Quand je me suis vue la face dans le miroir vendredi matin, j’ai su que j’en aurais un solide. Que même si la plupart du temps, je réussis à m’en passer, cette fois-ci j’allais payer pour toutes les fois où ce syndrome allait cogner ailleurs que chez moi.
Bon, avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous avez l’intention de lire plus loin que ces premières lignes, j’aime autant vous avertir. Ce ne sera pas jojo comme sujet et je n’ai nullement envie de recevoir des tonnes de courriels et de téléphones me traitant de tous les noms. Parce que je ne suis vraiment pas d’humeur. Que non.
Voilà les recommandations faites.
Je disais donc que ma glace me renvoyait une image peu flatteuse de mon visage vendredi dernier. Trois bourgeons pour le moins peu jolis trônaient fièrement sur ma joue droite et sur mon front. Moi, qui avais échappé au massacre de l’acné d’adolescent. Moi, qui n’a jamais eu à magasiner le Clearasil ou des traitements astringents, voilà que je me retrouve avec des boutures qui laissaient présager le pire.
Mais si ce n’était qu’une question de boutons. Ça aurait plus simple pour tout mon entourage. Vous auriez dû me voir le caractère… Incroyable. Tous y ont passé. Les conducteurs peu allumés, les stationnements bondés, les pigistes et le patron qui se payaient ma tête, le photocopieur pas collaborateur, l’ordinateur trop lent, la pompe à essence qui ne va pas assez vite, tous ont goûté à ma médecine SPM.
Même ma journée de ski de dimanche n’a pas réussi à me mettre un sourire dans la face. Trop glacé, trop de monde, pas assez de neige. Et c’est sans parler de Délirium, le dernier né de la famille du Cirque du Soleil, que j’ai vu vendredi. La musique me gossait. La mise en scène m'irritait. Je ne voyais pas le rapport du spectacle.
Je me tapais sur les nerfs moi-même, c’est tout dire. Si j’avais pu, je me serai rangée dans une petite boîte que j’aurais remisée dans le fond de la remise jusqu’à temps que ça passe. Insupportable, tel aurait le qualificatif qui me décrivait le mieux.
Geneviève, qui habituellement est tout sourire et remplie de patience, avait laissé sa place à une bougonneuse de premier ordre qui ne jure que par la contrariété et l’exaspération. J’étais devenue le Mister Hyde du Dr Jekyll ou le Hulk du Dr Banner. Ce n’était pas très beau bref.
Ai-je besoin de vous dire combien j’avais hâte que la journée passe ? Ai-je besoin de vous dire combien je suis heureuse que ce mal m’atteigne qu’une fois l’an ?
J’étais encore un peu dans cet état d’esprit lorsque j’ai regardé l’entrevue que Pierre-Hugues Boisvenu a accordée à Guy A. Lepage à Tout le monde en parle dimanche soir. Le leadership 2004 de La Nouvelle, qui a perdu ses deux filles Julie et Isabelle de façon tragique en l'espace de 42 mois, a accepté de participer à l'émission afin de faire connaître l'action de son organisme qui vient en aide aux parents des victimes d'actes criminels.
Mais quel entretien !
Une entrevue qui replace les valeurs à la bonne place en moins de deux. Qui relègue les SPM au rang de banalité. Qui fait accepter beaucoup plus facilement les pustules qui polluent mon visage.
Résultat final : Pierre-Hugues Boisvenu 1, SPM 0.
30 janvier 2006
23 janvier 2006
Une belle nuit
Quelle nuit que fut celle de jeudi ! Ouf !
À mon réveil, nous étions trois dans le lit. Nous étions tous pêle-mêle dans les couvertures. Deux d’entre nous s’étaient retrouvés tête en bas. Tandis que l’autre s’était échu entre deux oreillers. La coulisse de bave sur les draps trahissait son état de bien être. La personne à mes pieds ronflait bruyamment. Chic tableau.
Il faisait chaud dans ma chambre, chose rare puisque Morphée m’accueille au sous-sol de la maison et qu’habituellement on se les gèle. Qu’est-ce qui se passe ?
Pourtant, la veille, j’étais persuadée que je m’étais couchée seule. En avais-je perdu des bouts ? Est-ce que j’avais été victime du GHB ?
Je dormais si profondément que jamais je me suis rendue compte que, une à une, mes puces avaient infiltré ma couche. En les regardant somnoler, je me suis rappelée quel plaisir j’avais lorsque je réussissais à obtenir la permission de dormir dans le lit parental, chose qui était assez rare.
Quand ça arrivait, c’était comme une fête. Parce que les draps de ma maman étaient beaucoup plus doux et chauds que les miens. Parce que les oreillers étaient beaucoup plus confortables. Parce que la place pour bouger était beaucoup plus grande.
Mais c’était surtout parce que la paillasse maternelle était sécurisante. Dans cet immense lit, aucun monstre ne pouvait m’atteindre. Les vilains rêves étaient impossibles à faire. Les puces et les punaises étaient incapables de franchir la porte de cette chambre. Le sommeil sans tourment, exempt de méchantes choses était alors assuré.
Quand j’étais rendu à mon millionième mouton de compté, quand j’avais fais tous les exercices de relaxation que je connaissais, quand le marchand de sable se faisait attendre trop longuement, un simple transfert chez mes ascendants, et le tour était joué en moins de deux. Je sombrais dans un sommeil de plomb.
C’était peut-être l’odeur qui y régnait qui était apaisant. Cherchez à savoir. Une chose est certaine, c’est que deux Valium n’auraient certainement pas faits autant d’effets.
Mes filles ont partagé mon lit plusieurs mois dès leur naissance. De les savoir près de moi me sécurisait. J’avoue que c’était aussi un peu par lâcheté. Au premier pleur, le chandail était levé et le snack arrivait. Dans le temps de le dire, tout le monde était retourné à ses rêves.
Pendant tous ce temps d’allaitement, j’ai dormi avec mes loulous au creux de mon bras droit. Et parfois, mon bras droit s’ennuie de ces petits moments paisibles. Alors, je vais chercher mes puces toutes endormies et je me gâte. Parce que bientôt, je ne pourrai plus aller les chercher. Elles seront trop lourdes et fort probablement que ça ne sera plus cool de dormir avec maman. J’en profite. Ça passe trop vite.
Quand Filou fait un mauvais rêve et qu’elle échoue dans mon lit, j’aime ça. Quand Maxim file un mauvais coton, c’est avec plaisir que je lui ouvre mes couvertes. Même si elles bougent sans bon sens. Même si elles ronflent parfois. Même si je reçois quelques coups de pieds et quelques bras au visage, j’aime ça. Je me gâte, est-ce si grave ?
À mon réveil, nous étions trois dans le lit. Nous étions tous pêle-mêle dans les couvertures. Deux d’entre nous s’étaient retrouvés tête en bas. Tandis que l’autre s’était échu entre deux oreillers. La coulisse de bave sur les draps trahissait son état de bien être. La personne à mes pieds ronflait bruyamment. Chic tableau.
Il faisait chaud dans ma chambre, chose rare puisque Morphée m’accueille au sous-sol de la maison et qu’habituellement on se les gèle. Qu’est-ce qui se passe ?
Pourtant, la veille, j’étais persuadée que je m’étais couchée seule. En avais-je perdu des bouts ? Est-ce que j’avais été victime du GHB ?
Je dormais si profondément que jamais je me suis rendue compte que, une à une, mes puces avaient infiltré ma couche. En les regardant somnoler, je me suis rappelée quel plaisir j’avais lorsque je réussissais à obtenir la permission de dormir dans le lit parental, chose qui était assez rare.
Quand ça arrivait, c’était comme une fête. Parce que les draps de ma maman étaient beaucoup plus doux et chauds que les miens. Parce que les oreillers étaient beaucoup plus confortables. Parce que la place pour bouger était beaucoup plus grande.
Mais c’était surtout parce que la paillasse maternelle était sécurisante. Dans cet immense lit, aucun monstre ne pouvait m’atteindre. Les vilains rêves étaient impossibles à faire. Les puces et les punaises étaient incapables de franchir la porte de cette chambre. Le sommeil sans tourment, exempt de méchantes choses était alors assuré.
Quand j’étais rendu à mon millionième mouton de compté, quand j’avais fais tous les exercices de relaxation que je connaissais, quand le marchand de sable se faisait attendre trop longuement, un simple transfert chez mes ascendants, et le tour était joué en moins de deux. Je sombrais dans un sommeil de plomb.
C’était peut-être l’odeur qui y régnait qui était apaisant. Cherchez à savoir. Une chose est certaine, c’est que deux Valium n’auraient certainement pas faits autant d’effets.
Mes filles ont partagé mon lit plusieurs mois dès leur naissance. De les savoir près de moi me sécurisait. J’avoue que c’était aussi un peu par lâcheté. Au premier pleur, le chandail était levé et le snack arrivait. Dans le temps de le dire, tout le monde était retourné à ses rêves.
Pendant tous ce temps d’allaitement, j’ai dormi avec mes loulous au creux de mon bras droit. Et parfois, mon bras droit s’ennuie de ces petits moments paisibles. Alors, je vais chercher mes puces toutes endormies et je me gâte. Parce que bientôt, je ne pourrai plus aller les chercher. Elles seront trop lourdes et fort probablement que ça ne sera plus cool de dormir avec maman. J’en profite. Ça passe trop vite.
Quand Filou fait un mauvais rêve et qu’elle échoue dans mon lit, j’aime ça. Quand Maxim file un mauvais coton, c’est avec plaisir que je lui ouvre mes couvertes. Même si elles bougent sans bon sens. Même si elles ronflent parfois. Même si je reçois quelques coups de pieds et quelques bras au visage, j’aime ça. Je me gâte, est-ce si grave ?
13 janvier 2006
J’y suis arrivée
Ça devait faire cinq ans que je n’avais pas vu Kathy. Cinq ans, c’est long. Il s’en passe des trucs dans un quinquennat. Un chum, un petit, une séparation, une monoparentalité. Bang.
Quand on s’est vue la semaine dernière, elle était encore sous le choc. Une séparation quand un kid est impliqué, c’est de la job.
« Toi, comment tu t’en sors ? », m’a-t-elle demandé, les yeux inquiets.
« Super bien », lui ai-je dit.
Elle ne semblait pas du tout convaincue que viendra le temps où elle aussi pourra répondre de cette manière.
Mais c’est ça la beauté de la chose dans une séparation. C’est qu’un jour, toutes pourront répondre la même chose.
C’est un peu comme la première fois où l’on fait du ski. On ne peut s’imaginer qu’un moment donné on pourra descendre d’autres monts que Bellevue. Mais il faut de la patience, de l’acharnement et de la persévérance. Et un jour ou l’autre, ce moment viendra. Parce qu’il vient tout le temps.
Il ne faut pas avoir l’idée de se lancer dans la Super à Orford tout de suite en partant. C’est une étape à la fois. C’est une entreprise de longue haleine. On commence par apprendre à marcher avec ces mastodontes de bottines. Puis, on va dans la pente école pour faire du chasse-neige. On fait la Quatre kilomètres tranquillement. Et sans qu’on s’en rende compte, on est prêt à aller dans la Magog puis dans la Trois Ruisseaux.
Assez rapidement, on prend de la vitesse, de l’assurance et de l’aplomb. On n’a plus du tout peur de se retrouver au sommet. La montagne nous paraît tout à coup toute petite.
On regarde alors en arrière tout le chemin parcouru. Les petites batailles gagnées. Les plus grandes victoires obtenues. Et on est fière. Mais il faut se donner du temps Kathy, du temps.
J’ai commencé par apprivoiser ce lit qui était pourtant si petit et qui était devenu tout à coup si grand. J’ai appris à lâcher prise quand les filles partent chez leur père. J’ai appris à réparer une tondeuse, à démonter un abri tempo, à utiliser une scie à onglets. J’ai fait le deuil d’une famille unie pour la vie.
J’ai découvert les joies d’avoir la manette de la télé pour moi toute seule. J’apprécie mes vendredis soirs seule avec mon saumon fumé et mon brie sans entendre Cornemuse à la télé. Je ne peux plus me passer de mon week-end sur deux où je peux sortir du lit passé 10h.
J’ai monté mon BBQ toute seule. J’ai arraché le tapis dans le sous-sol toute seule. J’y ai posé du plancher flottant toute seule. J’ai rénové la salle de bain toute seule. Je me suis achetée une auto toute seule. Et à chaque fois, j’étais étonnée de la facilité avec laquelle j’accomplissais le tout. J’étais d’autant plus fière que je l’avais réalisée sans l’aide de personne.
Me retrouver à la tête du jour au lendemain d’une famille monoparentale a été difficile certes. Mais j’y suis passé au travers. Tranquillement. Et toi aussi, Kathy, tu y arriveras. On y arrive toutes.
Quand on s’est vue la semaine dernière, elle était encore sous le choc. Une séparation quand un kid est impliqué, c’est de la job.
« Toi, comment tu t’en sors ? », m’a-t-elle demandé, les yeux inquiets.
« Super bien », lui ai-je dit.
Elle ne semblait pas du tout convaincue que viendra le temps où elle aussi pourra répondre de cette manière.
Mais c’est ça la beauté de la chose dans une séparation. C’est qu’un jour, toutes pourront répondre la même chose.
C’est un peu comme la première fois où l’on fait du ski. On ne peut s’imaginer qu’un moment donné on pourra descendre d’autres monts que Bellevue. Mais il faut de la patience, de l’acharnement et de la persévérance. Et un jour ou l’autre, ce moment viendra. Parce qu’il vient tout le temps.
Il ne faut pas avoir l’idée de se lancer dans la Super à Orford tout de suite en partant. C’est une étape à la fois. C’est une entreprise de longue haleine. On commence par apprendre à marcher avec ces mastodontes de bottines. Puis, on va dans la pente école pour faire du chasse-neige. On fait la Quatre kilomètres tranquillement. Et sans qu’on s’en rende compte, on est prêt à aller dans la Magog puis dans la Trois Ruisseaux.
Assez rapidement, on prend de la vitesse, de l’assurance et de l’aplomb. On n’a plus du tout peur de se retrouver au sommet. La montagne nous paraît tout à coup toute petite.
On regarde alors en arrière tout le chemin parcouru. Les petites batailles gagnées. Les plus grandes victoires obtenues. Et on est fière. Mais il faut se donner du temps Kathy, du temps.
J’ai commencé par apprivoiser ce lit qui était pourtant si petit et qui était devenu tout à coup si grand. J’ai appris à lâcher prise quand les filles partent chez leur père. J’ai appris à réparer une tondeuse, à démonter un abri tempo, à utiliser une scie à onglets. J’ai fait le deuil d’une famille unie pour la vie.
J’ai découvert les joies d’avoir la manette de la télé pour moi toute seule. J’apprécie mes vendredis soirs seule avec mon saumon fumé et mon brie sans entendre Cornemuse à la télé. Je ne peux plus me passer de mon week-end sur deux où je peux sortir du lit passé 10h.
J’ai monté mon BBQ toute seule. J’ai arraché le tapis dans le sous-sol toute seule. J’y ai posé du plancher flottant toute seule. J’ai rénové la salle de bain toute seule. Je me suis achetée une auto toute seule. Et à chaque fois, j’étais étonnée de la facilité avec laquelle j’accomplissais le tout. J’étais d’autant plus fière que je l’avais réalisée sans l’aide de personne.
Me retrouver à la tête du jour au lendemain d’une famille monoparentale a été difficile certes. Mais j’y suis passé au travers. Tranquillement. Et toi aussi, Kathy, tu y arriveras. On y arrive toutes.
12 janvier 2006
Éternelle insatisfaite Geneviève ?
Je n’en demandais pas tant. Les lecteurs de La Nouvelle ont bien senti ma solitude et ont voulu me réconforter un brin. C’est une véritable avalanche de courriels qui est tombée dans mon Outlook depuis la publication, mercredi dernier, de ma chronique C’est long longtemps.
J’ai été contente de voir que je n’étais pas la seule à me sentir de cette façon. Parce que regarder un match de hockey peut être amusant, mais c’est encore bien plus trippant quand on est sur la glace non ?
Mais plusieurs ont senti en moi une éternelle insatisfaite, que je n’étais jamais contente de rien. Est-ce le cas ? Peut-être. J’y songe encore.
Dimanche après-midi, alors que j’étais en haut de MontJoye, que le soleil était radieux, la température clémente, les conditions de ski idéales, à cette minute précise, oui j’étais bien. J’étais complètement satisfaite de mon sort. Je n’en demandais pas plus. Pas d’avantage. C’était suffisant.
Et ce, malgré que je me suis retrouvée avec deux bottes gauches dans l’équipement de ski tout neuf à Maxim. Malgré que mes nouvelles bottes à moi m’ont fait un peu souffrir. Malgré que j’aie eu à courir toute la journée entre les différents cours de ski des filles.
J’étais encore bien en soirée. Couchée sur le divan avec mon doudou à regarder en rafale les DVD de La vie la vie. Des biscuits aux pépites de chocolat d’une main, un verre de Quick de l’autre. Que demander de plus ?
Lundi midi encore. Un dîner avec Véro chez le libanais à analyser les événements du week-end. Rien de compliqué. Un shish taouk, un thé glaçé, deux mémères. Rien d’autre. Qu’est-ce qu’on a ris.
P.S. Monsieur N., n’ayez crainte. Je ne trouve pas que La Semaine verte est si ennuyante que ça. Mais quand j’étais petite, les dimanches c’était archi dull. Il n’y avait jamais rien à faire et mon père écoutait cette foutue émission. C’est probablement un traumatisme de jeunesse que bien des gens de ma génération doivent connaître.
J’ai été contente de voir que je n’étais pas la seule à me sentir de cette façon. Parce que regarder un match de hockey peut être amusant, mais c’est encore bien plus trippant quand on est sur la glace non ?
Mais plusieurs ont senti en moi une éternelle insatisfaite, que je n’étais jamais contente de rien. Est-ce le cas ? Peut-être. J’y songe encore.
Dimanche après-midi, alors que j’étais en haut de MontJoye, que le soleil était radieux, la température clémente, les conditions de ski idéales, à cette minute précise, oui j’étais bien. J’étais complètement satisfaite de mon sort. Je n’en demandais pas plus. Pas d’avantage. C’était suffisant.
Et ce, malgré que je me suis retrouvée avec deux bottes gauches dans l’équipement de ski tout neuf à Maxim. Malgré que mes nouvelles bottes à moi m’ont fait un peu souffrir. Malgré que j’aie eu à courir toute la journée entre les différents cours de ski des filles.
J’étais encore bien en soirée. Couchée sur le divan avec mon doudou à regarder en rafale les DVD de La vie la vie. Des biscuits aux pépites de chocolat d’une main, un verre de Quick de l’autre. Que demander de plus ?
Lundi midi encore. Un dîner avec Véro chez le libanais à analyser les événements du week-end. Rien de compliqué. Un shish taouk, un thé glaçé, deux mémères. Rien d’autre. Qu’est-ce qu’on a ris.
P.S. Monsieur N., n’ayez crainte. Je ne trouve pas que La Semaine verte est si ennuyante que ça. Mais quand j’étais petite, les dimanches c’était archi dull. Il n’y avait jamais rien à faire et mon père écoutait cette foutue émission. C’est probablement un traumatisme de jeunesse que bien des gens de ma génération doivent connaître.
29 décembre 2005
C'est long longtemps
J’ai l’impression que le temps s’est arrêté. Que la terre a cessé de tourner. Qu’il n’y a plus 24, mais 72 heures dans une même journée. C’est long. Pis c’est long longtemps.
Les courriels envoyés prennent une éternité avant de recevoir une réponse. Les appels téléphoniques lancés sont aussi longs à revenir qu’une demande de rendez-vous en chirurgie orthopédique.
La boîte de courriels est vide. La boîte vocale est vide. Le plateau de télécopie est vide. La salle de rédaction est vide.
Tout le monde est en vacances. Je suis toute seule. Snif.
Le rythme de vie effréné auquel je suis habituée a cédé sa place à une lente succession de moments qui me paraissent aussi longs que 14 épisodes de La Semaine verte en rafale.
Je n’ai pas à courir après le bus de Maxim le matin. Je n’ai pas besoin de courir à la garderie de Filou le soir. Je n’ai pas besoin de courir à l’épicerie, pour une entrevue, chez le médecin. Rien. Rien. Rien.
C’est long.
Pis c’est plate.
La semaine entre Noël et le jour de l’An, quand tu travailles, que les enfants sont chez leur père et que toute la terre entière est en vacances, c’est loooooong longtemps. Et c’est ça qui est complètement ridicule. C’est tout un paradoxe.
Quand je suis dans le jus, quand je dors quatre heures par nuit, quand je cours ici et là, que je jongle avec ma pelle et mon balai, que j’ai un 56 pages à produire, je rêve du jour où rien ne me pressera de faire le souper pour 17h30, où je pourrai lire jusqu’à ce que je fasse des plaies de divan, ou je n’aurai rien d’autre à faire que de répertorier les types de grains de poussières qui se logent sous mon frigo.
Mais l’affaire, c’est que lorsque ce moment arrive, je m’emmerde. Ça ne bouge pas assez pour maintenir mon cerveau dans un état satisfaisant d’activités. Je me lamente. Je me plains. Je tourne en rond. L’adrénaline des journées sans queue ni tête me manque. C’est pas mongole mon affaire, c’est pathétique.
Incapable de rester à rien faire.
J’écris cette chronique depuis une heure maintenant. J’ai revérifié la boîte vocale. Rien. J’ai revérifié la boîte de courriels. Niet. J’ai revérifié le plateau de télécopies. Nada. Je suis en train de penser que je suis victime d’une conspiration. Que plus personne ne veut m’écrire. Que plus aucun Sherbrookois ne veut me parler. Où êtes-vous ? C’est quoi l’idée de prendre des vacances en plein mois de décembre ?
J’ai hâte à la rentrée. Quand le monde recommencera à tourner. Quand le temps reprendra son rythme normal. Quand les journées auront huit heures plutôt que 24. Que j’oublierai de dîner parce que j’ai 42 articles à rendre. Que je sacrerai après l’école parce que Max a trop de devoirs à faire et que j’ai huit brassées de lavage qui attendent. Que je m’insulterai contre la garderie de fermer si tôt parce que le journal n’est pas terminé.
J’ai hâte de maudire ma boîte de courriels qui sera remplie de pourriels. Je suis impatiente de répondre à vos téléphones pour les anniversaires alors que j’ai mille autres choses à faire. Je suis pressée de faire le ménage dans les tonnes de télécopies qui m’attendront chaque matin.
Au moins, j’aurai l’impression de ne plus être seule.
Les courriels envoyés prennent une éternité avant de recevoir une réponse. Les appels téléphoniques lancés sont aussi longs à revenir qu’une demande de rendez-vous en chirurgie orthopédique.
La boîte de courriels est vide. La boîte vocale est vide. Le plateau de télécopie est vide. La salle de rédaction est vide.
Tout le monde est en vacances. Je suis toute seule. Snif.
Le rythme de vie effréné auquel je suis habituée a cédé sa place à une lente succession de moments qui me paraissent aussi longs que 14 épisodes de La Semaine verte en rafale.
Je n’ai pas à courir après le bus de Maxim le matin. Je n’ai pas besoin de courir à la garderie de Filou le soir. Je n’ai pas besoin de courir à l’épicerie, pour une entrevue, chez le médecin. Rien. Rien. Rien.
C’est long.
Pis c’est plate.
La semaine entre Noël et le jour de l’An, quand tu travailles, que les enfants sont chez leur père et que toute la terre entière est en vacances, c’est loooooong longtemps. Et c’est ça qui est complètement ridicule. C’est tout un paradoxe.
Quand je suis dans le jus, quand je dors quatre heures par nuit, quand je cours ici et là, que je jongle avec ma pelle et mon balai, que j’ai un 56 pages à produire, je rêve du jour où rien ne me pressera de faire le souper pour 17h30, où je pourrai lire jusqu’à ce que je fasse des plaies de divan, ou je n’aurai rien d’autre à faire que de répertorier les types de grains de poussières qui se logent sous mon frigo.
Mais l’affaire, c’est que lorsque ce moment arrive, je m’emmerde. Ça ne bouge pas assez pour maintenir mon cerveau dans un état satisfaisant d’activités. Je me lamente. Je me plains. Je tourne en rond. L’adrénaline des journées sans queue ni tête me manque. C’est pas mongole mon affaire, c’est pathétique.
Incapable de rester à rien faire.
J’écris cette chronique depuis une heure maintenant. J’ai revérifié la boîte vocale. Rien. J’ai revérifié la boîte de courriels. Niet. J’ai revérifié le plateau de télécopies. Nada. Je suis en train de penser que je suis victime d’une conspiration. Que plus personne ne veut m’écrire. Que plus aucun Sherbrookois ne veut me parler. Où êtes-vous ? C’est quoi l’idée de prendre des vacances en plein mois de décembre ?
J’ai hâte à la rentrée. Quand le monde recommencera à tourner. Quand le temps reprendra son rythme normal. Quand les journées auront huit heures plutôt que 24. Que j’oublierai de dîner parce que j’ai 42 articles à rendre. Que je sacrerai après l’école parce que Max a trop de devoirs à faire et que j’ai huit brassées de lavage qui attendent. Que je m’insulterai contre la garderie de fermer si tôt parce que le journal n’est pas terminé.
J’ai hâte de maudire ma boîte de courriels qui sera remplie de pourriels. Je suis impatiente de répondre à vos téléphones pour les anniversaires alors que j’ai mille autres choses à faire. Je suis pressée de faire le ménage dans les tonnes de télécopies qui m’attendront chaque matin.
Au moins, j’aurai l’impression de ne plus être seule.
La vie, la mort selon Julie-Anaé
Dans la vraie vie, je suis historienne. Du moins, c’est ce qui est inscrit sur mon relevé de prêts étudiants du ministère de l’Éducation. Un de mes dadas d’étudiante, un de mes sujets de recherche fétiche, c’était la mort. Je sais, ce n’est pas très jojo comme thématique, pour ne pas dire tabou. Mais ça me passionnait, rien n'était plus étranger ni plus noir que le coup fatal qui frappe chacun de nous, mais aussi rien n’était plus captivant pour moi.
Je me suis donc farci tout Philippe Ariès, l’Historien de la mort en Occident. Puis aussi Serge Gagnon qui s’est attardée à la chose au Québec pour tenter de comprendre comment nous avons vécu la mort au fil des décennies en sol québécois.
Et ce matin, avec la nouvelle qui est tombée sur Pierre-Hugues Boisvenu, j’ai eu besoin de me replonger dans mes livres, dans mes travaux. Pour tenter de comprendre. Pour chercher une parcelle de réconfort dans cette nouvelle tragédie qui frappe cette famille.
Mais rien.
Je n’ai rien trouvé de réconfortant.
Rien. Niet. Nada.
Pas une seule phrase n’a réussi à m’expliquer le drame des Boisvenu.
Tout ce que j’ai déniché, c’est que la mort s’est éloignée de nous. Avant, les gens mourraient à la maison, on les veillait au salon, on les enterrait au cimetière de la paroisse. Aujourd’hui, on meurt à l’hôpital, on reste à la morgue, on est exposé au salon et on est incinéré.
Pendant plus d'un millénaire, depuis le VIe siècle après Jésus-Christ jusqu'à la Renaissance, la mort ne faisait pas peur aux gens. Elle était l'un des grands moments de la vie. Aujourd’hui, on rejette la mort. On ne veut pas d’elle dans nos maisons.
Pour se sortir de sa peine, Pierre-Hugues Boisvenu a choisi de donner un sens à la mort de sa fille aînée, Julie. Grâce au combat qu’il a mené depuis trois ans, il a repris goût à la vie. En entrevue, l’an dernier alors que La Nouvelle le nommait Leadership 2004, il m’avait dit : « Dès le lendemain de la mort de Julie, ma conjointe Diane m’a dit qu’il fallait trouver un sens, une raison, une cause à ce drame. C’est une phrase que je n’ai jamais oubliée. Une phrase qui me fait avancer chaque jour. »
Nous sommes une quinzaine de représentants des médias dans la petite cuisine de Monsieur Boisvenu. Tous ont les yeux rouges, remplis de larmes. Personne ne parle. Après le point de presse, tous se mettent en file pour faire une accolade à cet homme au cœur grand comme ça qui ne méritait certes pas que le malheur frappe a nouveau chez lui.
En arrière-plan, on entend la petite Julie-Anaé qui babille. Du haut de son un an, elle ne mesure pas la grandeur du drame que vit son grand-père. Mais l’entendre jacasser de la sorte a quelque chose de réconfortant. Elle nous rappelle que la vie continue… tout simplement.
Je n’avais pas besoin de retourner dans mes bouquins. Seulement me rappeler la petite Julie-Anaé.
Je me suis donc farci tout Philippe Ariès, l’Historien de la mort en Occident. Puis aussi Serge Gagnon qui s’est attardée à la chose au Québec pour tenter de comprendre comment nous avons vécu la mort au fil des décennies en sol québécois.
Et ce matin, avec la nouvelle qui est tombée sur Pierre-Hugues Boisvenu, j’ai eu besoin de me replonger dans mes livres, dans mes travaux. Pour tenter de comprendre. Pour chercher une parcelle de réconfort dans cette nouvelle tragédie qui frappe cette famille.
Mais rien.
Je n’ai rien trouvé de réconfortant.
Rien. Niet. Nada.
Pas une seule phrase n’a réussi à m’expliquer le drame des Boisvenu.
Tout ce que j’ai déniché, c’est que la mort s’est éloignée de nous. Avant, les gens mourraient à la maison, on les veillait au salon, on les enterrait au cimetière de la paroisse. Aujourd’hui, on meurt à l’hôpital, on reste à la morgue, on est exposé au salon et on est incinéré.
Pendant plus d'un millénaire, depuis le VIe siècle après Jésus-Christ jusqu'à la Renaissance, la mort ne faisait pas peur aux gens. Elle était l'un des grands moments de la vie. Aujourd’hui, on rejette la mort. On ne veut pas d’elle dans nos maisons.
Pour se sortir de sa peine, Pierre-Hugues Boisvenu a choisi de donner un sens à la mort de sa fille aînée, Julie. Grâce au combat qu’il a mené depuis trois ans, il a repris goût à la vie. En entrevue, l’an dernier alors que La Nouvelle le nommait Leadership 2004, il m’avait dit : « Dès le lendemain de la mort de Julie, ma conjointe Diane m’a dit qu’il fallait trouver un sens, une raison, une cause à ce drame. C’est une phrase que je n’ai jamais oubliée. Une phrase qui me fait avancer chaque jour. »
Nous sommes une quinzaine de représentants des médias dans la petite cuisine de Monsieur Boisvenu. Tous ont les yeux rouges, remplis de larmes. Personne ne parle. Après le point de presse, tous se mettent en file pour faire une accolade à cet homme au cœur grand comme ça qui ne méritait certes pas que le malheur frappe a nouveau chez lui.
En arrière-plan, on entend la petite Julie-Anaé qui babille. Du haut de son un an, elle ne mesure pas la grandeur du drame que vit son grand-père. Mais l’entendre jacasser de la sorte a quelque chose de réconfortant. Elle nous rappelle que la vie continue… tout simplement.
Je n’avais pas besoin de retourner dans mes bouquins. Seulement me rappeler la petite Julie-Anaé.
23 décembre 2005
Un téléphone chanceux
Vendredi matin, il est 7h. Tout le monde ronfle chez moi. Le téléphone sonne. C’est Sandra qui m’apprend que les écoles sont fermées et qui m’offre de prendre Maxim pour la journée. J’ai su à ce moment que ce serait une bonne journée.
J’ai fait la sourde oreille aux 875 cm de neige qu’on annonçait à la radio. Il n’était pas question de gâcher ma journée pour une simple question de pelletage de cour et de déblayage de voiture.
Par je ne sais pas quel miracle, les filles sautent du lit sans chigner, s’habillent sans chialer et mangent sans se lamenter. Je touche leur front, mais rien ne semble démontrer qu’une fièvre les a assaillies.
Je ne prends pas de chance. Je cours au dépanneur m’acheter un 6/49. Je le sens que je vais gagner. Tout va trop bien. En arrivant au bureau, je prendrai une minute pour regarder les offres de voyages dans le sud. Je veux être prête quand j’encaisserai mon lot.
Première assignation de la journée : la distribution des Paniers de l’espoir. J’aimerais bien me glaner une petite histoire touchante de Noël. Il y a beaucoup d’action dans l’édifice Céras. On pousse et on remplit des paniers d’épicerie, on emballe des victuailles. Les sourires côtoient l’entraide. Les adolescents se mêlent aux personnes âgées. Les frustrations, les insatisfactions et les mésententes ont été laissées sur le pas de la porte.
Et voilà, j’accoste Alice. Elle me raconte que sept membres de sa famille sont présents pour l’occasion. Ça y est. J’ai mon article. Mais quelle belle histoire !
La bonne humeur d’Alice m’a contaminée. En sortant de là, je suis énergisée. Tout le monde est beau, tout le monde est fin. Quel avant-midi ! Non seulement j’ai une belle histoire à raconter, mais la solidarité envers les plus démunis que démontrent ces gens m’a renversée.
En arrivant à la maison, la charrue est passée laissant au moins quatre mètres de neige dans l’entrée de ma cour. J’ai donc six heures de pelletage en vue. Je sens la déprime m’envahir alors que j’attrape ma pelle. C’est à ce moment que Joël sort avec sa souffleuse m’épargnant ainsi maux de dos et écoeurantite aiguë de l’hiver.
J’avais promis à Katia de garder ses filles en soirée pour qu’elle puisse aller à son souper de Noël de son travail. Quatre petites filles qui s’amusent dans un salon, ça défait un ménage dans le temps de le dire. Ken s’est retrouvé sur la télévision. Barbie au désespoir de voir son homme prendre la fuite courrait vers lui accrochant au passage quelques boules du sapin.
Pendant que la plus petite de ma copine renverse son verre de lait par terre, ma plus grande s’efforce d’étendre le plus de vêtements de poupée par terre. Le bordel ! Je panique à la seule pensée d’aller les coucher. J’en aurais pour au moins deux heures.
Ben non ! En moins de dix minutes, le salon était tout rangé et les filles ronflaient. Vraiment la chance était de mon côté.
En soirée, je vérifie les numéros gagnants de la 6/49 sur Internet. J’ai gagné ! Pas 10 millions $, mais 10$. Mais je pourrai entendre la valideuse chanter.
Vraiment, je savais que ce serait une bonne journée. En espérant que Sandra me rappelle demain matin.
J’ai fait la sourde oreille aux 875 cm de neige qu’on annonçait à la radio. Il n’était pas question de gâcher ma journée pour une simple question de pelletage de cour et de déblayage de voiture.
Par je ne sais pas quel miracle, les filles sautent du lit sans chigner, s’habillent sans chialer et mangent sans se lamenter. Je touche leur front, mais rien ne semble démontrer qu’une fièvre les a assaillies.
Je ne prends pas de chance. Je cours au dépanneur m’acheter un 6/49. Je le sens que je vais gagner. Tout va trop bien. En arrivant au bureau, je prendrai une minute pour regarder les offres de voyages dans le sud. Je veux être prête quand j’encaisserai mon lot.
Première assignation de la journée : la distribution des Paniers de l’espoir. J’aimerais bien me glaner une petite histoire touchante de Noël. Il y a beaucoup d’action dans l’édifice Céras. On pousse et on remplit des paniers d’épicerie, on emballe des victuailles. Les sourires côtoient l’entraide. Les adolescents se mêlent aux personnes âgées. Les frustrations, les insatisfactions et les mésententes ont été laissées sur le pas de la porte.
Et voilà, j’accoste Alice. Elle me raconte que sept membres de sa famille sont présents pour l’occasion. Ça y est. J’ai mon article. Mais quelle belle histoire !
La bonne humeur d’Alice m’a contaminée. En sortant de là, je suis énergisée. Tout le monde est beau, tout le monde est fin. Quel avant-midi ! Non seulement j’ai une belle histoire à raconter, mais la solidarité envers les plus démunis que démontrent ces gens m’a renversée.
En arrivant à la maison, la charrue est passée laissant au moins quatre mètres de neige dans l’entrée de ma cour. J’ai donc six heures de pelletage en vue. Je sens la déprime m’envahir alors que j’attrape ma pelle. C’est à ce moment que Joël sort avec sa souffleuse m’épargnant ainsi maux de dos et écoeurantite aiguë de l’hiver.
J’avais promis à Katia de garder ses filles en soirée pour qu’elle puisse aller à son souper de Noël de son travail. Quatre petites filles qui s’amusent dans un salon, ça défait un ménage dans le temps de le dire. Ken s’est retrouvé sur la télévision. Barbie au désespoir de voir son homme prendre la fuite courrait vers lui accrochant au passage quelques boules du sapin.
Pendant que la plus petite de ma copine renverse son verre de lait par terre, ma plus grande s’efforce d’étendre le plus de vêtements de poupée par terre. Le bordel ! Je panique à la seule pensée d’aller les coucher. J’en aurais pour au moins deux heures.
Ben non ! En moins de dix minutes, le salon était tout rangé et les filles ronflaient. Vraiment la chance était de mon côté.
En soirée, je vérifie les numéros gagnants de la 6/49 sur Internet. J’ai gagné ! Pas 10 millions $, mais 10$. Mais je pourrai entendre la valideuse chanter.
Vraiment, je savais que ce serait une bonne journée. En espérant que Sandra me rappelle demain matin.
13 décembre 2005
Sale menteur!
Il m’avait promis qu’il reviendrait dans sept ans. Pas avant. J’ai été patiente. Plus que patiente même. Mais j’attends depuis onze ans maintenant et toujours aucune lueur d’espoir de voir son avion atterrir en sol québécois dans les prochains mois, voire les prochaines années. Snif. David Gilmour, un sale menteur ?
La semaine dernière, quand ma copine Véro m’a offert un billet pour aller au spectacle de The Australian Pink Floyd Show, elle n’avait aucune idée du cadeau qu’elle pouvait me faire. Enfin, je mettrais un baume sur ma plaie ouverte de ne pas avoir revu Pink Floyd en show depuis 1994.
***
Le 21 février 1994. Je dors à la belle étoile ce soir. Je sais bien que la saison de camping est terminée depuis quelque temps déjà, mais coûte que coûte, je coucherai devant le Archambault, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse -89, qu’il fasse tous les temps. Demain, je repartirai avec un de ces billets. Ne tentez pas de me convaincre du contraire. Je suis très tête de cochon à mes heures.
Pink Floyd est mon groupe. Le mien depuis plusieurs années. En fait, depuis que j’ai acheté la cassette avec tout plein de lits dessus (A momentary lapse of reason). Depuis, je ne jure que par cette troupe irlandaise un peu mythique et dont la popularité est loin de vouloir s’effondrer avec les années.
Bref Pink Floyd sera de passage au Stade olympique pour un seul soir en mai prochain. Et je tiens mordicus à être des 60 000 fans qui s’entasseront au stade afin d’entendre ce groupe. Il était hors de question que je rate le plus gros happening rock sur terre. Que non !
La nuit s’est bien déroulée. À l’ouverture des guichets à 9h, c’est la folie, la frénésie. On se croise les doigts. Mais voilà, à trois personnes avant mon tour, on annonce que le show est « sold out ». Ça y est. J’ai le cœur brisé. Je suis inconsolable.
Des plus chanceux que moi m’offrent de leurs miteux billets, situés derrière la scène, au niveau 400, pour la modique somme de 100$. Des places à chier quoi. Je réfléchis à l’offre. Je la considère. L’important, c’est juste d’être dans cet amphithéâtre. Je veux vivre ça. Point. Je flanche donc…
Quand tout à coup, un employé du Archambault sort pour nous informer qu’une supplémentaire vient d’être annoncée ! Et moi qui est la troisième en ligne ! Imaginez mes places !
Comme des millions de fans de ma génération, j’ai repéré le courant d'énergie de Pink Floyd, je m'y suis branchée et je m’y alimenterai au printemps au Stade olympique. Je suis la fille la plus heureuse du monde.
Sonorisation quadriphonique, effets spéciaux, lasers inédits, immense arche sous laquelle le groupe se produira ce soir, technologies conçues spécialement pour le méga-groupe. Un show à la hauteur de sa réputation. Je suis comblée.
***
Onze ans plus tard, voilà qu’un groupe hommage débarque du bout du monde pour me faire revivre toute cette frénésie. Les Australians s'avèrent de savants copieurs. Ils reproduisent fidèlement et avec vigueur chaque note de chaque chanson, trop fidèlement peut-être. Le spectacle monté avec une précision chirurgicale gagne en justesse, mais perd en chaleur et en émotion.
Tout y était. Les horloges de Times, les caisses-enregistreuses de Money, les cloches de High Hopes, l’interminable Shine on you crazy diamond, les enfants de Another brick in the wall. Tout était pareil.
Il ne manquait qu’une chose. David Gilmour.
La semaine dernière, quand ma copine Véro m’a offert un billet pour aller au spectacle de The Australian Pink Floyd Show, elle n’avait aucune idée du cadeau qu’elle pouvait me faire. Enfin, je mettrais un baume sur ma plaie ouverte de ne pas avoir revu Pink Floyd en show depuis 1994.
***
Le 21 février 1994. Je dors à la belle étoile ce soir. Je sais bien que la saison de camping est terminée depuis quelque temps déjà, mais coûte que coûte, je coucherai devant le Archambault, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse -89, qu’il fasse tous les temps. Demain, je repartirai avec un de ces billets. Ne tentez pas de me convaincre du contraire. Je suis très tête de cochon à mes heures.
Pink Floyd est mon groupe. Le mien depuis plusieurs années. En fait, depuis que j’ai acheté la cassette avec tout plein de lits dessus (A momentary lapse of reason). Depuis, je ne jure que par cette troupe irlandaise un peu mythique et dont la popularité est loin de vouloir s’effondrer avec les années.
Bref Pink Floyd sera de passage au Stade olympique pour un seul soir en mai prochain. Et je tiens mordicus à être des 60 000 fans qui s’entasseront au stade afin d’entendre ce groupe. Il était hors de question que je rate le plus gros happening rock sur terre. Que non !
La nuit s’est bien déroulée. À l’ouverture des guichets à 9h, c’est la folie, la frénésie. On se croise les doigts. Mais voilà, à trois personnes avant mon tour, on annonce que le show est « sold out ». Ça y est. J’ai le cœur brisé. Je suis inconsolable.
Des plus chanceux que moi m’offrent de leurs miteux billets, situés derrière la scène, au niveau 400, pour la modique somme de 100$. Des places à chier quoi. Je réfléchis à l’offre. Je la considère. L’important, c’est juste d’être dans cet amphithéâtre. Je veux vivre ça. Point. Je flanche donc…
Quand tout à coup, un employé du Archambault sort pour nous informer qu’une supplémentaire vient d’être annoncée ! Et moi qui est la troisième en ligne ! Imaginez mes places !
Comme des millions de fans de ma génération, j’ai repéré le courant d'énergie de Pink Floyd, je m'y suis branchée et je m’y alimenterai au printemps au Stade olympique. Je suis la fille la plus heureuse du monde.
Sonorisation quadriphonique, effets spéciaux, lasers inédits, immense arche sous laquelle le groupe se produira ce soir, technologies conçues spécialement pour le méga-groupe. Un show à la hauteur de sa réputation. Je suis comblée.
***
Onze ans plus tard, voilà qu’un groupe hommage débarque du bout du monde pour me faire revivre toute cette frénésie. Les Australians s'avèrent de savants copieurs. Ils reproduisent fidèlement et avec vigueur chaque note de chaque chanson, trop fidèlement peut-être. Le spectacle monté avec une précision chirurgicale gagne en justesse, mais perd en chaleur et en émotion.
Tout y était. Les horloges de Times, les caisses-enregistreuses de Money, les cloches de High Hopes, l’interminable Shine on you crazy diamond, les enfants de Another brick in the wall. Tout était pareil.
Il ne manquait qu’une chose. David Gilmour.
05 décembre 2005
Ma lettre au Père Noël
Cher Père Noël,
J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles depuis quelques temps. Je respire la joie. Je transcende le bonheur.
Mais là, Monsieur le barbu, j’ai la chienne. J’ai peur. J’ai la trouille. Et c’est un peu pour ça que je vous écris. J’espère qu’une de vos oreilles sera sensible à mes doléances. Que vous penserez à moi, dans cette nuit du 24 au 25 décembre.
Voilà. Ça va bien. Trop bien même. Et je sens la menace qui plane au dessus de moi. Ça sent mauvais et ça m’inquiète. Ne dit-on pas « après la pluie, le beau temps » ? Mais l’inverse se peut-il aussi ?
Parce que tout va bien dans ma vie. Quand on dit tout, c’est vraiment tout. J’ai un bon travail qui me passionne. Mon patron semble satisfait de mon boulot. Je ne manque pas de sous. Le frigo est plein.
Mes enfants sont des merveilles. Aucun rhume, aucune gastro, aucune otite n’est venue les assaillir encore. Maxim réussit super bien à l’école. Félixe est un ange à la garderie.
Et la jubilation suprême ; je n’ai pas pelleté encore cette année.
Ma peine d’amour est classée au dossier des archives. Aucune menace de maladie chez mes proches. La mort ne rôde pas au-dessus de ma famille. Même en plein mois de décembre, le soleil brille à l’extérieur. C’est vous dire.
Je cherche et je ne trouve rien qui ne va pas. Tout va bien. TOUT.
Mais ce bien-être a un drôle de côté. Une façade à laquelle je ne m’attendais pas. L’appréhension que tout change.
Je deviens donc parano. Inquiète. Anxieuse. J’ai peur de voir débarquer les mauvaises nouvelles chez moi. Je crains que le vent tourne m’apportant un lot de situations exécrables. Je n’ai pas envie de vivre avec une boule d’angoisse dans la gorge. Les maux de ventre, les migraines, les pleurs, puis-je laisser ça à quelqu’un d’autre s.v.p. ?
Je redoute un appel du prof de Maxim me disant qu’elle a cassé une fenêtre de sa classe. J’ai peur de voir un visage connu dans la chronique nécrologique de La Tribune. Je tremble à l’idée d’apprendre qu’une grave maladie s’est abattue sur ma grand-mère. Et s’il tombait 50 cm de neige à chaque jour d’ici le mois d’avril ?
Je vois un chat noir ? Ça y est, je verrai une pluie de malheurs s’abattre sur moi. Je n’ose plus ouvrir un parapluie à l’intérieur, je ne veux pas attirer le bide sur moi. Si par mégarde, je dépose le pied gauche par terre en me levant le matin, je me signe trois fois, je me recouche, puis je me relève du pied droit. On n’est jamais trop prudent.
J’échappe du sel de la salière ? Pour conjurer le sort, je jette une pincée de sel par-dessus mon épaule gauche. J’ai également décidé de biffer tous les vendredis 13 du calendrier. Ne sait-on jamais.
Dites-moi, Père Noël, est-ce possible de m’accorder du répit un peu ? De pouvoir savourer ces moments de tranquillité d’esprit. De vivre pleinement ce bonheur ?
J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles depuis quelques temps. Je respire la joie. Je transcende le bonheur.
Mais là, Monsieur le barbu, j’ai la chienne. J’ai peur. J’ai la trouille. Et c’est un peu pour ça que je vous écris. J’espère qu’une de vos oreilles sera sensible à mes doléances. Que vous penserez à moi, dans cette nuit du 24 au 25 décembre.
Voilà. Ça va bien. Trop bien même. Et je sens la menace qui plane au dessus de moi. Ça sent mauvais et ça m’inquiète. Ne dit-on pas « après la pluie, le beau temps » ? Mais l’inverse se peut-il aussi ?
Parce que tout va bien dans ma vie. Quand on dit tout, c’est vraiment tout. J’ai un bon travail qui me passionne. Mon patron semble satisfait de mon boulot. Je ne manque pas de sous. Le frigo est plein.
Mes enfants sont des merveilles. Aucun rhume, aucune gastro, aucune otite n’est venue les assaillir encore. Maxim réussit super bien à l’école. Félixe est un ange à la garderie.
Et la jubilation suprême ; je n’ai pas pelleté encore cette année.
Ma peine d’amour est classée au dossier des archives. Aucune menace de maladie chez mes proches. La mort ne rôde pas au-dessus de ma famille. Même en plein mois de décembre, le soleil brille à l’extérieur. C’est vous dire.
Je cherche et je ne trouve rien qui ne va pas. Tout va bien. TOUT.
Mais ce bien-être a un drôle de côté. Une façade à laquelle je ne m’attendais pas. L’appréhension que tout change.
Je deviens donc parano. Inquiète. Anxieuse. J’ai peur de voir débarquer les mauvaises nouvelles chez moi. Je crains que le vent tourne m’apportant un lot de situations exécrables. Je n’ai pas envie de vivre avec une boule d’angoisse dans la gorge. Les maux de ventre, les migraines, les pleurs, puis-je laisser ça à quelqu’un d’autre s.v.p. ?
Je redoute un appel du prof de Maxim me disant qu’elle a cassé une fenêtre de sa classe. J’ai peur de voir un visage connu dans la chronique nécrologique de La Tribune. Je tremble à l’idée d’apprendre qu’une grave maladie s’est abattue sur ma grand-mère. Et s’il tombait 50 cm de neige à chaque jour d’ici le mois d’avril ?
Je vois un chat noir ? Ça y est, je verrai une pluie de malheurs s’abattre sur moi. Je n’ose plus ouvrir un parapluie à l’intérieur, je ne veux pas attirer le bide sur moi. Si par mégarde, je dépose le pied gauche par terre en me levant le matin, je me signe trois fois, je me recouche, puis je me relève du pied droit. On n’est jamais trop prudent.
J’échappe du sel de la salière ? Pour conjurer le sort, je jette une pincée de sel par-dessus mon épaule gauche. J’ai également décidé de biffer tous les vendredis 13 du calendrier. Ne sait-on jamais.
Dites-moi, Père Noël, est-ce possible de m’accorder du répit un peu ? De pouvoir savourer ces moments de tranquillité d’esprit. De vivre pleinement ce bonheur ?
26 novembre 2005
Des dimanches et des crêpes
C’est une tradition qui remonte au temps où Maxim était locataire de mon bedon. Chaque dimanche que le calendrier amenait, j’étais de corvée devant le mélangeur à concocter un mélange à crêpes. Besogne qui me remplissait de joie alors que je voyais mon monde s’empiffrer avec régal.
Alors que certains attendent avec fébrilité le septième jour de la semaine pour regarder La Semaine verte ou pour aller écouter le sermon du curé, ici on attend avec impatience que je m’atèle à la confection de ce déjeuner dominical.
Maxim a su casser des œufs dans le mélangeur avant de savoir marcher. Même si Félixe n’a aucune idée de l’ordre des jours de la semaine, ne tentez pas de la méprendre si nous sommes dimanche. Elle ne se trompe jamais le dimanche. Parce que dimanche, c’est le jour des crêpes, et ça, ça ne s’oublie pas.
Selon mes humeurs ou mes envies du moment, la saveur des crêpes varie. Parfois, en saison, j’y ajoute des bleuets ou des framboises. Des fois, on y va de manière des plus conventionnelles avec simplement du sirop d’érable comme assaisonnement. Quand je me sens l’âme généreuse, j’y vais avec la spectaculaire crêpe banane-chocolat qui ravit Félixe au plus haut point.
Il y a des dimanches où je me délaisserai de ce rituel hebdomadaire. Où un simple bol de céréales ferait l’affaire pour moi. J’ai beau tenter de convaincre les filles que ce matin, ça serait cool de manger autre chose. Mais impossible de passer outre cette habitude. Elles ne veulent rien entendre.
Dès que je me lève, plus souvent qu’autrement, Filou m’attend debout sur une chaise devant le mélangeur avec deux œufs dans les mains. Quant à elle, Maxim a déjà mis la table et elle a aligné tous les ingrédients nécessaires à la recette sur le comptoir.
Mais aujourd’hui, il n’y a pas de crêpes au menu et pourtant, nous sommes dimanche. En me réveillant ce matin, j’ai tendu l’oreille pour tenter d’entendre Maxim disposer les ustensiles sur nos napperons, mais rien. Aucune Félixe n’est venue me réveiller m’implorant de commencer les crêpes « maintenant ».
Aucun œuf, pas la moindre trace de farine et aucune goutte de lait n’est visible dans le bol du mélangeur. Aucune poêle n’est sur la cuisinière prête à recevoir le délicieux mélange qui fait le bonheur de mes puces semaine après semaine.
Non. Les filles, comme à chaque deux semaines depuis deux ans maintenant, sont chez leur père. Et j’avoue que je ne m’habitue pas.
Et pourtant, je me promets toujours de faire 56 000 affaires pendant ce week-end de congé. D’aller voir ce dernier film. De faire du scrapbooking. D’aller prendre un verre avec une amie. De penser à moi. De me reposer. De faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire.
Mais je tuerai pour pouvoir faire des crêpes. Juste des crêpes.
Alors que certains attendent avec fébrilité le septième jour de la semaine pour regarder La Semaine verte ou pour aller écouter le sermon du curé, ici on attend avec impatience que je m’atèle à la confection de ce déjeuner dominical.
Maxim a su casser des œufs dans le mélangeur avant de savoir marcher. Même si Félixe n’a aucune idée de l’ordre des jours de la semaine, ne tentez pas de la méprendre si nous sommes dimanche. Elle ne se trompe jamais le dimanche. Parce que dimanche, c’est le jour des crêpes, et ça, ça ne s’oublie pas.
Selon mes humeurs ou mes envies du moment, la saveur des crêpes varie. Parfois, en saison, j’y ajoute des bleuets ou des framboises. Des fois, on y va de manière des plus conventionnelles avec simplement du sirop d’érable comme assaisonnement. Quand je me sens l’âme généreuse, j’y vais avec la spectaculaire crêpe banane-chocolat qui ravit Félixe au plus haut point.
Il y a des dimanches où je me délaisserai de ce rituel hebdomadaire. Où un simple bol de céréales ferait l’affaire pour moi. J’ai beau tenter de convaincre les filles que ce matin, ça serait cool de manger autre chose. Mais impossible de passer outre cette habitude. Elles ne veulent rien entendre.
Dès que je me lève, plus souvent qu’autrement, Filou m’attend debout sur une chaise devant le mélangeur avec deux œufs dans les mains. Quant à elle, Maxim a déjà mis la table et elle a aligné tous les ingrédients nécessaires à la recette sur le comptoir.
Mais aujourd’hui, il n’y a pas de crêpes au menu et pourtant, nous sommes dimanche. En me réveillant ce matin, j’ai tendu l’oreille pour tenter d’entendre Maxim disposer les ustensiles sur nos napperons, mais rien. Aucune Félixe n’est venue me réveiller m’implorant de commencer les crêpes « maintenant ».
Aucun œuf, pas la moindre trace de farine et aucune goutte de lait n’est visible dans le bol du mélangeur. Aucune poêle n’est sur la cuisinière prête à recevoir le délicieux mélange qui fait le bonheur de mes puces semaine après semaine.
Non. Les filles, comme à chaque deux semaines depuis deux ans maintenant, sont chez leur père. Et j’avoue que je ne m’habitue pas.
Et pourtant, je me promets toujours de faire 56 000 affaires pendant ce week-end de congé. D’aller voir ce dernier film. De faire du scrapbooking. D’aller prendre un verre avec une amie. De penser à moi. De me reposer. De faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire.
Mais je tuerai pour pouvoir faire des crêpes. Juste des crêpes.
22 novembre 2005
Je courriel, tu e-mail, il tchat…
Il y a eu tout d’abord François et Isabelle qui ont trouvé l’amour grâce à un site Internet de rencontres. Depuis le jour où ils ont échangé quelques messages via MSN Messenger, leur vie fut changée à tout jamais. Il n’y a qu’à regarder François et ses petits oiseaux qui tournent autour de lui en sifflant des chansons joyeuses pour le croire.
Puis, il y a eu l’histoire de Sophie qui se désennuie en magasinant l’homme de sa vie sur Réseau Contact comme d’autres dressent leur liste de Noël dans le catalogue Sears. Elle est confiante de trouver celui qui partagera sa vie pour longtemps grâce à ce catalogue virtuel. Mais en attendant, après tout, cela met du piquant dans ses soirées de solitude.
Un autre 5 à 7. D’autres sacoches. Fanny a rencontré un nouveau mec. Elle sent que ça clique entre eux, mais deux jours plus tard et toujours aucun appel de la dite créature. Elle demande conseil auprès des spécialistes du sujet.
« Tu pourrais lui envoyer un courriel où tu lui dis que tu as apprécié la soirée tout simplement. C’est plus facile à faire et c’est beaucoup moins agressant pour l’autre », a suggéré Marie-Claude. Et en prime, si le gars ne veut rien savoir, on a l’air moins tarte qu’au bout du fil à dire : « Euh… » Le courriel a donc des avantages indéniables.
Une discussion s’ensuit sur la place qu’a pris le courriel dans nos relations avec le sexe opposé. « Ça permet de connaître l’autre en douceur. L’Internet efface les inhibitions et nous permet d’être nous-mêmes. Aussi, il y a l’avantage que l’on peut rencontrer plusieurs gars en un laps de temps assez court », croit Marie-Claude.
« Oui, mais en même temps, les chances de se faire avoir sont grandes. C’est facile, par exemple, de dire que nous avons un poids qui correspond à votre taille, alors que la réalité dépasse souvent ce qui est inscrit sur une fiche d’identification d’un site de rencontres… », souligne Alex.
Parce que ce qui nous plaît, ce ne sont pas seulement des mots que l’on lit sur un écran. Il y a aussi le timbre de voix, la gestuelle, le langage non verbal, la façon que l’autre se comporte qu ipriment. À ce sujet, on s’est souvenu de l’histoire désastreuse de Nathalie et de sa seule « date » à vie sur le net.
« C’était fou. On s’est écrit pendant quelques jours. Il me faisait rire, il avait de la répartie, il écrivait bien, il était intelligent, il était beau, nous avions les mêmes goûts. J’avais frappé le jack pot ! », se rappelle-t-elle.
Puis, il y a eu la fameuse rencontre. « Je suis arrivée au rendez-vous à 19h. Cinq minutes plus tard, je n’étais déjà plus capable de le sentir. Il me tapait royalement sur les nerfs. J’ai eu tellement l’impression d’avoir perdu mon temps. J’ai promis qu’on ne m’y reprendrait plus ! », dit-elle en riant de sa mésaventure.
Je suis de cette génération qui est née avec une souris dans une main et une adresse Hotmail dans l’autre. Je vérifie ma boîte de courriel plus vite que mon ombre. Je n’ose imaginer comment serait ma vie sans l’Internet. Mais pour l’instant, je vais me contenter de magasiner chez Sears…
Puis, il y a eu l’histoire de Sophie qui se désennuie en magasinant l’homme de sa vie sur Réseau Contact comme d’autres dressent leur liste de Noël dans le catalogue Sears. Elle est confiante de trouver celui qui partagera sa vie pour longtemps grâce à ce catalogue virtuel. Mais en attendant, après tout, cela met du piquant dans ses soirées de solitude.
Un autre 5 à 7. D’autres sacoches. Fanny a rencontré un nouveau mec. Elle sent que ça clique entre eux, mais deux jours plus tard et toujours aucun appel de la dite créature. Elle demande conseil auprès des spécialistes du sujet.
« Tu pourrais lui envoyer un courriel où tu lui dis que tu as apprécié la soirée tout simplement. C’est plus facile à faire et c’est beaucoup moins agressant pour l’autre », a suggéré Marie-Claude. Et en prime, si le gars ne veut rien savoir, on a l’air moins tarte qu’au bout du fil à dire : « Euh… » Le courriel a donc des avantages indéniables.
Une discussion s’ensuit sur la place qu’a pris le courriel dans nos relations avec le sexe opposé. « Ça permet de connaître l’autre en douceur. L’Internet efface les inhibitions et nous permet d’être nous-mêmes. Aussi, il y a l’avantage que l’on peut rencontrer plusieurs gars en un laps de temps assez court », croit Marie-Claude.
« Oui, mais en même temps, les chances de se faire avoir sont grandes. C’est facile, par exemple, de dire que nous avons un poids qui correspond à votre taille, alors que la réalité dépasse souvent ce qui est inscrit sur une fiche d’identification d’un site de rencontres… », souligne Alex.
Parce que ce qui nous plaît, ce ne sont pas seulement des mots que l’on lit sur un écran. Il y a aussi le timbre de voix, la gestuelle, le langage non verbal, la façon que l’autre se comporte qu ipriment. À ce sujet, on s’est souvenu de l’histoire désastreuse de Nathalie et de sa seule « date » à vie sur le net.
« C’était fou. On s’est écrit pendant quelques jours. Il me faisait rire, il avait de la répartie, il écrivait bien, il était intelligent, il était beau, nous avions les mêmes goûts. J’avais frappé le jack pot ! », se rappelle-t-elle.
Puis, il y a eu la fameuse rencontre. « Je suis arrivée au rendez-vous à 19h. Cinq minutes plus tard, je n’étais déjà plus capable de le sentir. Il me tapait royalement sur les nerfs. J’ai eu tellement l’impression d’avoir perdu mon temps. J’ai promis qu’on ne m’y reprendrait plus ! », dit-elle en riant de sa mésaventure.
Je suis de cette génération qui est née avec une souris dans une main et une adresse Hotmail dans l’autre. Je vérifie ma boîte de courriel plus vite que mon ombre. Je n’ose imaginer comment serait ma vie sans l’Internet. Mais pour l’instant, je vais me contenter de magasiner chez Sears…
14 novembre 2005
Les sans réponses
Ben… Ben… Ben… J’ai passé la soirée de vendredi à entendre ce mot. Ben par ci. Ben par là. Même si ce fut une agréable soirée, n’empêche que nous sommes restées un peu sur notre faim quant aux réponses obtenues à nos multiples questions.
Vous êtes perdus ? Précisons tout d’abord que « Ben » ce n’est pas dans le sens du diminutif de Benoît ou de Benjamin ou encore du nom de famille de la journaliste culturelle Bendo. Non non. Le « en » de « Ben » se prononce « in » un peu comme dans agenda. Vous suivez maintenant ?
Bref. Un 5 à 7, cinq sacoches, deux cravates. Comme dans toute démocratie, la majorité l’a emporté. Les sujets chers aux sacoches ont détrôné la possibilité pour le Canadien de conquérir la coupe Stanley cette année ou les nouvelles caractéristiques du dernier modèle de la Civic de se retrouver au centre de nos discussions de la soirée.
Et tant qu’à avoir deux cravates à notre portée, pourquoi ne pas en profiter pour les questionner sur leur véritable nature. Et si on découvrait enfin ce qui se cache vraiment dans le cerveau de la moitié mâle de la population ? L’occasion était trop belle, nous avons sauté à pieds joints dans cette opportunité.
« Dis-moi Luc, comment un gars peut-il entretenir une relation adultère ? », fut la première question soulevée par une Marie fort intriguée. Question complexe à nos yeux d’œstrogène, réponse simple remplie de testostérone. « Ben… les gars ne sont pas capables de choisir. Ils veulent les deux ou le meilleur des deux mondes », a-t-il répondu, sourire en coin et sans la moindre honte.
Deuxième question, qui l’espérons-nous, nous apportera plus d’informations sur la gente masculine que la première. « Qu’est-ce qui est « politically correct » de faire le lendemain d’un « one night » ? Est-on encore dans l’ère où c’est le gars qui doit sentir qui est en contrôle ? La fille peut-elle rappeler sans passer pour une névrosée en manque d’amour ? », s’est interrogée Pascale.
Là, les deux cravates se raclent la gorge. Il semble que nous tombons dans un sujet plus délicat. Percerons-nous ce mystère qui semble être aussi énigmatique que le secret de la Caramilk ?
C’est Nicolas qui lance la première tentative de réponse. « Ben… Ben… Ce n’est pas facile à dire comme ça. Ben... ça dépend tellement des circonstances », tente-t-il de nous refiler en guise d’explication.
Mais nous ne le lâcherons pas. Nous aurons nos réponses. Nous insistons. « Ben… Si la fille rappelle la première, ça peut nous donner l’impression qu’elle veut du sérieux et ça peur faire peur », concède-t-il. Et nous qui pensions être au 21e siècle, à l’ère de l’égalité des sexes… Soupir.
Et si on vous laisse rappeler, on doit attendre combien de temps messieurs avant d’enterrer nos espoirs ? Luc, le roi de la réponse évasive reprend la parole. « Ben… c’est jamais pareil. Ça dépend. Des fois le lendemain, mais si dans la même semaine vous êtes sans réponse, votre chat est mort. »
« Mais c’est pas un peu niaizeux ces histoires ? Après les stratégies politiques ou sportives, voici les stratégies de l’amour. Franchement, on a plus 14 ans! Si un gars m’intéresse, je ne vois pas pourquoi j’attendrai comme une conne à côté du téléphone. Je l’appelle et je lui dis. S’il n’est pas content, tant pis pour lui », s’est indignée Julie. Propos appuyés par les quatre autres sacoches profondément outrées.
La soirée s’est terminée très tard. Au total, 386 « ben » ont été prononcés, 16 questions sur les relations homme-femmes ont été posées. Mais nous n’avons réussi à obtenir aucune réponse satisfaisante. Morale de cette histoire : « Ben… il n’y a rien à comprendre ! »
Vous êtes perdus ? Précisons tout d’abord que « Ben » ce n’est pas dans le sens du diminutif de Benoît ou de Benjamin ou encore du nom de famille de la journaliste culturelle Bendo. Non non. Le « en » de « Ben » se prononce « in » un peu comme dans agenda. Vous suivez maintenant ?
Bref. Un 5 à 7, cinq sacoches, deux cravates. Comme dans toute démocratie, la majorité l’a emporté. Les sujets chers aux sacoches ont détrôné la possibilité pour le Canadien de conquérir la coupe Stanley cette année ou les nouvelles caractéristiques du dernier modèle de la Civic de se retrouver au centre de nos discussions de la soirée.
Et tant qu’à avoir deux cravates à notre portée, pourquoi ne pas en profiter pour les questionner sur leur véritable nature. Et si on découvrait enfin ce qui se cache vraiment dans le cerveau de la moitié mâle de la population ? L’occasion était trop belle, nous avons sauté à pieds joints dans cette opportunité.
« Dis-moi Luc, comment un gars peut-il entretenir une relation adultère ? », fut la première question soulevée par une Marie fort intriguée. Question complexe à nos yeux d’œstrogène, réponse simple remplie de testostérone. « Ben… les gars ne sont pas capables de choisir. Ils veulent les deux ou le meilleur des deux mondes », a-t-il répondu, sourire en coin et sans la moindre honte.
Deuxième question, qui l’espérons-nous, nous apportera plus d’informations sur la gente masculine que la première. « Qu’est-ce qui est « politically correct » de faire le lendemain d’un « one night » ? Est-on encore dans l’ère où c’est le gars qui doit sentir qui est en contrôle ? La fille peut-elle rappeler sans passer pour une névrosée en manque d’amour ? », s’est interrogée Pascale.
Là, les deux cravates se raclent la gorge. Il semble que nous tombons dans un sujet plus délicat. Percerons-nous ce mystère qui semble être aussi énigmatique que le secret de la Caramilk ?
C’est Nicolas qui lance la première tentative de réponse. « Ben… Ben… Ce n’est pas facile à dire comme ça. Ben... ça dépend tellement des circonstances », tente-t-il de nous refiler en guise d’explication.
Mais nous ne le lâcherons pas. Nous aurons nos réponses. Nous insistons. « Ben… Si la fille rappelle la première, ça peut nous donner l’impression qu’elle veut du sérieux et ça peur faire peur », concède-t-il. Et nous qui pensions être au 21e siècle, à l’ère de l’égalité des sexes… Soupir.
Et si on vous laisse rappeler, on doit attendre combien de temps messieurs avant d’enterrer nos espoirs ? Luc, le roi de la réponse évasive reprend la parole. « Ben… c’est jamais pareil. Ça dépend. Des fois le lendemain, mais si dans la même semaine vous êtes sans réponse, votre chat est mort. »
« Mais c’est pas un peu niaizeux ces histoires ? Après les stratégies politiques ou sportives, voici les stratégies de l’amour. Franchement, on a plus 14 ans! Si un gars m’intéresse, je ne vois pas pourquoi j’attendrai comme une conne à côté du téléphone. Je l’appelle et je lui dis. S’il n’est pas content, tant pis pour lui », s’est indignée Julie. Propos appuyés par les quatre autres sacoches profondément outrées.
La soirée s’est terminée très tard. Au total, 386 « ben » ont été prononcés, 16 questions sur les relations homme-femmes ont été posées. Mais nous n’avons réussi à obtenir aucune réponse satisfaisante. Morale de cette histoire : « Ben… il n’y a rien à comprendre ! »
Culture démocratique
La journée des élections fut l’occasion pour moi de tenter d’inculquer un brin de culture démocratique à mes héritières. Nous sommes donc allées voter en famille au Centre communautaire Richard-Gingras à St-Élie. Chemin faisant, j’expliquais aux filles que dans plusieurs pays du monde, les gens n’avaient aucun droit de choisir le chef de leur ville ou de leur pays. Mais qu’ici, nous étions chanceux et que nous pouvions décider qui dirigerait notre patelin. Que c’est donc notre devoir d’aller voter.
Nous rentrons donc au bureau de vote. Je vais vers l’isoloir et je fais mon choix. En insérant mon bulletin de vote dans l’urne électronique, ma Filou, impressionnée par l’opération me questionne : « Maman, est-ce que tu as voté pour Stéphanie ou pour Audrey ? »
Parce que dans la tête de ma benjamine, un vote est synonyme de choix à Star Académie. « Moi, je voulais que tu votes pour Audrey maman », a-t-elle pensé rajouter.
D’autres questions se bousculaient dans sa tête de quatre ans. « À qui as-tu donné ton dollar maman ? ». La petite était très inquiète que je n’aie pas eu à débourser pour me prévaloir de mon droit de vote. Pas besoin de vous dire que les sorties de ma puce ont provoqué l’hilarité dans ce bureau de scrutin.
* * *
Alors que seulement 44% de la population de la ville s’est prévalue de son droit de vote, il est à l’honneur de la trentaine de personnes d’avoir osé poser leur candidature. Parce qu’une campagne électorale, ce n’est pas simple. C’est beaucoup de temps passé sur le terrain et beaucoup moins passé dans le lit. Personne ne méritait de perdre la course. Tous méritaient leur place à l’Hôtel de ville.
Mais pour une candidate, cette campagne électorale a été beaucoup plus que du porte à porte et des conférences de presse. Pour cette aspirante au pouvoir, il y avait encore d’avantage que des débats et des pancartes.
C’est pourquoi qu’il faut lever son chapeau à une femme courageuse. Une personne qui n’a pas eu peur de quitter un emploi assuré et bien rémunéré pour défendre ses idées et ses convictions. Lorsque Hélène Gravel a décidé de se porter candidate à la mairie de Sherbrooke, elle n’avait aucune idée de ce qu’il l’attendrait au lendemain du 6 novembre. Mais peu importe, elle a foncé. Elle a foncé pour vous.
Au-delà des résultats obtenus et de mes convictions politiques, on se doit de saluer l’audace de celle qui aspirait à devenir la première femme maire de la Ville de Sherbrooke. Elle n’a aucunement craint de se retrouver devant rien.
Et ce, contrairement à d’autres personnes avec des positions en vue, qui ont déjà brigué les suffrages, elle a eu le cran, mais surtout l’intégrité de quitter son poste de directrice de la Chambre de commerce de Sherbrooke.
Parions que Madame Gravel n’aura toutefois pas à faire la queue au bureau d’assurance-chômage, qu’un employeur saura flairer cette candidate au potentiel irréfutable.
Nous rentrons donc au bureau de vote. Je vais vers l’isoloir et je fais mon choix. En insérant mon bulletin de vote dans l’urne électronique, ma Filou, impressionnée par l’opération me questionne : « Maman, est-ce que tu as voté pour Stéphanie ou pour Audrey ? »
Parce que dans la tête de ma benjamine, un vote est synonyme de choix à Star Académie. « Moi, je voulais que tu votes pour Audrey maman », a-t-elle pensé rajouter.
D’autres questions se bousculaient dans sa tête de quatre ans. « À qui as-tu donné ton dollar maman ? ». La petite était très inquiète que je n’aie pas eu à débourser pour me prévaloir de mon droit de vote. Pas besoin de vous dire que les sorties de ma puce ont provoqué l’hilarité dans ce bureau de scrutin.
* * *
Alors que seulement 44% de la population de la ville s’est prévalue de son droit de vote, il est à l’honneur de la trentaine de personnes d’avoir osé poser leur candidature. Parce qu’une campagne électorale, ce n’est pas simple. C’est beaucoup de temps passé sur le terrain et beaucoup moins passé dans le lit. Personne ne méritait de perdre la course. Tous méritaient leur place à l’Hôtel de ville.
Mais pour une candidate, cette campagne électorale a été beaucoup plus que du porte à porte et des conférences de presse. Pour cette aspirante au pouvoir, il y avait encore d’avantage que des débats et des pancartes.
C’est pourquoi qu’il faut lever son chapeau à une femme courageuse. Une personne qui n’a pas eu peur de quitter un emploi assuré et bien rémunéré pour défendre ses idées et ses convictions. Lorsque Hélène Gravel a décidé de se porter candidate à la mairie de Sherbrooke, elle n’avait aucune idée de ce qu’il l’attendrait au lendemain du 6 novembre. Mais peu importe, elle a foncé. Elle a foncé pour vous.
Au-delà des résultats obtenus et de mes convictions politiques, on se doit de saluer l’audace de celle qui aspirait à devenir la première femme maire de la Ville de Sherbrooke. Elle n’a aucunement craint de se retrouver devant rien.
Et ce, contrairement à d’autres personnes avec des positions en vue, qui ont déjà brigué les suffrages, elle a eu le cran, mais surtout l’intégrité de quitter son poste de directrice de la Chambre de commerce de Sherbrooke.
Parions que Madame Gravel n’aura toutefois pas à faire la queue au bureau d’assurance-chômage, qu’un employeur saura flairer cette candidate au potentiel irréfutable.
Découvertes et politique
La dernière semaine fut fertile en découvertes. J’ai augmenté mon bagage de connaissances du domaine politique. Mais aucune de mes trouvailles ne m’a convaincue de réorienter ma carrière dans ce domaine. Que non.
J’ai appris qu’en politique, les amitiés sont aussi solides qu’un costume d’Halloween cheap acheté au Wal-Mart à 7,97$. Quand ta supposée amie te plante dans une lettre ouverte publiée dans un quotidien où elle accuse ton organisation de manipulation, tu te rends compte que les valeurs d’entraide et de collaboration entre femmes fondent aussi vite qu’un glaçon dans une poêle à frire très chaude dans ce domaine mesquin.
J’ai été initiée à la mollesse des candidats qui se battent pour un poste de conseiller municipal. Un seul, parmi la trentaine d’aspirants, a osé appuyer un des trois candidats à la mairie. Alain Demers, qui se présente à Rock Forest, a été le premier et est toujours le seul à appuyer ouvertement et fermement l’un des deux candidats, en l’occurrence Hélène Gravel.
Même Serge Forest, l’adversaire d’Alain Demers, qui pourtant a passé son samedi après-midi dernier à faire du porte-à-porte avec Hélène Gravel dans son district n’a jamais voulu affirmer qu’il appuyait la candidate. Non, monsieur a un « penchant favorable » pour elle. Franchement.
Un autre exemple ? J’ai croisé Louida Brochu au local électoral de Jean Perrault jeudi dernier. J’imagine que le conseiller sortant dans l’arrondissement de Fleurimont n’a pas fait la même visite de courtoisie à l’adversaire du maire de Sherbrooke. Pourtant, Monsieur Richard n’a pas pris position encore…
J’ai tenté de questionner un des deux candidats dans mon district à ce sujet. Samedi dernier Pierre Harvey s’est pointé chez moi. Après m’avoir défilé son boniment, je l’ai questionné sur son appui à l’un ou l’autre des candidats à la mairie. Vous devinez la suite. Monsieur Harvey n’a jamais osé prendre position. Lui, il saura défendre les intérêts des gens de St-Élie peu importe le maire en place, m’a-t-il dit. Hum.
C’est quoi cette crainte d’asseoir ses opinions ? Pensez-vous que si vous appuyez l’un des aspirants à la mairie vos électeurs vont vous en vouloir ? Au contraire ! Dites-moi lequel des programmes vous séduit le plus et je serai encore plus aiguillée pour faire un bon choix. Parce que pour le moment, j’hésite.
Après on se demande pourquoi les jeunes sont désintéressés de la politique. C’est simple. Nous voulons des élus qui ont une colonne vertébrale. Qui n’ont pas peur de leurs convictions. On ne veut pas des mous qui voient là un side-line à 40 000$ par an à la tête de notre ville. Et pour le moment, dans toute la gang qui est à la mairie, ça semble n’être que ça.
www.leblogueagenevieve.blogspot.com
J’ai appris qu’en politique, les amitiés sont aussi solides qu’un costume d’Halloween cheap acheté au Wal-Mart à 7,97$. Quand ta supposée amie te plante dans une lettre ouverte publiée dans un quotidien où elle accuse ton organisation de manipulation, tu te rends compte que les valeurs d’entraide et de collaboration entre femmes fondent aussi vite qu’un glaçon dans une poêle à frire très chaude dans ce domaine mesquin.
J’ai été initiée à la mollesse des candidats qui se battent pour un poste de conseiller municipal. Un seul, parmi la trentaine d’aspirants, a osé appuyer un des trois candidats à la mairie. Alain Demers, qui se présente à Rock Forest, a été le premier et est toujours le seul à appuyer ouvertement et fermement l’un des deux candidats, en l’occurrence Hélène Gravel.
Même Serge Forest, l’adversaire d’Alain Demers, qui pourtant a passé son samedi après-midi dernier à faire du porte-à-porte avec Hélène Gravel dans son district n’a jamais voulu affirmer qu’il appuyait la candidate. Non, monsieur a un « penchant favorable » pour elle. Franchement.
Un autre exemple ? J’ai croisé Louida Brochu au local électoral de Jean Perrault jeudi dernier. J’imagine que le conseiller sortant dans l’arrondissement de Fleurimont n’a pas fait la même visite de courtoisie à l’adversaire du maire de Sherbrooke. Pourtant, Monsieur Richard n’a pas pris position encore…
J’ai tenté de questionner un des deux candidats dans mon district à ce sujet. Samedi dernier Pierre Harvey s’est pointé chez moi. Après m’avoir défilé son boniment, je l’ai questionné sur son appui à l’un ou l’autre des candidats à la mairie. Vous devinez la suite. Monsieur Harvey n’a jamais osé prendre position. Lui, il saura défendre les intérêts des gens de St-Élie peu importe le maire en place, m’a-t-il dit. Hum.
C’est quoi cette crainte d’asseoir ses opinions ? Pensez-vous que si vous appuyez l’un des aspirants à la mairie vos électeurs vont vous en vouloir ? Au contraire ! Dites-moi lequel des programmes vous séduit le plus et je serai encore plus aiguillée pour faire un bon choix. Parce que pour le moment, j’hésite.
Après on se demande pourquoi les jeunes sont désintéressés de la politique. C’est simple. Nous voulons des élus qui ont une colonne vertébrale. Qui n’ont pas peur de leurs convictions. On ne veut pas des mous qui voient là un side-line à 40 000$ par an à la tête de notre ville. Et pour le moment, dans toute la gang qui est à la mairie, ça semble n’être que ça.
www.leblogueagenevieve.blogspot.com
26 octobre 2005
Migraine d'automne
Ce fut un réveil brutal auquel j’ai eu droit samedi dernier. Ça martelait dans ma tête me rappelant, à tous moments, les excès de la veille. La nuit a été courte. Trop courte même. Nous avions eu une belle soirée la veille alors que nous fêtions l’anniversaire du collègue Stephen. Depuis le temps qu’il en parlait. Bref.
Mais voilà, Maxim est déjà habillée en ballerine me démontrant qu’il était hors de question que nous rations son rendez-vous avec les pointes et les tutus. Pourtant je n’ai qu’une envie. Me laver les dents, prendre deux Tylenols et me recoucher au plus vite.
C’est avec toutes les misères du monde que je parviens à me tirer du lit. Pour faire exprès, les filles sont énervées comme ce n’est pas possible. Ce n’est pas une tempête qui s’abattra sur nous, c’est un ouragan si j’en juge leur comportement que l’on pourrait juger d’agité.
L’idée me passe d’appeler leur père pour qu’il me remplace. Mais il a eu l’idée d’aller encourager les Alouettes à Montréal. Ma mère ? En réunion électorale. Mon père, ma sœur travaillent. Je n’ai donc pas le choix. Soupir.
Arrivée sur place, je suis gagnée par l’excitation de ma grande. Elle fait la révérence, pointe du pied, fait des tourniquettes. Elle exécute ses mouvements avec précision, ardeur et joie.
En sortant de la session de ballet, les filles me demandent d’aller marcher au Marais St-François. J’hésite un moment. L’appel du divan est encore assez fort. L’envie de m’y coucher, en pyjama, avec un doudou et de regarder les insignifiantes émissions du samedi matin me plaît assez.
« Ok, mais pas trop longtemps », ai-je concédé.
Arrivée sur place, je me laisse prendre au jeu. Filou est émerveillée devant les multiples feuilles mortes qu’elle trouve sur son chemin. Maxim est à la recherche d’oiseaux, de canards, de couleuvres peut-être. Pendant ce temps, j’immortalise ces sourires avec mon appareil photo.
Les petites courent le long des sentiers. Elles rigolent. S’inventent des jeux. Parlent aux gens qu’elles croisent. S’interrogent sur les espèces d’arbres ou de plantes qu’elles rencontrent. Elles sont définitivement contentes que j’ai acquiescé à leur demande de venir ici.
Les puces ont raison. En cette rare journée d’automne où le soleil est présent, le décor est magnifique, la température est idéale. L’air frais nous fait le plus grand bien.
La preuve ? Mon mal de tête est parti. Et malgré la croyance populaire, ce n’est pas Aspirine qui a réglé ça, mais l’émerveillement sans borne de mes cocottes devant ce magnifique spectacle.
Mais voilà, Maxim est déjà habillée en ballerine me démontrant qu’il était hors de question que nous rations son rendez-vous avec les pointes et les tutus. Pourtant je n’ai qu’une envie. Me laver les dents, prendre deux Tylenols et me recoucher au plus vite.
C’est avec toutes les misères du monde que je parviens à me tirer du lit. Pour faire exprès, les filles sont énervées comme ce n’est pas possible. Ce n’est pas une tempête qui s’abattra sur nous, c’est un ouragan si j’en juge leur comportement que l’on pourrait juger d’agité.
L’idée me passe d’appeler leur père pour qu’il me remplace. Mais il a eu l’idée d’aller encourager les Alouettes à Montréal. Ma mère ? En réunion électorale. Mon père, ma sœur travaillent. Je n’ai donc pas le choix. Soupir.
Arrivée sur place, je suis gagnée par l’excitation de ma grande. Elle fait la révérence, pointe du pied, fait des tourniquettes. Elle exécute ses mouvements avec précision, ardeur et joie.
En sortant de la session de ballet, les filles me demandent d’aller marcher au Marais St-François. J’hésite un moment. L’appel du divan est encore assez fort. L’envie de m’y coucher, en pyjama, avec un doudou et de regarder les insignifiantes émissions du samedi matin me plaît assez.
« Ok, mais pas trop longtemps », ai-je concédé.
Arrivée sur place, je me laisse prendre au jeu. Filou est émerveillée devant les multiples feuilles mortes qu’elle trouve sur son chemin. Maxim est à la recherche d’oiseaux, de canards, de couleuvres peut-être. Pendant ce temps, j’immortalise ces sourires avec mon appareil photo.
Les petites courent le long des sentiers. Elles rigolent. S’inventent des jeux. Parlent aux gens qu’elles croisent. S’interrogent sur les espèces d’arbres ou de plantes qu’elles rencontrent. Elles sont définitivement contentes que j’ai acquiescé à leur demande de venir ici.
Les puces ont raison. En cette rare journée d’automne où le soleil est présent, le décor est magnifique, la température est idéale. L’air frais nous fait le plus grand bien.
La preuve ? Mon mal de tête est parti. Et malgré la croyance populaire, ce n’est pas Aspirine qui a réglé ça, mais l’émerveillement sans borne de mes cocottes devant ce magnifique spectacle.
16 octobre 2005
Ma politique à moi
Il arrive souvent que l’on me demande pourquoi je ne jase jamais politique dans cette chronique. Pourquoi je ne prends pas position dans la course à la chefferie du Parti Québécois. Quand est-ce que je commenterai la campagne électorale municipale. Soyez patient, ce ne sera pas demain la veille.
Non pas que je me désintéresse de la politique. La politique fait partie de ma vie comme d’autres carburent à la philatélie ou au trekking. Et ce, depuis toujours.
Mon premier souvenir remonte à loin. Je devais avoir sept ou huit ans. J’avais passé la journée entière le nez collé sur la télévision à suivre la course à la chefferie qui opposait Pauline Marois à Pierre-Marc Johnson. J’espérais fermement que Madame Marois remporte la course. Une femme première ministre, wow !
Nombre de professeurs que j’ai traumatisé en leur affirmant que lorsque je serai grande, je serai première ministre du Canada. Dans ma famille, chez mes amis, c’était acquis. Je deviendrai politicienne. Être professeur, infirmière ou secrétaire, très peu pour moi.
Les années ont passé. Puis, ma belle-mère s’est présentée aux provinciales en 1994. J’ai jasé avec Parizeau sur un bateau sur le Memphré, rencontré Bouchard dans un sous-sol d’église, joué à la balle avec Marois. Quelle chance de rencontrer ces grands, moi qui aspirait à être des leur un de ces quatre.
Malgré tout, plus les semaines avançaient et plus j’étais déçue de ce que je voyais. Plus le jour « J » approchait et moins l’idée de me lancer en politique me tentait. Cette histoire d’image qui primait sur les idées me répugnait. Ces obstinations sur les virgules à ajouter ou à enlever sur le dépliant de la candidate me tapaient sur les nerfs. On oubliait l’essentiel.
Ma belle-mère a perdu. Nous avons pleuré pendant des semaines. Nos rêves de changer le monde s’étaient écroulés en une seule journée où 4 000 personnes ont préféré son adversaire.
Ginette avait peut-être mis de la brume dans les lunettes de son adversaire, mais cette campagne électorale en a mis dans mes aspirations politiques également.
Ma mère s’est retrouvée à travailler pour différents députés autant au fédéral qu’au provincial. Mon père s’est, quant à lui, investi au niveau municipal. Chaque souper de famille amène avec lui un lot de discussions sur les dernières interventions d’un tel, sur le scandale d’un autre. Nous analysons et commentons le tout. Et j’avoue que ça me suffit amplement.
Ma mouman est présentement en campagne. Elle dort quatre heures par nuit, ne m’appelle plus deux fois par jour et son chat ne la reconnaît plus. C’est admirable de la voir se défoncer pour un but, mais je n’ai pas envie de vivre de cette façon.
Je veux voir mes enfants grandir. Je veux leur donner leur bain. Je veux faire les devoirs avec Maxim. Je veux écouter Filou me raconter sa journée à la garderie. Je veux respirer. Je veux vivre.
Je ne serai jamais première ministre du Canada, député du comté d’Orford ou conseillère de St-Élie, Non. Je n’ai pas renoncé à mes buts pour le moins. Moi, ma politique je la fais autrement. En écrivant dans ce journal.
Non pas que je me désintéresse de la politique. La politique fait partie de ma vie comme d’autres carburent à la philatélie ou au trekking. Et ce, depuis toujours.
Mon premier souvenir remonte à loin. Je devais avoir sept ou huit ans. J’avais passé la journée entière le nez collé sur la télévision à suivre la course à la chefferie qui opposait Pauline Marois à Pierre-Marc Johnson. J’espérais fermement que Madame Marois remporte la course. Une femme première ministre, wow !
Nombre de professeurs que j’ai traumatisé en leur affirmant que lorsque je serai grande, je serai première ministre du Canada. Dans ma famille, chez mes amis, c’était acquis. Je deviendrai politicienne. Être professeur, infirmière ou secrétaire, très peu pour moi.
Les années ont passé. Puis, ma belle-mère s’est présentée aux provinciales en 1994. J’ai jasé avec Parizeau sur un bateau sur le Memphré, rencontré Bouchard dans un sous-sol d’église, joué à la balle avec Marois. Quelle chance de rencontrer ces grands, moi qui aspirait à être des leur un de ces quatre.
Malgré tout, plus les semaines avançaient et plus j’étais déçue de ce que je voyais. Plus le jour « J » approchait et moins l’idée de me lancer en politique me tentait. Cette histoire d’image qui primait sur les idées me répugnait. Ces obstinations sur les virgules à ajouter ou à enlever sur le dépliant de la candidate me tapaient sur les nerfs. On oubliait l’essentiel.
Ma belle-mère a perdu. Nous avons pleuré pendant des semaines. Nos rêves de changer le monde s’étaient écroulés en une seule journée où 4 000 personnes ont préféré son adversaire.
Ginette avait peut-être mis de la brume dans les lunettes de son adversaire, mais cette campagne électorale en a mis dans mes aspirations politiques également.
Ma mère s’est retrouvée à travailler pour différents députés autant au fédéral qu’au provincial. Mon père s’est, quant à lui, investi au niveau municipal. Chaque souper de famille amène avec lui un lot de discussions sur les dernières interventions d’un tel, sur le scandale d’un autre. Nous analysons et commentons le tout. Et j’avoue que ça me suffit amplement.
Ma mouman est présentement en campagne. Elle dort quatre heures par nuit, ne m’appelle plus deux fois par jour et son chat ne la reconnaît plus. C’est admirable de la voir se défoncer pour un but, mais je n’ai pas envie de vivre de cette façon.
Je veux voir mes enfants grandir. Je veux leur donner leur bain. Je veux faire les devoirs avec Maxim. Je veux écouter Filou me raconter sa journée à la garderie. Je veux respirer. Je veux vivre.
Je ne serai jamais première ministre du Canada, député du comté d’Orford ou conseillère de St-Élie, Non. Je n’ai pas renoncé à mes buts pour le moins. Moi, ma politique je la fais autrement. En écrivant dans ce journal.
10 octobre 2005
J’ai le mors aux dents

Je vous ouvre un grand pan de ma vie ce matin. Une petite gêne que je me réservais. Mais voilà, je ne peux plus garder ça pour moi. Et surtout, j’ai vraiment mal.
Mes dents se dérobent de leur obligation. Elles manquent à leur tâche de me protéger contre ces caries qui se veulent si agressantes. Je serre les dents.
Alors que certains doivent rivaliser d’imagination pour camoufler leur crâne dégarni, moi je carbure à l’Advil. Pendant que d’autres doivent intégrer le lavage de lentilles de contact à leur quotidien, moi je suis devenue la plus grande consommatrice d’Oragel au monde. Tandis que vous vous taper une troisième migraine cette semaine, je dois composer avec un budget déficitaire because j’ai une déficience en émail. Ça me fait grincer des dents.
Pourtant, je respecte les règles élémentaires en matière de santé buccodentaire. J’utilise plusieurs kilomètres de soie dentaire chaque année. J’observe les trois minutes réglementaires d’un brossage bi-journalier. Je ne bois ni café, ni boisson gazeuse et je maintient ma consommation de sucre au plus bas. Je pousse même mes habitudes jusqu’à me gargariser chaque jour avec du fluor. Mais rien n’y fait. Snif.
Pour la cinquième fois en autant d’années, je dois faire face à un diagnostic fort déprimant ; traitement de canal à faire sur une molaire.
C’est que mes caries à moi trouvent mes racines dentaires fort confortables j’imagine. Un confort qui coûte la peau des fesses croyez-moi : 600$ au minimum. Faites le calcul. J’ai une véritable mine d’or dans la bouche !
Je vous jure que tous les dentistes de la ville se bousculent pour m’avoir comme cliente. Une patiente comme moi, ça rentabilise un prêt étudiant assez vite merci.
D’ailleurs, c’est quelque chose que je n’ai jamais compris. Pourquoi les soins dentaires ne sont pas couverts par le régime d’Assurance-maladie du Québec ? Pourtant, les dents sont une partie intégrante du corps non ? Moi, j’aimerais bien mieux présenter ma carte soleil plutôt que ma carte de guichet quand je me pointe chez le dentiste.
Tout ça, c’est sans compter la peur qui me tressaille à chaque visite dans ces cabinets. Les piqûres dans le palais, ce n’est pas ce qu’il y a de plus jojo. Jumelé avec le fait que j’ai besoin de deux fois plus de novocaïne que la normal, donc deux fois plus d’aiguilles, je claque des dents.
Face à ce triste constat, il me reste que deux choix : porter une prothèse dentaire ou marier un dentiste. J’aime mieux la deuxième idée !
05 octobre 2005
Un rhume qui cajole
Ma loulou est moche. Je sens un vilain virus l’envahir. Elle parle comme Brian Mulroney et ses yeux sont pleins de dodo. Et mon cœur de maman est triste à chaque fois que ces méchants microbes se pointent chez moi. Je suis incapable de m’habituer à ces invasions.
La cocotte s’est levée marabout hier matin. Dès les premières paroles qu’elle m’a lancées, pour ne pas dire garochées, j’ai senti qu’il y avait quelque chose qui clochait. Elle, qui habituellement, est pleine de vie, était remplie d’impatience.
Elle se pointe devant les marches et avec une mine toute découragée, elle m’implore de faire l’ascenseur. Filou est trop fatiguée pour les gravir, me dit-elle.
Ma petite s’installe devant la télé. Ce sont les nouvelles du sport et ça ne semble pas l’importuner pour deux cennes alors qu’habituellement, pas grand-chose d’autre que les princesses ou les Calinours peuvent défiler à l’écran.
Décidément, ça ne marche pas.
Je m’assois à côté d’elle question de vérifier si elle est fiévreuse. J’en profite pour lui flatter le dos tout tranquillement. « Maman d’amour, fais-moi des dessins dans le dos s’il te plait. » Comment refuser ?
Je laisse ma sauce à spagh et le bain à laver en plan. J’y reviendrai plus tard. De toute façon, c’est beaucoup plus plaisant de dessiner que de faire du ménage hein ?
La voilà rassasiée de dessins tactiles. Il était temps, ça sent le brûlé. Les oignons ont collé. Je m’affaire à tenter de récupérer la sauce. La voilà qui s’accroche à mes pantalons (Félixe, pas ma sauce). « Maman, je veux m’asseoir sur le comptoir et te regarder faire la sauce à spagh. »
Je lui déniche une petite place entre le robot culinaire et le monticule de vaisselle à laver. Sans dire un mot, elle m’observe couper l’aubergine, laver les piments, épépiner les tomates. Sans un mot, elle regarde dans le chaudron où les saveurs de basilic et d’ail se mêlent et hume l’odeur de son met favori.
Une fois le couvercle posé, la voilà bien triste. « Maman, veux-tu me raconter une petite histoire s’il te plait ? » Hum. Moi qui avais prévu terminer les rénos de la salle de bain aujourd’hui. Je suis un peu à bout de prendre ma douche entre les pots de peinture, l’escabeau et la sableuse.
« C’est l’heure. Simon fait la grimace. Il enfile son pyjama, démêle ses cheveux, boit un grand verre de lait ; se débarbouille de la tête aux pieds et se brosse soigneusement les dents. Puis, il monte l’escalier, tape son oreille, pousse ses couvertures et plonge dans son lit. Tous les soirs du monde, c’est pareil. Le papa de Simon monte l’escalier, il s’installe à côté de son fils et se prépare à endormir la planète. »
Pendant ma lecture, ma puce se love tout contre moi toute attentive à mon histoire. Plus rien ne compte pour nous que les aventures rocambolesques que le papa de Simon raconte. Je tourne la dernière page.
Ma loulou a le rhume. Ce n’est pas si triste que cela finalement. Parce que lorsque la maladie sévit chez moi, c’est l’occasion de prendre le temps avec mes puces. Quelque chose que j’oublie trop souvent. Vivement l’hiver !
La cocotte s’est levée marabout hier matin. Dès les premières paroles qu’elle m’a lancées, pour ne pas dire garochées, j’ai senti qu’il y avait quelque chose qui clochait. Elle, qui habituellement, est pleine de vie, était remplie d’impatience.
Elle se pointe devant les marches et avec une mine toute découragée, elle m’implore de faire l’ascenseur. Filou est trop fatiguée pour les gravir, me dit-elle.
Ma petite s’installe devant la télé. Ce sont les nouvelles du sport et ça ne semble pas l’importuner pour deux cennes alors qu’habituellement, pas grand-chose d’autre que les princesses ou les Calinours peuvent défiler à l’écran.
Décidément, ça ne marche pas.
Je m’assois à côté d’elle question de vérifier si elle est fiévreuse. J’en profite pour lui flatter le dos tout tranquillement. « Maman d’amour, fais-moi des dessins dans le dos s’il te plait. » Comment refuser ?
Je laisse ma sauce à spagh et le bain à laver en plan. J’y reviendrai plus tard. De toute façon, c’est beaucoup plus plaisant de dessiner que de faire du ménage hein ?
La voilà rassasiée de dessins tactiles. Il était temps, ça sent le brûlé. Les oignons ont collé. Je m’affaire à tenter de récupérer la sauce. La voilà qui s’accroche à mes pantalons (Félixe, pas ma sauce). « Maman, je veux m’asseoir sur le comptoir et te regarder faire la sauce à spagh. »
Je lui déniche une petite place entre le robot culinaire et le monticule de vaisselle à laver. Sans dire un mot, elle m’observe couper l’aubergine, laver les piments, épépiner les tomates. Sans un mot, elle regarde dans le chaudron où les saveurs de basilic et d’ail se mêlent et hume l’odeur de son met favori.
Une fois le couvercle posé, la voilà bien triste. « Maman, veux-tu me raconter une petite histoire s’il te plait ? » Hum. Moi qui avais prévu terminer les rénos de la salle de bain aujourd’hui. Je suis un peu à bout de prendre ma douche entre les pots de peinture, l’escabeau et la sableuse.
« C’est l’heure. Simon fait la grimace. Il enfile son pyjama, démêle ses cheveux, boit un grand verre de lait ; se débarbouille de la tête aux pieds et se brosse soigneusement les dents. Puis, il monte l’escalier, tape son oreille, pousse ses couvertures et plonge dans son lit. Tous les soirs du monde, c’est pareil. Le papa de Simon monte l’escalier, il s’installe à côté de son fils et se prépare à endormir la planète. »
Pendant ma lecture, ma puce se love tout contre moi toute attentive à mon histoire. Plus rien ne compte pour nous que les aventures rocambolesques que le papa de Simon raconte. Je tourne la dernière page.
Ma loulou a le rhume. Ce n’est pas si triste que cela finalement. Parce que lorsque la maladie sévit chez moi, c’est l’occasion de prendre le temps avec mes puces. Quelque chose que j’oublie trop souvent. Vivement l’hiver !
27 septembre 2005
Ma contribution à l'histoire
C’est chose faite. Je peux maintenant mourir en paix. J’aurais laissé ma marque dans l’histoire de l’humanité en écrivant cette chronique et en vous dévoilant la grande découverte que j’ai faite ce matin. On se souviendra de moi comme étant la fille qui se fait niaiser dans les centres de rénovation et les centres de location. Parce qu’une fille qui fait de la réno, c’est aussi pire qu’une fille dans un garage. On la prend pour une cruche qui ne connaît rien aux trucs remplis de testostérone.
Dimanche dernier, je me suis butée à un de ces types qui croit tout connaître de ce monde et qui me regardait avec un air hautain. Je viens de terminer le plancher de la chambre des filles cette semaine. J’attaque donc celui de ma chambre maintenant.
Je me rends donc à ce méga centre de rénovation, où j’ai toujours de l’excellent service habituellement, question de me faire une idée sur la couleur du plancher que je désire. Je questionne le commis concernant deux paquets de plancher flottant en liquidation. « Ma p’tite madame, c’est tout ce que j’ai. C’est une fin de lot », me dit-il d’un ton sans appel.
Oui, mais c’est lui que j’aime et le prix me sourit. « Est-ce qu’il peut y en avoir dans votre magasin à Granby ? », lui demandais-je pleine d’espoir.
« Écoutez ma p’tite madame. Je vous ai dit que c’est tout ce que j’ai. Il y a plein de clients qui m’attendent. » Ouf.
Même histoire ce matin, alors que je retournais au centre de location de mon patelin, à St-Élie, une machine à décoller la tapisserie que j’avais louée pour le week-end. Le préposé à l’accueil tout souriant s’est immédiatement dirigé vers moi pour m’aider avec ce bidule. Tout en rentrant dans le commerce, il m’interroge sur l’efficacité de l’appareil.
« Je crois qu’il ne fonctionne pas très bien. Il n’y avait pas beaucoup de vapeur qui sortait ; c’était plutôt de l’eau très chaude. Et le manche n’est pas très solide. Bref, j’ai eu plus de facilité avec mon seau d’eau et mon éponge qu’avec votre machine », lui dis-je, sans être arrogante. Je cherchais seulement à l’informer qu’il y avait peut-être un problème.
C’est alors qu’un autre préposé se mêle de notre conversation. « Ben, ma p’tite madame, vous avez mis trop d’eau dans la machine », me dit-il d’un ton accusateur.
C’est drôle, mais j’ai lu les instructions, j’ai vérifié sur l’emballage et ce n’était mentionné à nulle part, qu’il y avait une quantité maximale d’eau à y verser. Mais bon.
« Et puis, il faut viser ces deux vis ma p’tite madame ! C’est normal que ça ne marchait pas, franchement ! »
Ok. Je ne savais pas que lorsque l’on louait des appareils, il fallait aussi les réparer. Vraiment, je me coucherai moins niaiseuse ce soir.
Et tant qu’à y être, est-ce que l’on peut régler quelque chose ? On s’entend-tu pour dire que je suis loin d’être petite. Je crois qu’à cinq pieds et huit pouces, j’ai le droit de revendiquer un autre statut, il me semble.
J’ai donc claqué la poste, insultée de me faire prendre pour une épaisse.
Peut-être n’ai-je pas un bacc en génie de la construction. Peut-être suis-je plus habile avec mes chaudrons qu’avec mon marteau. Peut-être ai-je à apprendre dans le domaine.
Mais au moins, j’ai l’intérêt de le faire moi-même. J’ai l’ambition de réussir. J’ai la débrouillardise de faire seule. Et malgré votre réticence, je réussirai.
Dimanche dernier, je me suis butée à un de ces types qui croit tout connaître de ce monde et qui me regardait avec un air hautain. Je viens de terminer le plancher de la chambre des filles cette semaine. J’attaque donc celui de ma chambre maintenant.
Je me rends donc à ce méga centre de rénovation, où j’ai toujours de l’excellent service habituellement, question de me faire une idée sur la couleur du plancher que je désire. Je questionne le commis concernant deux paquets de plancher flottant en liquidation. « Ma p’tite madame, c’est tout ce que j’ai. C’est une fin de lot », me dit-il d’un ton sans appel.
Oui, mais c’est lui que j’aime et le prix me sourit. « Est-ce qu’il peut y en avoir dans votre magasin à Granby ? », lui demandais-je pleine d’espoir.
« Écoutez ma p’tite madame. Je vous ai dit que c’est tout ce que j’ai. Il y a plein de clients qui m’attendent. » Ouf.
Même histoire ce matin, alors que je retournais au centre de location de mon patelin, à St-Élie, une machine à décoller la tapisserie que j’avais louée pour le week-end. Le préposé à l’accueil tout souriant s’est immédiatement dirigé vers moi pour m’aider avec ce bidule. Tout en rentrant dans le commerce, il m’interroge sur l’efficacité de l’appareil.
« Je crois qu’il ne fonctionne pas très bien. Il n’y avait pas beaucoup de vapeur qui sortait ; c’était plutôt de l’eau très chaude. Et le manche n’est pas très solide. Bref, j’ai eu plus de facilité avec mon seau d’eau et mon éponge qu’avec votre machine », lui dis-je, sans être arrogante. Je cherchais seulement à l’informer qu’il y avait peut-être un problème.
C’est alors qu’un autre préposé se mêle de notre conversation. « Ben, ma p’tite madame, vous avez mis trop d’eau dans la machine », me dit-il d’un ton accusateur.
C’est drôle, mais j’ai lu les instructions, j’ai vérifié sur l’emballage et ce n’était mentionné à nulle part, qu’il y avait une quantité maximale d’eau à y verser. Mais bon.
« Et puis, il faut viser ces deux vis ma p’tite madame ! C’est normal que ça ne marchait pas, franchement ! »
Ok. Je ne savais pas que lorsque l’on louait des appareils, il fallait aussi les réparer. Vraiment, je me coucherai moins niaiseuse ce soir.
Et tant qu’à y être, est-ce que l’on peut régler quelque chose ? On s’entend-tu pour dire que je suis loin d’être petite. Je crois qu’à cinq pieds et huit pouces, j’ai le droit de revendiquer un autre statut, il me semble.
J’ai donc claqué la poste, insultée de me faire prendre pour une épaisse.
Peut-être n’ai-je pas un bacc en génie de la construction. Peut-être suis-je plus habile avec mes chaudrons qu’avec mon marteau. Peut-être ai-je à apprendre dans le domaine.
Mais au moins, j’ai l’intérêt de le faire moi-même. J’ai l’ambition de réussir. J’ai la débrouillardise de faire seule. Et malgré votre réticence, je réussirai.
16 septembre 2005
Les boomerangs

Vous connaissez le boomerang , ce jeu des Aborigènes australiens? Ce n’est pas seulement un film moche de la fin des années 80, avec en vedette Eddy Murphy et qui passe à 23h30 à TVA. Non.
Ce n’est pas non plus qu’un simple bout de bois qui habilement lancé vous revient dans le front dans le temps de le dire. Vraiment pas.
Un boomerang, c’est quelque chose que tu pensais parti pour toujours qui, un beau matin, revient dans ta vie sans crier gare.
Un boomerang, c’est quelqu’un que tu n’as pas vu depuis belle lurette qui te téléphone, par un après-midi pluvieux, pour te dire qu’elle pensait à toi.
Un boomerang, c’est un poste que tu ne croyais jamais obtenir après toutes ces années et que lorsque tu as complètement perdu espoir arrive comme par enchantement.
Un boomerang, c’est un bon vin que tu as oublié dans ton cellier qui te tombe sur le gros orteil.
Un boomerang, c’est un 10$ oublié dans une poche d’un manteau d’hiver que tu retrouves l’année suivante.
Un boomerang, c’est une boucle d’oreille que tu avais perdue qui réapparaît dans ta laveuse.
Un boomerang, c’est un nomade qui après de nombreux mois de voyage à travers le monde, revient auprès des siens.
Un boomerang, c’est une personne qui s’est égarée longuement et qui retrouve enfin son chemin.
Un boomerang, c’est un amoureux qui, après plusieurs mois d’abstinence, offre un massage dans le cou à la femme de sa vie, qui l’embrasse dans le cou, comme aux premiers jours.
Un boomerang peut prendre du temps à retrouver son chemin, mais il revient toujours à son point de départ. C’est simple, c’est mathématique, c’est peut-être même physique, mais il réapparaît toujours, il ne se perd jamais.
Toujours est-il que je collectionne les boomerangs ces jours-ci. Je commence à en avoir une belle panoplie. Sébas est passé aux sports de La Tribune. Consolidation de poste et augmentation de salaire en prime pour moi. Super.
Mon amie Nathalie m’a téléphoné le week-end dernier après plusieurs années de silence. Comme ça. Tout bonnement. Joie.
J’ai aussi retrouver 10$ dans les poches d’une vielle paire de jeans. Je suis riche !
Puis, il y a l’autre. Soupir.
Un boomerang, c’est un jeu dangereux. Un tir mal lancé et vlan ! Vous voilà avec deux dents en moins et peut-être même un œil au beurre noir.
Un boomerang, peut sembler être un jeu fort amusant. Mais les risques de se faire mal sont élevés. Aussi bien laisser ce bout de bois dans le placard. C’est moins dangereux.
S'abonner à :
Messages (Atom)