaines de casseaux de ce fruit rouge produit près d’ici, à Johnville. J’en mets partout : dans mes salades, avec mon filet de porc, dans une tarte. Mais le reste de l’année, dois-je me priver de mon péché mignon parce que les framboises offertes à l’épicerie se sont tapées 5 000 km en camion déversant ainsi des tonnes de CO2 dans l’atmosphère?
Dans mon nouveau chez-moi, il y a un refroidisseur à vin. J’adore ce nouvel électroménager qui libère beaucoup d’espace dans mon frigo. J’aime passer du temps à la SAQ à la recherche de bonnes bouteilles qui rempliront mon nouveau joujou. Mais à chaque fois que je débouche une bouteille, mon cœur se serre pensant à cette ressource naturelle, l’écorce du chêne-liège, qui est grandement en danger. Il faut entre huit et 12 ans à cette écorce pour se régénérer. Ish. Serai-je obligée de me contenter de piquette twist cap pour faire ma part pour préserver ce joyau naturel?
Je me promène dans une toute petite auto. Tellement petite que mon épicerie ne rentre pas au complet dans le coffre. Quand les filles et moi allons en ski, c’est l’enfer entre les trois paires de planches, les bâtons, les bottes, les casques, le sac à lunch. Imaginez quand nous voulons aller camper. Il y a des bagages partout : un sac de couchage sous mes fesses, un oreiller dans la fenêtre de Filou, la tente sous les pieds de Maxim, la passoire à spaghetti sur l’appui-tête côté passager. Tous les centimètres carrés de la voiture sont alors utilisés. Je rêve donc du moment où ma location se terminera. Je mettrai la main sur une bagnole plus grosse…. et qui demandera plus d’essence et qui émettra encore plus de gaz à effets de serre que ma mini.
Pas simple de choisir. De faire des choix qui n’ont aucun impact sur le futur de notre planète tout en se faisant plaisir. Pas simple.
09 janvier 2008
Un souvenir lointain
Un de mes souvenirs les plus anciens remonte à mon Noël de six ans. Nous étions réunis chez mes grands-parents paternels. Toute la famille y était : mes tantes, mes oncles, mon cousin et ma cousine, mes parents et ma petite sœur. La soirée était prometteuse. À cet âge, un sapin enseveli sous les cadeaux ça rend n’importe qui heureux de toute façon.
Mais ne me demandez pas ce que j’ai reçu ce soir-là. M’en souviens plus.
Tout ce que je me rappelle, c’est de mon grand-père qui descendait au sous-sol. Une fois en bas, comme il ne se souvenait plus pourquoi il y était, il remontait. Mais dès qu’il mettait le pied sur la dernière marche de l’étage, ce qu’il avait à faire au sous-sol lui revenait en tête et il y redescendait donc. Une fois en bas, il avait déjà oublié ce qu’il avait à faire…
Le manège s’est poursuivi très longtemps. Sur le coup, je trouvais ça amusant de le voir faire. Mais rapidement, à regarder les visages tristes de ma famille, j’ai compris qu’il n’y avait rien de drôle dans les agissements de mon grand-père.
Nous assistions en avant-première (et bien impuissants) à une pièce de théâtre intitulée : « En route vers l’Alzheimer ». Mon grand-père y jouait le rôle principal, bien malgré lui, et à notre plus grand désarroi, il nous avait offert des billets aux premières loges…
Quelques temps plus tard, mon grand-père a fait son entrée à l’hôpital. Il était devenu difficile pour ma grand-mère de veiller sur lui. Il tombait partout, refusait de se laver et perdait de plus en plus la mémoire.
Il n’en est plus jamais sorti. Sauf ce matin d’avril 1990 où on l’a transporté au cimetière Saint-Michel. Ce matin-là, après avoir oublié tout à tour le nom de ma grand-mère, celui de ses enfants et petits-enfants et bon nombre d’événements qui ont ponctué sa vie, il avait oublié de respirer.
On estime qu’en 2008, il y aura 450 000 Canadiens de 65 ans et plus qui seront atteints de la maladie d’Alzheimer ce qui représente 1 personne sur 13. Chez les Canadiens de plus de 85 ans, ce taux grimpe à 1 sur 3. Seulement ici, en Estrie, plus de 8 000 personnes doivent conjuguer avec maladie.
Malgré l’évolution des connaissances et la découverte de médicaments spécifiques, le nombre de personnes atteintes augmentera de 57% d’ici 15 ans. Malheureusement, pour le moment, il n'existe encore aucun moyen de guérir ou de prévenir la maladie.
Janvier est le mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer. Alors pour tout ces Canadiens qui vivent avec cette affection chaque jour, pour les 20% de la population qui ont dans leur famille une personne atteinte de cette maladie, je vous invite à faire un don à la Société Alzheimer de l'Estrie soit directement sur leur site Internet au www.alzheimerestrie.com ou encore par la poste au 375, rue Argyll, Édifice Norton, bureau 0725, Sherbrooke, J1J 3H5.
Mais ne me demandez pas ce que j’ai reçu ce soir-là. M’en souviens plus.
Tout ce que je me rappelle, c’est de mon grand-père qui descendait au sous-sol. Une fois en bas, comme il ne se souvenait plus pourquoi il y était, il remontait. Mais dès qu’il mettait le pied sur la dernière marche de l’étage, ce qu’il avait à faire au sous-sol lui revenait en tête et il y redescendait donc. Une fois en bas, il avait déjà oublié ce qu’il avait à faire…
Le manège s’est poursuivi très longtemps. Sur le coup, je trouvais ça amusant de le voir faire. Mais rapidement, à regarder les visages tristes de ma famille, j’ai compris qu’il n’y avait rien de drôle dans les agissements de mon grand-père.
Nous assistions en avant-première (et bien impuissants) à une pièce de théâtre intitulée : « En route vers l’Alzheimer ». Mon grand-père y jouait le rôle principal, bien malgré lui, et à notre plus grand désarroi, il nous avait offert des billets aux premières loges…
Quelques temps plus tard, mon grand-père a fait son entrée à l’hôpital. Il était devenu difficile pour ma grand-mère de veiller sur lui. Il tombait partout, refusait de se laver et perdait de plus en plus la mémoire.
Il n’en est plus jamais sorti. Sauf ce matin d’avril 1990 où on l’a transporté au cimetière Saint-Michel. Ce matin-là, après avoir oublié tout à tour le nom de ma grand-mère, celui de ses enfants et petits-enfants et bon nombre d’événements qui ont ponctué sa vie, il avait oublié de respirer.
On estime qu’en 2008, il y aura 450 000 Canadiens de 65 ans et plus qui seront atteints de la maladie d’Alzheimer ce qui représente 1 personne sur 13. Chez les Canadiens de plus de 85 ans, ce taux grimpe à 1 sur 3. Seulement ici, en Estrie, plus de 8 000 personnes doivent conjuguer avec maladie.
Malgré l’évolution des connaissances et la découverte de médicaments spécifiques, le nombre de personnes atteintes augmentera de 57% d’ici 15 ans. Malheureusement, pour le moment, il n'existe encore aucun moyen de guérir ou de prévenir la maladie.
Janvier est le mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer. Alors pour tout ces Canadiens qui vivent avec cette affection chaque jour, pour les 20% de la population qui ont dans leur famille une personne atteinte de cette maladie, je vous invite à faire un don à la Société Alzheimer de l'Estrie soit directement sur leur site Internet au www.alzheimerestrie.com ou encore par la poste au 375, rue Argyll, Édifice Norton, bureau 0725, Sherbrooke, J1J 3H5.
02 janvier 2008
Que ferais-je sans elles?
Me suis amusée ce week-end. Les filles étaient chez papa jusqu’au jour de l’An. Ça me laissait un popire répit parental. Rien n’était prévu à l’agenda de ces quatre jours de childs free. Rien. Sweet nothing.
J’ai rempli la baignoire à ras bord. J’y ai mis tout plein de bulles. Pis j’ai trouvé une petite place pour y déposer une coupe de vin. Je me suis glissée dans cette eau bouillante annonciatrice de détente. Ce n’est qu’une fois complètement mouillée, que je me rends compte que j’ai oublié mon livre dans ma chambre. Déception.
Bon, je ne vais pas gâcher cet instant. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je me suis mise à penser à ce que serait ma vie sans mes guidounes. Que ferais-je de mon temps si je n’avais pas d’héritières à m’occuper? Comment occuperais-je mes dix doigts devant toutes ces cases vides de mon agenda?
Facile. Trop facile même.
Premièrement, les nuits écourtées seraient terminées. Fini les réveils à 2 heures du mat parce qu’un cauchemar est venu hanter mon bébé ou qu’une gastro a choisi ma plus vieille comme victime.
Deuxièmement, comme je n’aurais pas à accourir à la maison à chaque soir pour remplir deux petits estomacs qui crient famine, je pourrais travailler plus tard et plus fort et ainsi être dans les bonnes grâces du patron. Je serais sans aucun doute une femme grandement valorisée grâce à son boulot.
Aussi, sans devoir à superviser et bain à donner, je serais libre de voir tous les nouveaux films au ciné, d’admirer toutes les expositions culturelles récentes, d’assister à bon nombre de spectacles. Sans enfants, vraiment je serais une fille super cultivée!
Sans calendrier de vaccination à gérer, sans agenda scolaire à regarder, sans horaire de cours de ski (et de ballet et de natation et de violon) à respecter, je serais libre de déjeuner en début d’après-midi, de souper avec un bol de céréales Froot Loops, de me coucher à pas d’heure et de me réveiller quand bon me semblera.
Fini le cassage de bicycle devant le Guide alimentaire canadien, les recommandations de l’Association canadienne de pédiatrie, les rappels de Mattel et les mise en garde importantes du Docteur Chicoine. Maintenant, je peux manger des gras trans, ne pas verrouiller mon armoire à médicaments, jouer avec des Polly Pocket, ne pas me questionner sur les séquelles de la garderie dans la vie d’un enfant et ce, sans culpabilité aucune.
Comme je ne serais plus obligée de jouer les clowns pour divertir mes filles, de me prendre pour un coach de football pour les motiver à aller dehors ou de me transformer en savant mathématicien pour déchiffrer les bulletins scolaires, j’aurais tout mon temps pour lire des tonnes de romans ou encore pour m’instruire d’avantage en m’inscrivant à un cours de point de croix ou de m’ouvrir sur le monde en suivant des leçons de cuisine angolaise.
Mes cotisations aux régimes d’épargnes-études seraient remplacées par des investissements d’épargne-voyage. Mes versements trop fréquents dans les boutiques de fringues pour enfants seraient convertis en mise de fond sur un bateau ou sur une résidence secondaire en Provence.
Sans enfant sous ma gouverne, je ne manquerais plus jamais un 5 à 7. Je répondrais toujours présente aux soupers entre amis. Plus question de rater un seul get together.
Vraiment, ma vie de femme sans progéniture serait comblée.
Mais maudit que ma vie serait plate et ennuyante sans mes deux petits soleils. Vivement qu’elles reviennent jouer les trouble-fête!
J’ai rempli la baignoire à ras bord. J’y ai mis tout plein de bulles. Pis j’ai trouvé une petite place pour y déposer une coupe de vin. Je me suis glissée dans cette eau bouillante annonciatrice de détente. Ce n’est qu’une fois complètement mouillée, que je me rends compte que j’ai oublié mon livre dans ma chambre. Déception.
Bon, je ne vais pas gâcher cet instant. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je me suis mise à penser à ce que serait ma vie sans mes guidounes. Que ferais-je de mon temps si je n’avais pas d’héritières à m’occuper? Comment occuperais-je mes dix doigts devant toutes ces cases vides de mon agenda?
Facile. Trop facile même.
Premièrement, les nuits écourtées seraient terminées. Fini les réveils à 2 heures du mat parce qu’un cauchemar est venu hanter mon bébé ou qu’une gastro a choisi ma plus vieille comme victime.
Deuxièmement, comme je n’aurais pas à accourir à la maison à chaque soir pour remplir deux petits estomacs qui crient famine, je pourrais travailler plus tard et plus fort et ainsi être dans les bonnes grâces du patron. Je serais sans aucun doute une femme grandement valorisée grâce à son boulot.
Aussi, sans devoir à superviser et bain à donner, je serais libre de voir tous les nouveaux films au ciné, d’admirer toutes les expositions culturelles récentes, d’assister à bon nombre de spectacles. Sans enfants, vraiment je serais une fille super cultivée!
Sans calendrier de vaccination à gérer, sans agenda scolaire à regarder, sans horaire de cours de ski (et de ballet et de natation et de violon) à respecter, je serais libre de déjeuner en début d’après-midi, de souper avec un bol de céréales Froot Loops, de me coucher à pas d’heure et de me réveiller quand bon me semblera.
Fini le cassage de bicycle devant le Guide alimentaire canadien, les recommandations de l’Association canadienne de pédiatrie, les rappels de Mattel et les mise en garde importantes du Docteur Chicoine. Maintenant, je peux manger des gras trans, ne pas verrouiller mon armoire à médicaments, jouer avec des Polly Pocket, ne pas me questionner sur les séquelles de la garderie dans la vie d’un enfant et ce, sans culpabilité aucune.
Comme je ne serais plus obligée de jouer les clowns pour divertir mes filles, de me prendre pour un coach de football pour les motiver à aller dehors ou de me transformer en savant mathématicien pour déchiffrer les bulletins scolaires, j’aurais tout mon temps pour lire des tonnes de romans ou encore pour m’instruire d’avantage en m’inscrivant à un cours de point de croix ou de m’ouvrir sur le monde en suivant des leçons de cuisine angolaise.
Mes cotisations aux régimes d’épargnes-études seraient remplacées par des investissements d’épargne-voyage. Mes versements trop fréquents dans les boutiques de fringues pour enfants seraient convertis en mise de fond sur un bateau ou sur une résidence secondaire en Provence.
Sans enfant sous ma gouverne, je ne manquerais plus jamais un 5 à 7. Je répondrais toujours présente aux soupers entre amis. Plus question de rater un seul get together.
Vraiment, ma vie de femme sans progéniture serait comblée.
Mais maudit que ma vie serait plate et ennuyante sans mes deux petits soleils. Vivement qu’elles reviennent jouer les trouble-fête!
Le réveillon de la réconciliation
Les temps changent. Les gens aussi.
Nous avançons de deux pas, nous reculons d’un, puis nous avançons à nouveau. Des émotions qui étaient autrefois si douloureuses ont laissé leur place à d’autres beaucoup plus paisibles. Les nuits d’insomnie sont de plus en plus rares. Les moments de mélancolie, les crises de larme, les instants de nostalgie sont allés voir ailleurs s’ils y étaient.
Les temps changent. Les gens aussi.
Nous oublions pourquoi nous étions si fâchés. Les mauvais souvenirs cèdent leur place à d’autres plus doux. L’amertume qui était devenue une grande complice est allée se chercher une nouvelle bande d’amis.
Les temps changent. Les gens aussi.
Ces Noël, si difficiles à traverser, sont devenus beaucoup plus amusants et joyeux. Toutes ces réunions familiales et cette effervescence, qui nous étaient insupportables, sont à présent des plus agréables à vivre. Ces décorations, qui nous semblaient superficielles, trouvent à nouveau place dans notre demeure. Cette redondante musique, qui débarque sur les ondes une fois la page de novembre arrachée du calendrier, devient tout à coup la plus belle de toutes.
Les temps changent. Les gens aussi.
Alors qu’avant le cœur nous levait devant la besogne de la décoration du sapin, voilà que maintenant nous courons les boutiques à la recherche de l’étoile parfaite qui illuminera l’arbre. On fouille les magazines de déco pour faire de cet arbre le plus beau des plus beaux. Nous chantons Petit papa Noël en emballant nos cadeaux en prenant soin d’agencer le papier d’emballage avec la couleur des boules accrochées aux branches du conifère. Nous écoutons Le sapin a des boules ou encore Réellement l’amour en répétition sans maudire le fait que Rumeurs et Les hauts et les bas de Sophie Paquin soient retirés des ondes pendant les fêtes.
Les temps changent. Les gens aussi.
J’ai eu l’occasion de le vérifier en début de semaine. Quatre ans après notre dernier Noël tous ensemble, mes filles ont pu célébrer à nouveau avec leurs deux parents. Les conflits, les frustrations, les désaccords n’étaient pas invités à notre réveillon. Ce sont plutôt la bonne humeur et la volonté de faire passer un merveilleux Noël à nos héritières qui ont reçu un carton d’invitation à notre petite fête.
Nous avons partagé un bon repas pendant lequel nous avons rigolé des sottises de Filou et écouté les dernières péripéties de Maxim. Puis, nous nous sommes délectés des sourires et des yeux émerveillés de nos loulous déballant leurs cadeaux. Nous avons pouffé de rire devant les exploits maladresses de Max au bowling de notre nouvelle Wii. Puis, Félixe nous a grandement impressionnés avec son revers digne de n’importe quelle Martina Hingis de ce monde lorsque nous avons joué au tennis avec cette même console de jeux.
Bref, ce fut une magnifique soirée où les réjouissances occupaient le premier plan. Une fête dont les filles se souviendront longtemps. Et je pense qu’au-delà des cadeaux espérés et déballés, nous leur avons offert le plus beau : des parents séparés qui s’entendent bien et qui mettent en tête de liste le bien-être de leurs enfants avant tout.
Les temps changent. Les gens aussi. L’avenir est prometteur non?
Nous avançons de deux pas, nous reculons d’un, puis nous avançons à nouveau. Des émotions qui étaient autrefois si douloureuses ont laissé leur place à d’autres beaucoup plus paisibles. Les nuits d’insomnie sont de plus en plus rares. Les moments de mélancolie, les crises de larme, les instants de nostalgie sont allés voir ailleurs s’ils y étaient.
Les temps changent. Les gens aussi.
Nous oublions pourquoi nous étions si fâchés. Les mauvais souvenirs cèdent leur place à d’autres plus doux. L’amertume qui était devenue une grande complice est allée se chercher une nouvelle bande d’amis.
Les temps changent. Les gens aussi.
Ces Noël, si difficiles à traverser, sont devenus beaucoup plus amusants et joyeux. Toutes ces réunions familiales et cette effervescence, qui nous étaient insupportables, sont à présent des plus agréables à vivre. Ces décorations, qui nous semblaient superficielles, trouvent à nouveau place dans notre demeure. Cette redondante musique, qui débarque sur les ondes une fois la page de novembre arrachée du calendrier, devient tout à coup la plus belle de toutes.
Les temps changent. Les gens aussi.
Alors qu’avant le cœur nous levait devant la besogne de la décoration du sapin, voilà que maintenant nous courons les boutiques à la recherche de l’étoile parfaite qui illuminera l’arbre. On fouille les magazines de déco pour faire de cet arbre le plus beau des plus beaux. Nous chantons Petit papa Noël en emballant nos cadeaux en prenant soin d’agencer le papier d’emballage avec la couleur des boules accrochées aux branches du conifère. Nous écoutons Le sapin a des boules ou encore Réellement l’amour en répétition sans maudire le fait que Rumeurs et Les hauts et les bas de Sophie Paquin soient retirés des ondes pendant les fêtes.
Les temps changent. Les gens aussi.
J’ai eu l’occasion de le vérifier en début de semaine. Quatre ans après notre dernier Noël tous ensemble, mes filles ont pu célébrer à nouveau avec leurs deux parents. Les conflits, les frustrations, les désaccords n’étaient pas invités à notre réveillon. Ce sont plutôt la bonne humeur et la volonté de faire passer un merveilleux Noël à nos héritières qui ont reçu un carton d’invitation à notre petite fête.
Nous avons partagé un bon repas pendant lequel nous avons rigolé des sottises de Filou et écouté les dernières péripéties de Maxim. Puis, nous nous sommes délectés des sourires et des yeux émerveillés de nos loulous déballant leurs cadeaux. Nous avons pouffé de rire devant les exploits maladresses de Max au bowling de notre nouvelle Wii. Puis, Félixe nous a grandement impressionnés avec son revers digne de n’importe quelle Martina Hingis de ce monde lorsque nous avons joué au tennis avec cette même console de jeux.
Bref, ce fut une magnifique soirée où les réjouissances occupaient le premier plan. Une fête dont les filles se souviendront longtemps. Et je pense qu’au-delà des cadeaux espérés et déballés, nous leur avons offert le plus beau : des parents séparés qui s’entendent bien et qui mettent en tête de liste le bien-être de leurs enfants avant tout.
Les temps changent. Les gens aussi. L’avenir est prometteur non?
03 décembre 2007
Jamais deux sans trois
Je trouve que les expressions toutes faites et les proverbes des pages roses du Larousse ne valent pas grand-chose. Souvent, j’ai l’impression que ça ne sert qu’à meubler une conversation pauvre en action. Sans compter que la plupart du temps, personne ne saisit le 1/8 du sens de la dite expression. Par exemple, je peux vous garocher comme ça à brûle pour point « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » et vous donner l’impression que je suis très cultivée et intelligente. Pourtant, je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire.
Par contre, je pourrais longuement discourir sur l’explication de l’expression « Jamais deux sans trois ». Tellement que c’est devenu un mode de vie. Quand quelque chose m’arrive deux fois, c’est sûr qu’une troisième se pointera à l’horizon sous peu.
Sceptiques? Voici quelques exemples. Je n’ai pas occupé deux, mais trois postes au journal depuis mon arrivée dans les locaux de la rue Roy : préposée à la production publicitaire, pigiste puis rédactrice en chef.
Aussi, trois de mes os se sont retrouvés dans le plâtre: un poignet, un doigt et un coude. Au cours des prochaines semaines, j’aurais à me rendre à trois partys de Noël pour le boulot. J’ai pendu trois fois la crémaillère à Proulxville. J’ai fait trois voyages au cours de la dernière année. Le robinet du bain a brisé à trois reprises.
Mais le comble de cette expression est arrivé samedi dernier. J’attendais sagement à une lumière que le rouge cède sa place au vert. Pour passer le temps, je mets le cd de Tricot machine dans le lecteur. Plutôt que d’entendre la voix de Catherine Leduc dans mes haut-parleurs, c’est plutôt le bruit d’un crissement de pneu qui s’est rendu à mes oreilles, suivi d’un grand bang. Avant même que je ne réalise ce qui venait de se produire, j’entendais Filou hurler derrière. (Pas deux, mais trois bruits!).
Pour la troisième fois cet automne, des gens ont foncé dans mon pare-choc arrière. Vous avez bien lu : trois fois cet automne! Les trois ont frappé ma voiture sans que je les ais sonnés. Et trois fois, j’ai téléphoné mes assurances pour leur raconter l’aventure. Si bien que maintenant quand j’appelle mon agent d’assurances, il reconnaît ma voix et demande des nouvelles des enfants…
J’espérais bien que cette série de trois s’arrêterait ici. Mais était-ce trop demander à la vie? Voyez par vous-même.
Vendredi matin, le cadran n’a pas sonné. C’est donc dans un état de panique total que je me suis réveillée. Samedi matin, c’est le téléphone à 4h30 du matin qui m’a sorti d’un sommeil des plus paisibles. Devinez ce qui est arrivé dimanche matin…
« Maman d’amour… réveille-toi…. » « Ohhh! Les filles. Il est juste 7h et c’est dimanche. Je veux dooooormir un peu…. » « Allez maman, ouvre les yeux. C’est le matin… »
De peine et de misère, j’ai ouvert les yeux. Sur mon lit, il y avait deux puces au sourire grand comme ça avec un plateau à déjeuner dans les mains sur lequel était disposé un grand verre de jus d’orange, un bol de yogourt aux fruits accompagné d’un super sandwich aux œufs et fromage suisse.
J’ai tout de suite crains le pire pour ma cuisine. Il en était rien heureusement. C’est en savourant mon petit-déj que j’ai pensé que mes séries de trois étaient terminées. Que c’était de l’histoire ancienne. Que mes réveils seraient à nouveau plus cléments.
Mais non.
Ce matin, c’est une tempête de neige qui m’a réveillée. Un congé d’école pour mes loulous, mais surtout un casse-tête pour la maman qui travaille. Soupir. Ce n’est pas terminé.
Par contre, je pourrais longuement discourir sur l’explication de l’expression « Jamais deux sans trois ». Tellement que c’est devenu un mode de vie. Quand quelque chose m’arrive deux fois, c’est sûr qu’une troisième se pointera à l’horizon sous peu.
Sceptiques? Voici quelques exemples. Je n’ai pas occupé deux, mais trois postes au journal depuis mon arrivée dans les locaux de la rue Roy : préposée à la production publicitaire, pigiste puis rédactrice en chef.
Aussi, trois de mes os se sont retrouvés dans le plâtre: un poignet, un doigt et un coude. Au cours des prochaines semaines, j’aurais à me rendre à trois partys de Noël pour le boulot. J’ai pendu trois fois la crémaillère à Proulxville. J’ai fait trois voyages au cours de la dernière année. Le robinet du bain a brisé à trois reprises.
Mais le comble de cette expression est arrivé samedi dernier. J’attendais sagement à une lumière que le rouge cède sa place au vert. Pour passer le temps, je mets le cd de Tricot machine dans le lecteur. Plutôt que d’entendre la voix de Catherine Leduc dans mes haut-parleurs, c’est plutôt le bruit d’un crissement de pneu qui s’est rendu à mes oreilles, suivi d’un grand bang. Avant même que je ne réalise ce qui venait de se produire, j’entendais Filou hurler derrière. (Pas deux, mais trois bruits!).
Pour la troisième fois cet automne, des gens ont foncé dans mon pare-choc arrière. Vous avez bien lu : trois fois cet automne! Les trois ont frappé ma voiture sans que je les ais sonnés. Et trois fois, j’ai téléphoné mes assurances pour leur raconter l’aventure. Si bien que maintenant quand j’appelle mon agent d’assurances, il reconnaît ma voix et demande des nouvelles des enfants…
J’espérais bien que cette série de trois s’arrêterait ici. Mais était-ce trop demander à la vie? Voyez par vous-même.
Vendredi matin, le cadran n’a pas sonné. C’est donc dans un état de panique total que je me suis réveillée. Samedi matin, c’est le téléphone à 4h30 du matin qui m’a sorti d’un sommeil des plus paisibles. Devinez ce qui est arrivé dimanche matin…
« Maman d’amour… réveille-toi…. » « Ohhh! Les filles. Il est juste 7h et c’est dimanche. Je veux dooooormir un peu…. » « Allez maman, ouvre les yeux. C’est le matin… »
De peine et de misère, j’ai ouvert les yeux. Sur mon lit, il y avait deux puces au sourire grand comme ça avec un plateau à déjeuner dans les mains sur lequel était disposé un grand verre de jus d’orange, un bol de yogourt aux fruits accompagné d’un super sandwich aux œufs et fromage suisse.
J’ai tout de suite crains le pire pour ma cuisine. Il en était rien heureusement. C’est en savourant mon petit-déj que j’ai pensé que mes séries de trois étaient terminées. Que c’était de l’histoire ancienne. Que mes réveils seraient à nouveau plus cléments.
Mais non.
Ce matin, c’est une tempête de neige qui m’a réveillée. Un congé d’école pour mes loulous, mais surtout un casse-tête pour la maman qui travaille. Soupir. Ce n’est pas terminé.
27 novembre 2007
Rhume et monoparentalité
Aujourd’hui, en ce moment précis, je déteste être monoparentale.
Ça m’est tombé dessus hier après-midi. Au départ, je n’avais que quelques frissons. Puis, mon nez s’est mis à couler, mes yeux à piquer, ma tête à faire mal.
Un vulgaire rhume m’avait choisie comme cible. En l’espace d’un seul après-midi, j’étais la proie de millions de bactéries prêtes à me rendre la vie difficiles pour les prochains jours et moi, comme je n’avais aucune arme pour me défendre contre eux (surtout à la gang qu’ils étaient) que j’ai abdiqué. J’ai capitulé. J’ai baissé les bras.
Les mouchoirs n’ont pas trop pris de temps à faire déborder ma poubelle. Je faisais le rêve éveillé d’un lit et d’une belle dédette d’après-midi. D’une maman qui venait me porter une bonne soupe poulet et nouilles.
Je fantasmais sur mon divan et mon doudou tout en regardant Terre Humaine à la télé. Je pensais à un immense bain chaud avec de l’huile d’eucalyptus dedans. J’imaginais une main dans mon dos à étendre du Vicks. Je ne me cassais pas la tête avec le panier de linge sale rempli à pleine capacité, le frigo vide pis le plancher tout sale. J’avais besoin de toutes mes forces pour venir à bout de mon virus.
Ça aurait été tellement simple. Avec un tel régime, mon maudit rhume aurait été de l’histoire ancienne en moins de 24 heures. Mais ce n’est pas la vraie vie ça. La vraie vie, du moins, par chez moi, ce n’est pas comme ça.
Le cadran n’avait même pas encore sonné que j’avais ma loulou de six ans à côté du lit qui voulait jouer aux Petshop avec moi. Puis-je vous confier que je n’avais nullement envie de me prendre pour un véto-pour-petites-bêtes-en-plastique-à-la-tête-qui-dodeline? Ma langue épaisse comme ça, conséquence d’une nuit à respirer par la bouche, me quémandait beaucoup plus un grand verre d’eau.
Entre temps, Maxim a cru que c’était le bon moment pour pratique son Menuet, sa dernière pièce apprise au piano. Malheureusement, le bouton du volume du clavier est resté coincé au plus fort. Les ré-sol-la-si-do-ré-sol-sol ont donc retenti dans ma tête aussi fort qu’une explosion nucléaire.
Il n’était que 7h20 et j’avais déjà envie de démissionner de mon rôle de mère. De me recoucher en position fœtale dans mon lit et d’attendre que les 24 heures me séparant du lendemain passe.
J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait déjeuner mes puces. C’est Filou qui s’est rendue compte la première que j’étais au bord de mourir de mon rhume. Elle était là derrière mon dos à me flatter le derrière des cuisses (j’imagine que son intention première était de me flatter le dos, mais à la grandeur qu’elle a, les cuisses étaient plus faciles à atteindre). « Ça ne va pas maman d’amour? Est-ce que tu es malade? Est-ce que tu veux un bon jus d’orange-parce-que-les-oranges-ça-guérit-les-rhumes? » me dit-elle d’un trait tout en cherchant dans le frigo la fameuse bouteille de jus miracle.
Dès que Maxim a entendu que je vivais de grandes souffrances, elle s’est offerte pour ranger la vaisselle du déj et pour préparer ses collations et celles de sa sœur. Elle a pensé également à faire son lit, à envoyer au panier son pyjama, à se laver les dents. Tout ça, ça que je le demande. Cerise sur le sundae, elle a même aidé sa petite sœur à enfiler ses bottes et à attacher son manteau d’hiver.
Bref, à 8h10, soit 15 minutes plus tôt qu’à l’habitude, mes petites colocs étaient prêtes à partir à l’école. Un record!
Finalement, conjuguer monoparentalité et rhume, ce n’est pas si pire. C’est même plutôt agréable. Je pense même à simuler un rhume 365 jours par année…
Ça m’est tombé dessus hier après-midi. Au départ, je n’avais que quelques frissons. Puis, mon nez s’est mis à couler, mes yeux à piquer, ma tête à faire mal.
Un vulgaire rhume m’avait choisie comme cible. En l’espace d’un seul après-midi, j’étais la proie de millions de bactéries prêtes à me rendre la vie difficiles pour les prochains jours et moi, comme je n’avais aucune arme pour me défendre contre eux (surtout à la gang qu’ils étaient) que j’ai abdiqué. J’ai capitulé. J’ai baissé les bras.
Les mouchoirs n’ont pas trop pris de temps à faire déborder ma poubelle. Je faisais le rêve éveillé d’un lit et d’une belle dédette d’après-midi. D’une maman qui venait me porter une bonne soupe poulet et nouilles.
Je fantasmais sur mon divan et mon doudou tout en regardant Terre Humaine à la télé. Je pensais à un immense bain chaud avec de l’huile d’eucalyptus dedans. J’imaginais une main dans mon dos à étendre du Vicks. Je ne me cassais pas la tête avec le panier de linge sale rempli à pleine capacité, le frigo vide pis le plancher tout sale. J’avais besoin de toutes mes forces pour venir à bout de mon virus.
Ça aurait été tellement simple. Avec un tel régime, mon maudit rhume aurait été de l’histoire ancienne en moins de 24 heures. Mais ce n’est pas la vraie vie ça. La vraie vie, du moins, par chez moi, ce n’est pas comme ça.
Le cadran n’avait même pas encore sonné que j’avais ma loulou de six ans à côté du lit qui voulait jouer aux Petshop avec moi. Puis-je vous confier que je n’avais nullement envie de me prendre pour un véto-pour-petites-bêtes-en-plastique-à-la-tête-qui-dodeline? Ma langue épaisse comme ça, conséquence d’une nuit à respirer par la bouche, me quémandait beaucoup plus un grand verre d’eau.
Entre temps, Maxim a cru que c’était le bon moment pour pratique son Menuet, sa dernière pièce apprise au piano. Malheureusement, le bouton du volume du clavier est resté coincé au plus fort. Les ré-sol-la-si-do-ré-sol-sol ont donc retenti dans ma tête aussi fort qu’une explosion nucléaire.
Il n’était que 7h20 et j’avais déjà envie de démissionner de mon rôle de mère. De me recoucher en position fœtale dans mon lit et d’attendre que les 24 heures me séparant du lendemain passe.
J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait déjeuner mes puces. C’est Filou qui s’est rendue compte la première que j’étais au bord de mourir de mon rhume. Elle était là derrière mon dos à me flatter le derrière des cuisses (j’imagine que son intention première était de me flatter le dos, mais à la grandeur qu’elle a, les cuisses étaient plus faciles à atteindre). « Ça ne va pas maman d’amour? Est-ce que tu es malade? Est-ce que tu veux un bon jus d’orange-parce-que-les-oranges-ça-guérit-les-rhumes? » me dit-elle d’un trait tout en cherchant dans le frigo la fameuse bouteille de jus miracle.
Dès que Maxim a entendu que je vivais de grandes souffrances, elle s’est offerte pour ranger la vaisselle du déj et pour préparer ses collations et celles de sa sœur. Elle a pensé également à faire son lit, à envoyer au panier son pyjama, à se laver les dents. Tout ça, ça que je le demande. Cerise sur le sundae, elle a même aidé sa petite sœur à enfiler ses bottes et à attacher son manteau d’hiver.
Bref, à 8h10, soit 15 minutes plus tôt qu’à l’habitude, mes petites colocs étaient prêtes à partir à l’école. Un record!
Finalement, conjuguer monoparentalité et rhume, ce n’est pas si pire. C’est même plutôt agréable. Je pense même à simuler un rhume 365 jours par année…
Ces héros parmi nous
Ils sont ici. Ils sont là.
Malheureusement, on ne les voit pas. Du moins, pas assez.
Sherbrooke regorge de héros. Dans toutes les sphères de la société. Dans toutes les couches sociales. Ils sont cachés dans tous les arrondissements.
Ils s’investissent sans relâche. Sans demander plus. Sans vouloir se mettre en valeur au détriment des autres.
Mon ami Jean-Pascal est des leurs. Chaque semaine, ce médecin sauve des vies. Il aide des centaines de personnes par année à mieux marcher, à mieux fonctionner dans leur quotidien, à moins souffrir.
La salle d’op est devenue sa deuxième maison. Les prothèses de hanches et de genoux sont devenues ses alliés. Les scalpels, les marteaux et les perceuses sont devenus ses copains. Une belle gang qui change la vie de tellement de gens.
Vraiment, il en est un.
Même si Mélanie ne travaille pas au bloc opératoire, il serait complètement faux de dire qu’elle ne sauve pas de vie. Chaque matin, alors qu’elle se pointe dans sa classe d’élèves vivant avec des troubles de comportement, cette prof rivalise d’ingéniosité et d’audace pour leur permettre de croire en eux, de voir que demain est possible malgré leurs difficultés.
Pourquoi s’en tenir aux traditionnels cahiers d’exercices alors qu’on peut leur donner l’espoir qu’ils réussiront avec des projets géniaux qui cherchent beaucoup à les remplir de confiance qu’à en faire des petits singes savants?
Sans aucun doute, elle en est une.
Avec un diplôme en droit dans les poches, les futurs avocats rêvent, pour la plupart, de défendre de grandes causes qui les aideront grandement à rembourser l’hypothèque de leur nouvelle maison de la rue Rostand. Probablement qu’ils travailleront sans relâche facturant d’innombrables heures à coup de 250$ à leurs riches clients. Ils se voient en mettre plein la vue à la cour avec leurs grands plaidoyers espérant ainsi convaincre le jury qu’ils ont raison.
Mais de croire ça, ça serait de bien mal connaître mon cousin Mario. Avocat à la Direction de la protection de la jeunesse, son travail consiste à défendre des loulous pour qui la vie ne les a pas nécessairement gâtés avant même qu’ils aient l’âge de penser que ce n’est pas partout pareil.
Des cœurs meurtris, des os cassés, des âmes brisées, il n’y a pas grande souffrance que Mario n’a pas rencontrée dans sa carrière. Mais il continue, chaque jour, à travailler pour que pareille injustice soit réparée. Pour que ces enfants puissent espérer qu’un jour le vent tournera en leur faveur.
Il en est un aussi.
Ce sont tous des héros.
Même s’ils ne font pas la manchette chaque jour. Même si on ne leur demande pas leur autographe à chaque coin de rue. Même s’ils ne bossent pas pour la gloire. Ce sont des héros.
Malheureusement, on ne les voit pas. Du moins, pas assez.
Sherbrooke regorge de héros. Dans toutes les sphères de la société. Dans toutes les couches sociales. Ils sont cachés dans tous les arrondissements.
Ils s’investissent sans relâche. Sans demander plus. Sans vouloir se mettre en valeur au détriment des autres.
Mon ami Jean-Pascal est des leurs. Chaque semaine, ce médecin sauve des vies. Il aide des centaines de personnes par année à mieux marcher, à mieux fonctionner dans leur quotidien, à moins souffrir.
La salle d’op est devenue sa deuxième maison. Les prothèses de hanches et de genoux sont devenues ses alliés. Les scalpels, les marteaux et les perceuses sont devenus ses copains. Une belle gang qui change la vie de tellement de gens.
Vraiment, il en est un.
Même si Mélanie ne travaille pas au bloc opératoire, il serait complètement faux de dire qu’elle ne sauve pas de vie. Chaque matin, alors qu’elle se pointe dans sa classe d’élèves vivant avec des troubles de comportement, cette prof rivalise d’ingéniosité et d’audace pour leur permettre de croire en eux, de voir que demain est possible malgré leurs difficultés.
Pourquoi s’en tenir aux traditionnels cahiers d’exercices alors qu’on peut leur donner l’espoir qu’ils réussiront avec des projets géniaux qui cherchent beaucoup à les remplir de confiance qu’à en faire des petits singes savants?
Sans aucun doute, elle en est une.
Avec un diplôme en droit dans les poches, les futurs avocats rêvent, pour la plupart, de défendre de grandes causes qui les aideront grandement à rembourser l’hypothèque de leur nouvelle maison de la rue Rostand. Probablement qu’ils travailleront sans relâche facturant d’innombrables heures à coup de 250$ à leurs riches clients. Ils se voient en mettre plein la vue à la cour avec leurs grands plaidoyers espérant ainsi convaincre le jury qu’ils ont raison.
Mais de croire ça, ça serait de bien mal connaître mon cousin Mario. Avocat à la Direction de la protection de la jeunesse, son travail consiste à défendre des loulous pour qui la vie ne les a pas nécessairement gâtés avant même qu’ils aient l’âge de penser que ce n’est pas partout pareil.
Des cœurs meurtris, des os cassés, des âmes brisées, il n’y a pas grande souffrance que Mario n’a pas rencontrée dans sa carrière. Mais il continue, chaque jour, à travailler pour que pareille injustice soit réparée. Pour que ces enfants puissent espérer qu’un jour le vent tournera en leur faveur.
Il en est un aussi.
Ce sont tous des héros.
Même s’ils ne font pas la manchette chaque jour. Même si on ne leur demande pas leur autographe à chaque coin de rue. Même s’ils ne bossent pas pour la gloire. Ce sont des héros.
Les amis de mes amis de leurs amis sont...
Il paraît que nous sommes tous reliés par un maximum de six personnes. Cette théorie s’appelle les Six degrés de séparation ou « it’s a small world ». C’est le docteur Milgram, un psycho-sociologue qui, en 1967, soumet la première fois cette idée. Si l’on prend deux personnes n’importe où dans le monde, on pourra les relier en moyenne par une chaîne de six relations.
Ce chercheur avait choisi au hasard des habitants d'Omaha au Nebraska, et leur avait demandé d'expédier des colis à un habitant de Boston identifié par son seul nom et son métier; jamais son adresse. Les expéditeurs devaient envoyer le colis à une personne qu'ils connaissaient, et qui leur paraissait être la plus susceptible de faire progresser le colis vers Boston. Il avait fallu, chaque fois, entre six et sept étapes au colis pour atteindre sa destination.
Voilà pour la partie théorique et instructive de cette chronique. Passons aux choses sérieuses maintenant.
J’avoue ne pas détester l’idée de me retrouver à moins de six relations de Hugh Grant. Ça été tellement facile à trouver que j’en ai été décontenancée.
Voyez par vous-même : Mon ami Jean-François a fréquenté Michelle Meyer l’été dernier qui se retrouve à être l’hôtesse de l’air personnel de Rowan Atkinson (Mr Bean) pendant sa tournée européenne. En 2003, ce dernier a participé au tournage du film Love Actually avec nul autre que… Hugh Grant.
Ouf! Il n’y a que quatre degrés de séparation qui me sépare de Hugh Grant. Popire pareil non?
Maintenant, me croiriez-vous si je vous disais que je suis liée d’aussi près à Bono? En effet, le chanteur de U2 se retrouve à être (soyez attentif) le fils de la grand-tante de la cousine du beau-frère du grand-père de ma copine Marie-Andrée. Encore ici ça fonctionne. Six degrés et le lien est fait. Phénoménal!
Mais bon, j’ai bien beau avoir trouvé plein de liens pouvant me rendre à ces deux vedettes, n’empêche que mon agenda n’a pas encore de case horaire où c’est inscrit « Date avec Hugh ». Dommage.
Pour en revenir à nos moutons, sachez que des chercheurs de l'Université de l'état de l'Ohio profitent de la montée fulgurante de l’Internet pour tenter de valider la théorie de Milgram.
Pour cela, ils ont monté le Electronic Small World Project qui propose à des volontaires de participer à une expérience. Une fois inscrit, chaque personne reçoit le nom et quelques renseignements - mais pas l'adresse de courriel - d'un autre individu au hasard. Si le volontaire la connait, il peut lui écrire directement. Sinon, il doit faire appel à une seule autre personne, choisie selon les quelques renseignements concernant la personne-mystère, pour lui poser la même énigme. Et ainsi de suite.
Et si vous m’aidiez en entrer en contact avec Brad Pitt ou encore mieux avec Tom Cruise (j’ai l’impression qu’Angelina sera plus difficile à tasser que Katie….)? J’ai rien à faire vendredi soir…
Ce chercheur avait choisi au hasard des habitants d'Omaha au Nebraska, et leur avait demandé d'expédier des colis à un habitant de Boston identifié par son seul nom et son métier; jamais son adresse. Les expéditeurs devaient envoyer le colis à une personne qu'ils connaissaient, et qui leur paraissait être la plus susceptible de faire progresser le colis vers Boston. Il avait fallu, chaque fois, entre six et sept étapes au colis pour atteindre sa destination.
Voilà pour la partie théorique et instructive de cette chronique. Passons aux choses sérieuses maintenant.
J’avoue ne pas détester l’idée de me retrouver à moins de six relations de Hugh Grant. Ça été tellement facile à trouver que j’en ai été décontenancée.
Voyez par vous-même : Mon ami Jean-François a fréquenté Michelle Meyer l’été dernier qui se retrouve à être l’hôtesse de l’air personnel de Rowan Atkinson (Mr Bean) pendant sa tournée européenne. En 2003, ce dernier a participé au tournage du film Love Actually avec nul autre que… Hugh Grant.
Ouf! Il n’y a que quatre degrés de séparation qui me sépare de Hugh Grant. Popire pareil non?
Maintenant, me croiriez-vous si je vous disais que je suis liée d’aussi près à Bono? En effet, le chanteur de U2 se retrouve à être (soyez attentif) le fils de la grand-tante de la cousine du beau-frère du grand-père de ma copine Marie-Andrée. Encore ici ça fonctionne. Six degrés et le lien est fait. Phénoménal!
Mais bon, j’ai bien beau avoir trouvé plein de liens pouvant me rendre à ces deux vedettes, n’empêche que mon agenda n’a pas encore de case horaire où c’est inscrit « Date avec Hugh ». Dommage.
Pour en revenir à nos moutons, sachez que des chercheurs de l'Université de l'état de l'Ohio profitent de la montée fulgurante de l’Internet pour tenter de valider la théorie de Milgram.
Pour cela, ils ont monté le Electronic Small World Project qui propose à des volontaires de participer à une expérience. Une fois inscrit, chaque personne reçoit le nom et quelques renseignements - mais pas l'adresse de courriel - d'un autre individu au hasard. Si le volontaire la connait, il peut lui écrire directement. Sinon, il doit faire appel à une seule autre personne, choisie selon les quelques renseignements concernant la personne-mystère, pour lui poser la même énigme. Et ainsi de suite.
Et si vous m’aidiez en entrer en contact avec Brad Pitt ou encore mieux avec Tom Cruise (j’ai l’impression qu’Angelina sera plus difficile à tasser que Katie….)? J’ai rien à faire vendredi soir…
08 novembre 2007
Terreurs et rideaux
Les boîtes sont peut-être défaites à Proulxville, mais les fenêtres, quant à elles ne sont toujours pas voilées. Si bien que dès que le soleil se pointe le bout du nez le matin venu, ses rayons me sortent du sommeil illico et ce, même si c’est inscrit congé à mon calendrier.
Une visite au magasin de rideaux s’imposait donc et rapidement. Ma qualité de vie, mais surtout mon humeur dû au manque de sommeil et qui risquait de rendre mes collègues de bureau dépressifs m’ont poussé à agir au plus vite. Et ce même si les filles auraient fait mille autres trucs que de chercher le couvre-fenêtre par excellence qui s’harmoniserait avec le reste de la literie de ma chambre à coucher. Elles sont fatiguées les cocottes. Le déménagement jumelé à un virée d’Halloween et un changement d’heure ont fait en sorte que le shopping était vraiment, mais vraiment de trop dans leur agenda.
« Allez les filles. J’en ai juste pour une petite minute. Vous allez voir, ça ira vite et après, je vous promets que vous pourrez jouer à tout ce que vous voulez et que vous pourrez manger tout votre sac de bonbons. »
La manipulation a fonctionné à merveille. Les puces ont grimpé dans l’auto avec des images de petites filles se roulant dans le chocolat au caramel en jouant au V-Smile à deux pouces de la télé le tout sans se faire chicaner par une mère casse-pieds.
Premier arrêt : la quincaillerie pour acheter une tringle à rideaux. Ici déjà, j’ai outrepassé le temps qui m’était alloué par mes cocottes. C’est que ce n’est pas si simple que de faire un choix entre les tringles à rideaux doubles, à rails, à pression, à crochets, Levelor, magnétiques, à embouts, sans embouts, Twist ‘n’ fit, à supports, à anneaux. À cela, il faut choisir le matériau: en chêne, en métal brossé, en laiton ou en plastique. Et il ne faut pas oublier la couleur. Bref, beaucoup de grandes questions qui ont nécessité d’aussi grandes réflexions et par conséquent qui ont demandé beaucoup plus de temps que la petite minute promise à mes héritières.
Pendant que je jonglais entre les pour et les contre que m’offraient chacune des tringles offertes, j’ai cru voir Filou et Maxim grimpées sur une échelle servant à atteindre le deuxième étage des étalages de marchandises. « Les filles, voulez-vous descendre de là tout de suite? Vous n’avez pas le droit de monter là, c’est inscrit ‘réservé aux employés’ et vous n’êtes pas des employés du magasin à ce que je sache! »
Piteuses, elles sont redescendues de l’échelle me permettant de retourner à mes tringles. C’est devenu très silencieux autour de moi. Trop silencieux même. Elles étaient passées où les filles vous pensez? Cachées derrières les gallons de peinture…. Soupir.
J’ai donc pris la première tringle du bord et j’ai couru vers la caisse. Mais je n’avais que la moitié du travail d’effectué. C’est bien beau une tringle dans une fenêtre, mais ça n’empêche pas le soleil d’entrer.
Deuxième arrêt : le magasin de rideaux. Une centaine de modèles m’était proposée. Du blanc au noir, des carreautés, des picotés, des rayés, des voilages, des simili-suèdes, des cotonnades, du lin, du polyester étaient disponibles. Pendant que je réfléchissais à la teinte à choisir, j’ai entendu des femmes soupirer : « Avez-vous vu les petites filles couchées dans le rack à rouleaux de tissus? Franchement, ils sont où les parents? »
À l’instant même, j’ai comme eu un petit vertige. Effectivement, c’étaient bel et bien les terribles sœurs qui logent sous mon toit qui se prenaient pour du coton enroulés. Complètement découragée, je me suis retrouvée à la caisse avec un rideau orange rayé bleu (spécifions que ma literie est rose…), le premier en fait qui s’est trouvé sur mon chemin, d’une main et deux terreurs sous l’autre bras.
Une visite au magasin de rideaux s’imposait donc et rapidement. Ma qualité de vie, mais surtout mon humeur dû au manque de sommeil et qui risquait de rendre mes collègues de bureau dépressifs m’ont poussé à agir au plus vite. Et ce même si les filles auraient fait mille autres trucs que de chercher le couvre-fenêtre par excellence qui s’harmoniserait avec le reste de la literie de ma chambre à coucher. Elles sont fatiguées les cocottes. Le déménagement jumelé à un virée d’Halloween et un changement d’heure ont fait en sorte que le shopping était vraiment, mais vraiment de trop dans leur agenda.
« Allez les filles. J’en ai juste pour une petite minute. Vous allez voir, ça ira vite et après, je vous promets que vous pourrez jouer à tout ce que vous voulez et que vous pourrez manger tout votre sac de bonbons. »
La manipulation a fonctionné à merveille. Les puces ont grimpé dans l’auto avec des images de petites filles se roulant dans le chocolat au caramel en jouant au V-Smile à deux pouces de la télé le tout sans se faire chicaner par une mère casse-pieds.
Premier arrêt : la quincaillerie pour acheter une tringle à rideaux. Ici déjà, j’ai outrepassé le temps qui m’était alloué par mes cocottes. C’est que ce n’est pas si simple que de faire un choix entre les tringles à rideaux doubles, à rails, à pression, à crochets, Levelor, magnétiques, à embouts, sans embouts, Twist ‘n’ fit, à supports, à anneaux. À cela, il faut choisir le matériau: en chêne, en métal brossé, en laiton ou en plastique. Et il ne faut pas oublier la couleur. Bref, beaucoup de grandes questions qui ont nécessité d’aussi grandes réflexions et par conséquent qui ont demandé beaucoup plus de temps que la petite minute promise à mes héritières.
Pendant que je jonglais entre les pour et les contre que m’offraient chacune des tringles offertes, j’ai cru voir Filou et Maxim grimpées sur une échelle servant à atteindre le deuxième étage des étalages de marchandises. « Les filles, voulez-vous descendre de là tout de suite? Vous n’avez pas le droit de monter là, c’est inscrit ‘réservé aux employés’ et vous n’êtes pas des employés du magasin à ce que je sache! »
Piteuses, elles sont redescendues de l’échelle me permettant de retourner à mes tringles. C’est devenu très silencieux autour de moi. Trop silencieux même. Elles étaient passées où les filles vous pensez? Cachées derrières les gallons de peinture…. Soupir.
J’ai donc pris la première tringle du bord et j’ai couru vers la caisse. Mais je n’avais que la moitié du travail d’effectué. C’est bien beau une tringle dans une fenêtre, mais ça n’empêche pas le soleil d’entrer.
Deuxième arrêt : le magasin de rideaux. Une centaine de modèles m’était proposée. Du blanc au noir, des carreautés, des picotés, des rayés, des voilages, des simili-suèdes, des cotonnades, du lin, du polyester étaient disponibles. Pendant que je réfléchissais à la teinte à choisir, j’ai entendu des femmes soupirer : « Avez-vous vu les petites filles couchées dans le rack à rouleaux de tissus? Franchement, ils sont où les parents? »
À l’instant même, j’ai comme eu un petit vertige. Effectivement, c’étaient bel et bien les terribles sœurs qui logent sous mon toit qui se prenaient pour du coton enroulés. Complètement découragée, je me suis retrouvée à la caisse avec un rideau orange rayé bleu (spécifions que ma literie est rose…), le premier en fait qui s’est trouvé sur mon chemin, d’une main et deux terreurs sous l’autre bras.
Un "Bonheur sein"
C’était il y a cinq ans déjà. Je jasais avec Suzanne sur Internet. Une façon de passer le temps pendant que nous allaitions nos loulous. Elle était déprimée la copine. « Ah! Ge! Je fais encore une mastite. C’est ma troisième depuis que Sébastien est né. Mais là, j’ai toute une bosse. J’ai l’impression que je vais avoir besoin d’antibio cette fois-ci », m’écrivait-elle.
Le lendemain, elle se pointait chez son médecin.
Le surlendemain, elle passait un écho et une mammographie d’urgence.
Moins d’une semaine plus tard, le diagnostique tombait. La bonne nouvelle? Il n’y avait pas de mastite. La mauvaise? C’est qu’elle aurait à combattre un cancer du sein dans les prochains mois.
Trois semaines plus tard, son soutien-gorge était rempli à moitié. Mais son agenda était, quant à lui, rempli à pleine capacité. Rendez-vous chez l’oncologue, la psy, le médecin de famille, le chirurgien, le CLSC. Sans oublier les traitements de chimio, de radio, les changements de pansements, les prises de sang. Un dur moment bref.
Ma copine s’est battue. Pour ne perdre le combat comme sa grand-mère, sa mère et sa tante. Mais surtout pour voir grandir ses deux enfants. Suzanne s’est battue et elle a gagné. Aujourd’hui en rémission, mon amie a toutefois de la difficulté à penser que plus jamais elle n’aura à vivre avec un coco chauve. La peur que cette maladie revienne hanter sa paisible vie est toujours présente.
Et c’est pour que cette raison que lorsqu’octobre se pointe sur mon calendrier, je fais ma part pendant ce mois de la sensibilisation au cancer du sein. Pour que Suzanne puisse vivre en paix. Vraiment en paix.
La première année, j’ai fais un don à la Fondation québécoise du cancer du sein. En 2004, j’ai acheté des babioles à l’effigie du ruban rose. En octobre suivant, j’ai bu une tonne de bouteilles de rosé dont les profits allaient à la Fondation. L’année dernière, j’ai participé à la rédaction de pages spéciales sur le cancer du sein dans La Nouvelle.
Mais cette année? Je n’avais aucune idée.
J’ai cherché. Je voulais une idée qui sorte de l’ordinaire. Je n’avais pas envie d’être déprimante. Au contraire, j’espérais trouver quelque chose de positif qui pourrait sensibiliser à la fois.
J’ai cherché toute une soirée. C’est à 1h du mat que mon hamster a trouvé. Une exposition de photos qui mettrait les seins en valeur. Rien de triste. Juste du beau qui pourrait amener l’espoir vers demain. « Bonheur sein » était presque né.
Presque parce qu’il me manquait un élément pour tout mettre en place : Jessica. Une collègue photographe qui partage les mêmes valeurs de vie que moi. C’est avec impatience que j’ai attendu le 10h règlementaire pour appeler chez quelqu’un le week-end.
L’offre de collaboration a été acceptée sur le champ. En moins de deux, nos idées de photos étaient amassés, la salle d’exposition louée et les sujets trouvés.
Un mois de travail intense qui prendra l’affiche demain dans le hall du Théâtre Granada. Douze clichés qui nous permettent de croire en des lendemains plus beaux. Du moins, je l’espère.
Le lendemain, elle se pointait chez son médecin.
Le surlendemain, elle passait un écho et une mammographie d’urgence.
Moins d’une semaine plus tard, le diagnostique tombait. La bonne nouvelle? Il n’y avait pas de mastite. La mauvaise? C’est qu’elle aurait à combattre un cancer du sein dans les prochains mois.
Trois semaines plus tard, son soutien-gorge était rempli à moitié. Mais son agenda était, quant à lui, rempli à pleine capacité. Rendez-vous chez l’oncologue, la psy, le médecin de famille, le chirurgien, le CLSC. Sans oublier les traitements de chimio, de radio, les changements de pansements, les prises de sang. Un dur moment bref.
Ma copine s’est battue. Pour ne perdre le combat comme sa grand-mère, sa mère et sa tante. Mais surtout pour voir grandir ses deux enfants. Suzanne s’est battue et elle a gagné. Aujourd’hui en rémission, mon amie a toutefois de la difficulté à penser que plus jamais elle n’aura à vivre avec un coco chauve. La peur que cette maladie revienne hanter sa paisible vie est toujours présente.
Et c’est pour que cette raison que lorsqu’octobre se pointe sur mon calendrier, je fais ma part pendant ce mois de la sensibilisation au cancer du sein. Pour que Suzanne puisse vivre en paix. Vraiment en paix.
La première année, j’ai fais un don à la Fondation québécoise du cancer du sein. En 2004, j’ai acheté des babioles à l’effigie du ruban rose. En octobre suivant, j’ai bu une tonne de bouteilles de rosé dont les profits allaient à la Fondation. L’année dernière, j’ai participé à la rédaction de pages spéciales sur le cancer du sein dans La Nouvelle.
Mais cette année? Je n’avais aucune idée.
J’ai cherché. Je voulais une idée qui sorte de l’ordinaire. Je n’avais pas envie d’être déprimante. Au contraire, j’espérais trouver quelque chose de positif qui pourrait sensibiliser à la fois.
J’ai cherché toute une soirée. C’est à 1h du mat que mon hamster a trouvé. Une exposition de photos qui mettrait les seins en valeur. Rien de triste. Juste du beau qui pourrait amener l’espoir vers demain. « Bonheur sein » était presque né.
Presque parce qu’il me manquait un élément pour tout mettre en place : Jessica. Une collègue photographe qui partage les mêmes valeurs de vie que moi. C’est avec impatience que j’ai attendu le 10h règlementaire pour appeler chez quelqu’un le week-end.
L’offre de collaboration a été acceptée sur le champ. En moins de deux, nos idées de photos étaient amassés, la salle d’exposition louée et les sujets trouvés.
Un mois de travail intense qui prendra l’affiche demain dans le hall du Théâtre Granada. Douze clichés qui nous permettent de croire en des lendemains plus beaux. Du moins, je l’espère.
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